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 [Daisy & Gregory] La ballade des deux âmes solitaires

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Gregory Thompson

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MessageSujet: [Daisy & Gregory] La ballade des deux âmes solitaires    Ven 15 Sep - 19:59

City Island n'était pourtant vraiment pas son type de coin, pensa distraitement Gregory en se faisant servir un verre de Whiskey Pur Feu. Il fronça les sourcils au montant demandé, presque moitié plus cher que dans un bar habituel, puis donna à contrecœur ses dragots.
City Island, c'était cette superficie d'une centaine d'hectares, entièrement entouré par la mer (d'où "Island", petit génie, maugréa-t-il pour lui-même) qui abritait plus de résidences secondaires que d'habitations décentes. Nombreux étaient les magasins attrape-touristes, que ce soit pour les Non-Maj' ou les sorciers. C'était ce lieu coupé de tout avec plus de snobs que Gregory ne pouvait le supporter.

Forcément, comme on pouvait s'y attendre, le bar dans lequel il s'était échoué était réservé à une clientèle haut-de-gamme, et dépassait largement les moyens de Gregory. Mais au moins, dans un lieu de ce genre, il était sûr qu'on lui foute la paix. Combien de fois s'était-il installé dans un endroit d'apparence calme pour se faire aborder par le pochtron du coin ?
Ici, vu les coups d’œil désapprobateurs qu'il recevait, personne n'allait tenter de lui taper la causette. Il est vrai qu'il avait bien triste mine, les épaules affaissées et le regard sombre, une façade froide enveloppée d'un manque d'amabilité complet.

Lui-même ne s'aimait pas, dans cet état-là. Au lieu d'amasser des dragots pour payer les soins d'Héloïse, il dépensait son argent si durement gagné dans la boisson. Une boisson hors-de-prix qui avait exactement le même goût qu'ailleurs, en plus.
Mais il ne pouvait nier la sensation euphorique que lui procurait l'alcool lorsque, une fois descendu dans la gorge, cela lui réchauffait le ventre et lui offrait une étincelle de joie, aussi factice soit-elle. S'il y avait bien une chose envers laquelle Gregory possédait une gratitude profonde, c'était qu'il n'avait jamais l'alcool triste. N'étant pas encore au stade de buveur invétéré, il lui suffisait d'une demi-dizaine de verres pour rire librement, libéré d'un poids qui l'assaillirait avec deux fois plus d'impact le lendemain.

Peu intéressé par son environnement, il nota tout de même les serveurs en costard et les clients rassemblés en groupes plus ou moins importants autour de petites tables rondes. Il y avait, au dos du bar mais en face des tables, une piste de spectacle, pour le moment cachée par un grand rideau rouge qui semblait s'ouvrir par le milieu. Pressentant que l'endroit était au-dessus d'un cabaret ou d'un quelconque freak show dégradant, il supposa qu'il s'agissait là d'une piste de chant, ou de danse, ou peut-être les deux.
Au vu de certains murmures excités, le spectacle allait bientôt commencer, et l'attraction principale était déjà connue de quelques-uns. Gregory commanda une seconde tournée, grimaça à nouveau face au prix, et plongea le nez dans son verre. Un concert de "Chut !" se fit entendre, et le sorcier supposa que le rideau était en train de s'ouvrir.

Il refusa de tourner la tête vers le spectacle. Cela ne l'intéressait pas ; il était juste venu pour l'alcool et la solitude.
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Daisy Gloom
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MessageSujet: Re: [Daisy & Gregory] La ballade des deux âmes solitaires    Dim 17 Sep - 22:20

 
La ballade des deux âmes solitaires


S'il y avait bien une qualité que Daisy avait acquise au contact d'Arthur, c'était la faculté d'adaptation. Sous ses directives, elle avait chanté à la fois pour les plus prestigieux et pour les plus miséreux, ceux qui dépensaient leur fortune en charmante compagnie et ceux qui se ruinaient en alcools plus répugnants les uns que les autres. Les plus efficaces pour abrutir et se réveiller pantois, en somme.

Travailler dans ce milieu était une légère consolation, les réactions à son chant étaient plus subtiles, plus hypocrites, diraient certains. Mais moins persistantes. Les commentaires salaces murmurés d'un voisin à l'autre, accompagnés de coups de coude se voulant discrets dans les côtes se transformaient en coup d'oeils furtifs, qui s'attardaient quelques fois sur les courbes de son corps. Dans les yeux de ces messieurs, en revanche, elle retrouvait les mêmes étincelles lubriques que ceux des hommes enivrés d'encens et d'alcools cheap. Elle surprenait parfois ce même regard chez les quelques femmes qui s'aventuraient dans ces lieux à majorité masculine, plus dérobés, dissimulés sous d'autres émotions. Ces rares intéressées revenaient rapidement à leurs conversations à sens unique avec quiconque les accompagnait, cependant.

