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 [Edgar+libre] Confesse-toi si tu as des pensées impures - 2 mai 1928

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Sanguini

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MessageSujet: [Edgar+libre] Confesse-toi si tu as des pensées impures - 2 mai 1928   Lun 10 Juil - 12:56

Confesse-toi si tu as des pensées impurs...

"Vous êtes presque un membre de la famille Mr Guini, et je ne peux que constater l'influence bénéfique que votre austérité a sur cette maison et sur Chastity en particulier. Toutefois, je m'inquiète de ne vous avoir toujours pas croisé à la messe. Oh Mr Guini, mon âme se sentirait tellement apaisée si vous alliez à confesse".

Voici les mots qu'Emily Norton avait prononcé pour la énième fois au vampire ce soir là, juste après le dîner dont il n'avait frugalement avalé que quelques miettes. Sanguini avait toujours ajourné la réalisation de ses promesses jusqu'à cette soirée où son estimée logeuse avait ajouté à ses suppliques un timbre de voix tremblotant et un regard brillant d'émotions. Il avait alors consentit a honorer sa visite au tout puissant. Tandis qu'il franchissait la porte de la pension des Norton, il entendit la douce voix de la matriarche ajouter qu'elle était certaine qu'il s'entendrait à merveille avec le bien-aimé prêtre de la paroisse.

Il n'entendait rien à la Secte de Salem qui n'était, pour lui, qu'une organisation destinée à venir en aide aux pauvres ouailles égarées de l’église. Il ne soupçonnait même pas que ses généreux (et récurrents) dons contribuaient, non sans ironie, à la plus grande menace que lui-même aurait à craindre. Aussi, s'il traîna sa cape dans les rues ce ne fut pas pour lorgner sur les prostituées arpentant le trottoir et qui évitèrent toutes, sans exception (les vieilles, les borgnes, les vieilles & borgnes y comprit) de l’alpaguer, ni par peur de se jeter dans la gueule du loup (qu'il pourrait toujours mordre pour une régularisation hiérarchique) mais par crainte du lieu de foi qui agissait comme une substance hautement combustible sur sa carcasse. Il allait devoir la jouer fine pour ne pas se laisser entraîner dans la maison du Christ, se dit-il en dépassant le panneau de bois censé décourager les pécheurs.

Conformément à son désir de rester éteint, il n'emprunta pas le chemin qui menait au parvis, mais suivit le sentier contournant l'église qui le mena jusqu'au cimetière. Il déambula entre les tombes, respirant l'air rance des bouquets laissés à l'abandon et l'humidité de la terre fraîchement retournée. Cette petite promenade donnait du baume au cœur inexistant de la créature, elle lui rappelait ses délicieuses nuitées à arpenter les villages alentours à son domaine. La bruine, les lamentations des ménagères, les vieilles bigotes sous leurs fichus et les chemins de terre perpétuellement boueux, tout lui rappelait le bon air des Carpates à la différence prêt qu'il n'avait croisé aucun poivrot pissant contre les murets de pierre, ni aucun lépreux.

Alors que la dernière famille en deuil quittait le champ du repos éternel, laissant le lieu désert, la bête, les mains croisées dans le dos s'arrêta soudainement devant une sépulture qui lui arracha une expiration de désapprobation. « Meszaros », un nom typiquement hongrois qui n'avait pas même eut la bienséance de respecter la langue de sa terre d’accueil pour son épitaphe. Le vampire prononça celle-ci à voix haute dans la langue de Shakespeare.*

Ci-gît Keresztély Meszaros
Qui laisse son épouse Omploy sans mari
et leurs deux enfants, Goulash et Paprikà, sans père.
« Ne pleurez pas pour moi,
j'ai vécu ma vie avec un seul but :
dormir. »

*Il se tenait droit devant la tombe, à présent silencieux, comme plongé dans un profond recueillement.*
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Père Edgar
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MessageSujet: Re: [Edgar+libre] Confesse-toi si tu as des pensées impures - 2 mai 1928   Dim 23 Juil - 16:20


Confesse-toi si tu as des pensées impures






Ce mercredi 2 mai, la journée avait été rude pour l’homme de foi du Queens. En temps normal, le mercredi était plutôt paisible dans la profession, mais curieusement, ce jour, de nombreuses confessions avaient eu lieu. Adultère, vol à l’étalage du marché, pensées obscènes, mensonges éhontés, masturbation solitaire en pensant à la sœur de sa compagne, sieste interdite au travail, onanisme… autant de méfaits  aussi intéressants que prohibés.

