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 [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.

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Jane K. Conrad
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MessageSujet: [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.   Sam 17 Juin - 13:23


Fallait pas m’quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.


Dix jours s’étaient écoulés depuis son retour sur des terres grouillantes de vie et de laideur. Dix jours durant lesquels elle avait soigneusement évité le vampire, afin de s’attribuer du temps pour méditer. Loin d’être sotte, Jane savait qu’elle ne pourrait mentir à son compagnon surnaturel. Son corps la trahirait et ne manquerait pas de communiquer avec « Monsieur j’ai les canines pointues et un nez dont la spécificité est le voyeurisme ». Ainsi lui avait-elle laissé des instructions et son dîner, toujours soigneusement préparé, même en dépit de sa non-présence.

En revanche, Jane ne put éviter Jack et son regard inquisiteur. Jack attendait une confession, un aveu qui le blesserait c’était certain. Ce soir-là, l’infirmière avait dû préparer un dîner tout à fait à la hauteur, un dîner qui le détendrait et l’amadouerait. Un dîner fort bon, et qui pourtant, fut un échec total.

[Afin de ne pas choquer les âmes sensibles qui peuplent notre monde, et pour éviter tout dépôt de plainte à l’encontre de Jack Stuart, nous censurerons les propos vindicatifs du concerné et promettons que Jane K. Conrad, officiellement infirmière à l’hôpital Ste Morgane, est ressortie vivante et en bonne santé de cette entrevue.]

Remuée par la colère inappropriée de son protecteur, Jane se sentait en colère. Que l’on s’immisçât ainsi dans sa vie privée ne lui plaisait que peu voire pas du tout. Seulement Jack avait été clair : il enquêterait et la forcerait à changer de regard. Des propos houleuses, des promesses qui l’avaient effrayé, Jane ne l’avait jamais vu à ce point agacé ou possessif. C’était dans de pareilles circonstances qu’elle se remerciait de ne raconter que des banalités à ses parents. Bien évidemment, Jane était montée sur ses grands chevaux jusqu’à tenir tête d’une manière effrontée à son protecteur. Elle avait défendu le botaniste avec cœur et conviction, avouant ses doutes mais aussi ses sentiments, qu’elle jugeait bien plus importants que la véritable identité de ce Monsieur Ackley. Ce qui lui valut de recevoir mille adjectifs sur sa naïveté et son aveuglement typiquement féminin, et digne d’une écervelée.

Tant de violence pour une histoire d’un soir et d’un lendemain et de sentiments nés entre une aurore boréale et une poêle. Car si le botaniste avait une idée assez concrète du statut de leur relation, Jane, pour sa part, n’était sûre de rien et ne voulait absolument pas l’être. Toujours ces mêmes peurs, ces mêmes angoisses quant à une vie plus personnelle, plus attrayante et une vie dont elle pourrait finir par dépendre. Les affres de la nécessité se rappelaient souvent à son esprit, tout comme ce nom qui n’aurait jamais dû apparaître sur ses lèvres. Mais Jane ne voulait absolument pas savoir ce qu’elle était susceptible de représenter pour l’homme dont elle avait partagé les bras et plus encore. L’ignorance pour le coup rimait avec sa liberté d’esprit et d’action. Contradictoire penserait-on, et pourtant clairvoyant, car elle se mettait à l’abri de toute déception et de tout espoir. Ce qui ne la rendait pas moins faible aux souvenirs qui la visitaient que trop souvent ni même à l’envie presque irrésistible de retrouver l’ombre du botaniste et ses influences sur son être. Sauf qu’elle résistait, et résistait plutôt bien, grâce à son travail et cette peur viscérale de devenir une femme comme les autres, aussi étouffante qu’insipide.

Finalement la nécessité de discuter avec ce cher vampire s’imposa très vite à elle. Ses idées avaient fini par s’éclaircir et désormais elle ressentait le besoin d’échanger avec lui, de comprendre ce qui semblait lui échapper. Car Jane était certaine que quelque chose lui échappait, quelque chose qu’elle avait sous le nez mais qu’elle ne parvenait à saisir. La sorcière avait besoin qu’on la guide. Ainsi attendit-elle le mercredi avec grande impatience. Une fois le soleil couché, elle prépara leurs deux coupes et leurs breuvages respectifs. Jane ouvrit la fenêtre qu’elle ne gardait fermée que le jour ou presque, et s’installa pour patienter sur son fauteuil, face à la fenêtre. Boire son thé dans du cristal faisait désormais partie d’une de ses habitudes et elle regrettait, au fond, d’avoir échappé aux sens inquisiteurs de celui avec qui elle partageait son annexe depuis trois bon mois maintenant. Une cohabitation toute en négociation et en discussion dont le ton variait selon les sujets abordés, et qui avait fini par complaire l’infirmière, jusqu’à la rendre attachée à ses rendez-vous nocturnes, lesquels pourtant déréglaient son sommeil.

Aujourd’hui, elle avait des questions à lui poser et notamment des excuses à lui faire.
Demain, elle aurait ‘’ probablement ‘’ des projets pour lui.
Une association qu’elle n’avait, à la finale, pas vu venir et qui pourtant, paraissait évidente.
Somme toute, le Vampire avait eu raison, et désormais elle s’en remettait à ses jugements, bien plus qu’au premier jour.*

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Sanguini

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MessageSujet: Re: [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.   Dim 18 Juin - 20:59

Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.

Ca faisait maintenant 3 mois que Sanguini se rendait 3 fois par semaine à l’hôpital pour boire une quantité de sang insuffisante mais qui avait comme précieux avantage d’être humain. Le reste du temps, il se débrouillait lui-même en se nourrissant de sang de porc ou de bœuf qu'il échangeait en catimini contre des dollars à l'arrière des abattoirs. Cette semaine n'avait pas dérogé à la règle et il s'était rendu dans le petit office de Jane Conrad aussi fidèlement qu'à l'accoutumé, à ceci prêt qu'il ne l'avait pas croisé une seule fois. Il arrivait fréquemment qu'elle soit absente, il était loin d'être le seul patient de l’hôpital et surtout, l'un de ceux qui réclamaient le moins son attention. Il s'était finalement plutôt bien débrouillé jusque là et n'avait mordu aucun humain encore vivant depuis son arrivé sur le nouveau continent. Mais que l'infirmière soit absente à 4 rendez-vous d'affilés était beaucoup plus étrange, et c'est seulement parce que son odeur était partout dans le petit cagibi qu'il avait su qu'elle n'était pas passée de vie à trépas.

Ce soir là il se rendit à 21h tapante dans le bureau, en passant par la fenêtre afin d'éviter les petits patients à la peau si tendre que Jane chérissait tant. Le temps d'un battement de cil, il s'était matérialisé comme par magie droit devant son bureau, l'air austère et statique.*

Miss Conrad.

*La salua-t-il froidement en inclinant la tête avec raideur comme son tempérament le lui imposait. Il n'ajouta rien que déjà ses narines se dilataient en rythme, humant l'air à la manière d'un animal (ce qu'il était en partie). Ses sourcils se froncèrent, ce qui durcit encore les traits de son visage. Il finit par lever sa main griffue devant son nez, comme s'il cherchait à se protéger d'une odeur fort incommodante.*

Votre corps exalte une quantité de phéromones indécentes.

*Il s'approcha en laissant retomber sa main le long de son corps, ses yeux se glaçant encore d'avantage, pour se pencher par dessus le bureau et venir renifler le cou de sa soignante. Il se redressa d'un coup, prêt à lui faire toute une flopée de reproches.*

Vous n'êtes plus pucelle.

*Ses yeux balayaient les traits de son visage rapidement.*

Vous avez l'air heureuse, détendue et tout à fait satisfaite. Votre cavité utérine exulte de contentement, je le sens.