Chaque soirée était unique, bien entendu, et hormis les fidèles, les clients ne cessaient de diverger les uns des autres. Mais entre No-Maj' et sorciers, maintenant que Daisy avait fréquenté les deux milieux, la différence se résumait principalement à la qualité des subterfuges destinés à ensorceler les sens des spectateurs pour les rendre plus avides de spectacle.

Si la jeune blonde avait été dotée d'un tempérament différent, elle se serait aperçue que son chant avait -généralement- l'extraordinaire faculté d'apaiser les âmes les plus vicieuses, de dissiper pour un temps les effluves de rage qui s'insinuaient dans les esprits. De cela, elle avant conscience, mais eut-elle été dotée d'un tempérament différent, Daisy ce serait servie de cette faculté à son avantage. Or, c'était un don qu'elle s'était résolue à n'user que pour le bienfait qu'il pouvait apporter. Aider, avec ses maigres facultés, à ensoleiller la soirée de ces inconnus familiers, lui faisait une raison de sourire dans les temps les plus sombres. Ou du moins, d'être un tant soit peu satisfaite de son quotidien.

Elle maintint les yeux fermés lorsque le rideau s'ouvrit au même instant que les premières notes de musique. Aussitôt, elle perçut les exclamations étouffées et les soudaines inspirations, ainsi que le bourdonnement des conversations murmurées. Un sourire naquit au coin de ses lèvres rosées, qui s'ouvrirent pour laisser entendre les premières paroles de la chanson.  
Are you lonesome tonight ?
Are you sorry we drifted apart?
Does your memory stray to a brighter sunny day
When I kissed you and called you sweetheart ?

Elle ouvrit les yeux, laissant leur pâleur se poser tour à tour sur chaque spectateur, dont elle peinait à distinguer des traits précis à travers la fumée colorée magiquement imposée dans la pièce. Ses prochaines paroles, elle semblait les leur adresser à chacun.

Do the chairs in your parlor seem empty and bare?
Do you gaze at your doorstep and picture me there?
Is your heart filled with pain, shall I come back again?
Tell me dear, are you lonesome tonight?
I wonder if you're lonesome tonight
You know someone said that the world's a stage
And each must play a part.
Fate had me playing in love you as my sweet heart.
Act one was when we met, I loved you at first glance
You read your line so cleverly and never missed a cue
Then came act two, you seemed to change and you acted strange
And why I'll never know.

Elle baissa les yeux à ces paroles, sa voix prenant des intonations charmantes, plus discrètes, de celles que l'intimité des propos rendait précieuses.
Honey, you lied when you said you loved me
And I had no cause to doubt you.
But I'd rather go on hearing your lies
Than go on living without you.
Now the stage is bare and I'm standing there
With emptiness all around
And if you won't come back to me
Then make them bring the curtain down.

La chanson s'acheva sur un sourire qu'elle voulait malicieux, et le rideau vint à nouveau la plonger dans l'obscurité.
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Gregory Thompson

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MessageSujet: Re: [Daisy & Gregory] La ballade des deux âmes solitaires    Lun 18 Sep - 0:42

Dès la seconde où la voix de la chanteuse se fit entendre, Gregory avala de travers. Toussant comme un souffreteux, il s'attira de nombreux regards désapprobateurs, allant de l'irritation jusqu'à la haine franche quand son agonie ne s'arrêta pas au bout de quelques secondes.
Dans un moment spectaculaire de stupidité, l'homme décida de vider d'une seule traite ce qui lui restait de Whiskey Pur Feu. Le breuvage lui brûla si fort la gorge qu'il en cessa de respirer, sentant le liquide indigeste descendre dans son œsophage. Le sorcier se tapa la poitrine avec force et parvint enfin à aspirer une goulée d'air décente.
Le bruit additionnel qu'il provoqua lui causa une œillade mauvaise de même la part du barman. Trahi par son seul allié dans ce milieu minaudier, Gregory lui demanda d'un geste de remplir de nouveau son verre d'un air morose. La causticité du barman disparut alors comme par magie, et Gregory put entendre la suite de la chanson.