Peu de choses faisaient plus plaisir au Père Edgar que d’écouter les confessions de la chair. Ces récits érotiques ordinaires ou non, étaient le fantasme unique conté directement par son inventeur. Ils sont bien plus efficaces que ces romans de gare où il faut discrètement acheter la page quotidienne pour venir à bout de l’intrigue - si l’on pouvait nommer cela « intrigue ». Une confession sur deux éveillait le muscle brûlant de notre ecclésiastique, ce dernier ne manquait pas de le branler lentement en silence derrière la paroi de bois.

Ce mercredi 2 mai, il accueillait Claudia dans son confessionnal. Pour le récit d’une regrettable séance de masturbation qui fut finalement soldée par l’arrivé du paternel, ce qui poussa paradoxalement la jeune femme à l’orgasme par l’excitation de  l’interdit. Père Edgar jubilait de tant de détails. L’imagination de madame était aussi fertile que ses fantasmes étaient honteusement interdits. Après avoir satisfait l’émanation de sang qui était monté à sa verge, il se servit des mouchoirs qui étaient destinés aux repentants larmoyants, il excusa la pécheresse d’un doigt divin et remis à plus tard leurs aventures vénériennes, ils leur faudrait se revoir, elle n’était pas guérie de son mal.

Ce n’est que tard dans la soirée, après son repas qu’Edgar pu se retrouver seul dans son potager. La chaleur et la charge de travail avaient été trop accablantes cette journée pour pouvoir y aller avant.
Sa journée étant terminée, il ne portait pas sa soutane et était ainsi vêtu d’un pantalon noir, où il portait une machette à sa ceinture en cuir, ainsi qu’une chemise blanche – aux manches bouffantes, resserrées aux poignets- tâchée par la terre. Il était en train de bêcher au milieu de sa plantation de carottes lorsqu’il entendit une voix inconnue, un murmure continu dont il ne pouvait pas discerner les paroles, bien que le son ne semblait pas être si lointain.  Père Edgar planta son outil de jardinage dans la terre, en évitant avec soin les légumes naissants, il essuya son front  transpirant d’un revers de paume et prit la sortie de son potager pour se diriger vers le cimetière d’où semblait provenir l’écho.
Au milieu des tombes, il discerna une silhouette svelte. Il s’avança en silence pour observer la créature qui venait lorgner les morts en les narguant d’une respiration vive. L’homme, puisque s’en était un, semblait provenir d’un autre temps, bien que notre Père ne soit pas un modèle de mode vestimentaire il trouvait ses habits beaux. Le cimetière est un lieu ouvert à tous. Qu’est-ce qui poussait un mortel à venir contempler les tombes au milieu de la nuit ?  Personne ne visite à l’avance la chambre d’un hôtel qu’il va louer, c’est insensé.

Edgar s’avança encore jusqu’à rejoindre l’inconnu qui trônait devant une sépulture qui n’était jamais visitée. Il lui adressa d’un signe de tête incliné un salut courtois, croisa ses bras derrière son dos, effleura son arme qui lui entailla la chair, respectueusement ne souffla pas de douleur, laissa cette nouvelle plaie pleurer quelques larmes de sang.  Le prêtre ne tue pas le silence du recueillement, il attend que celui-ci s’estompe.




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MessageSujet: Re: [Edgar+libre] Confesse-toi si tu as des pensées impures - 2 mai 1928   Mar 25 Juil - 23:57

Confesse-toi si tu as des pensées impurs...