*Ses yeux s'écarquillèrent tandis que d'affreux doutes l'envahissaient. Il recula d'un bond, visiblement en colère et déçu.*

Vous, une vierge de longue date avez fauté. Ça ne peut signifier qu'une seule chose. Vous avez épousaillé quelqu'un et l'avez fait sans même m'inviter... A la cérémonie je parle, le reste de la nuit ne m'intéressait pas.

*Il se retourna par bouderie.*

Je croyais que nous étions amis. Vous auriez pu me présenter à votre fiancé, je ne l'aurais pas mordu, je sais me tenir même si je ne doute pas que pour vous avoir fait cédé à l'appel de la chaire, il doit être follement affriolant et exalter une odeur fort délicate. Et même si je ne puis entrer dans les églises, j'aurais pu au moins vous attendre à la sortie et distribuer le riz. J'en aurais été honoré et en liesse de remplir ce simple devoir pour vous. Mais soit, soit, nous ne sommes donc pas amis après tout, vous n'avez plus qu'à laisser ma chopine de sang sur le rebord de la fenêtre, ainsi je ne vous importunerai plus par ma présence et vous n'aurez plus à vous rendre absente chaque lundi, jeudi et samedi soir.

*Il poussa un soupir à fendre l'âme, et la sienne aurait sans doute fendue de tristesse s'il avait été certain qu'il en possédait une.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.   Lun 19 Juin - 0:01


Fallait pas m’quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.


*Elle patienta jusqu’à ce qu’enfin, il fît son entrée, tout en grâce et en prestance. Décidément, si elle pouvait être dotée d’une grâce similaire … *

Monsieur Sanguini, le salua-t-elle d’un grand sourire en inclinant sa tête de politesse.

*Habituée à sa froideur naturelle, l’infirmière ne se formalisa pas de son ton. Dans le silence, elle attendit sa sentence, laquelle, elle le savait, ne tarderait sûrement pas à venir avec un odorat aussi développé que celui du vampire. En revanche, la sorcière ne s’était guère préparée à ce qui allait suivre, à commencer par cette incommodité tout à fait gênante. « Indécente » avait-il dit… Chacune de ses paroles, entièrement dénuée de tact bien sûr ou de poésie, provoqua en elle un rougissement fulgurant. Mal à l’aise, l’infirmière croisa un peu plus ses jambes et baissa quelque peu le regard de timidité. Effectivement, elle se sentait particulièrement heureuse et défaite de ses fardeaux quotidiens. Pourtant, elle ne parvenait pas à assumer totalement le regard que le vampire posait sur elle. L’unique point positif qu’elle percevait dans ces constations peu subtiles, c’était qu’elle n’aurait plus besoin d’un médecin à l’avenir. A la longue, elle finirait par embaucher le vampire et son odorat pour ses prescriptions et autres nécessités …

Et puis vint l’interprétation à laquelle elle ne s’était pas attendue. Pourtant, Jane aurait dû la voir venir, elle aurait dû anticiper les conclusions toujours hâtives du vampire. L’infirmière vira d’abord au cramoisi avant d’encaisser toute la « tristesse » vampirique qui l’atteignit en plein cœur alors que … elle ne s’était en rien mariée. Ou alors ce cher botaniste avait agi dans son dos, ce qu’elle n’espérait absolument pas pour lui. Etonnamment, la complainte de Sanguini eut raison d’elle, et une fulgurante culpabilité s’empara du pauvre cœur de l’infirmière. « Je croyais que nous étions amis » … Jane ouvrit la bouche à plusieurs reprises et la referma toute aussi attristée que lui. Tant d’attention l’émut, jusqu’à ce que finalement la sorcière n’échappe à sa transe sentimentale. Des épousailles ? Et puis quoi encore ? Elle n’avait que perdu sa virginité, rien de mal en soi, n’est-il pas ? Après tout, ne venait-elle pas de lui démontrer qu’elle n’était ni nonne ni en dépression ante-mortem ? Jane se leva et posa sa main sur l’avant-bras du vampire, en douceur et surtout, sous ses yeux. Vigilance obligeait tout de même !*

Cessez donc, lui demanda-t-elle d’une voix pleine de douceur, comme une mère rassurerait son enfant. Pour un vampire si attentif au moindre détail, voilà que vos bons sentiments ont omis un détail des plus importants. Voyez-vous donc une quelconque bague à mon doigt ? Rassurez-vous, nous sommes encore amis et je ne suis absolument pas mariée. Vous savez que j’ai cette tradition en horreur, et pour ne rien vous cacher, l’Eglise et moi nous nous entendons que très peu dernièrement, lui confessa Jane dans un sourire qu’elle se voulait sincère.

*Finalement, elle toisa le vampire d’un regard aussi rassurant qu’amical. Sa main lui désigna sa place sur son sofa tandis qu’elle-même venait s’y asseoir également, comme pour l’accompagner.*

Croyez-vous réellement que je vous éclipserais ainsi, aussi grossièrement ? poursuivit l’infirmière en reprenant des couleurs un peu plus normales. Si je vous ai évité cette semaine, c’était pour réfléchir aux réponses que je vous donnerais si toutefois vous aviez quelques curiosités à ce sujet. Mais plus encore, je voulais avoir les idées suffisamment claires pour nos discussions habituelles. Vous savez que je les apprécie autant que j’apprécie votre compagnie. Alors cessez de vous croire rejeté, je vous prie. Nous avons une promesse qui nous lie, vous vous souvenez ? Je ne compte absolument pas la trahir, ni aujourd’hui, ni demain.

*Un énième sourire conciliant et bienheureux, Jane se leva ensuite pour offrir au vampire son repas à température idéale, elle y avait veillé.*

Tenez, votre breuvage. Et si un jour je venais à me marier, je ne vous laisserai sûrement pas vous occuper du riz. Je causerai votre folie, et je n’en ai guère l’envie. Nous trouverons un autre moyen.

* Jane se souvenait en effet, des recommandations qu’il lui avait faites quelques mois plus tôt. Et bien que l’idée lui eut paru plaisante sur l’instant, elle l’avait vite abandonnée, séduite par l’amitié qu’elle entretenait avec le vampire.
Elle s’installa ensuite dans son propre fauteuil et but une gorgée de son thé pour se dénouer un peu plus la gorge. Un mariage… tout ceci pour un mariage … à donner des crises cardiaques et au botaniste, et à elle-même.*

Maintenant que vous connaissez … et bien … ce changement soudain dans ma vie, peut-être pourriez-vous m’informer de votre santé, de vos activités de cette semaine, l’interrogea-t-elle avec d’ajouter avec légère gratitude. Vous aviez raison, vous savez ? Encore une fois.


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MessageSujet: Re: [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.   Ven 23 Juin - 21:08

Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.

I
l releva le menton lorsqu'il vit et sentit la petite main frêle de l'infirmière se poser sur son avant-bras. Malgré ses traits durs, on devinait que sa mine était déconfite, même lorsque ses yeux cherchèrent à se poser sur l'annulaire de la jeune femme pour constater qu'effectivement, il était nu.*

Vous pourriez avoir été déflorée par un sans le sou qui n'a pas même les moyens de vous offrir une alliance, dit-il sans croire lui-même à cette excuse. Ou ne possède pas de bijoux de famille suffisamment bien conservés pour vous en faire l'offrande.

*Il consentit à la suivre sur le sofa et posa ses fesses à côté de celle de sa soignante, regardant droit devant lui, les mains posées sur ses genoux. Son état boudeur ne pouvant passer en un claquement de doigt, il grommela encore quelques réponses à la manière d'un enfant se remettant tout juste d'un gros chagrin.*

J'aurais pourtant été le meilleur à cet emploi car je jure sur ma vie qu'aucun de vos invités n'auraient eu ne serait-ce qu'un grain de riz de plus que son voisin. Bien sur, les ramasser ensuite sur le parvis me prendrait un temps considérable qui risquerait fort de me rendre en retard au dîner... Peut-être devrions-nous finalement opter pour des pétales de fleurs, ça se fait beaucoup chez les pauvres.