Mais il n'avait que faire des paroles, obnubilé par la voix de la chanteuse. La beauté qui s'en dégageait était... indescriptible.
C'était comme s'il pouvait sentir tout ce qu'il avait voulu oublier ce soir, mais que l'intensité triste qui accompagnait ces souvenirs, l'amertume qui renforçait sa tragédie, étaient... atténuées. Et de ce constat stupéfait en découla un soulagement tellement profond et une terreur tellement viscérale que Gregory oublia où il était, ce qu'il faisait et ce qu'il cherchait ; l'homme sentit une larme rouler sur sa joue, libératrice et malheureuse, puis une deuxième, somptueuse dans son abandon. Puis trop de larmes coulèrent pour pouvoir les compter, et le temps n'avait plus la même valeur sous ces paroles murmurées pour lui, à son oreille, contre son cœur.

La musique s'arrêta.

Honteux de ce débordement d'émotions, Gregory s'essuya furieusement les joues, avala son verre à grandes gorgées, et fit immédiatement geste d'être resservi. Il ne put cependant résister, et n'en avait de toute façon plus l'envie. Il se détourna du comptoir pour observer la femme à la voix d'ange, et la déception qui l'envahit lorsqu'il vit que le rideau s'était déjà refermé faillit le faire de nouveau pleurer. Mais la lourde étoffe carmin se rouvrit en son milieu, et la voix fut enfin accompagnée d'une substance corporelle.
La femme était très belle, c'était un fait. Le même genre d'innocence déchirante se dégageait de ces yeux azurs, à peine visibles depuis sa place, mais qui semblaient pourtant rayonner dans tout le bar. La robe de soirée qu'elle portait laissait peu place à l'imagination et aurait pu paraître vulgaire sur n'importe qui d'autre avec son dos nu et sa couleur dorée rehaussée de paillettes franchement putassier. Mais le vêtement ne faisait ici qu'épouser doucement son corps sans retoucher ses courbes, en parfaite harmonie avec ses cheveux bouclés qui lui cascadaient jusqu'aux épaules.

La chanteuse, bien que probablement la plus belle femme que Gregory n'ait jamais vu, l'avait néanmoins bien transfiguré par sa voix et non par sa chair. Elle ouvrit de nouveau la bouche, et l'homme sous l'emprise de la sirène eut la fugace tentation de se boucher les oreilles, de partir en courant, et de s'enfermer jusqu'à ne plus que la voir dans ses rêves.
Mais il ne peut refuser la douce torture d'une accalmie temporaire, et il resta là, verre oublié, regrets congédiés le temps d'une chanson. Il aurait voulu que cela ne s'arrête jamais.
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Daisy Gloom
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MessageSujet: Re: [Daisy & Gregory] La ballade des deux âmes solitaires    Jeu 21 Sep - 14:08

 
La ballade des deux âmes solitaires


Un sourire se dessina sur les lèvres de la chanteuse quand elle entendit les soupirs de soulagement à l'ouverture des rideaux. Y voyant plus clair maintenant que la fumée était remplacée par des étincelles magiquement invoquées, elle adressa quelques salutations d'un mouvement gracieux de la tête aux habitués ainsi qu'à ceux qui captaient son regard par leur attention presque révérencieuse. Les instruments qui accompagnaient ses chansons firent entendre leurs premières notes, sur une tonalité qui s'accordait à la mélancolie de sa voix.

Daisy laissa ses pensées dériver durant ses prochaines chansons, dont elle avait fini par connaître les nuances par coeur, et mémorisé les ritenuto et les ritardando, les crescendo ainsi que les changements d'octave qui faisaient le plus d'effet. Alors que son regard défilait sur les visages des spectateurs, un en particulier attira son attention. A en juger sa position, il était celui qui s'était attiré le courroux des autres par sa quinte de toux, qui l'avait elle-même surprise et fait trembloter sa voix sur quelques notes.

Pauvre homme, songea-t-elle en le détaillant discrètement. Il était évident qu'il n'était pas à sa place,  aussi peu qu'elle l'était. Cette pensée seule suffit à lui attirer sa sympathie. Elle détourna les yeux de sa silhouette, retrouvant la vision familière de ces inconnus amassés au centre de la pièce. Les vêtements de l'homme avaient été trop froissés, trop négligés pour qu'il appartienne au même monde que ceux qu'elle contemplait à présent. Elle avait même cru apercevoir quelques zones délavées de son pantalon. Quand bien même ses vêtements auraient été impeccablement repassés, sa barbe mal entretenue en disait long. C'était là un homme qui vivait dans l'urgence, un homme qui ne s'abandonnait probablement pas à la flânerie légère des gentlemen, et encore moins au luxe offert à une minorité des habitants de New-York.