*La bête était encore accaparée par la contemplation de l'épitaphe, laquelle il pouvait lire aisément malgré la noirceur de la nuit se faisant de plus en plus opaque autour d'eux, lorsque ses narines frémirent en un rythme semblable à celui d'un chien humant l'urine d'un rival sur le plus beau poteau du quartier. Il se retourna d'un quart de tour, la stature bien droite, mains croisées dans le dos, pour faire face au manant sanguinolent qui avait pris place à ses côtés. Ses narines ne frémissaient plus lorsque sa bouche s'entre-ouvrit pour prendre la parole, avant de se raviser dans un claquement de crocs. Il regarda l'homme crasseux de haut en bas, le jaugeant de son regard de monstre sceptique, sa présence renforçant la ressemblance de ce lieu avec son pays natal. L'obscurité, merci à elle, masquait ses pupilles anormalement dilatées et le sang affluant autour de ses rétines. Il n'avait plus nul besoin de contempler l'homme, ses sens lui faisaient savoir par où le doux fumet de son hémoglobine s'échappait.*

Bonsoir mon brave, sauriez-vous où je pourrais quérir le Père...

*Il déglutit malgré l'absence de salive dans sa bouche, l'un des nombreux réflexes, reliquats de sa première vie, qu'il avait conservé. Le sang de l'homme était aigre à l'odeur, il y avait quelque chose de putride présageant d'un être que l'absence de cœur avait gâté jusque dans ses veines. Il rappelait à Sanguini ces soldats venus de Hongrie, de Roumanie ou d'Autriche, fiers et impitoyables, se croyant invincibles lorsqu'ils harcelaient le petit peuple sans défense pour échapper à l'ennui entre deux batailles... jusqu'à ce que le vampire les vides de leur sang et leur brise la nuque aussi aisément que s'il s'agissait de simples poupées de chiffon. Encore de beaux souvenirs ravivés à sa mémoire qui le firent tomber à genoux, en lutte contre lui-même, devant ce qu'il croyait être le croque-mort ou le jardinier du lieu.

Il tira le bras blessé vers lui, sa force et l’inattendu de son geste ne laissant guère le choix à l'humain perfide qui le dominait de toute sa hauteur à présent, et porta sa main entaillée devant son visage. Outre l'aquosité provenant des veines, les doigts de l'homme sentaient la terre et le stupre, deux odeurs dont le vampire n'avait que faire et qui ne le firent pas même hésiter à lécher d'une langue rosée et fraîche, le doigt souillé de sang. Il avait procédé à toute l'opération les paupières closes, mais rouvrit les yeux lorsque les fluides du prêtre furent tout entier engloutit dans sa bouche, relevant enfin son regard ténébreux sans aucune honte ni gêne, pour se plonger dans les rétines de fer de l'homme de foi.*

Vous êtes un homme divin.

*Il prononça cette constatation très terre à terre, mais le murmure plus que la parole, pouvait très bien faire passer ces mots pour une interrogation guidée par l'apparition sacrée. Le sang de cet homme était un plaisir gustatif, oui, autant que pouvait l'être un fromage de chèvre, un rhum bas de gamme ou un pudding rance.*

Je boirais bien un cou, mais se serait retomber dans ces travers que j'ai exilé loin de mes pensées jusqu'à ce jour.

*Constata-t-il encore, son regard toujours plongé dans celui du prêtre dont il maintenait la main avec ferveur, alors qu'il n'avait d'autres intentions, en réalité, que de se raisonner lui-même.*
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MessageSujet: Re: [Edgar+libre] Confesse-toi si tu as des pensées impures - 2 mai 1928   Jeu 17 Aoû - 0:48