*Dit-il comme si le mariage restait tout de même à l'ordre du jour. Cherchant à se rabibocher avec Jane, il prononça ces quelques mots qui se voulaient être un pas vers la réconciliation.*

Soit, soit, je me suis sans doute fourvoyé... Je... je suis aise d'apprendre que vos parois vaginales n'étaient pas desséchées au point de s'agglutiner l'une contre l'autre. J'ai cru, pendant un temps, que vous souffriez de ce mal et que le temps était révolu pour vos entrailles de remplir leurs offices.

*Il renifla à nouveau l'air lorsqu'elle se leva pour aller chercher son verre, lequel il prit avec toute la délicatesse que son contenu lui inspirait tant le sang humain était devenu une denrée aussi rare que le caviar l'était pour les humains. Cependant, il ne la quitta pas des yeux, semblant la sonder jusque dans ses pupilles.*

C'est avec satisfaction que je constate que vous n'êtes pas grosse. Avoir un enfant hors mariage est un déshonneur dont aucune femme ne s'est jamais relevée. J'ai connu plus d'une ribaude sans mari réduites à se faire détrousser par des soldats de passages en échange de leurs restes. En dépit, si vous deviez affronter les affres de l'enfantement par la faute de ce malandrin, je vous promets de le poursuivre et de le menacer afin qu'il assume son devoir envers vous et votre progéniture, et ce jusqu'à sa mort. J'ai toute l'éternité devant moi, je suis tout à fait apte à l'intimider jusqu'à la tombe.

*Dit-il en redressant le menton d'un air grave. Puis il aspira un peu de sang à la paille, la pièce raisonna d'un son d'aspiration caractéristique renforçant l'incongruité de la scène. Entre deux gorgées, il répondit à ses interrogations sur sa propre personne, sans percevoir tout de suite qu'il ne s'agissait là que de politesse alors qu'elle brûlait d'aborder bien d'autres sujets.*

Je me porte bien malgré votre absence de soins, ne put-il s'empêcher de lui reprocher. J'ai bu un verre d'eau avec mon agent de surveillance sur une terrasse charmante en face d'une bouche de métro. Nous avons évoqué nos pays respectifs, nous sommes tous deux originaire d'Europe de l'Est. J'ai ensuite rencontré une créature magique, une hybride pour être plus précis. Il est bien agréable de pouvoir échanger avec quelqu'un qui partage mes difficultés à vivre parmi les hommes et leur totale incapacité à faire preuve de logique. Quant à ma santé, j'ai eu une rougeur disgracieuse sur le front la semaine dernière. D'après Chastity, il s'agissait d'un « bouton d'akenait », l'excès de sang de porc serait en cause. Elle m'a prêté une lotion à me tamponner sur la tempe et depuis, je ne bois plus que du sang de mouton. Puis je me suis procuré de nouveaux souliers plus à la mode à ce que l'on m'a juré, il s'agit de mocassins en...

*Il s'interrompit dans son monologue et fronça les sourcils.*

J'ai raison sur bien des points, non que je sois plus intelligent que les autres mais je perçois plus de choses, ai vécu plus longtemps et ma mémoire me fait rarement défaut. Mais en quoi prétendez-vous que mon esprit à vaincu le votre ?
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.   Sam 1 Juil - 11:45


Fallait pas m’quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.


*Patiente, Jane s’amusa des bouderies du vampire qui la flattaient plus qu’elles ne l’exaspéraient. Jamais elle n’aurait pensé qu’il impacterait autant sur sa vie et que celle-ci lui tiendrait à cœur. La confiance qu’elle lui portait désormais dépassait de loin ses autres amitiés. Quelque chose la poussait à croire en lui, à dépasser ses craintes le concernant. Son verbe et la teneur de son esprit l’avaient définitivement séduite, et il n’en fallait pas plus pour l’infirmière.*

Ce seront des pétales de fleurs de cerisier, si un jour un tel événement venait à se produire, acquiesça-t-elle sans relever la dépréciation. Mais encore une fois, le mariage n’est pas une tradition à laquelle je me destine, cher Sanguini.

*Une fois de plus, elle dût se confronter aux craintes du vampire concernant sa fertilité. L’infirmière y était depuis un moment habituée, car il ne manquait pas de le lui rappeler au moins une à deux fois par semaine. Et comme si cela ne suffisait pas, le vampire avait cru juste de devoir en toucher quelques mots à son mentor. Une discussion terriblement gênante et incommodante, laquelle elle avait cherché à oublier depuis.*

Vous devriez prendre garde, devant tant d’attention, je pourrais être amenée à croire en un attachement de votre part, le taquina-t-elle dans un sourire amical. Votre amitié me touche.

* La sorcière inclina légèrement sa tête en signe de respect avant d’ajouter d’un ton solennel et pétri d’humour.*

Permettez que je vous nomme médicomage attitré de l’infirmière Jane Katerina Conrad.

*Elle leva son verre comme pour trinquer à cette heureuse nouvelle et se permit un léger rire malicieux, tandis que son regard brillait de joie et d’espièglerie.*

Allons, je n’ai que vingt-six ans et l’espérance de vie des hommes ne fait que croître. Croyez bien que j’y travaille.

*Soudain, l’infirmière se figea, reposant lentement son verre sur son bureau. Instinctivement, elle toucha son ventre. Tic des plus communs chez une femme dès lors que l’on prononçait les mots « bébé », « engrossement », « enfant ». Durant une poignée de secondes, elle se projeta loin de l’hôpital pour imaginer la réaction du botaniste. Elle le voyait déjà aussi muet qu’une carpe, voulant hurler sans le pouvoir, passant du rouge, au vert en passant par le blanc. Puis elle le vit l’abandonner au sort que supputait le vampire. Jane crispa ses doigts et fronça quelque peu les sourcils. Ce ne serait pas un enfant, mais deux enfants qu’elle aurait à rassurer et à aimer. Le visage quelque peu tendu face à ce qui pourrait advenir si elle n’y prenait pas garde, son attention fut attirée par les menaces du vampire. Définitivement, elle ne pourrait faire subir un pareil avenir au botaniste. Si tenté que celui-ci soit à l’ordre du jour, un jour. Pour le moment, il n’en était rien. Et c’était mieux – probablement – pour tout le monde.*

Heureusement pour nous, nous n’en viendrons pas à de tels extrêmes, votre pouvoir de persuasion fait votre réputation, répondit-elle enfin dans un nouveau sourire. Toutefois, me voilà rassurée, je suis, ma foi, fort bien accompagnée. Vous veillez sur moi, que puis-je donc craindre ? Maintenant veuillez abandonner le sujet, vous angoissez mes ovocytes.

*Et Jane se permit alors un … clin d’œil pour le vampire avant d’écouter son récit, paisiblement.*

Une hybride dites-vous ? Je n’en connais que fort peu, deux ou trois tout au plus. L’une est de mes plus proches amies, rencontrée à l’école d’Ilvermorny. Mais nous nous ne communiquons que par lettres. Son amant empêche quiconque de l’approcher, alors même qu’il la souille et fait pâlir la lumière qui émane d’elle, s’agaça-t-elle en montant légèrement le ton comme souvent lorsqu’elle évoquait le truand Fletcher – lequel avait toujours une sacrée dette envers elle ! -. Pardonnez-moi, je m’égare. Une rougeur dites-vous ? demanda-t-elle en arquant un sourcil.