La chanteuse se renconcentra sur ses chansons, qu'elle eut le sentiment de terminer en quelques battements de coeur. Daisy ne se rendait jamais bien compte du temps qu'elle accordait à ses performances, mais elle en ressortait toujours avec un sentiment de satisfaction, le même que celui que l'on ressentait après une séance de sport. Une fatigue bénéfique pour le corps et l'esprit s'insinuait dans ses membres, et elle quitta rapidement la scène une fois le rideau de nouveau refermé sur elle. Une tasse de thé au citron l'attendait dans la loge réservée aux artistes ponctuels, qu'elle savoura en écoutant les applaudissements étouffés par la distance, dont elle n'aurait su dire s'ils lui étaient toujours destinés ou bien si une autre en était la source.

Tandis qu'elle laissait la robe de soirée glisser sur sa peau douce, dissimulée derrière un paravent, elle repensa à l'homme qui avait attiré son attention. Elle se remémora un détail auquel elle n'avait pas accordé plus de pensées que cela pendant sa performance. L'expression de l'homme était proche de celle qu'elle-même avait affichée en tant que petite fille, la première fois qu'elle avait entendu de l'opéra, par hasard, à travers une porte de l'orphelinat. Une expression qui mêlait surprise, joie, mélancolie, fascination. Celle de l'homme étiat plus sombre que la sienne ne l'avait été, mais la ressemblance était saisissante. Intriguée, Daisy revêtit une robe moins légère, plus confortable, également, et sortit de la loge. D'abord en quête d'Arthur, qu'elle repéra au loin en pleine conversatin avec un gobelin à l'air aussi vicieux que rustre, elle plissa les sourcils et décida d'attendre son amant au comptoir. Le déranger alors qu'il semblait en phase de faire des affaires n'était pas une option.

Le comptoir offrait une sorte de refuge à l'attroupement de sièges au centre de la pièce. C'était un lieu isolé, où se retrouvaient ceux qui fuyaient le contact, ceux qui préféraient l'ombre à la lumière, exactement ce dont elle avait besoin en ce moment même. D'autant plus, que l'homme qu'elle avait aperçu s'y trouvait toujours, bien que son attention sembla dirigée ailleurs que vers la scène, ailleurs même que vers son verre, dans un monde qui lui appartenait, un monde auquel nul autre n'avait accès que lui-même. Soudainement intimidée par cet être à l'aura à la fois sombre et mélancolique, elle s'accouda d'un bras sur le comptoir, à deux mètres seulement de lui, mais n'osa toutefois pas jeter plus que des regards à la dérobée en sa direction. Il possédait quelque chose qui ne manquait pas de l'intriguer, quelque chose qui révélait à son esprit toute la souffrance de cet étranger, une souffrance qui résonnait avec la sienne, mais que son instinct lui faisait apparaître comme plus profonde encore, plus désespérée.
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MessageSujet: Re: [Daisy & Gregory] La ballade des deux âmes solitaires    Ven 22 Sep - 13:55

Le reste des performances eut l'air bien pauvre en comparaison de ce que la jolie blonde avait chanté, et Gregory se désintéressa de la scène pour recommander un verre. Il sentait enfin le monde tourner agréablement autour de lui, et une bonne humeur aussi factice que bienvenue l'envahit. L'homme se détendit enfin, permettant à son dos de reposer complètement sur le petit dossier de la chaise haute et il renversa sa tête en arrière. Il fit craquer les jointures de sa nuque avec contentement, puis rouvrit les yeux.
Eût-il été encore en train de boire, il aurait de nouveau avalé de travers. C'était bien la chanteuse magique - du moins plus que la magie à laquelle le larbin de MACUSA était habitué - qui avait croisé brièvement son regard, à seulement quelques sièges de lui.

Prise sur le fait, la demoiselle détourna immédiatement les yeux, mais pas avant qu'il ne se sente aspiré par ses iris bleus, plus saisissants encore vus de si près.
Elle s'était changée, peut-être pour mieux se fondre dans la foule, mais cela ne faisait que la dissocier davantage du reste des clients. Là où sa robe de scène s'accordait aux vêtements coûteux et obséquieux qui l'entouraient, sa nouvelle robe, unie et discrète par sa couleur sombre, ne respirait ni le luxe, ni la sensuelle invitation que la plupart des hommes et des femmes exsudaient. Le lieu avait beau être plus huppé que la moyenne, cela restait un bar-cabaret, et les manières de se divertir, bien que plus subtiles, souffraient d'un manque flagrant d'originalité.

