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 Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]

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Clayton Ackley
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MessageSujet: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Lun 20 Fév - 21:23

*Les chemins sont tortueux, qui sait ce que le prochain embranchement nous réserve. Clayton avait expérimenté cet adage la veille au soir et attendait avec patience de connaître si la suite de l'aventure serait tout aussi déstabilisante. Qui sait, l'homme qui contrôle jusqu'à la moindre boucle de ses cheveux, pourrait prendre goût à l’inattendu s'il se faisait à chaque fois aussi plaisant. Il s'était levé tôt aux alentours de 13h du matin dans le capharnaüm qui lui servait de maison, et aussitôt son regard s'était posé sur le ballon bleu sur lequel les rayons du soleil filtraient à travers les épais rideaux.

Il avait passé une journée tout ce qu'il y a de plus banale : trouver de quoi s'habiller dans les rares vêtements encore propres et repassés, se repaître sans s'empoisonner, prendre soin de ses plantations, lire son journal, fumer, boire, geindre quand sa main lui faisait mal et l'empaqueter dans un linge de fortune. Même s'il l'avait voulu, sa peau n'avait de cesse de lui rappeler son rendez-vous. Aucune heure n'avait été donnée, et Clayton sachant que le désir ne prenait pas forme dans la précipitation, décida de se rendre sur l'île de Staten Island sur les coups de 17h45. Pas avant. C'est ainsi qu’emmitouflé dans un manteau beige qui ne laissait pas grand chose dépasser de son élégant costume, il transplana dans la rue face au bâtiment abritant Ste Morgane.

Face à l'entrée banalisée pour ne pas attirer l’œil des non-maj, il montra discrètement sa baguette pour que le portail le laisse rentrer. Ainsi posa-t-il le pied pour la première fois dans l’intérieur blanc et aseptisé de l’hôpital. Les mains dans les poches, la démarche assurée des hommes qui ne se laissent pas faire, il s'avança vers l'accueil et demanda celle qui ne s'était présentée que sous un simple prénom : Jane. Le froncement de sourcils de la standardiste lui fit comprendre que des « Jane » il devait y en avoir plus d'une. La sienne était infirmière, faisait des bulles, aimait les fleurs, sentait la cannelle et... ah oui, détail sans importance, mais s'occupait des moutards grabataires. Ayant enfin identifié l'objet de sa requête, elle lui indiqua l'étage où se rendre et lança une note de service pour prévenir l'infirmière que son grand patient était arrivé. Ils se quittèrent là, elle lui lançant une œillade noire réprobatrice, lui haussant un sourcil arrogant accompagné d'un sourire narquois.

Après avoir gravit les étages, il fut installé par ce qui était sans doute une de ses collègues, dans une petite salle pour les soins externes. Dès que la porte se referma, il inspecta la pièce pour patienter. Un double placard fermé renfermant des fioles dont il se serait bien régalé, du moins pour certaines. Une petite lavabo blanc surmonté d'un miroir, une table d'examen, un porte manteau pour y poser ses affaires, un petit bureau sans chaise destiné sans doute aux prises de notes des soignants et une fenêtre. Jugeant que dans ce genre d'endroit le temps pouvait être long, il ouvrit cette dernière et entreprit d'y allumer une cigarette, chose qui se faisait aisément à l'époque. Observant l'océan par delà le ciel grisonnant, il accompagna sa cigarette d'une gorgée de Whisky pur-feu contenu dans la flasque dont il ne se séparait jamais, endurant le temps et les effluves de naphtaline, d'alcool et de javel typiques de l’hôpital.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mar 21 Fév - 0:08

*Sa nuit fut paisible, si paisible. Jane s’était endormie défaite de toute état d’âme, le sourire aux lèvres au souvenir de la soirée qu’elle venait de passer. Ses rêves furent rocambolesques, hauts en couleur et dépourvus de toute la bienséance américaine. Longtemps que Jane n’avait pas rêvé, tout simplement rêvé. Et elle n’en fut que de meilleure humeur à son réveil. Six heures du matin était fort tôt pour le commun des mortels, mais pas pour une infirmière. Aujourd’hui allait être une bonne journée, la sorcière en était convaincue, simplement parce qu’elle serait différente de ses habitudes. Heathcliff et Gregory étaient d’excellentes compagnies et Jane chérissait leurs longues conversations. Mais cela faisait désormais fort longtemps qu’elle n’avait eu de conversation avec un inconnu. Ce Monsieur Ackley restait encore un inconnu, à sa manière.

Pour l’occasion, elle sortit sa robe bleue en flanelle sur laquelle elle passerait sa blouse d’infirmière. Personne ne soupçonnerait l’aspect exceptionnel de sa tenue. Elle seule saurait, et l’idée la réjouissait, donnant une petite teinte rosée à ses pommettes si généreuses. Attendait-elle quelque chose du botaniste ? En réalité rien, si ce n’était une conversation, rien qu’une conversation, avec la simplicité et l’honnêteté qu’étaient en droit d’attendre deux interlocuteurs.

Si hommes et femmes avaient conscience du temps passant, ce n’était pas le cas de l’infirmière, dont la présence était requise à droite et à gauche quand elle ne suivait pas le Professeur-Directeur. Elle en oublia malencontreusement les plans de sa journée tant elle se fit dévouée et aimante. Les enfants avaient besoin de toute son attention. Et jamais, ô grand jamais, l’infirmière ne manquait à son devoir. Sur sa pause de midi, elle leur conta l’histoire du Sorcier et de la marmite Sauteuse avant de s’occuper ensuite de la petite Héloïse. Les soins de l’enfant réclamaient une grande minutie et une grande prudence. Elle était seule sur ce cas, son professeur ayant décidé de lui donner toute confiance. Jane aimait cette petite que la vie n’avait pas épargnée. Souvent, elle lui racontait des souvenirs de sa propre vie, ce qui satisfaisait la sempiternelle curiosité d’Héloïse, encore dans l’innocence tant attribuée à l’enfance. Enfin, l’infirmière gagna la chambre de sa sœur et inspecta son état. Il lui semblait toujours aussi alarmant. Le matin-même, elle en avait rediscuté avec son professeur durant une de ses leçons. Il était confiant, mais Jane savait pertinemment déceler la comédie dans son regard. Monsieur de Brocéliande ne cherchait qu’à l’épargner, ce qu’elle abhorrait par-dessus tout. La sorcière ne lui en tenait cependant pas rigueur.

Sa cadette avait cet éternel sourire aux lèvres, si commun à celui-ci de son aînée. Emily, aussi, cherchait à la protéger, comme si elle était dans l’incapacité d’encaisser les aléas de la vie. Jane maudissait ce geste instinctif qu’ils avaient tous vis-à-vis d’elle. Heureusement pour l’infirmière, sa sœur n’eut pas le temps de la sermonner. Un cygne de papier – lequel amusait souvent les enfants – venait de tomber dans sa main. Monsieur Ackley était arrivé. Quelle heure se faisait-il ? Jane n’en avait nulle idée. Elle se sentait de nouveau soulagée, mais n’en montra rien à son Emily. Jane lui inculqua encore quelques soins et quitta la chambre sous son regard inquisiteur.
Là, contre le mur, elle souffla un bon coup pour relâcher toute la pression qui semblait lui oppresser la poitrine. Jane regarda à droite et à gauche du couloir et inspira profondément pour chasser sa mélancolie. Elle eut un dernier regard pour le nom de sa sœur annoté sur le dossier accroché à la porte de sa chambre et gagna enfin la salle d’attente, sourire aux lèvres.
Jane l’observa, bras croisés, la mine faussement sévère boire et fumer dans la petite salle d’attente. Cet homme avait donc des vices ! Et pas des moindres. Légèrement amusée, l’infirmière roula des yeux et s’avança dans la pièce.*

A ce rythme, Monsieur Ackley, ce sont des soins généraux et absolus que je devrai vous administrer, clama-t-elle alors le regard espiègle. Votre corps inutile à la science, vous finiriez entre mes mains. Perspective réjouissante, j’entends bien ! s’amusa-t-elle avant de finalement exprimer de son plus beau sourire : Bonjour Monsieur Ackley, c'est un plaisir.

*Elle inclina sa tête par politesse et, sans se départir de son sourire, lui fit signe de la suivre dans un endroit plus adapté à des soins médicaux. Jane n’eut d’autres choix que de passer devant la chambre de sa sœur, à laquelle elle ne prêta aucune intention. Elle se mit en quête d’une chambre libre, et une fois celle-ci trouvée, elle fit entrer le botaniste.*

Par ici, prenez place Monsieur Ackley et dites-moi comment se porte votre merveilleux ballon ? J'ose espérer que vous l'avez traité avec respect et honneur, ajouta-t-elle le plus naturellement du monde, une lueur malicieuse dans ses prunelles brunes.

*Et sur ses talons, la sorcière ferma la porte, le sourire satisfait et prit ensuite l’onguent dans la poche de sa blouse. Elle attendit qu’il prenne place pour faire de même, à ses côtés.*

Voyons voir cette vilaine blessure, cher botaniste. Votre main, je vous prie.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mar 21 Fév - 2:09

*Tournant le dos à sa rencontre de la nuit dernière, il termina sa cigarette avant de la lancer par la fenêtre. Pas très élégant certes, mais toujours mieux que de la laisser encore fumante au fond d'une tasse, en outre l'écologie n'était pas de cette époque. C'est lorsqu'elle s'approcha de lui avec l'air pincé d'une perceptrice qu'il prit conscience de sa présence. Il se redressa, rangea sa flasque et la salua sans se décontenancer.*

Prit en flagrant délit ! Voyez comme je suis calculateur, ayant compris que me blesser ne suffirait pas à vous rendre dupe de mes manigances, j'entreprends à présent de m'empoisonner lentement mais sûrement pour être remis à vos bons soins.

*Il poussa un soupir à fendre l'âme, faisant non de la tête en regardant en direction d'un coin de la pièce, avant de tourner à nouveau son visage vers l’infirmière d'un air théâtral.*

Vous avez encore déjoué mes plans. Bonjour Miss Jane. Vous noterez que j'ai finalement eu le sourire ET le soupire. Je vais devoir m'acquitter de ma dette.


*Ajouta-t-il en refermant la fenêtre avant de laisser le froid trop s'insinuer. Il la suivit à travers le couloir du pavillon des enfants qui, à l'exception de la sur-présence des moins d'un mètre et de gribouillis informes accrochés aux murs, était identique en tout point à tous les autres étages. Il aurait pu profiter de ces quelques pas pour lui demander son nom mais il ne se sentait aucunement pressé de percer tous les mystères de la jeune femme. Bien au contraire, elle était de celles qui vous donnait envie de prendre le temps avec la certitude qu'à l'image des fruits, la récolte d'informations ne serait que meilleure si elle se faisait à point. Docilement, il entra dans la chambre où elle l'avait invité, sans pouvoir s'empêcher de lancer une blague d'un goût douteux avec espièglerie.*

Une chambre, déjà ? Ne le prenez pas mal, mais je ne suis pas un homme si facile mademoiselle. Offrez moi d'abord des chocolats et peut être que maman vous autorisera à m'emmener au bal.

*Il retira sa lourde veste qui lui tenait trop chaud et s'assit sur le bord du lit aux draps blanc sur lesquels le nom de « Ste Morgane » était brodé, dès fois qu'un voleur serait pris d'envie de chaparder les divins linges à l'aspect rêche. Aspect parfaitement conforme à la matière irritante. Les chevilles croisées et les bras posés sur ses jambes, il attendait gentiment la suite comme un élève bien sage.*

Comme un charme, bien mieux que ma main, même si son état s'est déjà considérablement améliorée grâce à vos attentions. Je lui ai donné un nom et dessiné un très joli visage, vous serez peut être jalouse d'apprendre que Brigitte à partagé ma nuit... Je parle du ballon et non de ma main.

*Il lui tendit sa main dont la paume était maladroitement enturbannée dans une bande de tissu qui, de toute évidence, avait été déchirée pour l'occasion. Une attention qui avait été  nécessaire pour qu'il puisse user de ses sécateurs sans s'arracher la moitié des chaires. Ses prunelles braquées sur le visage de sa soignante concentrée sur sa tâche avec autant d'assiduité que la veille, il se permit d'ajouter.*

Vous avez l'air de porter une très jolie robe.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mar 21 Fév - 11:25

Vous êtes pire qu’un enfant, Monsieur Ackley, le sermonna-t-elle en levant au ciel dans un sourire. Mais tout enfant finit par être discipliné.

*Le dernier terme fut formulé dans un chuchotement taquin, peut-être légèrement badin. Jane le rejoignit, une jambe sur le lit, l’autre pendante contre le flan. Sa robe n’en était que plus visible sous cette blouse encombrante laquelle frustrait bien des enfants qui adoraient analyser la tenue de leur Miss Jane. Le sourire en coin, l’infirmière prit la main de son patient qu’elle libéra du bandage quelque peu rapiécé et l’inspecta sous toutes les coutures, la tournant, la retournant, avec toute la douceur qui lui était propre.*

Je l’entendais bien de cette oreille, Monsieur Ackley, répliqua-t-elle en relevant ses yeux pour confronter les siens dans un sourire énigmatique. Je dois avouer que ce ballon est fort chanceux. Je n’ai, toutefois, pas dit mon dernier mot.

*Sans se donner la peine de développer ce qu’elle pouvait sous-entendre ici, l’infirmière posa la main de son patient sur son genou, et ouvrit son petit pot d’onguent. Elle en prit trois noisettes qu’elle étala dans ses mains avant de reprendre celle du botaniste. Ses mains glissèrent contre la sienne, massèrent les chaires brûlées avec une tendre ferveur. Jane était appliquée, soucieuse de faire son travail. Mais elle fut très vite happée par la remarque de son patient. Une petite rougeur apparut sur ses pommettes. Un sourire pudique et amusé l’accompagnait.*

Est-ce là une nouvelle curiosité Monsieur Ackley ? interrogea-t-elle en reprenant une noisette d’onguent pour parfaire son soin. Si elle vous est destinée, ce qui serait vous accorder une forte attention, il est probable que vous puissiez en juger avec plus de clarté. Si au contraire, elle n’est le fruit que d’un simple caprice féminin, vous n’aurez que le plaisir de l’imaginer. Après tout, ajouta-t-elle mutine, mes prétendants sont nombreux dans ce couloir d’hôpital.