Confesse-toi si tu as des pensées impures







La nuit s’était paisiblement installée et avec elle sa noirceur habituelle. La lune s’éveillait à son tour éclairant d’une lueur bienveillante la terre du Seigneur. Malgré cette lumineuse apparition, le religieux ne pouvait pas distinguer les pupilles dilatées de l’intrus du cimetière, mais d’autres détails étaient pour le moins alarmants. Au milieu du silence mortel du recueillement l’on pouvait ouïr une respiration haletante, semblable aux clébards inhalant les odeurs de pisse de leurs compères. Il ne pouvait s’agir que de l’étranger, ils n’étaient que tous les deux. Ce dernier pivota sur lui-même telle une statue, quelle curieuse mouvance, c’était loin d’être naturel. La bouche fut entrouverte avant de se refermer d’un claquement de dents, Edgar haussa un sourcil alors que l’intrus le regardait de haut en bas, en lui demandant où se trouvait le père. Il aurait répondu de suite si le comportement de notre intrus ne s’était pas fait plus inquiétant encore. Après quelques déglutitions sonores l’homme étrange tomba à genoux.

Notre prêtre réfléchit un instant, de toute évidence, l’étranger ne connaissait pas son identité et vêtu ainsi, la nuit aidant, il n’aurait pas grand souvenir de cette rencontre s’il venait à lui arriver malheur. Alors que notre ecclésiaste réfléchit à la possibilité d’assouvir ses pulsions, les mouvements de l’intrus l’extirpèrent de ses pensées. Ce dernier venait de lui attraper le bras, ces pupilles semblaient être dilatées alors que ses narines se rapprochaient de sa main écorchée vive. Sur ses doigts le sang avait coulé, c’est ce que l’étrange humanoïde était en train de renifler sans se soucier de la dignité que nécessitait la condition humaine. Contrairement à la main du vampire qui lui glaçait l’épiderme, sa langue chaude glissant et se délectant de son sang le fit frémir. Edgar ferma les yeux un instant, il repensait au sang délicieux de Diane, créature exquise qu’il terminerait par déguster avec un bon vin de messe.

Vous êtes un homme divin.

La voix suave venait de tuer rêves, songes, délires hormonales et le silence de la pénombre du Queens, Edgar releva les paupières et fixa cet étranger. Une boule chaude avait élu domicile dans les entrailles du père, il ne s’agissait en cet instant ni de désir, ni de peur, ni de pitié, mais du pressentiment mauvais, ses émotions ne le trompaient jamais, il en éprouvait déjà tellement peu, elles se révélaient être juste à tous les coups.

Je boirais bien un cou, mais se serait retomber dans ces travers que j'ai exilés loin de mes pensées jusqu'à ce jour.  

Edgar comprit immédiatement, le sang, l’attitude étrange, la tenue, la mouvance, la froideur, ces crocs qu’il avait sentis si pointus effleurer sa peau...

Les incompréhensions accumulées, les zones d’ombres furent en un iota de temps éclairées dans l’esprit d’Edgar. Tout était clair, un être vampirique se tenait à côté de lui. Il avait tant étudié les créatures mystiques, il les traquait sans cesse mais jamais il n’avait encore pu rencontrer un suceur de sang.

Son corps trembla, Edgar tomba à la renverse.  L’homme de foi était à présent avachi sur le sol de terre battue, comme tant d’autres, au milieu du cimetière. Sa carcasse venait de s’animer de spasmes ininterrompus. Les cieux semblaient l’aspirer par instant lorsque son dos se soulevait du sol. De la bave s’écoulait de ses lèvres fines, ses yeux se révulsaient dans leurs orbites, son corps ne répondait qu’aux désirs divins lors de ses crises épileptiques. Ces violents types d’apparitions divines se découpaient en plusieurs tableaux, des visions que lui montrait le Seigneur, des tâches à accomplir, des personnes à poursuivre, tant de quêtes à mener, Père Edgar était ravi d’obéir à son maître.

Depuis son arrivée dans ce nouvel état il n’avait pas encore été victime de ces crises de démences que l’on nommait dans les hôpitaux ; épilepsie. La rencontre avec la créature démoniaque l’avait secoué, Dieu lui scandait de nombreuses images et lui parlait lors de ces crises.