Gregory hésita de longues secondes.
Il était venu ici pour être seul, et puis... Et puis cette femme avait chanté, et tout son monde s'était écroulé pour mieux se reformer lorsqu'il l'avait entendue. Puis il avait écouté, et son monde n'avait plus eu d'importance.
Il n'était pas homme à parler aux autres ; c'était à la base un de ses traits de caractère, parce qu'il n'avait su se conformer correctement aux nombreux codes que la société exigeait. Sa femme ne l'avait jamais poussé à passer par le supplice de rencontrer ses amis et ses collègues, et puis sa fille était arrivée, et ces deux présences l'avaient comblé, et qui a besoin d'une famille constamment déçue quand votre enfant vous regarde comme si vous déteniez le soleil ? Et puis la tragédie avait frappé, sa femme était morte et sa fille était défigurée et comment pouvait-il être indemne alors que son cœur s'était brisé avant de disparaître et de laisser un trou au milieu de sa poitrine béante il ne pouvait pas il ne pouvait plus -
Après cela, la solitude de Gregory avait été un choix. Vivre en reclus lui permettait de fonctionner par automatisme, et il remplissait ses obligations pour Héloïse, mais il n'avait personne d'autre à voir. Oh, bien sûr, il y avait Jane. Mais depuis quelques temps il ne la voyait plus, et son inquiétude s'était transformée en une froide indifférence, par pur égoïsme. Peut-être que Jane en avait eu assez de ne pas pouvoir guérir Gregory. Ou peut-être, que comme tous les gens dans la vie de Gregory, il lui était arrivé quelque chose, et dans ce cas, mieux valait se couper tout de suite de la douleur.

Mais ce soir, avec l'alcool qui désinhibait ses réserves et le chuchotement fantôme d'une voix indescriptible, Gregory avança jusqu'à la chanteuse. Il laissa un siège d'écart entre eux en se rasseyant, pour ne pas la faire se sentir prise au piège, et chercha un instant ses mots.
Une légère fragrance fleurie parvint à son nez, et il faillit ne rien dire du tout. Son haleine chargée d'alcool et ses vêtement à l'odeur rance de transpiration lui firent revaloriser clairement l'idée de laisser tant de distance entre eux. Ce n'était pas la première fois qu'il avait honte de lui et de son apparence, mais face à une créature si délicate...
Pour se donner une dernière once de courage, il commanda un verre à sa nouvelle place, et sans en avoir touché une goutte, il entama d'une voix un peu traînante :
- Mademoiselle...
Les voyelles paraissaient lourdes sur sa langue, difficile à articuler. Avant qu'il ne se mette à rire de son propre pathétisme, il poursuivit à la hâte :
- Laissez-moi vous dire que vous avez la plus belle voix que j'ai jaimais... jamais entendue. C'était...
Et il réalisa qu'il n'avait pas de mots pour décrire le torrent d'émotions qui l'avait envahi à ce moment-là, alors il laissa la phrase telle quelle, et plongea le nez dans son verre.
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MessageSujet: Re: [Daisy & Gregory] La ballade des deux âmes solitaires    Sam 23 Sep - 23:44

 
La ballade des deux âmes solitaires


L'ombre qui se mouva au coin de son oeil tendit son corps en une posture défensive. L'homme qu'elle avait observé de manière peu discrète se rapprochait. Elle ignorait si ce mouvement était destiné à lui adresser la parole, ou si l'homme se contentait d'apostropher le barman, mais elle baissa la tête néanmoins. Ses boucles blondes cachaient ses joues rosées, sur lesquelles elle passa ses mains fraîches. Absorbée par sa timidité soudaine, elle sursauta légèrement en entendant la voix qui s'adressait à elle. La proximité de l'individu n'était pas intimidante, d'autant plus qu'un siège les séparait toujours. Mais non seulement Daisy avait appris à se méfier des contacts masculins dans tout lieu qui impliquait la consommation d'alcools et autres brouilleurs de sens, elle était également peu à l'aise à l'idée d'attirer l'attention en dehors de la scène.

Les paroles respectueuses prononcées par cette voix grave lui firent faire face à l'homme, une expression de surprise sur ses traits juvéniles. Etant donné l'allure de l'être et l'aura de tristesse qu'il dégageait, elle n'aurait jamais pensé l'entendre lui adresser un tel compliment. Sans aucun calcul, un sourire rayonnant et particulièrement aimable dévoila les dents blanches de la chanteuse. Même si le sorcier présentait tous les signes de l'ébriété, il n'était ni agressif, ni ouvertement intéressé par sa poitrine.

La jeune blonde eut soudain le réflexe de regarder autour d'elle en quête de la silhouette d'Arthur, qu'elle repéra à la même place que précédemment, avec soulagement. Engager la conversation avec un autre homme sous ses yeux lui aurait attiré des ennuis. Légèrement moins anxieuse, mais tout de même nerveuse, elle croisa le regard brun de Gregory et lui offrit un sourire plus léger, et plus crispé.