*L’infirmière lui décocha une œillade tandis que les traits de son visage ne dissimulaient pas son amusement profond. L’onguent agissait maintenant avec rapidité, ne laissant plus que quelques traces de la malheureuse maladresse ayant causé la blessure. Pour autant, la jeune femme n’en arrêta pas son travail mais travailla avec d’autant plus de douceur pour finir.*

Votre élégance ne m’a pas non plus échappé, cher botaniste, reprit-elle d’un ton de velours. Votre assistante ne peut qu’en être sensible, les femmes apprécient particulièrement les petites attentions. J’ose espérer qu’elle saura s’en montrer digne. Même si …

*Elle se tut, laissant ses mots flottés dans cette atmosphère qui n’avait plus grand-chose de médicale. La petite bulle de la veille se remettait en place, aussi charmante qu’agréable. Jane se sentait pleine d’humour, elle était enjouée, peut-être un peu joueuse derrière son doux visage. Ses prunelles pétillaient de plaisir face à cette visite qu’elle avait attendue avec soin. La jeune femme, à l’instar de la soirée précédente, se laissait aller loin de ses états d’âme. Si bien qu’une fois, ses soins terminés, elle conserva encore la main quelques instants, regarda de gauche à droite autour d’eux, comme si on pouvait les entendre, et murmura sur un ton de confidence.*

… Brigitte ne peut être supplantée.

*Un sourire éclatant et presque juvénile éclaira son visage. La sorcière était satisfaite de sa fausse confidence. Puis elle changea de ton, reprenant un air plus infirmier et contempla sa main, posant un léger baiser sur celle-ci, du bout des lèvres. *

Comme un enfant. Ils l’appellent le « Baiser Magique ». Seule Miss Jane est dotée de ce merveilleux pouvoir.

*Elle rit de bon cœur en lui rendant sa main soignée en dépit de certaines rougeurs persistantes pour le moment, et referma son pot d’onguent avant de le ranger dans sa poche. Les marques disparaîtraient dans une journée ou deux, avec le temps. Chose qu'elle ne contrôlait pas.
Le regard bienveillant, elle pencha la tête sur son épaule et déclara.*

Il va vous falloir vous trouver une autre blessure, désormais, Monsieur Ackley.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mar 21 Fév - 20:12

Vous menacez de m'éduquer mademoiselle ? Je dois vous prévenir que se serait là vous embarquer dans une tache ardue, abandonnée par les plus courageux alors même que je ne devais avoir que 12 ou 13 ans.

*Il la laissa inspecter sa main, une main qui, si on omettait les restes de la brûlure, était fine et douce. Rien à voir avec les grosses paluches des hommes qui passaient leur vie les mains dans la terre. Bien des individus auraient complexé sur le manque de virilité de ses mains, mais pas lui, tenant à cette délicatesse qui l'éloignait un peu plus des manants. Preuve en était les chevalières aux pierres réputées de diverses vertus qui ornaient ses doigts, venant mettre ce raffinement en avant à l'excès. Il prit un air faussement blasé lorsqu'elle feignit la jalousie, enchantée de voir qu'elle se montrait toujours aussi adroite à le suivre dans ses fantaisies.*

Deux créatures de Dieu qui se battent pour moi, ne suis-je pas un homme chanceux ? Et rencontrées le même soir, le destin m'était vraiment favorable.

*Contrairement à la première fois qu'elle lui avait massé la paume, il ne se retint pas de fermer les yeux sous ses caresses, qui se faisaient d'ailleurs plus franche que la veille. Venait-elle de lui trouver un point sensible ? En tout état de cause, c'est ce que le soupir rauque qu'il refrénait difficilement laissait présager. Il rouvrit les yeux pour observer son timide rougissement à l'évocation de sa tenue qu'il avait évidemment remarqué presque instantanément. L’étoffe avait été à peine visible, mais Clayton s'y connaissait en tissus et fanfreluches, et savait reconnaître au premier coup d’œil quand un vêtement dépassait le stade de l'ordinaire.*

Si elle est pour moi je n'en serai que plus heureux, dans le cas contraire je saurai aussi apprécier le fruit du hasard. Quant à mes concurrents, ils sont certes nombreux, mais je les dépasse tous aisément de 3 têtes. La grandeur ne fait pas tout je vous l'accorde, mais je crois qu'elle m'offre toutefois un avantage non négligeable.

*Il sourit cette fois tout en levant un sourcil impertinent, ses yeux rivés sur ses prunelles chocolat.*

Que de questionnements vous soulevez sur mon assistante, vous en avez plus que moi-même qui me laissait naïvement porter par la découverte de l'autre, à se demander qui est le plus rationnel de nous deux. Devrais-je vous faire un rapport sur ses agissements à mon égard lorsqu'elle prendra son service ? Je ne voudrais pas que vous souffriez de l'angoisse de savoir si la demoiselle saura apprécier mon apparence avec assez de ferveur. Quant à Brigitte...

*Il tourna son visage vers l'horizon, lequel était très court et buta bien vite sur le mur blanc où trônait un gribouillis enfantin censé représenté un botruc sur une plage. Les soins étaient terminés, le massage de sa main avait hélas pris fin, mais celle-ci restait pourtant entre les doigts délicat de la jeune femme. Clayton en profita pour glisser sa main sur les siennes dans un geste consolant qui ne se voulait pas si innocent.*

J'ai malheureusement une bien terrible nouvelle à vous annoncer concernant notre amie commune qui risque de réjouir la femme possessive et accabler la soignante attentionnée qui co-existent en vous... Brigitte est mourante. Elle se flétrit d'heure en heure et je crains que bientôt elle sera aussi rabougrie qu'un vieux pruneaux égaré sous l'étal de l'épicier. Je n'ai pas votre œil expert sur la santé mais, je gage qu'elle ne survivra pas plus de deux ou trois jours. Cependant, je vous promets durant ce temps précieux qu'il nous reste, de la chérir de cet amour tendre qui est habituellement celui des vieux amants.

*Il se tourna à nouveau vers elle, lui offrant un sourire charmant qu'il n'aurait pu refréner, à la fois en raison de l'amusement de leur conversation que de la surprise du geste qu'elle avait à son attention. Son ton se fit alors plus doux, plus bas. Il n'était plus autant question de plaisanterie, quoique les mots laissaient entendre.*

Votre magie est au moins aussi belle que la mienne, Miss Jane.

*Elle rit, tandis que lui même conservait ce sourire silencieux et attendrit. Sa main lui fut rendu débarrassée de ses dernières douleurs. Il se leva soudain d'un bond pour lui faire face avec grandiloquence, bien que le ton utilisé soit tout ce qu'il y avait de plus sérieux.*

Je le crois bien mademoiselle. Alors, comment procédons-nous ? Dois-je me déshabiller pour vous montrer toutes mes anciennes cicatrices ? J'en ai quelques unes mais rien à quoi l'on pourrait donner le titre de « collection ». Ou alors vous me blessez vous-même ? Ça ne doit pas manquer d'objet contondant par ici, dit-il en faisant mine de chercher. Une chose est sur, nous ne pouvons pas finir cette entrevue aussi rapidement.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mar 21 Fév - 23:38

*Elle l’observait, d’un regard à la fois tendre et amusé. Ce botaniste éveillait en elle des émotions qui lui étaient peu familières. Elle se sentait guillerette, d’une espièglerie que pourtant elle dosait généralement avec modération. Mais devant la grandiloquence de cet homme, sa raison semblait surfaite, inadaptée et entièrement malvenue. Non, Jane se sentait d’humeur badine et folâtre. La sorcière souhaitait vivre l’instant et le savourer pour ce qu’il était : une belle aventure. A l’entente des diverses propositions de son patient, son regard se fit de plus en plus moqueur, malicieux. Jane se leva alors, pour lui faire face, un petit sourire à la commissure des lèvres.*

Je réserve un droit de regard sur les cicatrices, déclara-t-elle sur un ton professionnel. En tant qu’infirmière, il me faut veiller sur mes patients. Surtout quand ceux-ci se font indisciplinés et maladroits. Et malheureusement pour vous Monsieur Ackley, il semblerait que vous soyez victime de ces deux caractéristiques. D’où l’intérêt que je porte à votre assistante.
Quant à vous blesser … commença-t-elle avant d’arquer subtilement un sourcil, vous me croyez réellement capable d’une telle chose ?

*Elle haussa les épaules, ses lèvres s’étirant dans un sourire énigmatique.*

Mais je vous l’accorde, l’entrevue ne peut se terminer ainsi. Ce n’est d’ailleurs pas mon attention. Alors voyons …

*Songeuse, elle se tapota le menton du doigt, comme évaluant chaque possibilité qui se proposait à eux. Que pouvait-elle proposer à ce cher botaniste ? Quelque chose qui le changerait de l’ordinaire, peut-être. L’infirmière sortit alors sa montre à gousset de sa poche, celle-là même que lui avait offerte son paternel pour la féliciter de son poste à l’hôpital. Elle en regarda l’heure et son visage s’éclaira.*

Je n’ai pas souvent l’occasion d’assister au coucher du soleil, Monsieur Ackley. Petite, j’aimais monter sur le toit de notre maison pour l’admirer, révéla-t-elle une lueur mélancolique dans le regard. Mon petit doigt me dit que cela ne fait pas partie de vos habitudes. Or c’est un spectacle immanquable.

*On aurait pu l’accuser de romantisme, effectivement. Toutefois, ce n’était pas réellement l’idée que s’en faisait Jane. Le romantisme avait un tout autre goût, évoquait une toute autre idée dans l’esprit de la sorcière. Il était atypique, à son image. Non, Jane voyait dans le coucher du soleil, un espace de liberté et de beauté, deux choses auxquelles elle tenait. Il lui fallait se ressourcer, et c’était auprès de la nature qu’elle y parvenait le mieux.*


Ne m’en voulez pas, précisa-t-elle néanmoins dans le cas d’une possible méprise, je suis une amoureuse inconditionnelle de la nature. Elle est mon amante et sa beauté est mon requiem. J’ose espérer que cela vous convient, cher botaniste. Néanmoins, avant que nous puissions nous évader d’ici, il me reste une dernière chose à faire. Mes prétendants m’attendent, souffla-t-elle d’un ton provocateur.

*La sorcière lui fit signe de la suivre et ouvrit la porte de la chambre. Mais elle s’arrêta sur le seuil, anticipant la réaction de son patient abhorrant les enfants. Tournant à demi la tête, elle le rassura donc.*

Vous resterez à la porte, n’ayez crainte. Je ne vous mettrai pas devant le fait accompli. Pas aujourd’hui du moins.

*C’était clairement un avertissement. Jane le préparait mentalement et en ressentait beaucoup de plaisir : une torture à la Jane. L’infirmière sortit finalement de la chambre et se dirigea vers celle des enfants qui l’attendaient patiemment. Elle entra, rayonnante de bonne humeur et tira sa baguette pour son petit rituel. Les enfants l’acclamèrent à son entrée et lui réclamèrent des sorts. Devant leurs caprices assidus, Jane puisa dans ses souvenirs heureux, ses mêmes souvenirs dont elle ne parlait jamais afin de les garder précieusement dans son cœur. Le sourire de sa mère, la fierté de son père, le combat scintillant de sa sœur, la curiosité insatiable d’Héloïse, la démonstration florale du botaniste … Autant de moments qu’elle couvait avec amour. La jeune femme leva sa baguette et incanta son patronus pour faire apparaître sa plus fidèle lumière, sa plus fidèle amie : sa panthère. Son patronus éclaira de sa beauté la chambre des malades. La lumière régnait dans leur regard séduit. L’animal fantomatique marcha lentement vers eux et bondit sur différents lits avant de disparaître sous un tonnerre d’applaudissements. Les enfants pouvaient se contenter de si peu parfois. Jane finit par leur souhaiter une bonne nuit après une ultime vérification de la santé de chacun et sortit de la chambre, le regard pétillant. Elle passa devant son compagnon botaniste et gagna la pièce d’en face où elle troqua sa blouse contre son long manteau qu’elle noua d’un nœud. La sorcière revint enfin et montra de la main la direction de la sortie.*

Me voilà fin prête. Nous y allons, Monsieur Ackley ? Je crois que vous avez suffisamment attendu, souffla-t-elle.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mer 22 Fév - 2:01

Qui suis-je pour m'opposer aux prescriptions d'une infirmière aguerrie ? Très bien, très bien, je vous les montrerai, mais elles devront faire l'objet d'un nouvelle consultation, j'ai hélas omis de m'épiler les aisselles, or je suis très émotif sur ce sujet.

*Un sourire malicieux accompagna cette réponse à son exigence alors qu'il ramassait son manteau, comprenant déjà qu'ils ne pourraient pas camper dans cette chambre déprimante éternellement.*

Alors je ferai passer votre certificat médical à mon assistante pour qu'elle prenne soin de moi : de mon corps, de mon esprit, de mes atours et de ma sécurité physique. Rassurée ?

*Il fouina dans la poche de son manteau vérifiant que son kit de survie était bien là puis en boucla les larges boutons. Une fois apprêté pour faire face au grand froid de New York, et beaucoup moins à la tripoté de moutards susceptibles de lui sauter dessus à tout moment (du moins pour les moins impotents), il redressa son visage vers elle et lui offrit une réponse dont il était difficile de distinguer la plaisanterie de la sincérité.*

Je crois toutes les créatures sur terre capable de blesser mademoiselle, et j'oserais ajouter qu'au royaume des prédateurs la femme y tient une place de choix.

*Il lui sourit, la tête légèrement incliné vers son épaule, admirant l'ingénuité de sa demande.*

Vous devez passer trop de temps dans cet hôpital Miss Jane, au point que vous avez du oublier de remonter votre montre depuis un sacré moment. Il n'est pas loin de 19h et le soleil s'est couché depuis longtemps. Mais ne devenez pas morose, j'approuve votre idée et je pense savoir comment remédier au petit contre-temps dont nous sommes victimes.

*Il lui passa devant alors qu'elle tenait la porte ouverte, et pénétra dans le long corridor blafard, là où la nuit n'avait effectivement jamais d'emprise. Il se retourna sur ses talons alors qu'elle refermait la porte, et ajouta avec un petit air énigmatique.*

Nous sommes des sorciers après tout.

*Il attendit qu'elle se mette en marche à ses côtés, à peine suffisamment en retrait pour se laisser guider vers l'antre de la terreur, la tanière aux monstres.*

Je vois que vous vous êtes faite une opinion de moi et de mes intérêts, je crois que mes « habitudes » pourraient vous surprendre pourtant. En particulier concernant la nature, n'oubliez pas que je suis botaniste. Mais tant mieux, cela me laisse d'autres cartes à abattre pour vous impressionner.