*Jane se leva et s’approcha lentement du vampire afin de l’examiner de plus près.*

Vous auriez pu m’en informer et vous le savez parfaitement, le réprimanda-t-elle d’un ton sans appel. Il me faudra travailler cette question. Je ne pensais pas cela possible. Il serait de bon ton que nous commencions quelques tests, poursuivit-elle d’un ton professionnel avant de s’interrompre dans ses rêveries de médicomage. Parce que vous m’avez convaincue des bienfaits que procurent quelques graines de folie dans une vie. Bien que nous partagions des points de vue différents sur bien des choses, sachez que je ne cesse de vous écouter, de méditer vos paroles et votre philosophie. Votre esprit est un recueil de savoirs et d’expériences, je serais sotte de ne pas en tenir compte, argua la jeune femme en reprenant place sur son fauteuil. Je ne puis m’empêcher de vivre et de ressentir les choses, c’est là la leçon que vous m’avez octroyée le soir de notre première rencontre.

*Pendant l’espace de quelques secondes, elle le contempla avec sérieux, comme si elle estimait la valeur du lien qu’ils avaient ensemble noué. Lentement, un sourire appréciateur et doux s’épanouit sur ses lèvres, et Jane reprit.*

Et si vous me disiez ce que cette chère Chastity vous a appris depuis notre dernière rencontre ?

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MessageSujet: Re: [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.   Mar 4 Juil - 12:50

Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.

Des cerisiers, très bien j'en prends note. Ça tombe bien, ils commencent tout juste à fleurir...

*Son regard changea pour retrouver sa mortifère dureté habituelle. Jane venait de dire une chose qui était en train de balayer tous les espoirs qu'il avait soudain porté pour elle.*

Qu'ouis-je ? Qu'acoustiquais-je ? Êtes-vous réellement en train de me dire que vous refusez le mariage ? Vous faites donc un pas pour reculer de deux, vous voilà bien puérile et je ne vous cache pas que ma déception est amère. Réfléchissez-donc je vous prie, qu'elle genre de femme escomptez-vous être si vous continuez à laisser le beaupré de ce maraud venir visiter votre proue ? J'entends bien que vous vous êtes laissée séduire sans avoir rempli le contrat au préalable. Je peux comprendre que votre longue période virginale vous ai rendu plus tendre à céder à l'appel du stupre hors mariage. Certes, la situation n'est pas idéale, mais il n'y a la rien qui ne peut se corriger tant que vous n'êtes pas pleine, ce qui arrivera tôt ou tard Miss Conrad, la nature est ainsi faite. Que ferez-vous quand, lassé de votre con ouvert aux quatre vents, le drôle s'en ira séduire d'autres lits, vous laissant un chagrin, une réputation en ruine et un marmot en paiement ? Les hommes, et je le déplorerais si j'en étais encore un, sont la faiblesse elle-même Miss Conrad. Ils sont comme des chiens errants, fidèles pour un temps jusqu'à ce que leur truffe les mène vers d'autres cours où quémander. Si vous voulez vous l'attacher, il faudra lui passer la laisse autour de cou. J'étais ainsi, et tous ceux avant et après moi le sont tout autant.

*Il posa ses mains sur les genoux, ses bras plus raides qu'un morceau de bois, et se pencha vers Jane, faisant ressortir ses grand yeux sombres aux cernes noirs. Son timbre de voix se faisait lugubre, le ton était puissant alors même qu'il était à la limite du chuchotement.*

Les hommes ont besoin qu'on les attache avec la juste longueur de chaîne pour qu'ils apprécient leur sort, ou ils demeurent vitam aeternam ces êtres visiteurs de cloîtres, dit-il en désignant d'un coup d’œil l'entrecuisse de l'infirmière, jusqu'à ce que mort ou impuissance s'en suivent. Le mariage est la chaîne, les enfants la domestication et le péché de chair la gamelle.

*Il se redressa, le menton levé tel un professeur particulièrement revêche venant d'achever une leçon complexe.*

C'est une idée tout à fait sotte. Je n'ai pas fait d'étude de médicomagie voyons, et je serai confronté de trop près à votre sang, qui bien que n'étant plus aussi attractif, reste néanmoins d'une qualité tout à fait correcte. Mais j'ai rencontré un marabout qui m'avait l'air en tout point professionnel si vous cherchez un expert de la santé en dehors de ces murs.

*Dit-il sans humour, le second degré lui échappant totalement une nouvelle fois. Il laissa l'infirmière trinquer contre son verre qu'il ne bougea pas, sa bonne humeur s'était envolée comme ses chances de devenir enfant de chœur.*

L'espérance de vie des hommes oui, et des sorciers en particulier soit. Mais vos ovules ont une date de péremption bien courte, eux. Soit, soit, je ne veux pas perturber d'avantage vos organes reproducteurs, mais alors dites-moi Miss Conrad, à quelle vie vous destinez-vous, sans mariage, sans famille, sans honneur ? Quel avenir sera le votre ? Restez entre ces murs, nuit et jour, en observant le va-et-vient – sans vouloir vous rappeler les folies de votre nuit – des personnes qui continuent de poursuivre leur vie, là dehors ? Quel but poursuivez-vous qui vaille la peine de refuser ces rares et précieux dons de la vie ?

*Il recula sur son assise, soudain en proie à un doute concernant celui qui avait ravi son pucelage.*

Il ronfle pour que vous ne vouliez pas de lui comme époux ? Vous indispose par son manque d'hygiène ? Est incommodant à regarder ? Flatule à tout va peut être ?

*L'infirmière avait l'air sombre et préoccupée par ses pensées. Ne se doutant pas qu'elle craignait effectivement, bien que dans un sens très différent de Sanguini, pour sa fertilité, celui-ci cru que ses paroles avaient enfin un impact sur la tête de bûche qu'elle était. Le fait qu'elle touche son ventre ne pouvait être qu'un indice de plus qu'il allait bien finir par lui faire entendre raison avant que l'homme qui avait gagné sa vertu ne se carapate et brise son unique chance. Parce qu'alors, qui voudrait d'une femme déjà déflorée et pas même veuve ? Et que penser de ce tic qu'elle avait soudainement à l’œil, preuve tangible de son irresponsabilité dans cette affaire.*

C'est comique, l'hybride que j'ai rencontré est aussi séquestrée, par un troll très probablement au vu de l'état piteux de son logis. Et l'Aura qu'elle dégage est d'une luminosité qui m'en a fait presque monter la larme à l’œil, or j'ai les glandes lacrymales particulièrement arides.

*Dit-il en regardant droit devant lui, toujours fâché.*

Chastity a dit que ce n'était pas grave, juste « moche ». J'ai bien essayé de le dissimuler par une mèche, mais mes cheveux se trouvent être récalcitrant face au changement. Un peu comme vous.

*Ses yeux glissèrent dans leurs orbites pour regarder l'infirmière du coin de l’œil.*

Arriverais-je à vous inculquer la seconde leçon, Jane Conrad ? Si le but de la vie est de vivre et non d'exister, c'est pour vous consumer dans la chaleur du jour. C'est pour jouir du temps qui vous est alloué au lieu de le regarder passer. C'est pour un feu flamboyant au lieu d'observer une braise qui s'éteint.

*Il fit faire un demi tour à son postérieur pour être à nouveau face à elle et, pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, posa sa main gelée comme une giboulée de mars sur sa joue chaude.*

Vous vous devez d'être un astéroïde saisissant toutes les joies sur son passage, donnant naissance aux météorites les plus vives qui éclaireront votre ciel, et non la lune immobile observant de loin les enfants qui ne sont pas siens dans un poétique désir d'en saisir l'essence. La vie s'accueille mais ne se comprend pas.