Il était là, au milieu du cimetière, cet homme de foi sans loi en proie à la soif de ce collectionneur d’hémoglobine. Un spasme violent le secoua et cambré dans la terre il scanda «Les détruire je dois pour laver la terre du Seigneur, les détruire pour retrouver la paix du Puissant, elle est proche, elle se rapproche.» Sa voix s’éteignit, ses yeux se fermèrent, son corps s’immobilisa. Au pied de la créature diabolique qui se tenait à genoux dans la nécropole, Edgar s’était éteint, son état demandait des soins imminents.



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MessageSujet: Re: [Edgar+libre] Confesse-toi si tu as des pensées impures - 2 mai 1928   Lun 11 Sep - 20:04

Confesse-toi si tu as des pensées impurs...

L'esprit de Sanguini n'était pas tout à fait semblable à celui des hommes. Il ne se rendait pas compte de l'incongruité de son comportement et ne se souciait jamais des conséquences. Sur bien des plans, il partageait l'innocence de l'enfant, à ceci prêt que ses colères se terminaient généralement dans le sang et le chaos. Sanguini tenaient aussi parfois plus de l'animal que de l'Homme, or les animaux n'étaient pas du genre à faire des plans d'avenir. Il aurait été bien incapable de prédire si l'homme de foi l'aurait pris pour un aliéné, un alcoolique, un dévot le confondant avec un saint ou, tout simplement, pour ce qu'il était : un vampire au bord de l'anémie.

Lorsqu'il eut terminé de pourlécher le doigt entaillé du Père Edgar, son regard recroisa celui de l'homme. Essayant de raviver à sa mémoire toutes les conventions sociales apprises sur le tard, une lueur d'intelligence le fit balbutier.

- Veuillez pardonner mon égarement qui ne se reproduira plus. Je me nomme Sanguini, Comte de...

La vampire n'eut jamais le temps de terminer sa phrase et il doutait même que le prêtre en ait perçu la moitié, car ce dernier chancela sur ses pieds jusqu'à tomber totalement à la renverse. Alors que l'homme était avachi à terre, Sanguini se releva, la main toujours tenue dans sa paluche griffue. Ce n'est que lorsque le Père Edgar se mit à convulser que le roumain se rendit compte qu'il le tenait toujours. Il relâcha alors aussitôt son emprise avec autant de précaution qu'un poivrot laissant tomber une bouteille vide devenant à la fois inutile et encombrante.

De toute sa hauteur, le vampire observa l'homme de foi. Longtemps. Quelques coups d’œil jetés à gauche et à droite le laissèrent définitivement seul face à cette situation pour le moins hors norme. Un sourcil arqué sur le corps tremblant de spasmes, il envisagea de laisser la nature mortifère de l'humain opérer. Il n'était après tout en rien responsable, et boire le sang de cet être à peine son dernier soupir rendu, ne le rendrait coupable de rien d'autre si ce n'était d'opportunisme. Alors, il attendit encore, mais le supplice durait tant et si bien, qu'il dut se résoudre à agir tel que ses instincts ne lui disaient pas. Il plongea une dernière fois ses rétines dans le regard trouble de l'homme, l'enjamba pour le saisir par les aisselles puis le hisser dans ses bras avec autant de facilité que s'il ne pesait pas plus lourd qu'un bambin. Il l'emmena loin des tombes, vers le fond du jardin potager. Une fois la distance parcourue, il le reposa à terre en le faisant tenir gauchement assit contre le muret. Lui faisant face à nouveau, il leva bien haut sa main blanche et froide et lui assena un premier coup sur la joue, le second suivant de peu grâce à son revers. Pour parachever sa tentative de réanimation, il saisit l'arrosoir abandonné qu'il avait repéré de loin et le renversa tout entier sur les cheveux du patient.

- Regardez-moi. Vous tortiller comme un ver n'est pas la solution, vous êtes un homme ou un lombric ?