*Il s'arrêta à un angle d'où filtrait des cris stridents, preuve qu'ils s'étaient suffisamment rapprochés des enfers pour que Clayton reste là, prudemment. Néanmoins, elle le força à faire quelques pas de plus et à se rendre visible de loin aux yeux de la marmaille. Il croisa ses bras et fit quelques pas en rond, attendant qu'elle termine, jetant de temps à autre un œil au spectacle qu'elle leur offrait, ce qui finit pas lui décrocher un minuscule sourire. Mais plus que les enfants, c'était elle-même qu'il trouvait le plus attendrissant, de par la ferveur qu'elle mettait, de par les mouvements de ses bras qui avait quelque chose d'enfantin et qui, pourtant, donnaient naissance à un sortilège parfait. Quant au jour où elle aurait l'audace de le mettre devant la tribune perfide des minis humains, il pensait avoir tout le temps devant lui avant d'y songer dans l'angoisse. Pour le moment, elle signifiait seulement qu'elle avait l'intention de l'inclure suffisamment dans son emploi du temps pour qu'une telle mésaventure lui arrive. Le spectacle prit fin et Jane quitta sa blouse qu'elle alla troquer contre ses affaires civiles avant de revenir vers lui.*

Une panthère ? Qu'est ce que je disais tout à l'heure à propos des prédateurs ?

*Il lui fit une œillade et sortit dans l'air glacial en sa compagnie. Il fit à peine quelques pas avant de s'arrêter sur le seuil de Ste Morgane. Les non-maj étaient encore nombreux dans la rue, même s'ils étaient loin de se trouver dans une des artères les plus fréquentée. Toutefois, l'expérience apprenait à chaque sorcier qu'il n'y avait pas plus aveugle que  celui qui ne voulait voir, ce fut la raison pour laquelle sans montrer plus embarras, il sortit de sa poche un chronographe de poche dont il ouvrit l'opercule en verre. Il fit pivoter délicatement les aiguilles à l'aide de son petit doigt, lesquels ne semblaient pas vraiment indiquer des heures. Enfin, il le referma et appuya sur l'unique bouton qui amorça un cliquetis métallique.*

Il est trois heures de moins sur la côte ouest, juste le temps pour nous de ne pas rater le spectacle.

*Alors que le cliquetis se faisait de plus en plus précipité, il saisit la main de la jeune femme et tout deux furent happé pour atterrir dans un Portland encore en plein jour. Clayton relâcha sa prise, bienséance oblige, et leva le nez pour juger de l'endroit précis où ils avaient été déposé.*

Oh, Pioneer Courthouse, comme c'est charmant vous ne trouvez pas ? Dit-il dans un radieux sourire avant de reporter son attention sur Jane en prenant une mine inquiète. J'espère que vous ne souffrez pas du mal du portoloin ?
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mer 22 Fév - 16:48

Dois-je comprendre par là que je suis une prédatrice Monsieur Ackley, souffla-t-elle dans une moue amusée. Et moi qui pensais être un pauvre petit agneau !

*Elle s’assura que personne ne les observait dans le couloir hospitalier et chuchota pour une nouvelle fausse confidence.*

Rassurez-vous, les panthères sont des êtres paisibles tant qu’on ne vient pas les quereller. Elles détestent particulièrement qu’on se joue d’elles, confessa-t-elle dans le plus grand des sérieux, mais gardez-le pour vous, c’est un secret bien gardé entre prédateurs, vous comprenez ?

*Elle se permit un léger rire avant de prendre le pas vers la sortie de l’hôpital. L’air était des plus glacées, cela était vrai, mais ce ne fut pas ce qui affecta la sorcière sur l’instant. Ce cher botaniste avait raison, le soleil s’était déjà éclipsé laissant place au clair de lune. Jane en fut quelque peu attristée, comme souvent, lorsqu’il était question du temps et de ses rouages. Même les sorciers ne pouvaient pas contrôler le temps. Ils pouvaient en contrôler certains rouages mais jamais l’entité entière. A ses yeux, l’hôpital se trouvait hors du temps, mais pas moins hors de sa portée. Le temps prenait sans réellement rendre. Il donnait, oui il donnait, seulement, le temps que l’homme eut pris conscience de l’écoulement de secondes précieuses, il était déjà trop tard. Le temps effrayait Jane. Non pour elle-même, mais pour sa cadette, bien évidemment. Elle estimait qu’il y avait assez de temps pour elle, que sa propre vie pouvait attendre qu’elle ait donné plus de temps à sa sœur malade. Ainsi voir qu’une journée entière venait encore de s’écouler sans qu’elle n’en eut de réelle conscience lui ôta tout pétillement du regard. Si seulement ils pouvaient avoir une journée hors du cadre temporel…Et tandis que Jane exécutait une prière silencieuse, elle ne prit conscience que trop tard de ce qui se déroulait auprès d’elle. La sorcière entendit les paroles du botaniste, les yeux rivés sur ce chronographe dont le cliquetis la faisait pâlir de plus en plus. La pauvre infirmière n’eut pas le temps de protester. Sa main se faisait déjà prisonnière de celle de l’homme. La sensation de tiraillement fut terrible. Tout était brouillé, et Jane ferma les yeux pour ne pas s’évanouir. Une petite nature ? Point du tout. Mais à chacun ses faiblesses… Fort heureusement pour elle, tout ne dura qu’une fraction de secondes. De loin suffisante …

Pieds au sol, Jane n’ouvrit pas les yeux tout de suite, regrettant infiniment que le responsable lui lâchât aussi vite la main. La malheureuse sorcière avait l’impression de tanguer, et son point d’équilibre venait de lui échapper. Charmant ? Non, elle ne pouvait pas encore ouvrir les yeux, de peur de tomber. Elle ne chercha pas non plus à demander secours à son compagnon de fortune pour ne pas se ridiculiser. Elle était aussi blanche qu’un linceul, le cœur au bord des lèvres. La question du botaniste lui fit froncer les sourcils comme une enfant contrariée, alors même qu’elle n’osait parler. Pour autant, la scène ne pouvait qu'être comique. N’était-ce pas un comble pour une infirmière d’être victime d’un pauvre mal des transports. Fallait-il dire pour sa défense que le portoloin était un transport magique des plus désagréables ? Si désagréable et inattendu, que la sorcière finit par marmonner avec difficulté.*

Il y a d’autres moyens pour qu’une femme tombe dans vos bras, Monsieur Ackley. Le portoloin est un moyen réellement mesquin.

*Lui en voulait-elle ? Bien évidemment que non. Néanmoins, elle n’appréciait en rien l’état dans lequel elle se trouvait. Malheureusement, elle n’avait rien pour soulager son mal. Il lui fallait ouvrir les yeux. Une paupière après l’autre … Finalement, et par réflexe, elle attrapa le bras du botaniste pour ouvrir les yeux. Elle tangua psychologiquement durant une poignée de secondes avant de récupérer son équilibre et de se faire élégamment sauver par les rayons du soleil. La sorcière soupira de soulagement, une fois libérée et lança un regard faussement courroucé à son interlocuteur.*

Il va vous falloir mieux qu’un portoloin, la prochaine fois.

*Elle lui adressa finalement un sourire quelque peu gêné. Jane n’aimait pas se montrer faible. L’infirmière lui relâcha enfin le bras dans un haussement d’épaules qui soulignait bien que dans des cas comme celui-ci, les convenances n’étaient pas de mises, et qu’elle s’en moquait bien, de surcroît. Maladroitement, elle fit quelques pas pour observer les alentours. Elle ne connaissait rien de cet endroit. Il était charmant, effectivement. La lumière du jour soulagea les tourments de la sorcière qui lentement revint faire face à son interlocuteur.*

Je dois bien avouer que mes petits prétendants ont du souci à se faire, avoua-t-elle le sourire mutin. Vous n’êtes pas très fair-play avec ces pauvres enfants, Monsieur Ackley. Heureusement qu’ils ont l’avantage suprême sur vous, minauda-t-elle moqueuse, ses prunelles luisantes de défis, eux n’ont pas l’obstacle de la bienséance.

*Laissant au botaniste le soin d’interpréter ou non ses paroles, Jane était fortement satisfaite de sa petite vengeance contre le Monsieur et ses portoloins. Elle se promit que pour une prochaine fois, si prochaine fois il y avait, elle porterait quelque remède sur elle afin d’éviter les dégâts moins élégants. Sourire aux lèvres, comme si le malencontreux épisode ne s’était produit, elle était fin prête à y aller.*

Endroit charmant, en effet. Et maintenant Monsieur Ackley, quel endroit vous semble le mieux adapté pour la vue qui ne va pas tarder à se profiler à l’horizon ?
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mer 22 Fév - 18:35

*« J'espère que vous ne souffrez pas du mal du portoloin ? ». A peine avait-il terminé de formuler son inquiétude que celle-ci se révéla juste. L'infirmière était vacillante sur ses pieds, blanche comme le linge que leur postérieur avait récemment quitté et il était presque sur de voir une humidité d'origine maladive se former sous ses paupières closes. Il n'eut alors d'autre possibilité que de se confondre en excuses.*

Veuillez me pardonner Miss Jane, j'aurais du vous le demander avant. Mon enthousiasme débordant m'a fait omettre ce petit détail et je me suis laissé emporté par l'instant. J'ai si souvent utilisé mon portoloin que j'ai tendance à oublier que beaucoup souffrent de malaises vagaux à son utilisation.

*Alors qu'il était encore dérobé à sa vue, il ne put s'empêcher de sourire en constatant que, malgré ses maux, elle n'avait rien perdu de se verve et de son humour.*

Si je ne suis pas un prédateur, en revanche je suis un fieffé coquin sans aucune limite pour atteindre mon but, vous vous souvenez ? Vous venez d'en dénicher un indice de plus.


*Elle s’accrocha à son bras dans un moment de déséquilibre, lui-même venant en renfort en la soutenant par ses deux coudes. Le mal se dissipait peu à peu mais lui avait fait une ultime frayeur. Il aurait pu avoir l’indélicatesse de se penser chanceux s'il n'était pas réellement accablé par le tort qu'il venait de lui causer. Se reprenant tout à fait, l'infirmière le lâcha et entreprit d'examiner les alentours.*

La prochaine fois... Bien. Il ne nous reste plus qu'à louer des balais pour rentrer dans ce cas.

*Il lui fit un grand sourire un peu crispé signifiant qu'il lui demandait pardon, puis reporta soudain son intérêt sur le contenu de ses poches. Il sortit sa flasque et la lui tendit.*

C'est un mélange de ma conception, vous n'êtes pas la seule à vous promener avec vos remèdes dans les poches. Sans être aussi fort qu'un enervatum, ça devrait vous aider à vous remettre. Je vous conseillerait de n'en prendre qu'une gorgée, à moins que vous aimiez particulièrement la menthe poivrée, et dans ce cas qui serais-je pour vous juger ?

*Alors qu'il ouvrait les premiers boutons de son manteau, le temps étant bien plus doux qu'à New York, il répondit à son ironie avec le même aplomb qui leur devenait habituel.*

Vous répudiez donc ma bonne éducation et la mesure qu'elle m'impose ? Le contraire ne serait pourtant pas là une manière de vous considérer comme un pauvre petit agnelet, ou encore de me jouer de vous ? Dit-il avec une œillade complice. Depuis quand les infirmières souffrent-elle d’impatience ?

*Ses mains partirent à nouveau en exploration... d'une cigarette pour tenir compagnie à ses lèvres. Le petit rouleau en papier coincé entre ses doigts, il leva le nez à la recherche d'un point de vue acceptable qui ne nécessitait pas de parcourir des kilomètres.*

Pourquoi pas ce clocher ? En transplanant ou... à pieds, si le transplanage risque de vous rendre tout aussi souffrante. Il n'est pas si haut.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mer 22 Fév - 21:29

Des balais ? Vous me prenez réellement pour quelqu’un de fragile, très cher botaniste, maugréa-t-elle légèrement en secouant la tête d’exaspération. Même j’apprécie particulièrement les vols sur balai, je pense être suffisamment apte à m’habituer au portoloin.

*En réalité, elle savait pertinemment que non. Mais Jane n’était pas prête à l’admettre par souci de fierté et pour ne pas froisser ce cher Monsieur Ackley qui ne cessait de se confondre en excuse. Elle en ressentait d’ailleurs quelque culpabilité, car dans son mal elle avait fait preuve d’impolitesse, d’ingratitude alors même qu’ils étaient ici pour son simple caprice. Jane allait devoir trouver une manière de se rattraper. Et tandis qu’elle y réfléchissait, ses pensées furent stoppées net par la proposition du botaniste. Jane ouvrit ses prunelles en grand, stupéfaite et prit la flasque entre ses mains. Elle oscillait entre la consternation et l’amusement profond. Ses prunelles se levèrent vers son interlocuteur et la sorcière ne put s’empêcher de répondre avec une légère effronterie.*

D’abord le portoloin, maintenant l’alcool … Monsieur Ackley, je vais réellement croire à un complot contre ma petite personne ! fit-elle semblant de s’offusquer. Tant pis pour vous, ma résistance n’en sera que plus profonde et fervente, répliqua la jeune femme en haussant nonchalamment des épaules. Vous voilà prévenu !

*Mais la sorcière ne but pas pour autant, incertaine quant à l’effet que la conception aurait sur elle. Avouerait-elle sa méconnaissance en la matière ? Elle rougit devant sa gêne. Jane n’avait jamais touché à un quelconque verre d’alcool. Son père le lui avait proscrit, quant à elle, elle n’en ressentit jamais l’envie. Son ignorance était donc des plus grandes. Pardon pour elle. Néanmoins, elle savait que l’alcool faisait partie intégrante des pratiques du botaniste. Elle l’avait compris dans la salle d’attente de l’hôpital, et ne l’en jugeait pas pour autant. Jane hésita, mais une voix moqueuse dans son subconscient l’y poussa : Heathcliff. Ainsi Jane dissimula son embarras et prit une gorgée de la potion de Môsieur le druide. Vainement, le pauvre petit bout de femme qu’elle était, chercha à masquer la grimace caractéristique des brûlures de gorge. Jane cligna des yeux sous l’emprise de l’alcool et refoula les toussotements qui menaçaient. Cependant l’effet fut immédiat. Sans un commentaire pour son expérimentation sulfureuse, elle lui rendit sa flasque en se râclant la gorge. Pauvre Jane.