*Il émit un très léger mouvement de tête de conclusion, et renchérit sur la suite comme si de rien était, passant d'un état à un tout à fait autre.*

Bien des choses, cette douce damoiselle est la lueur dans ma longue nuit. J'ai appris que les jabots n'étaient plus à la mode mais que je pourrais « les recycler en balai à chiotte ». J'en possède 9, peut être souhaitez-vous en avoir un dont vous pourriez avoir l'usage ? J'ai aussi appris que « 50 nuances d'abricots » était le plus grand roman de tous les temps, que je dois avancer mes lèvres, il fit une sorte de cul de poule, pour avoir l'air plus ténébreux. Que la gomina est un accessoire indispensable, que sa mère est une « conne » - je ne connais pas ce mot – et que si nous avions une bicyclette nous pourrions au moins aller voir nos copines.
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.   Mar 4 Juil - 22:45


Fallait pas m’quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.


*On ne sous-estimait que trop le pouvoir des mots. Jane, en cet instant, les encaissait un à un, en silence, sans savoir comment s’en protéger. Les paroles du vampire semblaient outrepasser toute parole humaine. Etait-ce sa soudaine proximité hypnotique ? La teneur de ses paroles outrageantes ? Ou encore le ton lourd et répressif de sa voix ? Une chose était certaine en revanche : elles provoquaient des dégâts dont il n’avait nulle conscience. Or Jane les sentait la transpercer pour atteindre à la fois et son cœur et sa raison, pour corrompre les deux et les soumettre aux idées vampiriques. Tout en elle sembla se recroqueviller comme pour assumer la violence du choc. Elle se sentait à nue face à la créature des ténèbres, pour ne pas dire à la merci de ses préjugés, nombreux, aussi infectes que blessants. Aucune fois, elle ne chercha à l’interrompre, alors qu’intérieurement, elle le suppliait d’arrêter, de mettre fin à cette déception profonde qui émanait d’elle et le concernait lui. Qu’était-elle donc finalement à ses yeux ? Rien d’autre qu’une femme dépucelée et déshonorée, une femme qui aurait dû se trouver au bras d’un mari qui la culbuterait encore et encore pour obtenir un marmot, un être fragile normalement fait dans l’amour et le respect de l’autre. Un goût métallique se fit sentir sur sa langue. Jane se mordait vivement l’intérieur de la lèvre pour ne pas répondre, pour ne pas laisser exploser cette colère imminente. Car en face d’elle, c’était Sanguini, un être auquel elle tenait envers et contre tout. Pour autant, elle ressentait à sa rencontre une haine inédite, à l’image d’un animal blessé qui ne cherchait qu’à se protéger. Ses mains étaient en revanche si serrées, que ses jointures blanchissaient dangereusement. L’infirmière écoutait, entendait.

La question de l’honneur déclencha sa rage intérieure. La gorge de la sorcière se noua. Le vampire s’aventurait sur un territoire fort dangereux, et n’imaginait pas à quel point Jane était en train de protéger leur amitié au détriment de son égo outragé et sévèrement bafoué. Et cela lui semblait interminable. Jusqu’où irait-il ? Elle ne le savait, mais le vampire était lancé et rien ne l’arrêterait. Jane n’osait plus faire un bruit, luttant contre ses ressentiments et contre les maux/mots s’infiltrant dans son esprit. Naturellement, elle pensa au botaniste, et sa gorge ne s’en noua que plus. Avait-elle seulement eu tort, ou au contraire avait-elle eu raison de s’abandonner aux folies de Clayton Ackley ? Jusqu’où les paroles du vampire visaient-elles juste ? Jane ne se sentait ni plus ni moins comme une enfant, une enfant qui avait cru rêver pour brutalement retrouver pied à terre. Le verbe de Sanguini venait de balayer chaque parcelle de joie, d’espoir et de bonheur en elle. Même les sentiments nés en furent sérieusement touchés. La douleur aussi morale que mentale finit par lui couper le souffle, et l’amoureuse tout juste née, fut jetée aux oubliettes, violemment, laissant le regard de l’infirmière se charger de noir autant que de chagrin.

Le toucher du vampire contre sa peau lui arracha un frisson glacial qui eut raison de son émotion. Sa profonde colère mêlée à sa douleur se mua en larmes silencieuses. Jane se confronta au regard du vampire dans lequel elle se plongea pour ne trouver que le vide, un néant dans lequel tous la voyaient sombrer, de toute évidence. N’était-elle donc qu’une femme déshonorée, réduite à trouver un mari au plus vite, au détriment de tous les objectifs qu’elle s’était fixée ? Elle balaya ses larmes du revers de la main et ce fut tout juste si elle prit garde au changement de sujet soudain, duquel elle ne tint d’ailleurs pas compte.*

Est-ce là le peu de respect que vous avez pour moi ? Le peu d’estime ? Votre amitié ne se résume-t-elle qu’à cette honte permanente que je semble vous procurer ? Faut-il donc que je passe par le mariage et l’enfantement pour gagner votre estime et votre respect ? Pour que je sois une amie digne à vos yeux ?

*Tout fut dit dans un souffle étranglé, dans un murmure peu puissant, à peine audible pour le commun des mortels. Jane cherchait à retrouver sa respiration, son souffle et surtout à maîtriser cette soupape de sécurité qui les protégeait d’une confrontation sans retour. Lentement, elle leva les yeux au ciel pour refouler le flot de sanglots qui menaçait de la secouer. La sorcière se leva et s’approcha de la fenêtre pour inspirer de l’air frais, plus que bienvenu en ce cas précis.*

Je vous déçois, je l’entends bien. Vous ne voulez que mon mariage tout compte fait et le bien-être de ma portée. Car après tout un tel système est animalier vous ne trouvez pas ? demanda-t-elle d’une voix blanche tandis qu’elle contemplait la nuit. Vous ne souhaitez pas mon bonheur, cher ami, mais une situation. Au diable l’amour. Pourtant, c’est vous qui m’en avez parlé pour la toute première fois. Vous m’en avez parlé d’une si douce façon, que je me suis surprise à en rêver, avoua-t-elle dans un sourire pour elle-même. Je l’ai ressenti quand je l’ai vu dépasser sa crainte, sa déception et ses préjugés à mon encontre, le temps d’un soir. Mon cœur a connu alors un sursaut. Je n’avais jamais rien connu d’aussi doux, d’aussi enivrant. Plus rien n’avait d’importance à l’exception des sensations. Je me moquais bien de savoir si demain serait un jour similaire, si nous nous retrouverions après. Je souhaitais savourer l’instant et me laisser transporter par lui, loin de nos deux apparences.

*A nouveau, elle prit une grande inspiration d’air frais. Son cœur cognait dans sa poitrine d’une lenteur désagréable, comme contrôlée.*

Vous voulez que je nous enchaîne l’un à l’autre par la tradition, reprit Jane de cette même voix calme et toujours dos au vampire, or la tradition est d’une placidité affligeante. Cet homme ne sera peut-être pas là demain ou peut-être n’avons-nous pas été un simple hasard l’un pour l’autre, que sais-je. Mais si je dois l’enchaîner, ce ne sera pas par les liens sacrés du mariage, si promptes à être bafoués, mais par le refuge que je suis susceptible de lui offrir à travers toutes ses apparences trompeuses, qu’il sert au monde en espérant les duper alors qu’en réalité, c’est à lui qui fait le plus de tort. Je l’ai observé dans son sommeil, ce moment où il ne pouvait plus porter de masque. Je suis convaincue qu’il y a quelque chose à découvrir, un secret bien enfoui et non assumé. Je veux le découvrir, dépasser les terribles mensonges du monde et des apparences. C’est utopique n’est-ce pas ? Je n’enchaînerai pas ce libertin, cet homme à qui j’ai donné ma vertu et mes premiers émois. Pour vous, mon cher vampire, je me déshonore mais il n’y a aucun honneur à emprisonner un homme pour son nom ou un enfant. Je veux bien plus qu’une tradition.