- Je vous en prie, appelez-moi Daisy.

Elle tendit une main délicate en direction de l'homme, dont elle ne lâcha pas le regard. Quelque chose chez lui l'intriguait, et cette curiosité n'était pas simplement due à l'émotion qu'il manifestait face à cette prestation, non... Elle reconnaissait chez lui quelque chose de familier, comme une souffrance partagée, qu'elle comprenait intimement sans même en avoir une preuve concrète.  

Elle attendit qu'il lui saisisse la main, maladroitement étant donné son état, pour rebondir sur ses paroles. Elle était à présent plus détendue, la sincérité de son interlocuteur lui ôtant tout malaise qu'elle aurait pu ressentir face à la perspective d'une conversation avec une personne dont elle ignorait tout.

- Je vous remercie. J'ai cru percevoir votre émoi, plus tôt, dit-elle avec sa précaution habituelle. C'est pour susciter cela que je chante, alors, vraiment, ce fut un plaisir.

Elle arqua un sourcil amusé face à son geste de timidité et le détailla d'un regard bienveillant. La chanteuse fut touchée par l'espèce d'abandon que l'homme semblait s'offrir en cette soirée. Tout dans son attitude trahissait l'espoir d'un être qui souhaitait oublier, de sa posture solitaire, éloignée des autres présences de la pièce, aux verres qu'il enchaînait. C'était un sentiment qu'elle partageait quelques fois, et respectait. Qu'il trouve en son chant une forme de libération, c'était du moins ce que laissaient présager ses paroles, lui faisait bien plus chaud au coeur que tous les applaudissements qu'elle pouvait recevoir.
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MessageSujet: Re: [Daisy & Gregory] La ballade des deux âmes solitaires    Dim 24 Sep - 13:41

Comme tout le reste de sa personne, le sourire de la demoiselle était magnifique. Gregory s'en retrouva tout de même surpris, et plus encore d'en être à l'origine. La voyant jeter des coups d’œil alentours, Gregory s'inquiéta fugacement de devoir faire face au courroux du mari, mais se détendit légèrement en remarquant l'absence flagrante d'anneau symbolisant une quelconque union. Certes, cela n'excluait pas l'hypothèse de l'amant, mais il était peu probable qu'un homme acoquiné avec une telle perle ne tente de la conserver par tous les moyens possibles.
Il baissa ensuite la tête par réflexe sur son annulaire gauche nu et s'empressa de la couvrir, comme pour se cacher des souvenirs qui venaient inévitablement le secouer à chaque fois que quelque chose lui rappelait sa vie d'avant. Il s'était débarrassé de l'anneau pour ne pas s'en rappeler à chaque fois que l'or étincelait dans son champ de vision, mais également parce que le bijou, de bonne facture, lui avait rapporté une somme rondelette. Vendre les biens que lui et Mélissa avaient possédés lui avait semblé sale et vicieux, mais il avait écrasé ses remords au profit d'un pragmatisme écœurant.

Le problème, c'était que les souvenirs ne partaient jamais. On avait tendance à penser qu'ils revenaient sous certains gestes ou sous certaines images, mais la vérité était ailleurs. Gregory repoussait sans cesse les visages et les paysages de sa vie d'avant, jusqu'à ce que quelque chose l'en empêche, un court instant.
Il se rappelait en voyant son anneau, et en constatant son absence. Il se rappelait à chaque jolie femme qu'il voyait passer et qu'il suivait des yeux le temps de quelques pas. Il se rappelait chaque fois qu'il franchissait les portes de l'hôpital, et chaque fois qu'il les quittait. Il se rappelait en voyant les petites maisons mitoyennes identiques et en rentrant dans son appartement miteux. Il se rappelait quand il était seul, et quand il était accompagné. Il se rappelait quand il buvait et quand il était sobre. Il se rappelait quand il exécutait le sale boulot de MACUSA et qu'il comptait ses dragots. Il se rappelait quand il croisait des Non-Maj', et quand il croisait des sorciers. Il se rappelait quand il voyait de la fumée, et quand il pleuvait.
Et il était censé continuer, continuer de vivre, continuer d'espérer, continuer de fonctionner. La seule chose que l'homme avait oublié, c'était comment se relever.