Une pauvre Jane qui retrouva bien vite ses ardeurs lorsque les moqueries à son encontre s’accumulèrent. La sorcière en était sidérée. Femme caractérielle, elle était bien décidée à se défendre, et pire … à se venger. Sourire menaçant aux lèvres - mais néanmoins charmant parce qu’il appartenait à nulle autre que Jane – la sorcière posa ses mains sur ses hanches, à proximité de ses poches.*

Seriez-vous par hasard, en train de vous moquer de moi, Monsieur Ackley ? Vous prenez un malin plaisir à prendre l’avantage et à vous jouer de moi. Bon enfant, bien sûr, mais les enfants Monsieur Ackley ne sont-ils pas ma spécialité ? minauda-t-elle doucement, le regard pétillant de malice.

*Et sans attendre, l’infirmière dégaina sa baguette, métamorphosa la cigarette entre ses lèvres en bâtonnet de réglisse et appela les autres à venir directement se poser dans sa main ainsi que ……….. la fameuse flasque car elle ne faisait jamais rien à moitié.*

Confisquées, murmura-t-elle dans un sourire provocateur en transplanant dérechef sur le clocher.

*Jane se posa pour admirer la vue aux teintes orangées, les mains pleines de ce qu’elle venait de rafler. Bon enfant … elle aussi pouvait faire l’enfant et prendre l’avantage !
Elle secoua la tête d’amusement et reporta son attention sur le soleil déclinant, comme lorsqu’elle était enfant. Le spectacle allait maintenant commencer.*
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mer 22 Fév - 23:15

Une chose qui nous différencie, je n'aime pas beaucoup les balais.

*Dit-il distraitement. Ils étaient lents, pas pratique, encombrant, inconfortable surtout lorsqu'on était doté des attributs masculins (à moins de souhaiter s'offrir une stérilisation à bas prix, ce qui n'était pas le cas du botaniste) et surtout, vous mettait les cheveux plus en pétarade que 24h passé dans un lit en souffrant d'éclabouille.*

C'est moi qui vais finir par m'offusquer à me faire accuser des plus viles intentions à votre égard, alors que je pourrais difficilement être plus irréprochable.

*Ironisa-t-il en se donnant un sourire innocent souligné par ses mains qu'il joignit l'une contre l'autre sous son menton tel un chérubin. Puis il fronça légèrement les sourcils, ne comprenant pas pourquoi elle ne but pas tout de suite. Ce fait était très étonnant, nous étions à une époque festive où les sorciers jouissaient de ce plaisir dont les non-maj étaient privés, rendant les liquides alcoolisés d'autant plus attrayants et précieux. Il en comprit bien vite la raison quand il vit les joues de la candide infirmière s’empourprer et sa mine contrite essayant de faire passer le feu se faisant sentir dans son gosier après avoir enfin osé porter ses lèvres au liquide. Sa tentative de refréner la désagréable sensation était vaine, Clayton le savait, et elle aussi à présent qu'elle toussotait d'une petite voix. Elle était totalement innocente en la matière, mais loin de le rebuter, il s'imaginait déjà lui faire découvrir les spiritueux les plus délicats, perspective réjouissante, tout le monde (ou presque) en conviendra.

Puis il perçut ce que les quelques expériences qu'il avait en matière de femme lui avait appris à reconnaître à des kilomètres, la fameuse lueur au fond de la rétine qui disait : mon coco, je vais tellement t'en faire baver que même un crache-limace ne serait rien du tout à côté. Et c'est avec une perfidie toute féminine que la jeune femme lui reprochant de se moquer d'elle (non), de vouloir dominer la situation (oui) et d'être, globalement, ce qu'on pouvait dépeindre comme un sale gosse (peut être), le punit en le privant de tous ses biens, à savoir les artefacts réprouvés par les plus puritains d'entre nous mais qui lui donnait, à lui, la force de supporter son existence qui se colorait plutôt dans les sombres sous l'épaisse couche de vernis.

Sans avoir eut le temps de répliquer, Jane transplana, le laissant seul et désœuvré au milieu de la place. Il leva les yeux en direction du clocher où elle trônait déjà fièrement. Il eut un sourire en coin en lui faisant un « non » de la tête réprobateur, lui faisant comprendre qu'il n'était pas du tout d'accord avec sa sentence. Il parla d'une voix forte pour se faire entendre, elle à son sommet, lui sur le parvis, non d'un château mais d'une église.*

Vous faites une drôle de Juliette !

*Et il transplana. Se retrouvant à ses côtés, il ajouta :*

Vous êtes trop dévouée à ma santé aussi. Mais je reconnais votre maîtrise de votre spécialité, ainsi que le manque de maturité dont il m'arrive de faire preuve. Cependant, je trouve que la conjugaison de nos particularités donne quelque chose d'intéressant : si vous saviez à quel point je suis sage en votre compagnie.

*Le clocher laissait une large ouverture voûtée ouverte aux vents contre laquelle Clayton appuya une épaule, le regard porté sur l'horizon qui commençait déjà à prendre des teintes chaudes. Malgré les quelques aléas dus aux transports, il se félicita mentalement de son choix de destination car, contrairement à New York, l'air y était plus pur, le ciel plus dégagé et rares étaient les vilains bâtiments gâchant l'étendue. Alors que le spectacle débutait et que son regard restait rivé droit devant lui, il releva ses mains qu'il avait tenus croisés jusqu'à présent, et entreprit de lancer un nouveau sortilège méconnu mais très utile pour tout chercheur aimant se perdre seul sur de grandes étendues. Les éléments gênants se distordirent soudain devant eux avant de s'écarter tout à fait hors du champs de leurs visions, permettant de profiter pleinement du coucher du soleil par delà le mont Hood.*

La magie a pour seule limite celle de notre imagination.


*Murmura-t-il en reprenant appui contre son épaule.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Jeu 23 Fév - 10:33

*A l’évocation shakespearienne, la commissure de ses lèvres s’étira. Ainsi ce cher botaniste connaissait la littérature anglaise. Elle se demanda à quel point, sa curiosité à nouveau ravivée. Mais Jane n’appréciait pas particulièrement l’histoire de Roméo et Juliette. Peut-être parce qu’elle trouvait Juliette candidement idiote et naïve. Toutefois elle n’en dit rien, gardant toutes ses conceptions du romantisme et de l’amour pour elle-même.
Une fois qu’il apparut près d’elle, Jane l’observa d’un de ses regards les plus innocents, comme si elle n’était coupable d’aucun crime. Secouant la tête de réprimande, la sorcière lui rendit ses biens tout en l’écoutant. Elle n’en dit rien pour le moment, cherchant les termes les mieux adaptés.

Jane noya ses prunelles brunes dans les couleurs du crépuscule. La magie silencieuse mais efficace du botaniste la fit sourire, et comme une enfant mélancolique, elle rapporta ses genoux à elle, lesquelles elle entoura de ses bras. Elle se souvenait, de cette époque si lointaine, où elle admirait les parures d’un soleil descendant en rêvant d’un monde meilleur où le monde serait admiré pour sa beauté et non bafoué par la soif de pouvoir et l’individualité. Chacun de ses rêves lui paraissait alors plus facile à cette époque tout comme son futur qu’elle avait imaginé autrement, à l’image de toute jeune fille insouciante. Mais la petite fille en Jane avait dû laisser sa place à des visions plus terre à terre et réalisables.*

J’ai commencé à admirer le soleil à onze ans, raconta-t-elle dans un murmure. J’aurais alors donné n’importe quoi pour l’atteindre et le cueillir entre mes mains. Les amants se promettaient la lune, moi je voulais le soleil pour que sa lumière réchauffe les cœurs et donne de l’espoir au monde alors que celui connaissait la guerre. Je ne la comprenais et la maudissais par-dessus tout. Chaque soir je priais le soleil et les hommes, silencieusement. J’espérais qu’ils regardent autour d’eux et admirent le monde de mon regard d’enfant, qu’ils connaissent le chant de la nature comme je le connaissais. La guerre perdura, me prenant mes illusions et ma naïveté enfantine. Mais je n’ai pas cessé d’admirer la course du soleil, de vouloir changer les choses. En donnant une seconde chance à mes blessés, mes malades, à mes enfants en danger, j’espère adoucir la noirceur de leur âme, leur haine du monde et la rancœur qu’ils possèdent face à la vie.

*Elle se tut, un sourire critique envers elle-même, envers ses rêves et ses espoirs. Jane souffrait de son impuissance et de son incompréhension du monde. Pourtant, elle était clairvoyante et loin de posséder cette naïveté qu’on adorait lui attribuer. New-York était corrompue, elle le savait. Jane tourna légèrement sa tête vers son interlocuteur et continua sur un même murmure.*

Ne cherchez pas à m’ôter mes navrantes illusions, je sais ce qu’elles sont, et je sais également que je dois m’y accrocher afin de continuer à y croire. Je dois croire en l’impossible, souffla-t-elle dans un sourire mélancolique.

*Elle n’expliqua pas la raison principale de cette obligation. Penser qu’elle se le devait pour les enfants était une maigre raison, mais une raison suffisante pour ne pas qu’elle avoue sa douleur la plus profonde. Jane en profita alors pour répondre aux propos précédents du botaniste. Maintenant qu’elle avait confessé le fondement de ses croyances et de son perpétuel combat, tout lui paraissait beaucoup plus simple à expliquer. Jane reprit donc, cette fois-ci d’une voix beaucoup plus douce en reprenant sa contemplation du soleil couchant et de son ciel rougeoyant.*

Je ne suis pas trop dévouée à votre santé, Monsieur Ackley. J’y accorde de l’attention parce que vous ne le ferez pas vous-même. N’oubliez pas qui je suis. Je côtoie quotidiennement des maladies, parfois fatales. Pensez-vous qu’il soit si facile pour moi de ne pas agir sur la santé des personnes auxquelles je tiens ou que j’apprécie ? Par ailleurs, je n’ai absolument rien contre ce que vous appelez « votre manque de maturité ». Au contraire, cette innocence est charmante et elle m’amuse, car elle vous met si peu à l’aise, cher botaniste. En la dissimulant vous vous rendez d’autant plus maladroit, ajouta-t-elle dans un sourire. Je dois avouer qu’elle fait écho à l’enfant en moi. La pauvre est confinée sous les codes de bienséance, la voie que j’ai choisie et l’insécurité dont fait parfois preuve New-York. Vous pensez réellement que j’ignore les couches épaisses qui couvrent votre véritable personnalité, Monsieur Ackley ? demanda-t-elle en se tournant cette fois-ci vers lui. Je ne suis pas dupe et je vous observe, très cher botaniste. Je sais ce qu’il y a dans les ruelles sombres de New-York, je sais les rendez-vous de chacun et cette noirceur que les hommes possèdent tous dès lors qu’ils sont attroupés, qu’ils ont noyé leurs faiblesses dans l’alcool et qu’ils sont entourés de femmes qui n’appartiennent à personne. J’ai vu le visage de New-York la nuit, confia-t-elle avec la plus grande sincérité.

*Jane se tut un instant pour éviter de révéler la raison pour laquelle elle connaissait les ruelles sombres newyorkaises. Jack Stuart, le tenancier du Niffleur Tricheur, lui avait évité quelques années plutôt qu’elle ne terminât dans la gueule de loups affamés, d’hommes alcoolisés et appauvris par ses bons soins. Désormais, elle était familière de ces ruelles entourant le Niffleur Tricheur, et personne n’osait l’y approcher pour ne pas se frotter à Jack et ses hommes de main. Elle était la protégée, elle était celle que personne ne pouvait ni toucher, ni atteindre. Et une petite voix intérieure priait pour que jamais qu’elle ne l’y reconnaisse. *

Je ne sais quel rôle, quelle place, vous avez en son sein, reprit-elle enfin en posant ses prunelles dans celles du botaniste, et cela m’importe peu à dire vrai. Je ne suis pas de celles qui jugent. Nous avons tous nos secrets, nos vices et un masque presque permanent. Simplement, en ma présence, Monsieur Ackley, vous pouvez être qui vous souhaitez. Je n’irai pas me plaindre faux semblants. Vous pouvez garder le masque, le faire tomber ou le changer, c’est votre choix, votre envie.

*La sorcière lui adressa un de ses plus beaux sourires sincères et s’en retourna vers le soleil presque disparu.*

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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Jeu 23 Fév - 13:24

*Il récupéra ses biens sans échanger d'autres mots. La flasque retourna au fond du nid douillet qu'était sa poche, l'étui à cigarette en fit de même, juste le temps pour lui d'en prendre une et de s'adonner à ce vice dont elle l'avait privé plus tôt. Il alluma sa clope déjà entre ses lèvres d'un claquement de doigts, et demeura debout pour l'écouter. Son regard, la plupart du temps porté sur l'horizon, s'égarait de temps à autre sur l'infirmière recroquevillée dans une position enfantine de protection. Sage comme une image et jamais tenté de la couper dans ses longues élocutions, il acheva sa cigarette simultanément au silence qui se faisait à présent. Alors seulement, il s'installa à son tour sur le rebord de l'ouverture, laissant un bon pas les séparer, ses jambes pendantes dans le vide. Les dernières lueurs du jour disparaissait, et déjà quelques étoiles pointaient le bout de leur nez quelque part au sommet de leur tête. Le silence perdura quelques instants, lui semblant prendre le temps de réfléchir avant d'entamer sa répartie.*

Pourquoi manquer autant d'ambition et ne pas vouloir posséder les deux astres ? Le soleil pour réchauffer les cœurs, la lune pour le rêve. On critique souvent les rêveurs Miss Jane, pour leur incapacité à être dans le présent, pourtant dans votre quotidien terre à terre, avez-vous l'impression de vivre vraiment ?

*Il tourna la tête pour l'observer d'un regard perçant, connaissant parfaitement la réponse à cette  rhétorique.*

Ne puis-je parvenir à vous insuffler un peu de ma gourmandise ?

*Il préféra s'abstenir du moindre mot sur la guerre. Elle avait été pour lui une aberration, en particulier en raison des sorciers se mêlant à l'auto-destruction dont étaient pétri les non-maj sans distinction, il en était persuadé.*

Loin de moi l'idée de vouloir vous ôter quoi que ce soit. D'abord je ne suis personne dans votre vie pour émettre un tel désir, ensuite je vous apprécie bien assez tel que vous êtes. Et si d'aventure ça ne devait plus être le cas, croyez bien que je saurais me montrer suffisamment gentleman pour vous repousser toute entière, dit-il avec un sourire tendrement ironique. Pour finir, je suis un héliotrope qui ne peut s'empêcher de suivre la lumière, et préfère faire naître la floraison que de porter la responsabilité des fleurs qui se fanent.