*Finalement Jane se retourna et contempla le vampire dans un sourire aussi las que désolé. Si sa vexation était ancrée en elle, sa colère en revanche semblait tombée, sans qu’elle-même ne s’en fusse réellement aperçue. L’effet des souvenirs, peut-être.*

Vous avez une conception étriquée de la vie, et je suis sincèrement navrée de vous décevoir, de ne pas être digne de vous, s’excusa la sorcière dans un soupir. Je vais tout de même répondre à votre question des plus blessantes : j’escompte à laisser ma trace dans ce monde, une trace que les siècles ne pourront effacer. Je veux repousser les limites de la science médicomagique, trouver des remèdes et sauver des vies ; voyager et découvrir aux confins du monde. Avoir une famille est le rêve de tout à chacun, je vous l’accorde. Je me refuse simplement à m’y soumettre par obligation. Vous me vouliez disposée à l’amour, sachez que je ne me marierai qu’en vertu d’un amour réciproque et sincère, car l’adultère serait pour moi un plus grand déshonneur qu’un non-mariage. En ce qui concerne votre crainte suprême d’un enfant hors mariage, n’ayez crainte, c’est un botaniste aussi rusé qu’un renard, cela ne m’étonnerait pas qu’il s’en soit déjà occupé, assura-t-elle d’une légère intonation amusée. Autrement, dois-je vous rappeler quel métier est le mien ? Je ne serai pas une femme au foyer et j’en suis sincèrement navrée. Si ce principe vous tient tant à cœur, sauvez donc votre nouvelle amie en l’épousant. Vous semblez croire que le mariage sauve de toute situation, or si elle est effectivement séquestrée, vous devriez intervenir.

*Arthur n’aurait qu’à bien se tenir, mais évidemment, l’infirmière n’en avait encore nulle idée. Elle s’approcha finalement du vampire, pour lui faire face, et planter sans plus de honte, son regard dans le sien, déterminé.*

Dois-je maintenant appeler un infirmier pour qu’il me supplante à votre chevet, ou saurez-vous dépasser la honte que je vous procure par mes blasphèmes ? demanda-t-elle finalement, le plus sérieusement du monde. Et pour votre gouverne, avancer vos lèvres vous donne un air typique des catins en manque de cueillette. Quant au terme « conne », c’est une vulgarité qui ne vous va nullement, et qui veut simplement dire « violemment idiote » au sens littéral comme figuré.

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MessageSujet: Re: [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.   Jeu 6 Juil - 16:52

Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.

N'importe quelle personne aurait sentit la colère gronder dans la poitrine de l'infirmière. N'importe qui aurait ressentit l’électricité dans l'air et les éclairs que projetaient ses yeux. Mais Sanguini n'était pas une personne, mais une bête ayant une vague allure humaine dont ne subsistait de sa vie de mortel, qu'un désir de retrouver un soupçon d'humanité et une cargaison d’à-priori d'un autre âge. L'infirmière eut la bonne idée de contenir sa rage, et grand bien lui en prit. Sanguini était une bête d'apparence paisible mais jamais apprivoisable. Prenez le plus conciliant des fauves d'un cirque, le dompteur aura beau vanter ses mérites et sa confiance auprès de son public, la vérité est que personne ne pourrait prédire qu'elle serait sa réaction face à un coup de fouet jugé immérité.*

Nenni. Mon estime est sans faille, et je ne crois pas vous avoir jamais manqué de respect. Je vous assure que je n'ai jamais eu le désir de vous détrousser, même lors de notre première rencontre. Je demeurerais votre ami, quand bien même le bas peuple vous jugerait candidate à la lapidation, un sort que je vous éviterais. J'ai été lapidé jadis, ça n'avait rien d'agréable, j'ai bien cru que ma canine était irrémédiablement déchaussée mais c'était sans compter sur mon pouvoir de guérison. Mais je m'égare. Pour en revenir à nos sensibles affaires, je reconnais que j'aimerais vous voir rentrer dans le droit chemin, non parce que je vous juge, mais parce que j'estime que vous méritez mieux que d'être traitée comme une vulgaire cateau. Que l'on m'injure de double fils de Hongrois si je mens !

*Il se leva de même mais sans s'éloigner du sofa. Mains croisées dans le dos, il regardait l'infirmière en haussant un sourcil maussade.*

Les humains sont des animaux. Un peu plus évolués, un peu plus sensibles, ce qui fait leur beauté. Je sais qu'il est difficile pour votre espèce de la saisir, mais vous n'êtes que des proies comme les autres.

*Ce qui expliquait que malgré son désir de rédemption, les nombreux crimes qu'il avait commis ne le réveillaient jamais le jour. Sanguini n'était pas plus mauvais que n'importe quel autre être sur terre, il faisait simplement ce que son instinct lui disait de faire, ce pourquoi la nature l'avait conçu.

Jusque là, le vampire avait toujours eu quelque chose à répliquer. Il n'avait ni les limites, ni les garde-fous que la bienséance imposait. Il était la spontanéité dans sa forme la plus déglinguée parce que son esprit n'était pas entraîné à la crainte et que sa nature n'était pas faite pour le doute ou l'hésitation. Mais pour une fois, Sanguini resta coi. Jane venait de toucher la corde sensible de la créature, la seule chose qui maintenait les miettes de son humanité. Elle faisait appel à l'unique raison de sa présence en ce lieu (outre sa fuite pour sauver sa peau, mais taisons cette information peu glorieuse), au seul sentiment que sa transformation n'était pas parvenu à anéantir totalement : l'amour.*

Comment pouvez-vous dire ça...

*Fut tout ce qu'il pu murmurer dans son dos, alors que son regard se plongeait de honte vers le plancher. Les mots avaient été prononcés si bas qu'il y avait de forte chance pour que les esgourdes de la jeune femme ne les ai pas perçu. Le silence fut d'or en dehors des paroles proférées par l'infirmière. Il ne reprit la parole qu'après s'être éclaircit la gorge lorsqu'elle se retourna. Son regard habituellement d'un noir profond sans âme, brillait d'une lueur presque humaine en s'encrant sur les rétines humides de la femme qui lui faisait face.*

Je ne dirai pas que vous êtes sage, car vous êtes tout ce que la jeunesse fait de plus déraisonnable. Mais j'entends votre cœur qui bat douloureusement, et je m'y plie... Puisse cet amour vous être heureux et vous guider vers les bons choix. J'aspire à ce qu'il vous apporte un réconfort aussi puissant que celui que je ressens, et que son immortalité, s'il doit en être ainsi, ne soit pas cela même qui vous transpercera le cœur. J'espère en outre, que vous n'aurez jamais à comprendre qu'il n'y a nul antagonisme dans les mots que je viens de prononcer.

*Il la regarda quelques instants en silence, se sentant tel un père qui aurait forcé ses enfants à suivre ses propres choix, dans le refus de voir qu'il était en cela le motif de leur malheur. Il finit par ajouter, et ce sans aucun humour...*

Je ferai sécher des pétales de cerisier en attendant, vous en aurez à foison pour le jour où...

*Dit-il dans le soupir d'un parent cédant à l'intempérance d'un enfant.*

Je ne sais de quels moyens vous disposez pour vous prémunir de sa semence, mais je peux marchander auprès de mon boucher pour qu'il ajoute quelques boyaux de porc pour vous. Je suis sur que votre galant comprendra comment en user.

*Ajouta-t-il en véritable mère poule cherchant à se rendre utile par quelques insignifiances pour sa progéniture en train de lui échapper inexorablement. Il se rapprocha d'elle en quelques courtes et silencieuses enjambées pour venir prendre place à ses côtés. Son dos ne prit jamais appui contre le mur, il resta d'une droiture digne d'un archevêque, mais l'idée était là. Il inclina toutefois la tête vers elle.*

Aimez, soyez passionnée, c'est cela se consumer, vous avez raison et j'ai eu tort. Et que ce garçon vous traitasse bien en retour, ou je vous promets de rompre mon serment pour le réduire en bouillie pour cochons. Et plus que tout, soyez heureuse, mais vous ne pourrez m'empêcher d'espérer pour vous meilleur qu'une vie de bohème. Je ne vous conseillerai même pas de ne pas courir après une chimère, car vous venez de me rappeler une chose essentielle. L'amour c'est donner, jusqu'à en succomber s'il le faut, le reste n'est que superflu.