Très peu patient, il leva à nouveau sa main, prêt à donner de sa personne pour revenir en aide au malade.
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MessageSujet: Re: [Edgar+libre] Confesse-toi si tu as des pensées impures - 2 mai 1928   Jeu 14 Sep - 19:19


Confesse-toi si tu as des pensées impures






Dans son état second, les présentations de son interlocuteur n’avaient bien évidemment pas été ouïes. Les messages divins étaient les seuls mots que le religieux entendait dans ses maux. Lors de sa crise qu’importe les paroles exprimées, l’homme de foi se réveillait le plus souvent avec une brève amnésie de quelques heures environ. En revanche, l’idée terrible de vengeance était bien ancrée dans son esprit ; mais ce n’était qu’un rappel de la part son Seigneur.

Dans les hôpitaux, les médecins décrivaient ces crises comme une maladie incurable abominable et difficile à vivre, tant pour le malade que pour sa famille et ses proches. Le souci ne se posait pas dans le cas d’Edgar. Ces secousses, spasmes, saccades, soubresauts, agitations et ébranlements n’appartenaient qu’à lui. Ils étaient bénéfiques. Une bénédiction de Dieu. Une preuve supplémentaire de la confiance que le Seigneur avait placée en lui, son intendant sur Terre. Il s’agissait pour lui d’une manière de communiquer rapide et efficace, incompréhensible aux autres hommes. Lorsqu’il jonchait le sol, à terre, et que son dos se soulevait pour tenter de rejoindre les cieux, il ne s’agissait que de l’éternel qui attirait sa marionnette à lui. Les collisions répétées avec le sol étaient similaires au morse, un langage que seuls certains étaient capables de discerner.

Son esprit flottait, il n’était plus totalement inconscient, sans être conscient. Son corps n’avait toujours pas daigné adopter à nouveau  une quelconque forme de dignité et ne cessait de tressauter comme une mouche à qui l’on aurait coupé les ailes, encore vivante, à l’agonie, mais pas morte pour autant. La main de Sanguini qui tenait la sienne était perçue de manière toute autre dans ses songes. Le père ressentait une présence qu’il associa à la chaleur divine, comme si Dieu s’était exhibé en lui offrant sa constance pendant la crise. Ce  cadeau céleste, ce présent sacré, cette offrande astrale était un don divin, un aboutissement angélique, une récompense ultime pour la foi d’Edgar. Lorsque sa main fut lâchée, il se sentit transporté, il était comblé.

Le rêve si doux et exquis trancha avec la brutalité des coups qui s’acharnèrent soudainement sur son visage. Une sphère cuisante naquît sur son visage rapidement rafraîchie par la cascade d’eau froide qui s’écoulait au-dessus de sa tête. En solitaire, aucune des deux actions n’aurait été opérante dans le cadre d’une « réanimation » épileptique, pourtant le Père ouvrit les yeux. Effectivement, le plus efficace pour le sortir de sa léthargie ne fut ni le puissant revers, ni la douche paralysante, mais ce fut le choc thermique entre la brûlure infligée par la force des coups et l’eau glacée tirée du puits  s’écoulant sur ses hématomes ardents.

- Regardez-moi. Vous tortiller comme un ver n'est pas la solution, vous êtes un homme ou un lombric ?

Le réveil fut lent et difficile. Aux creux de ses oreilles les mots s’étaient logés, il eut besoin d’un certain temps avant de discerner du bruit, des phonèmes ; puis des phonèmes, des mots, et enfin de ces mots il lui nécessita encore quelques secondes pour leur attribuer une définition, avant de les assembler en une phrase. En toute vraisemblance, il devait avoir eu une crise : il gisait au sol, au milieu d’une flaque de boue nouvellement formée, trempé devant un inconnu qui le questionnait sur une improbable comparaison entre un insecte et un humain.

Edgar souhaitait se confondre en excuse, le pauvre homme avait pris la peine de s’occuper de lui, mais ses lèvres avaient de la peine à se mouvoir, aucun son en sortit d’entre elles. Il tenta de se relever, mais sans y parvenir, sous son poids la main qu’il avait posée au sol pour y prendre appui s’embourba, il glissa et manqua de basculer sur le côté. Il baissa un instant la tête songeur et tendit silencieusement la main à la personne qui l’avait secouru, il lui demandait de l’aide.




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