*Un court silence s'instaura à nouveau alors qu'il se remémorait ce qu'elle avait dit de lui, ne pouvant s'empêcher d'en éprouver une petite pointe de déception qu'il ravala dans sa fierté. Finalement, il décida à sortir sa baguette et d'un mouvement ample du bras, fit apparaître son propre patronus, un merle noir battant des ailes en s'enfuyant dans la nuit, laquelle les entourait tout à fait à présent.*

Je ne suis pas la pire engeance que vous puissiez rencontrer. Et qui vous dit que ce que je vous montre n'est pas cela même qu'il y a sous les couches ? Vous ne seriez pas la première à vous y perdre vous savez, entre le dessus et le dessous, on a parfois du mal à garder les idées claires... Je crois que nous allons avoir besoin de beaucoup plus de temps pour nous connaître, Miss Jane, dit il dans un timide sourire, avant de reprendre d'une voix plus assurée. Je ne vais pas vous mentir, je n'en ai d'ailleurs jamais eu l'intention et quand bien même, ma réputation de noctambule n'est un secret pour personne. J'aime m'amuser et me divertir dans des endroits que votre sensibilité récuserait probablement, cependant, qu'est ce qui m'en empêche ? Je n'ai ni femme, ni enfants qui m'attendent. Et je ne crois pas à ses fables prétendant que ma maman pourrait se retourner dans sa tombe. Quand nous mourrons, nous retournons à la terre. C'est terminé, fini, out, et voilà tout. Et pour clore le chapitre de mes justifications, vous êtes capable de faire ressortir le meilleur de moi par je ne sais quel miracle... ou plutôt si, je crois que je sais, dit-il énigmatique.

*Les yeux dans ceux de son infirmière, il tendit le bras pour repousser une mèche s'échappant de sa coiffure stricte de soignante, l'obligeant par ce geste à ne pas rompre le contact visuel avec lui. Un sourire plus badin étira ses lèvres alors qu'il s'apprêtait à finir sur une note plus légère et pourtant, oh combien importante dans son esprit.*

Alors dites-moi, maintenant que notre aventure en est à quelques heures, est ce que vous m'appréciez juste ou tenez à moi ? Est ce que vous craignez que nous devenions suffisamment proche pour que je puisse vous blesser, mademoiselle la professionnelle ?
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Jeu 23 Fév - 14:45

*Ses prunelles accompagnèrent dans son vol ce merle lumineux. Elle avait toujours porté grande attention au patronus et à leur signification profonde. Un merle … une ouverture personnelle, un événement soudain dans notre quotidien, un pas en avant. Jane ne savait plus que penser alors même que son regard se voilait de réflexion. D’une oreille distraite, elle l’écoutait, silencieuse. Ce n’est qu’à l’évocation de son « pouvoir » sur lui qu’elle reposa son regard dans le sien, le contemplant sans l’interrompre. Aucun sourire n’éclairait son visage. La sorcière était concentrée sur l’écoute qu’elle lui portait, sur les traits du botaniste se mouvant au rythme de ses paroles, de ses émotions. A son geste, Jane demeura immobile, mais quelque chose en elle réagissait. Quelque chose qu’elle n’aurait pu expliquer quand bien même elle l’eut voulu. Pourtant, elle avait bien les réponses à toutes ses questions, et elle lui venait au rythme de ses propres interrogations. De sa douceur naturelle, l’infirmière lui saisit le bras, le regard profondément sérieux. Aucun sourire ne se profila sur son visage mais ses traits trahissaient parfaitement la considération qu’elle avait pour lui. Si bien que Jane, de sa main libre, libéra ses longs cheveux bruns avec lenteur, chose qu’elle ne faisait que rarement. Ceci fait, elle garda la main du botaniste qu’elle posa dans les siennes.*

Ce n’est pas une question qui s’adresse à l’infirmière, si je ne me trompe, souffla-t-elle en reportant son regard, à nouveau, dans le sien. Mon très cher botaniste, vous me semblez fort soucieux concernant le regard que je puis avoir sur vous. Mais vous n’avez réellement aucune crainte à avoir, confirma-t-elle cette fois-ci dans un léger sourire. Par deux fois déjà, vous évoquez votre réputation, mais elle n’a aucune prise sur moi. Pour quelle raison auriez-vous à vous justifier auprès de moi ? Ne m’avez-vous donc pas écoutée ? N’ai-je pas dit que nous avions tous des vices et des secrets ? Ma sensibilité n’y a pas sa place et je le sais mieux que quiconque puisque je connais le New-York nocturne.

*Et cette fois-ci, elle appuya tout particulièrement sur le terme « connaître ». Dès lors qu’elle parcourait les recoins sombres de la ville, Jane refoulait sa sensibilité et sa pureté que tous se seraient précipités d’entacher. Elle n’aimait guère y passer ses soirées, même sous l’aile précieuse et protectrice du propriétaire des lieux. Mais c’était là un sujet qui viendrait probablement à faire parler de lui prochainement. Si bien que l’esprit de la sorcière s’en reporta à sa tirade dont elle choisissait les termes avec cœur.*

Et avant que vous ne fassiez à votre tour preuve d’impatience, reprit-elle devant le fait accompli, je vais vous répondre. Je ne crains pas notre proximité, parce qu’il y a quelque chose qui me pousse à croire en vous. Vous m’avez demandé hier, si vous étiez un homme ordinaire à mes yeux, un patient parmi tant d’autres. Ce n’est pas le cas, vous êtes plus grand qu’eux, déclara-t-elle en réprimant un sourire moqueur avant de s’excuser. Pardon… Vous portez quelque chose de différent en vous, Monsieur Ackley. Quelque chose que je ne saurais définir mais qui m’interpelle. Quant à me blesser…

*Elle se tut un instant et détourna son regard, alors que la main du botaniste était toujours prisonnière des siennes. Jane ignorait tout des blessures sentimentales, émotionnelles. Jamais quelqu’un n’avait trouvé de faille à exploiter. Les gens ne voyaient que ce qu’ils souhaitaient voir, personne n’était jamais allée plus loin. Personne ne s’était aventuré sur le terrain de la véritable Jane.*

J’ignore si vous en serez apte à le faire un jour, finit-elle par reprendre avant de rire légèrement. Cela fait très prétentieux, j’en conviens. Mais nul ne s’est jamais aventuré sur ce territoire, mon territoire. Vous souhaitez emprunter une voie que toutes mes connaissances ignorent. Pour elles, je suis Miss Jane, la professionnelle comme vous l’appelez si bien et mal à la fois. Jamais Jane n’a été atteinte, jamais Je n’ai été atteinte, très cher botaniste.

*La sorcière en sourit avec une fierté palpable alors même qu’elle aurait dû ressentir quelque honte de ne jamais avoir aimé. Ce n’était pas le cas pour la seule raison que Jane chérissait sa carapace, cette distance qu’elle mettait entre elle-même et son travail, alors que tous n’y voyaient que du feu. Finalement, la sorcière apporta à son regard la main du botaniste sur laquelle elle fit glisser deux de ses doigts. Un sourire mutin se profilait sur ses lèvres…*

A mon tour de poser une question, Monsieur le botaniste. Si Miss Jane, mon visage quotidien, impacte sur votre comportement, qu’en sera-t-il de mon moi tout entier ? Après tout, vous prenez un malin plaisir à chercher l’avantage sur moi, mais qu’adviendra-t-il si vous et moi, nous nous retrouvions sur même pied d’égalité ?

*Jane souffla ses derniers mots sur la main du botaniste avant d’ancrer ses prunelles pleines de défi dans celles du botaniste. Maintenant qu’elle venait de révéler ses affections et l’un de ses nombreux secrets, duquel découlaient des conséquences faciles à trouver, la jeune femme était curieuse de connaître ce à quoi ce cher botaniste était prêt.*
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Ven 24 Fév - 17:40

*La gente damoiselle lui saisit le bras, donnant tout d'abord à Clayton l'impression qu'elle voulait le repousser. Soit, il n'aurait qu'à la droguer à la mandrag... oops, erreur de perso, reprenons... A sa surprise, la deuxième en l'espace de quelques secondes, elle décida finalement de conserver sa main entre les siennes, transformant ses doigts en véritable écrin autour de la paluche du botaniste. Le geste était surprenant, nous l'avons dit, mais aussi déstabilisant. L'homme n'avait jamais eut l'habitude des cajoleries et n'était pas équipé pour les interpréter. Pour achever le tableau, elle libéra ses cheveux, un geste que les dames réservaient normalement au regard intime d'un amant. Entre rejet et séduction, Clayton était perdu. Miss Jane venait de prendre le dessus, en tout cas sur le regard du botaniste qui trouvait tout cela subjuguant, même s'il essaya de ne pas (trop) le montrer. Et puis un souffle rauque d’intérêt franchit ses lèvres alors qu'elle parlait de la nuit New Yorkaise et de ses loups tapis dans l'ombre.*

Ainsi donc Miss Jane se débauche elle aussi ? Soit, nous avons tous nos secrets comme vous le dites si justement... N'allez pas croire, par cette réponse évasive, que je ne m'y intéresse pas - je m’intéresse à tous les faits venant de vous, c'est mon côté scientifique qui me pousse à étudier scrupuleusement les objets de mon intention, vous vous en doutez bien – je préférerais simplement le voir que l'entendre, au moment où vous le jugerez opportun bien entendu.

*Ragaillardit, il tenta faussement de répudier un sourire de vainqueur, l'arrogance était quelque chose qu'il lui était impossible de refréner. Sa réponse le satisfaisait bien plus que ses paroles précédentes, et il comptait bien le montrer, ne serait-ce que pour tester les limites de la timidité de la jeune femme. Sa propre assurance était souvent déstabilisante, il le savait et aimait en jouer. C'est pourtant d'une voix douce et d'un ton confidentiel qu'il ajouta.*

Nous nous ressemblons plus que nos parures le laissent présager. Peut-être est-ce d'ailleurs ce que vous cherchez à voir dans la paume de ma main, Mademoiselle ?


*Railla-t-il avant de s'engager sur les chemins jamais foulés qui menaient au cœur de la petite infirmière.*

Jamais atteinte et pourtant si fragile. Oh, vous ne vous attendiez peut être pas à un tel terme vous concernant ? Vous, la forte, la droite, l'invincible Miss Jane, Madonne des souffreteux ! Pourtant, susurra-t-il, je suis persuadé que vous aimeriez que l'on explore plus en détail vos failles... Vous vous êtes tellement habituée à ce que l'on vous regarde sans vous voir, que vous êtes toute étonnée que quelqu'un puisse désirer faire le contraire, n'est ce pas ? Pour ma part, c'est l'inverse qui m'étonne, encore que je me sente reconnaissant pour ce malheureux hasard car c'est lui qui me rend différent à vos yeux... Je vous vois, Miss Jane, et ce depuis les tous premiers instants.

*Alors qu'elle jouait avec sa main, lui la scrutait du regard, comme s'il prenait du recul pour mieux considérer l'ensemble. Ce n'est qu'au bout de quelques secondes qu'il reprit, le regard espiègle.*

Et puis, en tant que botaniste, j'aime particulièrement être le premier à fouler des landes inexplorées.

*Il arqua un sourcil pour marquer un peu plus l'espièglerie, puis ce fut avec spontanéité qu'il répondit à sa question.*

Un feux d'artifices ? Contrairement à vous mademoiselle, ce n'est pas le futur que je crains.

*Il se pencha légèrement de côté pour se rapprocher d'elle.*

Vous vous questionnez tellement sur l'avenir, comme si une réponse rassurante pourrait vous êtes donnée. Alors qu'il est tellement plus simple, plus sage, et plus efficace d'aller trouver cette réponse par vous-même. Trop de questions et pas assez d'actions, pourtant mademoiselle, ne pas vivre c'est déjà un peu mourir.
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Sam 25 Fév - 10:50

*Attentive, elle suivait les changements d’attitude dans le regard du botaniste. Ses paroles avaient déclenché une assurance certaine chez lui, et même de l’arrogance. Ce que Jane regretta en silence. Son honnêteté venait de jouer en sa défaveur. Et parce qu’elle n’avait été qu’à moitié honnête, le botaniste croyait tout savoir de son attitude au point de l’insulter … ou du moins insulter son orgueil. Car cette chère Jane possédait un orgueil refoulé, souvent lié à des instants de colère. En l’occurrence, le tableau que peignait d’elle son interlocuteur lui ôta toute douceur dans le regard. Elle encaissa dans un silence profond alors que ses traits entamaient une longue et profonde métamorphose. Il venait de la blesser dans son amour propre. Aucune souffrance, seule une pointe de déception, une pointe virulente. « Je lui aurais volontiers pardonné son orgueil s’il n’avait pas blessé le mien. », c’était une des nombreuses citations de Jane Austen, que Jane avait retenue en mémoire. Et à ce moment même, elle s’appliquait. Finalement elle prit la parole d’une voix vibrante d’assentiments.*

Taisez-vous.

*Le regard froid, la sorcière lâcha la main du botaniste et s’approcha de lui, brisant la distance de bienséance. Ses genoux se posèrent contre la cuisse du botaniste tandis qu’elle se reposait sur ses pieds. Maintenant qu’elle était aussi près, elle riva ses prunelles dans les siennes avec une fermeté peu commune à ses traits.*

Vous croyez pouvoir anticiper mes pensées, mes ressentis et mes peurs, murmura-t-elle d’un ton cassant. Vous me pensez fragile, Monsieur Ackley ? Vous pensez réellement qu’aucun homme ne m’a regardée comme vous le faites ? Vous me voyez, comme vous le dites avant tant d’assurance, mais en réalité, il n’en est strictement rien. J’ignore la raison pour laquelle vous tenez à m’offenser de la sorte, à me défier mais ce n’est pas ainsi que vous parviendrez à vos fins, du moins pas avec moi. Il est facile d’écouter des paroles, mais vous n’avez entendu aucune d’entre elles, asséna-t-elle les lèvres pincées avant de reprendre sur sa lancée. Pour votre gouverne, je ne me questionne pas sur mon avenir. « Ne pas vivre c’est déjà un peu mourir », je vous l’accorde et je partage cette opinion. Néanmoins, si vous me considérez comme une simple femme à marier, qui craint de ne pas trouver l’homme qui lui sied, qui craint de ne pas fonder une famille ou je ne sais quelle ineptie, ce n’est pas mon cas. Je n’ai pas peur pour mon avenir, et je crains encore moins de vivre.

*Lentement, elle se pencha pour venir apposer sa joue contre la sienne, et terminer sa litanie d’une voix doucereuse à son oreille.*

Vous ignorez tant de choses à mon sujet. Vous nous dites semblables, mon cher botaniste, alors pourquoi user de l’orgueil contre moi quand il me paraît logique que, dans un élan de similitude, vous fassiez face au mien ?