*Il inspira profondément par le nez, comme s'il sentait un danger dans l'air ambiant.*

Hélas, je me dois d’émettre à nouveau des doutes sur vos préoccupations suivantes. Je conçois votre volonté de sauver des vies, mais je me dois de vous mettre en garde à ne pas trop défier la mort. On oppose la vie et la mort, à tort. Toutes deux existent en parfaite synergie. L'une à besoin de l'autre à égales parts, pour être craintes autant qu'adulées. Je ne sais pourquoi je le sais, c'est inscrit dans mon être de par ma nature ni morte, ni vivante sans doute, mais volez sa part à l'une ou l'autre, et je parierais ma vie toute entière que se sera la ruine de ce monde. N'allez pas trop loin dans vos expériences Miss Conrad, et se sera mon dernier conseil pour ce soir, à moins que vous ne m'en quémandiez d'autres.

*Cette fois, c'est sa déglutition qui se fit entendre. De gêne, mais sans doute ne l'avait-il pas volé.*

Je ne crois pas que Chastity aurait prononcé ce mot dans cette intention sur sa délicieuse maman. Elle est encore jeune et innocente, elle a du entendre ce blasphème à l'école et le répéter sans y voir goutte. Je trouverai le fautif et lui ferai passer l'envie d'user de mauvaises manières en sa présence. Quant à ma nouvelle amie... vos propos n'ont rien d'amusant.

*Il se tourna à son tour vers la fenêtre, son regard se perdant sur les lumières des réverbères et des fenêtres allumées de manière éparse.*

Vous devriez savoir que l'amour n'est plus une chose à laquelle j'aspire. Et je passerai sur la désignation de cette belle âme qui, malgré son sang délicieux de vélane et son esprit pénétrant, n'est point suffisant pour faire chavirer mon cœur mort depuis longtemps. Je ne suis pas si faible, je ne suis plus un homme comme je le disais précédemment. Ces considérations étant entendues, je ne suis pas aussi aveugle que ce que l'on croit. J'ai bien remarqué que les gens m'observent avec défiance, et même un certain dégoût quelques fois (ou plutôt tout le temps, mais pour une raison qui dépasse même la compréhension de son créateur, Sanguini est doté d'une nature optimiste). Aucune femelle humaine ne pourrait me choisir comme objet d'amour. Je suis laid, terrifique, mes bras ne pourrons jamais transmettre la chaleur que mon cœur éprouve et ma peau froide n'inspire que le dégoût.  
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.   Lun 10 Juil - 18:14


Fallait pas m’quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.


* Lamartine, un jour, a écrit : « Il y a des amitiés foudroyantes qui fondent les âmes d'un seul éclair. » Et Lamartine avait plus que raison. Il suffisait de lire dans les prunelles de l’infirmière l’émotion fulgurante qui la saisissait. Ni son père ni sa mère n’aurait de tels propos à son égard, et pour cause, ils attendaient d’elle, une vie rangée, dépourvu de larmes et pauvreté, afin qu’elle se consacrât tout entière au sauvetage de sa cadette – c’était là leur souhait le plus profond, le plus virulent -. Si bien qu’ils ne cautionneraient absolument pas l’échappée de son cœur. La créature des ténèbres avait, elle, une toute autre vision de la situation, bien qu’elle espérait pour Jane autant de bonheur. Pour la première fois, même, l’infirmière l’avait convaincu du bienfondé de la situation. C’était ce même revirement qui toucha la jeune femme : elle en pressentait sa rareté.

Nonobstant ce ne fut pas ce qui foudroya le plus l’âme de l’infirmière. Jane se serait attendue à encore bien des remontrances, mais sûrement pas à de tels vœux à son égard, que seule l’affection et la mansuétude pouvaient formuler. *

Je … commença-t-elle le regard brillant d’émotion.

*Il y avait une différence notable entre souhaiter le bonheur à une bonne âme et désirer le bonheur pour cette même bonne âme. Or cette nuance résonnait à l’oreille de l’infirmière comme une bénédiction, au sens où non seulement elle savait son ami sincère, mais elle se savait en parfaite sécurité grâce à lui. Peut-être d’ailleurs devrait-elle avertir le botaniste de ce détail non-négligeable… Peut-être.

Une fois de plus, les paroles du vampire faisaient mouche. Jane en perdait ses mots, plongée dans la contemplation des iris luisants du vampire, et gravait chaque conseil dans sa mémoire sur invitation de son instinct féminin. Elle vit alors les « tourments parentaux » qu’elle lui infligeait et ne put qu’en rire avec douceur.*

Si j’étais certaine que vous me permettiez une telle chose, répliqua-t-elle, je vous donnerais un baiser d’amitié. Vous avez bien peu de tact, et des propos déroutants menant droit à la vexation mais vos intentions sont pures. Même mes propres parents ne m’ont jamais tenu un tel discours. Et … poursuivit-elle avec un trémolo dans la voix, et cela compte beaucoup pour moi.

*Les menaces suivantes continuèrent de la faire sourire comme une enfant alors qu’il était question, tout de même précisons-le, de la mort du botaniste dans d’affreuses souffrances.*

« L'amour c'est donner, jusqu'à en succomber s'il le faut, le reste n'est que superflu. » répéta-t-elle dans un soupir de satisfaction. Voilà une belle maxime. N’allez pas croire que je ne vous entends pas, poursuivit la sorcière en posant sa main sur son avant-bras. Une part de moi est consciente du danger suscité par ma passion naissante. Je sais qu’il pourrait me mentir éhontément sans que je n’y prenne gare. J’aurais à cœur de le croire pour ne pas qu’il me déçoive. Il pourra m’offrir tous les mensonges du monde sur un plateau d’argent qu’il me croira acquiescer de naïveté. Je n’ai jamais eu de réelle foi envers les hommes, confessa Jane dans un haussement d’épaules. Ils mentent autant qu’ils respirent. Si je dois me consumer, ce sera pour atteindre son âme. La tâche sera sûrement périlleuse, peut-être même impossible, mais quelque chose m’attire inexorablement. Si je venais à en être maltraitée ou bafouée, et qu’il en tirât quelques fiertés, grand bien lui fasse. Le mensonge possède une éternelle double face.

*Comme si elle prenait conscience des accusations « non-fondées » et peu flatteuses qu’elle énonçait sur le botaniste, la jeune femme se reprit, quelque peu gênée intérieurement du tableau qu’elle venait de dépeindre de l’homme qu’elle commençait à chérir.*

Vous me faites envisager le pire au lieu du meilleur, lui reprocha-t-elle gentiment. Heureusement que ce n’est là que ma lucidité et mon pessimisme. Pour le reste, j’ai foi dans le devenir de cet homme. Aussi étonnant que cela puisse paraître. Si je tombais amoureuse sous la naïveté, j’aurais connu l’amour depuis longtemps. Non cher ami, il y a quelque chose d’enfouie pour laquelle je compte bien me battre. Et si je dois succomber avec le temps, corps et âme, alors qu’il en soit ainsi, je n’aurai strictement aucun regret. Le mariage, en ce sens, concéda-t-elle avec bonté au vampire, résonnera comme une alliance bien plus précieuse. Il sera l’apothéose des sentiments, la concrétisation de cette adoration, de cette confiance l’un dans l’autre. Mais attendons donc où cette histoire nous mène avant de planifier quelconque bataille, conclut l’infirmière avec « sagesse ». Je dois observer d’abord et apprendre. Les hypothèses ne viendront que plus tard. Qui sait si de nous deux, ce n’est pas moi qui porte le masque le plus épais ?