Daisy lui offrit une distraction bienvenue en se présentant, et c'est avec automatisme qu'il répondit à la poignée de main offerte. Les doigts graciles disparurent un instant sous les mains négligées de l'homme, et il la relâcha avec autant de maladresse qu'il l'avait touchée, se demandant distraitement si  son agitation intérieure se manifestait sur ses actions. Finalement, son éducation se manifesta et il répondit à son interlocutrice :
- Enchanté. Je m'appelle Gregory.
A sa tirade suivante, il lui offrit un sourire las et, poussé aux confessions par les vapeurs de l'alcool et les yeux brillants de Daisy, il déclara :
- Je ne suis pas un grand amateur de chant, d'habitude, mais ma fille... Elle chantait tout le temps, quand elle était plus petite.
Avant qu'elle ne se retrouve clouée dans un lit d'hôpital toute la journée, pensa-t-il sombrement, mais les images et les bruits de l'avant tant honni par son amertume constante ne firent pas aussi mal. Il revoyait Héloïse gazouiller de sa voix musicale, courir dans la maison et crier à tue-tête, chanter les génériques de ses émissions de radio préférées et lui chuchoter les paroles massacrées par sa locution encore maladroite. Sa voix d'enfant, pas encore formée, était pourtant déjà agréable à l'oreille, les intonations fluettes mais pas braillardes. L'air préféré d'Héloïse lui emplit les oreilles comme un coup de massue.



Une joie mélancolique l'envahit. Il n'avait pas oublié tous les bons moments, après tout. Il lui restait des souvenirs encore purs malgré tout. Il poursuivit d'une voix lointaine :
- Elle chantait plutôt bien, pour une petite fille de son âge...

Et, pour que l'illusion dure encore, mais aussi pour noyer la voix d'Héloïse par la sienne, il reprit l'air avec douceur. Il ne leva pas la voix, peu désireux de se faire entendre, mais ne s'arrêta pas non plus, et sa voix un peu plus fausse sur les aigus fit vibrer ses cordes vocales. Ses yeux s'illuminèrent légèrement, et ses lèvres s'étirèrent.
Que ce soit l'alcool ou la compagnie qui le rende soudainement si allègre, Gregory n'aurait su le dire.
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Arthur M. Fletcher
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MessageSujet: Re: [Daisy & Gregory] La ballade des deux âmes solitaires    Jeu 28 Sep - 18:19



Daisy & Gregory & Arthur


⚜️ La ballade des deux âmes solitaire et du con. ⚜️

Malgré sa très profonde connaissance du domaine, Athur Mondingus Fletcher ne connaissait absolument rien de vivant qui ne soit plus têtu et acariâtre qu'un gobelin ivre. Rien, mise à part une chose : lui-même. Il lui était donc intolérable de se voir faucher une demi tonne d'intestins de veracrasses séchés pour à peine le prix d'une caisse de vin des elfes. Il secoua la tête et se permit quelques secondes de réflexion. Les gobelins avaient la réputation d'être de terribles négociateurs, calculateurs et poussifs ; c'était vrai. Mais une autre réputation, bien moins glorieuse, leur était attachée : celle d'une impuissance sexuelle raciale doublée d'un appareil reproducteur liliputien. Leur attribuant des propriétés -totalement inventées- aphrodisiaques, l'escroc avait déjà réussi à quadrupler le prix réel d'une telle cargaison d'entrailles de veracrasses. Mais cela n'était pas assez. Arthur Fletcher n'avait pas pour unité de mesure monétaire le dragot mais la caisse de vin des elfes et une caisse, c'était trop peu. Il grogna dans sa barbe de trois jours qui s'apparentait à :

« Il me suffirait de faire croire à tes semblables que votre cervelet est aphrodisiaque pour que vous vous entretuiez tous en moins d'une semaine, crétin... »

Luttant contre la profonde envie d'offrir au gobelin un coup de poing digne de ses ancêtres irlandais, il se dirigea vers le comptoir pour y trouver de quoi se calmer. Il le trouva immédiatement en la silhouette douce et ténue de Daisy qui lui tournait le dos. Il se glissa contre elle, humantvers l'odeur de sa nuque et déposa un baiser sur son épaule avant de souffler.