*Jane retira alors son visage et contempla celui du botaniste de plus près. La bulle lascive venait de voler en éclat et pourtant, il en restait quelque chose d’important. Si la sorcière avait réagi avec autant de froideur, c’était pour la seule raison que son regard sur elle lui avait déplu. Autrement dit, elle venait de prouver l’importance qu’elle accordait à l’opinion, ou du moins au regard, du botaniste. Une importance néanmoins restreinte face à l’entêtement dont elle faisait souvent preuve lorsqu’il était question, de près comme de loin, au choix de vie qu’elle avait fait pour sa cadette. Jane finit par soupirer, laissant la froideur de son regard disparaître. Elle changea de position et vint se poser contre l’épaule sur laquelle il tenait son appui, comme pour apaiser la tension environnante. Jane se lova contre le flanc du botaniste et posa son regard sur l’horizon nocturne. La nuit était fort belle et ne demandait qu’à être admirée. Mais Jane n’en avait pas réellement le cœur, préoccupée par l’accès d’agacement et d’orgueil qu’elle venait d’avoir. La jeune femme n’aimait pas les conflits, elle n’aimait pas goûter à sa propre colère ni montrer l’intensité de son orgueil que trop souvent refoulé. Seulement, elle aimait encore moins se sentir comparée à ces femmes dont elle avait toujours fui la compagnie. Elles étaient aux yeux de Jane des créatures imbuvables, vaniteuses et si superficielles, toujours à l’affût du bellâtre du coin. Mondaines ou non, elles cultivaient les apparences comme si leur vie en dépendait, ce qui n’était pas le cas de l’infirmière.*

Je ne suis pas une de ces créatures féminines attendant qu’on la regarde, chuchota-t-elle comme pour se justifier. Je n’ai rien en commun avec elles. J’ai choisi une vie différente, une vie dans laquelle je ne dépends pas du premier Roméo du coin.
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Sam 25 Fév - 19:55

*Alors que le temps s’avançait et que la quiétude du soir sa faisait sentir dans l'air, la douce Jane se fit dragon et sortit de ses gonds. Son attitude devint dédaigneuse alors qu'elle avait réduit la distance avec le botaniste, le touchant tout à fait de ses petits genoux dénudés sous son manteau. Ainsi donc, l'infirmière était excessivement orgueilleuse. Soit. Mais la vanité du botaniste n'avait elle-même pas dit son dernier mot. Alors même qu'elle assenait chacune de ses phrases en le touchant un peu trop, mimant une violence ordinairement entrevue chez les non-maj qui voulaient en découdre, lui était bien décidé à ne pas se laisser impressionner pour si peu. Au sein de la tempête, Clayton était le calme, un calme froid et calculé qui ne le rendait, en général, que plus vainqueur.

Bien des hommes auraient réagit en se pourfendant en excuses pour calmer l'hystérie féminine, prenant sur eux tous les torts à commencer par ceux qu'ils ne pensaient pas avoir. D'autres, victimes de leur incontrôlable vanité, se mettraient en colère et renverraient l'emmerdeuse voir si le vif d'or est plus brillant ailleurs. Mais Clayton n'avait rien de commun avec ces hommes là, du moins l'espérait-il. Il resta calme, peut être trop, et ne réagit en apparence ni à ses mots, ni à ses gestes. Seule la façon dont il sortit une nouvelle cigarette trahissait la froideur dont il était à présent pétrit. A l'image des deux entités d'une même conscience, l'ange sur sa droite lui soufflait de mettre de l'eau dans son whisky pur feu pour ne pas gâcher une rencontre qui paraissait, jusque là, inespérée. Le démon penché sur sa gauche tonitruait d'un ton gouailleur un « Clayton Ackley, la femme qui te fera ramper n'est pas encore née », qui trouva un écho favorable dans l'esprit du Botaniste. C'est donc d'un calme un peu blasé qu'il répliqua alors que l'infirmière s'appuyait contre lui.*

Je n'ai a aucun moment évoqué votre physique.

*Il tourna lentement son visage vers la jeune femme pour qu'elle prenne toute l'entière signification de cette phrase.*

Quand bien même je l'aurais souhaité, je ne devine que difficilement sous vos couches de blouses infâmes les atouts que vous possédez - sans vouloir manquer de respect aux personnes les ayant confectionnés-. Je n'ai jamais douté que quelques hommes, au détour de vos couloirs, vous aient fait les yeux doux. A aucun moment je n'ai eu cette prétention. Je parlais de vous voir au delà de votre apparence mademoiselle, je parlais de votre âme. Ceci évoqué, je n'avais pas vu qu'elle était tant sujette à la vexation. Je ne connais pas tout, je le reconnais, mais j'apprends.


*Il se leva et s'éloigna de la fenêtre.*

Alors dites moi mademoiselle, lequel de nous deux écoute sans entendre l'autre ? Quant à mes fins, laissez moi rire ! C'est vous qui n'avez de cesse de me toucher et de chercher mon contact.

*Dit il en glissant sa main libre sous son bras, comme une manière de ne se rendre que plus digne tout en accrochant son regard au mur de pierre. Ange et démon continuaient à débattre de ce qu'il convenait de faire : se montrer doux et conciliant, ou fier et affirmer son désaccord au risque que la demoiselle transplane et disparaisse à tout jamais. Qu'à cela ne tienne, qu'en avait-il à faire ? Il n'avait pas de famille, un fait qui ne le gênait en rien et ne lui manquait certainement pas ! Il s'imagina fouetter la version angélique de lui-même, laquelle s'éloigna en lui faisant un geste répudié par les bonnes mœurs en articulant distinctement un inaudible "menteur". Il poursuivit de se même ton calme mais froid.*

Pour clore le motif de votre excessive colère, sachez que je ne suis pas homme cherchant à se marier. Ici aujourd'hui, à l'autre bout du monde d'ici 6 mois, je n'ai ni le temps, ni le désir, de me risquer sur un tel engagement, j'aspire à quelque chose de moins commun et de meilleur tout à la fois. Non, ce que je soulignais, douce Miss Jane, n'était pas le manque d'homme dans votre vie, je suis bien placé pour savoir que l'on a besoin de personne pour exister, mais celui bien plus tragique du manque de fantaisie.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Sam 25 Fév - 20:46

*Devant ses répliques acerbes, qui en soi pouvaient paraître justifiées, Jane resta silencieuse. Sa main venait de glisser dans sa poche, dans un réflexe de réconfort, pour toucher la carte ensorcelée. Elle braqua son esprit sur le sourire de sa sœur et n’écouta plus qu’à moitié son interlocuteur. Tout ce qu’elle entendait distraitement, c’était le quiproquo mis en place par leurs deux vanités. Mais plus que tout, elle entendit la mauvaise foi dans l’accusation crapuleuse. Ainsi était-elle celle qui faisait fi des bienséances, qui cherchait son contact ?! La sorcière dût puiser en elle pour ne pas se laisser atteindre par l’humiliation. Comment alors s’extirper de la situation ? Elle voyait nulle issue que la fuite, or elle n’était pas envisageable. Entêtée, Jane ne comptait pas se laisser ainsi dompter, bien qu’elle maudissait son propre caractère d’être tombé dans le piège de ses paroles. Les lèvres pincées, elle se leva à son tour en demeurant à cette fois-ci à bonne distance.*

Soit. Alors que faites-vous encore ici, Monsieur Ackley ? Si ma vie vous attriste tant, pourquoi avoir voulu que notre entrevue soit prolongée ? Il est étonnant que ce soit moi qui vous touche alors même que vous ne manquait aucune opportunité pour sous-entendre ou me toucher. Mais soit, admettons que je sois celle dont les torts sont indiscutables.

*Elle s’inclina alors avec toute l’impertinence dont elle était capable, pour se redresser ensuite et lui faire face. Que devait-elle lui révéler ? Au bout de deux soirées, elle n’était pas prête à révéler ses manigances, son combat. Au diable les critiques qu’on pouvait lui faire sur sa vie. Heathcliff la convertissait suffisamment pour ne pas qu’elle est de comptes à rendre devant de pareilles allégations. Pire encore, Jane ne souhaitait pas se révéler à n’importe qui. Si bien que devant la réaction et la vanité claytonnienne, elle s’attendait à le voir partir à tout moment. Par conséquent, il n’était pas question de lui révéler plus qu’elle ne l’avait déjà fait. Jane se devait d’encaisser sans broncher, et pourtant …*

Prenez plaisir à juger Monsieur Ackley. J’admire votre qualité à pouvoir juger sans connaître, réellement. Que savez-vous de ma vie en deux soirées seulement ? Oh mais j’y pense, persifla-t-elle dans un sourire moqueur, est-ce parce qu’il m’arrive d’éprouver quelques pudeurs, quelques timidités ? Cela ne doit pas vous être commun, je suis navrée. Je n’ai jamais pris une goutte d’alcool en raison de mon éducation, et je dois avouer ne pas en ressentir de curiosité. Mais je ne me refuse à rien. Enfin, et je crois que c’est la partie la plus … commença-t-elle en mimant de chercher le terme adéquat, divertissante, vous vous méprenez sérieusement sur mes attentes envers les hommes. Je me refuse au mariage, et je n’ai jamais prétendu que c’était ce que vous cherchiez. Je dirais même que je n’attends strictement rien de vous, Monsieur.

*Elle se tut, gardant pour elle ce qu’elle s’apprêtait à ajouter. Car Jane aurait préféré finir vieille fille que de se donner au premier homme venu, ou au premier à l’atteindre. Elle eut une pensée pour ses confidents masculins qui auraient ri de la situation. Heathcliff aurait suggéré un quelconque pari, ce dans quoi se seraient embarqués les deux autres. La sorcière eut un long soupir résigné et croisa les bras en signe d’attente. Les mots qu’elle s’apprêtait à prononcer allaient déterminer la suite de leur soirée et des autres à venir. Le regard persistant, attristé et orgueilleux de la sorcière fixait le botaniste, ce qui formait un étrange mélange loin de sa douceur traditionnelle. Sa poitrine se souleva, signe de son inspiration profonde et sa voix prit enfin la parole.*

Maintenant, cher botaniste, vous allez devoir faire un choix. Me fuir ou me convertir à ce que vous appelez vos fantaisies, au risque d’être davantage confronté à mon caractère ou alors à cette douceur exécrable et ingénue dont je peux faire preuve, et qui hélas démontre la tristesse de ma vie. La décision est vôtre. Je ne compte pas m’envoler pour votre simple plaisir. J’ai l’entêtement difficile, mais je suppose que vous l’aviez déjà compris.

*Pour ne pas dire la seule chose, pensa-t-elle intérieurement. Elle arqua finalement un sourcil dans l’attente, alors qu’elle-même se sentait oppressée par l’atmosphère électrique qui les environnait. Cette entrevue prenait une tournure imprévue, laquelle elle n'aurait pas imaginé si elle y avait réfléchi un mot. La coquetterie du matin semblait désormais surfaite et tristement pathétique. Mais Jane ne rebroussait jamais chemin, ce n'était pas dans sa nature et surtout ... elle entendait déjà les sermons de sa soeur quant à son manque de sociabilité et de folie. Finalement peut-être qu'elle avait trop vite renoncer à son masque habituel. Probablement.*
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Dim 26 Fév - 1:18

Vous êtes plus gonflée qu'un sort d'engorgement ! Je n'ai jamais dit que votre vie m'attristait, je ne la connais pas et c'est la votre pas la mienne, or dans la mienne on s'y amuse FOLLEMENT ajouterais-je ! Et je ne vous ai jamais touché plus que nécessaire je... oh et puis laissez tomber, voulez-vous. Tout cela devient ridicule, nous ne sommes plus des enfants pour ce chamailler de la sorte, ni vous, ni moi.

*Il fuma en silence et termina un peu trop rapidement sa cigarette. Si le soir de leur rencontre il avait oublié de pratiquer cette fâcheuse manie destinée à canaliser sa nervosité naturelle, il semblait à l'inverse que cette soirée soit faite pour rattraper le manque à gagner qu'avait vécu ses poumons sur le long chemin de l'empoisonnement irréversible. Une fois le reliquat de mégot jeté, il ajouta dans un souffle d'une manière un peu enfantine.*

Tant mieux, je n'attends rien de vous non plus.


*Il souffla par le nez et laissa son regard divaguer sur le sol, puis il ferma les yeux quelques instants pour reprendre constance et détachement. Le contrôle était tout. Le contrôle était ce qui faisait que sa vie était ce qu'elle était devenue. Il n'était plus un petit garçon malheureux dans une ferme parce qu'il avait dirigé sa vie et ses aspirations avec une poigne de fer, parce qu'il ne s'était jamais permis un seul écart dans ses propos. Le contrôle était sa muse, sa famille, sa béquille, son allié, sa plus belle chance et sa meilleure amie, sa pire ennemie, probablement aussi. Mais faute d'avoir jamais gagné quoi que se soit en baissant les armes, il remettait fortement en doute cette dernière qualification que lui soufflait, de temps en temps, l'ange à bien des égards démoniaque. Il finit donc par relever la tête et après avoir passé sa langue sur les lèvres, tourna son visage vers l'infirmière à qui il offrit son sourire le plus naturel.*

Je vous ai apprécié Miss Jane, c'est l'unique raison de ma présence auprès de vous. Rien de plus, rien de moins. Veuillez me pardonner si mes théories concernant votre vie, très certainement erronés, vous ont offensé ou pire, blessé. Elles ne se reproduiront plus. Je le réaffirme, je ne sais pas tout, mais j'apprends.

*Il sortit de la pénombre où il avait reculé pour revenir devant elle en lui offrant un nouveau sourire, aussi charmant qu'il lui était possible, et il excellait dans le domaine. Ni trop pour ne pas paraître faux, ni pas assez pour ne pas paraître froid et calculateur.*

Je vous remercie du temps que vous m'avez accordé ainsi que des soins qui auraient mérité une meilleure reconnaissance et plus de retenue. Vous avez très certainement été la victime de ma précipitation et de mon enthousiasme. Je vous remercie pour ces deux soirées qui m'ont permis de changer de mon manque de pudeur routinier et du penchant alcoolique de mes soirées.

*Ne put-il s'empêcher d'ajouter mais en y mettant un sourire ironique qui, cette fois, était censé exprimer qu'il plaidait coupable de tous ses hauts faits, comme si la vile critique lui était égale et suscitait, au pire, un amusement enjoué de sa part.*

Je réfute les pensées que vous n'avez de cesse de m'octroyer à votre encontre et que je n'ai jamais formulé. Mais si me diaboliser est là votre bon plaisir soit, j'accepte la sentence bien injuste, et comprendrai que, si c'est ce que vous pensez envers et contre tout de moi, vous ne souhaitiez pas revoir un démon dans mon genre. Pour le reste, je ne suis pas homme à fuir madame, et je vous ai fait une promesse que je compte bien tenir, du moins si vous le désirez toujours, car permettez-moi de dire que vous avez tort sur ce point : le choix ne me revient pas. En effet, vous ne me devez plus rien, moi seul possède encore une dette envers vous. La fantaisie que je vous dois sera votre si tel est toujours votre envie. Alors Miss Jane, dois-je m’enquérir de votre jour de congé, vous raccompagner devant votre hôpital ou vous laisser faire le chemin vous-même sans me retourner ?
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Dim 26 Fév - 12:00

* « Gonflée » était-ce là ce qu’il avait dit ? Jane haussa un sourcil d’étonnement qui se transforma vite en sourire moqueur devant le jeu théâtral qui se déroulait ses yeux. La commissure de ses lèvres s’était étirée, il en était fini du sérieux de la pauvre infirmière. Cet homme ne baissera pas les armes, c’était un fait, mais elle n’était pas entièrement sûre qu’il n’y ait que l’homme qui s’adressait à elle. On aurait dit un enfant vexé, un enfant qui cherchait à s’en sortir de bien des manières sans réellement savoir comment s’y prendre. Si au contraire, ils restaient encore des enfants malgré tout ce qu’ils avaient pu vivre et endurer jusqu’à aujourd’hui. Il y avait comme quelque chose d’inavouée, d’interminée, mais Jane face à ses propres spéculations n’aurait su dire quoi. La sorcière garda le silence tandis que ses prunelles ne quittaient pas du regard le botaniste. Elle attendait.

L’orgueil de Jane accepta les excuses offertes et les apprécia d’autant plus qu’elle savait l’effort que cela coûtait au botaniste. Mais elle déchanta bien vite lorsqu’elle sentit les affres de culpabilité la saisirent toute entière. Ses excuses prenaient une tournure attristante si bien que la sorcière estima qu’elle était allée trop loin. Elle n’attendait aucun remerciement car elle n’en ressentait pas le besoin et qu’elle les trouvait superflus. Dans une toute autre situation, formulées par quelqu’un d’autre, ces excuses l’auraient même amusée. Mais présentement, ce n’était absolument pas le cas. Elle s’en voulait, regrettait de ne pas avoir gardé son masque quotidien. Malheureusement, elle ne reviendrait pas en arrière, elle ne le pouvait.

Et comme si sa culpabilité n’était pas aussi virulente, les paroles saupoudrées de mélodrame achevèrent de la rendre affreuse. Elle écouta distraitement le botaniste. Dans sa tête, cœur et raison se vouaient un combat sans merci. Jane ferma les yeux pour calmer la bataille et murmura enfin, après que le choix lui fut rendu.*

Cessez, je vous prie, cessez. Je n’aurais pas dû me comporter telle que je l’ai fait. Je vous ai mal jugé, finit-elle par dire en rouvrant les yeux lentement, et je le regrette. J’ai interprété vos paroles et leur ai donné un pouvoir qu’elles n’auraient jamais dû avoir. Un jour, vous comprendrez. Mais je ne ressens aucun plaisir à vous diaboliser, Monsieur, et si c’est là ce que vous avez ressenti, je vous prie de m’en excuser. Ce n’était en rien mon attention.

*Jane se tut un instant pour analyser la distance entre eux. Elle devait rester bienséante, respectueuse, car si la douce infirmière pardonnait avec une facilité enfantine, Jane gardait en mémoire la plainte qui l’avait la plus offusquée. Il n’était plus question qu’on l’accuse de séduction ou de gestes malvenus.*

Vous n’êtes pas un démon, Monsieur Ackley, reprit-elle cette fois-ci dans un sourire qui se voulait rassurant. Et je ne souhaite pas mettre un terme à nos entrevues, mais par pitié, cessez de croire que vous me devez quelque chose. D’autant plus, que, je me permets de vous le rappeler de bonne foi, vous avez expressément requis un avantage sur moi, une condition à m’imposer afin de satisfaire votre gourmandise. Vous avez à apprendre, et j’ai à apprendre, poursuivit-elle dans une petite moue ironiquement résignée. Alors je vais laisser à votre fantaisie, le soin de me guider, en contrepartie, si le temps me le permet, je vous montrerai ce que cachent mes apparences. C’est le choix que je fais, Monsieur Ackley, ma soirée est vôtre.

*Et lentement, elle rattacha ses cheveux, dans un chignon beaucoup moins stricte et haut. Ses mèches vinrent encadrer son visage à nouveau doux et bienveillant tandis qu’un sourire bienveillant glissait sur ses lèvres. Mais ce dernier disparut bien vite lorsque son esprit lui rappela le moyen de transport utilisé pour arriver ici. Jane pâlit quelque peu.*
Ne me dites pas… bafouilla-t-elle en réprimant l’amusement dans son regard. Ne me dites pas qu’il est déjà l’heure de reprendre le portoloin. Je ne suis pas certaine de tenir debout à l’arrivée. N’avez-vous donc aucune relation à Portland, Monsieur Ackley ?

*Elle soupira et reprit d’un air résigné devant ce qui arriverait tôt ou tard.*

Néanmoins... si le reste de notre soirée doit se dérouler à New-York, alors soit, je suis prête. Mais si partir il nous faut, alors j'aimerais garder un bon souvenir de ce clocher. Feriez-vous pour moi de la belle magie, s'il vous plaît, Monsieur ? demanda-t-elle dans un caprice enfantin mais pas moins sincère.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Lun 27 Fév - 1:30

*Clayton avait définitivement balayé la figure de l'enfant boudeur pour ne plus présenter que celui de l'homme mesuré. Il se détendit néanmoins lorsqu'elle accepta ses excuses et cessa, elle aussi, de s'entêter à surenchérir dans cette dispute qui n'avait finalement que peu de sens. A peine perceptiblement, ses épaules se firent moins raides, sa posture un brin plus naturelle. Il mourrait d'envie de répliquer par une pique, mais sachant que ce n'était là que la manifestation des reliquats de sa colère, il s'en abstient fort judicieusement. Même s'il se détendait petit à petit, il restait froid, de cette froideur qui mettrait sans doute un moment à disparaître. En outre, il sentait la jeune infirmière tout aussi peu naturelle que lui, son corps même était tout en retenue, lui donnant l'assurance qu'au moins, elle ne lui reprocherait pas son propre manque de spontanéité.*

J'accepte vos excuses Miss Jane, dit il en inclinant légèrement la tête. Il se fait tard, mettons nos bévues et nos humeurs sur le compte de la fatigue résultante d'une journée bien chargée et n'en parlons plus.

*Il reprit en faisant un léger « non » de la tête.*

La condition que je vous ai demandé de m'accorder n'était qu'un échange consenti contre mon cours. Mais puisque vous le souhaitez toujours, je prends note que je possède toujours cet avantage... Je m'en réjouis même.

*Ajouta-t-il poliment après une pointe d'hésitation. Il se mordit la lèvre inférieure en voyant son air légèrement paniqué à l'idée du voyage, il était prêt à lui faire remarquer que pour retourner dans un lieu qu'elle connaissait bien, elle était tout à fait apte à transplaner sans son secours. Mais le botaniste était ce qu'il était et ne pouvait répudier sa part d'ombre, c'est pourquoi finalement il s'en abstient. Si elle y pensait d'elle-même alors soit, sinon, il obtiendrait une minuscule vengeance qui suffirait à apaiser son cœur de sa rancune, se dit-il mesquinement. En attendant, il détourna le regard pudiquement lorsqu'elle se recoiffa, il n'était pas question qu'il se laisse à nouveau aller à cette attitude sotte et béate.*

Aucune relation, non. Je viens ici pour la toute première fois, mais si vous craignez le voyage nous pouvons sans doute trouver un hôtel ou une auberge où passer la nuit. Si vous souhaitez recevoir votre enseignement dès ce soir, je crains de ne pas être en mesure de trouver dans cette ville le lieu se prêtant à notre petit jeu.

*Alors qu'il pensait l'affaire Portland close, l'infirmière lui fit une demande suffisamment inattendue pour susciter chez lui un froncement de sourcils. Il entrouvrit la bouche comme s'il réfléchissait, avant de la refermer d'un claquement sec.*

Vous me mettez la pression Mademoiselle, je ne suis pas un faiseur de jolies choses et j'ai bien peur de vous décevoir. Mais...

*Dit-il en balayant du regard le lieu éclairé par une lune presque pleine afin d'y trouver une idée jusqu'à ce que ses yeux s'arrêtent sur une brindille qu'il alla ramasser.*

Ce n'est par parce qu'on est battu d'avance qu'il ne faut pas essayer de gagner.

*Il revint ensuite vers la jeune femme, se postant devant elle alors qu'il jouait avec la petite branche desséchées entre ses mains.*

Dites-moi Miss Jane, quelle est votre fleur préférée et... pourquoi ?

*Finalement, il n'allait peut être pas rester froid aussi longtemps que ça.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Lun 27 Fév - 22:51

*La petite infirmière dût tourner sept fois sa langue dans sa bouche pour ne pas se laisser aller à l’humour lorsqu’il suggéra un endroit pour dormir. Ce n’était pourtant pas l’envie qui lui manquait, mais elle s’en abstint pour éviter d’être accusée à tort ou raison de manquer de bienséance. Pour l’occasion de converser sur des non-dits ou des histoires à conter la tentait particulièrement. Jane aimait que l’on lui raconte des histoires. C’était une habitude enfantine à laquelle elle n’avait jamais pu renoncer. De surcroît, la jeune infirmière accordait de l’importance à l’histoire de chaque individu ou ami qui osait la lui conter. Cela lui permettait de comprendre, de savoir, et parfois même d’aider. Mais peut-être n’était-ce pas ce dont ils avaient besoin ce soir, d’autant plus qu’une part d’elle-même se sentait dans l’obligation de donner tort au botaniste. Pas pour avoir raison, mais pour lui prouver qu’elle était capable d’amusement et de fantaisie comme tout individu. Un challenge qui n’allait pas être des plus aisés à remporter, au début probablement. Même si, finalement, elle-même ignorait de quoi elle était réellement capable, surtout en agréable compagnie.
Quant au transplanage, elle y aurait pensé si sa destination était chez elle ou à l’hôpital. Or, elle espérait que l’entrevue se poursuivrait, pour son plaisir comme pour se faire pardonner de son manque de retenue car la froideur palpable mais légitime du botaniste n’était guère appréciable. Et si l’entrevue devait se poursuivre, leur destination devait être remise aux mains de son compagnon nocturne. Si bien que le portoloin fut la seule chose qui lui vint à l’esprit. Dans le cas contraire, elle lui aurait volontiers sacrifié sa « santé » pour alléger les affres de son cœur.*

Pour ce soir, gageons pour l’enseignement, finit-elle par déclarer en dissimulant avec soin toute pensée qui pourrait laisser croire le contraire. J’aime apprendre, moi aussi, ajouta-t-elle dans un petit sourire gorgé de bonne foi.
*Le froncement de sourcils familier… Jane ne put s’empêcher de repenser à la veille et d’esquisser un large sourire moqueur. Il ne la ferait pas s’excuser deux fois.*

Non, Monsieur Ackley, vous êtes botaniste, et c’est amplement suffisant.

*Son sourire se fit charmant et plein d’humour tandis que son regard respirait la sincérité. Un mélange qui alliait l’amusement à la considération, et qu’il ne pourrait réfuter sous peine de fausse modestie. Car la démonstration magique de la soirée précédente avait fait forte impression sur elle, et Jane en voulait encore, inlassable et surtout, admiratrice.*

Vous n’allez pas en vouloir à une jeune femme de faire preuve de gourmandise, Monsieur, n’est-il pas ? Un certain inconnu, fort intrigant et plein de charmes, m’a judicieusement conseillé, hier, de m’abandonner à ma gourmandise, conta-t-elle avant de soudainement s’arrêter prise de doute. A moins qu’il ne m’ait parlé de la sienne, fit-elle mine de s’offusquer, ce qui serait fort inconvenable, vous en convenez Monsieur Ackley ? Nous rencontrons de drôles de personnes de nos jours, vraiment.
*Elle lui adressa un visage plein d’innocence, faux bien sûr, et pourtant… elle lui collait si bien à la peau, que démêlait le vrai du faux semblait être une entreprise ardue. A sa question cependant, la jeune sorcière reprit une mine un tantinet plus sérieuse, tandis qu’elle réfléchissait soigneusement à la question posée. Mais elle n’eut pas besoin d’y songer bien longtemps. La réponse était là, à portée de mains.*

Je vous répondrais celle du cerisier, Monsieur Ackley. Il y a vingt ans maintenant, mon père partit pour un de ses énièmes voyages en passionné d’aventures qu’il est. Sa destination fut le Japon. J’allais sur mes sept ans, ou peut-être venais-je de les avoir, la chronologie m’échappe, pardonnez-moi, souffla-t-elle en portant son visage vers la lune. Je lui avais demandé qu’il me ramenât une belle chose, l’une des plus belles beautés du Japon. Deux ou trois semaines plus tard, il glissa une graine dans ma main et me promit qu’avec beaucoup d’amour, de temps, et d’attention, quelque chose de merveilleux apparaîtrait. Nous la plantâmes dans notre jardin, comme deux personnes cacheraient un trésor. Mais c’était mon futur trésor. Toutefois, un second trésor se profilait à l’horizon : ma sœur. J’ai veillé sur les deux avec l’innocence et la rigueur dont mon petit cœur était capable, je leur contais des petites histoires, leur parlais du monde extérieur. Tous les deux grandissaient. Je soupçonnais même mon père d’avoir accéléré la croissance de notre graine, bien qu’il prétendait le contraire. Aujourd’hui bien sûr, il ne fait aucun doute qu’il a usé de magie, mais qu’importe, il ne pouvait prédire ce qui arriva, murmura la sorcière en posant cette fois-ci sur le regard du botaniste. La première fleur de cerisier s’épanouit le jour où ma chère Emily est venue au monde. Ma joie fut si grande qu’aucune fleur ne put rivaliser ensuite avec celle de mon arbre. Et parce qu’il ne pouvait fleurir pour mon anniversaire, Emily m’en offrait une fleur à chacun des siens, y compris quand je me trouvais à Ilvermony. Voilà ce que me rappelle la fleur de cerisier, cher botaniste et elle m’est d’autant plus chère aujourd’hui.
*Afin de dissimuler l’émotion qui la gagnait de plus en plus au souvenir de la naissance de l’être qui lui tenait le plus à cœur, Jane poursuivit avec dérision.*

Voilà maintenant que je parle trop, veuillez m’excuser Monsieur Ackley pour cette touche sentimentale. J’aime la couleur de la fleur de cerisier et la douceur qui s’en échappe. Sa simplicité ne la rend que plus belle à mes yeux. J’aimais particulièrement sentir ses pétales m’entourer lors de mes nombreuses lectures. Cet arbre était le lieu de mes secrets d’enfant puis de jeune femme, et l’est encore.