« Navré, Trésor, on va devoir attendre un peu, le micropénis aux grandes oreilles de l'autre table veut pas cracher sa maille. Commande-toi ce que tu veux et je te promets de me faire pardonner dès que ta robe aura rejoint le sol de... »

Sa phrase resta suspendue dans l'air lourd de la salle. Les deux yeux perçants de l'escroc venaient de se poser sur le compagnon de discussion de son amante. En temps normal, Arthur l'aurait attrapé par le col pour lui écraser vulgairement le visage à coup de chaussures sur le sol trop dur et propre de l'établissement. Quelque chose l'en empêcha. Ce n'était certainement pas Daisy qu'il avait à cet instant envie d'enfermer à jamais dans un donjon entouré de douves profondes. Bien qu'il ne soit un brillant analyste des réactions humaines -et en particulier des siennes qui étaient pour la plupart anarchiques et incompréhensibles- il comprit que c'était lié à la tristesse profonde qui émanait du pauvre homme. L'oeil triste et bas comme un pigeon blessé du type lui avait secoué le bide.  Il déglutit bruyamment et tendit le bras pour saisir le verre auquel l'inconnu n'avait pas touché. Il  le porta à ses lèvres et le vida d'une traîte.

« Pas sûr que t'aies besoin de ça, l'ami. »

Il offrit un regard lourd de sens à Daisy et repartit vers le futur heureux propriétaire de cinq cent kilos de tripes de veracrasses. De dos, il lança à l'inconnu :

«  Et n'oublie pas, l'ami, il ne faut pas toucher aux idoles, la dorure en reste aux mains. »
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Daisy Gloom
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MessageSujet: Re: [Daisy & Gregory] La ballade des deux âmes solitaires    Mar 3 Oct - 20:05

 
La ballade des deux âmes solitaires


Les lèvres fines de la jeune femme se retroussèrent en un sourire à la fois attendri et ému par la confession de l'homme. Elle ignorait tout de la maternité, mais imaginait fort bien la réticence que pouvait avoir un homme à évoquer sa chair et son sang à une inconnue. Aussi se sentit-elle étrangement touchée par cette forme de confiance qu'il plaçait en elle. Attentive à cette mélodie qui exprimait toute la complainte de l'homme, son attitude entière changea. Son corps se détendit, suivant la progression des notes chantonnées par la voix masculine, comme sous l'effet d'une caresse invisible et musicale. Daisy avait pourtant perçu l'emploi du passé pour évoquer la petite fille, et toutes les explications que son esprit trouvèrent pour expliquer cet emploi lui donnèrent l'envie soudaine de saisir l'une des mains de l'homme entre les siennes, dans un geste amical et réconfortant. Elle réprima cette pulsion et lui adressa à la place un regard de sympathie.

- Les enfants ont une voix pure, les écouter chanter est toujours un plaisir, pour ma part, avoua-t-elle de sa voix douce. Gare à quiconque essaierait d'en altérer les modulations, ajouta-t-elle plus silencieusement.

L'homme lui-même avait une voix plutôt agréable. Son oreille entraînée repéra les quelques fausses notes, qu'elle définit comme celles d'un être généralement peu loquace, de par la brisure de son timbre. Elle n'eut cependant pas le loisir d'exprimer ses pensées, interrompues par l'apparition brutale d'Arthur. Son sourire tomba progressivement et ses traits perdirent de leur naturel, demeurant figés en une expression à la fois craintive et résolue. Ses yeux s'écarquillèrent brièvement, et elle pencha la tête vers son amant lorsque celui-ci suspendit sa phrase. Silencieusement, elle observa du coin de l'oeil ses expressions faciales, guettant tout signe d'agressivité à l'encontre de son interlocuteur. Un soupir de soulagement discret vint animer sa poitrine qui était restée immobile les quelques secondes qu'avait duré l'échange.

La chanteuse répondit au regard d'Arthur par l'un des siens, où brillait une lueur de soumission encouragée par la peur qu'il lui inspirait. Gregory ne resterait qu'une connaissance, et cela elle le lui assurait ainsi. Bien qu'étonnée par le changement d'attitude de l'escroc, elle pensait en connaître l'origine et fut impressionnée de découvrir cette facette plus... Compréhensive de l'irlandais. Elle posa sur sa silhouette qui s'éloignait des yeux curieux, avant de revenir plonger ses prunelles dans celles de son compagnon de bar.

- Veuillez pardonner cette interruption, s'excusa-t-elle avec un sourire gêné.

C'était typiquement le genre de situations qui lui auraient presque donné envie de consommer de l'alcool pour refouler son embarras. La magie de l'instant s'était évaporée pour laisser place à une Daisy qui ne se sentait plus à sa place, et prenait pleinement conscience de l'endroit dans lequel ils étaient, des clients qui les entouraient, et plus important de son amant à quelques mètres de là.

Ses yeux étaient devenus fuyants, refusant d'observer les réactions de Gregory, qu'elle appréhendait comme étant similaires à celles qu'elle recevait de la part de gêne. Un mélange de pitié et de jugement, particulièrement désagréable. Jane, l'une de ses seules amies, dont elle n'avait plus reçu de nouvelles depuis quelques temps, déjà.
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