*Lorsqu’elle revenait voir ses parents, notamment, surtout au temps des floraisons. Mais elle en termina avec les détails, estimant qu’elle avait suffisamment gardé la parole pour elle-même. Elle espérait d’ailleurs ne pas avoir ennuyé son interlocuteur avec ses histoires suintant le sentiment et l’innocence enfantine. Tout était rapporté à sa cadette, Jane en avait conscience. Malheureusement elle n’avait jamais connu d’autres amours, et les circonstances faisaient que, plus que jamais et une fois encore, toutes ses pensées étaient tournées vers elle. Presque toutes. A un botaniste près.*

Laissez-moi vous retourner la question, cher botaniste. Quelle fleur a eu l'honneur de toucher vos sentiments ?
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mar 28 Fév - 11:52

Ouf, j'ai cru pendant un instant devoir occuper simultanément la profession de clown, de danseur de ballet et d'illusionniste pour satisfaire votre regard. Je suis rassuré que l'emploi de simple botaniste suffise à ne pas faire monter l’âpre désillusion à vos yeux, c'est que je porte très mal les plumes et les paillettes me donnent un teint maladif.

*Railla-t-il en feignant d'éprouver un immense soulagement.*

Non mademoiselle, je ne vous le reprocherai pas. La perfection est ennuyeuse, il nous faut à tous souffrir de quelques vices, et quel est le plus charmant si ce n'est la gourmandise ?


*Il l'écouta parler de sa sœur avec patience, notant mentalement tous les faits intéressants et les curiosités qui faisaient lumière dans son esprit de botaniste. Le « pourquoi » de la fleur n'était d'aucune nécessité mais était un simple caprice de sa part. Le langage des fleurs n'étaient pas toujours fiable, pas en soi en tout cas, mais la croyance que les autres y mettaient rendait, de ce fait, leur choix très instructif. Pendant qu'elle lui contait l'histoire de la naissance de sa sœur, lui n'avait de cesse de lisser la brindille entre ses doigts, comme s'il s'en imprégnait... ou cherchait à combler le manque du cylindre de nicotine, Merlin seul le savait. Enfin, elle termina d'expliquer son choix et commençait même à s'en excuser inutilement.*

Choix intéressant. Vous savez que dans le folklore japonais la floraison des cerisiers est un véritable événement ? Au Japon, elle annonce le début des semis, ils déposent alors des offrandes aux pieds des arbres en fleur en espérant obtenir en échange une bonne récolte. Elles symbolisent la beauté, le bonheur, la réussite et la vie. Certains prétendent même qu'elle serait l'ingrédient secret pour maximiser les effets de la potion de ratatinage. Votre sœur a de la chance d'être née sous un si joli présage.

*Dit-il sans savoir que cette remarque était maladroite en raison de son ignorance de l'histoire de sa sœur et de la maladie dont elle était souffrante.*

Merci pour votre franchise Miss Jane. Alors je suppose que c'est à mon tour.

*Il prit une grande inspiration et sembla réfléchir quelques instants en observant les aspérités dans le mur, pesant rapidement le pour et le contre de ce qu'il conviendrait de dire. Mais la nuit, l'intimité du lieu, la ville s'étendant à leurs pieds dans le déni de leur existence et l'honnêteté de la jeune femme, le convainquit de faire lui aussi preuve de sincérité.*

Enfant, au printemps, j'aimais partir en quête de brins de muguets. C'était une véritable chasse au trésor qui se passait dans les sous-bois où j'étais autorisé *ou plutôt expressément ordonné* de me rendre seul selon mon bon plaisir. C'était quelques années avant mon entrée à Ilvermony, mais plutôt que de les cueillir et leur ôter la vie, j'aimais à l'aide de mes pouvoirs naissant et capricieux, les faire tinter. Leurs cloches remuaient sous le vent et jouaient pour moi le chant le plus magique qu'il soit à mes yeux d'enfant : Jingle Bells.

*Dit-il dans un petit rire, avant que le reflet de malice dans son regard ne disparaisse, qu'il déglutisse trop bruyamment et reprenne en plongeant ses rétines dans celles de l'infirmière*

Et puis j'ai grandit, et ai compris que personne ne venait apporter secours aux enfants, ni à Noël, ni à aucune autre date, et mes brins de muguets sont devenus aussi amers que le poison qu'ils renferment. Depuis, la rose s'est imposée à moi comme ma muse, ou plutôt comme un dogme. Je vous vois déjà venir, pas très original vous me direz ? Et pourtant mademoiselle, je ne l'aime pas pour sa couleur ou son allégorie sur l'amour. J'aime sa beauté et son parfum envoûtant certes, j'aime surtout son hypocrisie et son mensonge. La rose nous attire, exige qu'on la cueille et c'est alors qu'elle nous pique, faisant de notre sang son sceau. Semblable à la parure pourpre de ses pétales, notre sang nous rend vassal de ses caprices. Et alors qu'on la tient enfin entre nos mains meurtri, elle se fane et vous quitte... La rose domine sur tous les fronts, la beauté, la douceur, le machiavélisme, la provocation. C'est une épine de fer sous une apparence de velours. La rose est universelle en somme, elle vous apprend à douter de tout et à ne surtout pas vous fier à une allure. Elle vous inculque le bonheur et la perte, la délicatesse et la douleur.

*Il fit silence mais le rompit rapidement, ne voulant pas le laisser s'installer. Si le choix de la fleur de l'infirmière était tout entier tourné vers l'autre, celle de Clayton ne concernait que sa propre personne. Un fait pouvant aussi bien apparaître comme égoïste que malheureux.*

Il semble que nous parlions trop tous les deux ce soir.

*Dit-il en lui souriant. Puis, reprenant son air malicieux, il se rapprocha de la jeune femme jusqu'à lui faire face, se faisant il sortit sa baguette et transforma la brindille en une petite branche de cerisier d'où éclot un bouquet de fleurs de couleur rose poudrée. Il susurra sur le ton de la confidence.*

J'ignore de qui vous vouliez parler tout à l'heure, mais suivez bien mon conseil : méfiez vous des hommes qui agitent des sucreries sous votre nez, ils pourraient vous emporter dans des endroits isolés avant d'avoir eu le temps de dire « quodpot », et alors, je n'ose imaginer quelles cruautés ils pourraient vous infliger.

*Il agita à nouveau sa baguette en marmonnant une incantation ressemblant à du grec ancien et à laquelle lui-même ne comprenait rien. Les pétales devinrent alors bleutés et se mirent à tournoyer jusqu'à se détacher tout à fait de la fleur, elles s'envolèrent alors à la manière d'un pétard surprise, puis stagnèrent flottantes et insensibles au vent au dessus de leurs têtes. Alors qu'elles donnaient l'illusion que rien ne se dérouleraient de plus, l'intensité de leur teinte s'accentua jusqu'à s'allumer telles des lucioles bien sages. Clayton avait la tête levée, vérifiant que l'enchantement se déroulait correctement, et une fois rassuré, abaissa son regard vers sa condisciple d'un soir. Il parla tout bas, utilisant l'humour pour se justifier dans un petit sourire.*

C'est pratique quand on campe quelque part et qu'on a besoin de se lever dans la nuit pour... se faire une bonne tisane par exemple.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mar 28 Fév - 22:52

* « Un si joli présage »… Jane simula un sourire qui se voulait bien heureux et acquiesça lentement d’un geste de la tête. En soit, peut-être que ce présage servirait sa cause. Mais elle ne s’attarda pas sur cette pensée, préférant, et de loin, s’intéresser aux propos du botaniste. Elle y prêta tant d’attention qu’elle vit l’enfant, cheveux bruns, courir à travers les sous-bois, le cœur en joie à l’idée de retrouver l’amitié et la douceur des fleurs, et plus particulièrement des brins de muguets. Elle vit ses efforts pour invoquer sa magie et la symphonie si chère. Le sourire de l’enfant apparut sur les lèvres de Jane alors qu’il lui semblait entendre les cloches tinter. La sorcière se laissa porter par l’idée qu’elle se faisait du bonheur de l’enfant dans son élément, seul avec le chant réconfortant. Elle porta son regard dans celui de l’enfant qui avait tant grandi et comprit, par la suite de son récit, combien la désillusion de l’enfant avait été grande elle aussi. Ce n’était pas la désillusion commune de chaque enfant goûtant à l’adolescence. Non, elle semblait plus profonde, plus secrète, et Jane redoubla d’attention, le cœur serré. L’enfant avait renoncé à ses espoirs, à ses croyances pour laisser l’amertume guider son regard. Ce fut, du moins, l’interprétation qu’elle en fit. Son idée se renforça lorsque vint la description de la rose, si poétique, si poignante, si tragique. L’objet des passions, le symbole de l’éternité et de l’amour en était réduit à un symbole fourbe, diabolique. La rose était devenue douce geôlière, terrible mensongère, poison plus que remède. Et face à ce fatalisme, Jane demeura silencieuse, incapable de proférer la moindre parole. Qu’était-il donc arrivé au petit Clayton ? Soudainement, comme un songe lointain, Jane se souvint de cet auteur français, Musset. Un de ses tous premiers patients lui en avait conté les mérites et le génie. Il l’avait fait si bien qu’elle s’était plongée dans les œuvres de l’auteur avec curiosité. Une citation lui revenait, aussi douce qu’une triste mélodie. Que disait-il déjà ? « L’amour est une rose dont chaque pétale est une illusion et chaque épine une réalité. », voilà ce qu’il avait écrit. Et maintenant qu’elle l’avait sur les lèvres, Jane la testa sur le botaniste. Il n’était pas ici question du même amour auquel Musset faisait allusion, mais d’un amour qu’elle estimait être tout autre, le plus cher au cœur d’un enfant : celui d’un parent ou des parents. De ses interprétations néanmoins, elle ne dit rien. D’une part parce qu’elles n’étaient que simples déductions, des hypothèses de femme sensible au cœur trop austenien, d’autre part parce qu’il n’était pas question d’aborder un sujet si délicat sans y avoir été invitée au préalable.

Ainsi Jane conserva-t-elle un silence respectueux avant de lui rendre un sourire doux suite à son récit qu’elle savait sincère. Elle remarqua alors l’étincelle malicieuse dans le regard du botaniste et n’en sourit que plus, le regard légèrement plissé par l’attention. Il ne fallait rien manquer. Jane, à l’image d’une enfant attendant sa surprise, lorgna la main du botaniste. Le bouquet qui apparut se refléta dans les prunelles captivées de la sorcière qui demeura immobile face à tout ce que cette fleur représentait pour elle. Elle perçut le murmure comme un chant de mise-en-garde, celui qu’on chantait aux jeunes filles pour qu’elles évitent le grand méchant loup des forêts. Jane préféra ne pas répondre pour le moment. L’instant ne devait être ni interrompu, ni gâché. Ses prunelles émerveillées suivirent la métamorphose et l’envol des pétales. L’émotion devant tant de beauté gagna sa gorge et la noua alors même qu’elle souriait comme une enfant. Les lucioles prirent place au-dessus d’eux et Jane, le cœur plein d’allégresse murmura enfin pour toute réponse.*

Les lucioles ont également le don d’éveiller l’enfant en moi. Mais je les testerai volontiers lors de mes prochains campements.

*Elle lui adressa un sourire innocemment entendu et reporta une ultime fois son regard sur les lucioles. Jane aimait cette belle magie, plus qu’elle n’aurait su le dire. Dans toute situation, elle savait lui redonner sourire et espoir. Il y avait quelque chose de symbolique derrière ces enchantements, quelque chose qui faisait écho en elle, qui la transcendait. La sorcière observa le silence jusqu’à ce que s’envolent au loin les lumières utiles au tisane, et finalement racla sa gorge en reportant son attention sur le botaniste.*

Ces enchantements auront raison de mes barrières, un jour ou l’autre. Peut-être est-ce déjà arrivé d’ailleurs, ironisa-t-elle en regardant tout autour d’eux. Si je ne m’abuse, Monsieur, nous sommes dans un endroit isolé.

*Elle lui adressa une œillade moqueuse avant de reprendre avec un peu plus de sérieux et de douceur.*

Cela a déjà failli se produire, pour tout vous dire. Et eux n’avaient fait preuve d’aucun enchantement. Je ne les avais d’ailleurs pas suivis, c’était plutôt l’inverse. J’ai reçu une aide inespérée, laquelle désormais veille sur moi avec grand soin, raconta-t-elle dans un sourire avant de nuancer. Sauf en cet instant, cela va de soi. Mais ma leçon a été apprise depuis. J’ai pris mes dispositions pour qu’une telle mauvaise surprise ne se reproduise plus.

*Elle sourit tout en énigme, alors même qu’elle pensait à son petit secret qu’elle travaillait depuis. Les résultats pour le moment se révélaient faibles, mais Jane ne désespérait pas. Une fois la réussite au creux de sa paume, tout lui serait alors plus facile. Personne alors n’aurait plus à veiller sur sa sécurité.*

Quant à vous, cher botaniste, je ne me sens nullement en danger en votre compagnie. Loin de vous sous-estimer, il me semble que vos mauvaises intentions seraient d’ores et déjà apparues. Or, ce n’est pas ce que j’ai perçu, assura-t-elle dans un petit rictus avant d’incliner sa tête dans sa direction. Dans tous les cas, vous avez toute ma gratitude, Monsieur le botaniste pour cette démonstration de belle magie. Et maintenant …

*Elle inspira une grande bouffée d’air de façon théâtrale.*

Je suis prête à affronter vos fantaisies ... à mes risques et périls.

*Elle tendit sa main pour se laisser guider et l’invita avec un regard plein de malice.*

Partons nous amuser, Monsieur Ackley. Il me faut apprendre.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   Mer 1 Mar - 14:32

Parce que j'ai décidé qu'on allait poster partout ! => Suite
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MessageSujet: Re: Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]   

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Ma magie est-elle toujours aussi belle en plein jour ? [JANE]
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