*Finalement, Jane relâcha son bras et écouta les sages conseils vampiriques. Loin de se douter des merveilleux tours que lui jouerait le destin dans un avenir proche, elle se détourna avec nonchalance pour arranger les différents dossiers empilés un peu partout sur son bureau. Vaincre la mort ? Quelle idée saugrenue ! Même si dans sa tête, les propriétés du sang vampirique restaient bien tapis, prêtes à l’usage.*

Je souhaite la repousser, non l’outrepasser, rectifia la sorcière. Ces enfants meurent entre mes mains et il ne reste que très peu de temps à mon Emily. Je ne peux laisser la faucheuse me les prendre aussi tôt. Tous sont innocents. Certains n’ont jamais vécu en-dehors de cet hôpital. Que savent-ils de la vie ? Strictement rien, si ce n’est que quelqu’un est en train de la leur voler. Je ne peux laisser pareille injustice se produire. Je veux leur donner cette opportunité de vivre et de découvrir le monde. Néanmoins, soyez sans crainte, je ne causerai aucun déséquilibre dans cette harmonie. Ce n’est pas dans mes projets.
Et Chastity ne semble pas d’une très bonne influence sur vous,
soupira-t-elle plus pour elle-même que pour la créature. Vous devriez prendre du recul sur les conseils de votre amie ou du moins les envisager à deux fois.

*Les paroles suivantes arrêtèrent la jeune femme dans son action.*

Sanguini …

*Elle laissa tout tomber pour s’approcher de lui et prendre sa main dans la sienne, dans une étreinte qui se voulait aussi réconfortante qu’amicale. Effectivement, elle avait la sensation d’avoir de la glace entre les mains, mais elle ne la lâcha pas pour autant. *

Allons ne parlez pas de vous ainsi. Vous ne savez strictement rien du cœur des femmes, et sur ce point, vous ne pourrez que me croire, s’amusa-t-elle dans un sourire affectueux. La femme est une harpie hystérique et plus incontrôlable qu’on ne le présume. Mais elle sait aimer au-delà de toute apparence, au-delà de la chaleur d’un corps. Car elle a besoin qu’on la touche ici, en plein cœur (terme qu’elle accompagna de sa main). Or vous avez les mots et la sagesse, vous avez les valeurs et la poésie. Votre maladresse fait votre charme, et la femme prendrait plaisir à vous consoler dès lors que vous manquerez sa touche d’humour. Nous vivons dans un monde d’apparence et de faux semblants, mon cher ami. Certaines femmes vont chercher à s’y insérer comme le serpent, et susurreront à l’oreille des fous comme des vipères. Quant aux autres, elles chercheront la sincérité, la douceur des sentiments et la sécurité. Une femme a besoin d’être rassurée en permanence car les peurs l’accablent sans cesse. Vous me citez des raisons quand c’est au cœur de décider vers qui il se veut aller. Ne le sous-estimez donc pas.

*Soudainement, Jane se raidit, cligna des yeux plusieurs fois et s’arrêta dans la consolation du vampire. Une vélane. Il avait dit une vélane ! Les yeux de l’infirmière étincelèrent d’espoir.*

Attendez. M’avez-vous bien parlé d’une vélane ? Séquestrée par un truand ? Sanguini, dites-moi son nom. Avez-vous croisé la route de Daisy Gloom ? le pressa-t-elle quelque peu.


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MessageSujet: Re: [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.   Lun 10 Juil - 20:49

Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.

Le mensonge possède une éternelle double face... Croyez-vous que chaque acte malveillant se paie à égale mesure ? Car je n'estime point avoir payé ne serait-ce que le centième des miens.

*Demanda-t-il toujours aussi sérieux alors qu'une fugace inquiétude le traversait de part en part. Il n'émit aucune réaction à la main de l'infirmière qui restait posée sur son avant bras, ses couches de vêtements d'antan le protégeaient de sa chaleur irradiante. Mais il se sentit bien aise qu'elle renonce à sa funeste entreprise consistant en un baiser sur la joue, un contact peu naturel pour un vampire qu'il avait su éviter durant 269 ans.*

Vos dessins à son égard sont curieux. De mon temps, pour consolider une union naissante, on se contentait de s'offrir des babioles de plus ou moins grandes valeurs et de copuler comme des boursouflets pendant la saison printanière. Cependant, nous n'avions guère matière à creuser, il n'y avait pas place pour les tergiversations philosophiques. Il fallait faire tourner la maison et les affaires, rester en bonne santé, engendrer une descendance suffisamment nombreuse et vive pour qu'un ou deux atteignent l'âge adulte, soit les 12 ans, et assez longtemps pour faire prospérer votre nom. Et puis il y avait la peste qui vous sommait de vivre au jour le jour, à parer au plus urgent sans perdre de temps avec une quelconque thèsologie du cœur. Aaah que l'on savait vivre en ce temps là ! Dit-il, à regret. Vous êtes une archéologue de l'amour Miss Conrad.

*Dit-il avec une pointe d'humour bien involontaire. Son sens moral fut consolé du nouvel espoir d'un mariage qu'elle ne refusait pas en bloc. Il lui fallait juste être patient, disons 3 ou 4 mois.*

Et en ce qui concerne vos recherches, je fais confiance en votre sagesse. Immanquablement, la grande faucheuse rétablira l'équilibre avant qu'il ne sombre, en dérobant votre temps si nécessaire.

*Il prononça cette menace sur le ton de la conversation. Là encore, il n'y avait rien de plus normal selon lui, c'était du bon sens que son corps à corps avec la mort lui avait enseigné. Il y avait des forces supérieures en ce bas monde, les humains se montraient simplement incapable de correctement les identifier. Pour le reste, il se passa bien de dire que la mort des enfants étaient la dernière chose qui contenait l’expansion de l'espèce humaine sur la terre, un envahissement qui deviendrait néfaste à toute autre forme de vie. Sanguini n'était pas du genre à se lamenter sur le décès d'un individu. Il savait que la mort d'un être n'avait d'importance que pour ceux qui le portent dans leur cœur, mais restait sans intérêt au regard du monde. Un décès n'était rien de plus qu'un drame insignifiant aussi important qu'une poussière.*

Vous n'avez pas à vitupérer contre Chastity, dit-il en fronçant les sourcils. Si c'est de la jalousie, sachez que je vous apprécie presque autant et que la candeur de son jeune âge me permet de me sentir sur une même niveau de (non) compréhension de la vie. Une chose que vous êtes déjà incapable de m'offrir, Miss Conrad, et dont vous devriez être fière par ailleurs. Et puisque vous insistez sur le registre des sentiments..

*Il retira sa main de la sienne et évita de la regarder, aussi raide qu'un piquet de signalisation.*

Je n'ai plus de cœur, répliqua-t-il tout d'abord. Quel être pourvu de raison voudrait d'un damné pour compagnon ? Quelle corps qui palpite voudrait être touché par un être qui tient plus de la dépouille que de l'homme ? Et quand bien même, mon cœur est toujours épris de celle qui me fut promise... enfin, il me semble.

*Il se retourna vers la fenêtre qui, malgré son éclatante propreté, ne réfléchissait aucun reflet appartenant au vampire.*

Peu importe ces fariboles, je me refuse à revivre la perte des êtres qui me sont chers. Je les verrai mourir quoi qu'il arrive, ce qui est déjà une pénitence bien cruelle, mais le pire serait que j'en sois moi-même le responsable comme ce fut le cas jadis. Mordre ressemble à la luxure Miss Conrad, c'est un appel au péché. C'est faire preuve d'une voracité extrême à la différence que l'une conduit au trépas et l'autre à la petite mort. L'éphémère plaisir contre l’éternel tourment. Je craindrais que ma gourmandise exacerbée par ce don de la chaire réveille mon autre faim. L'amour, s'il m'était possible de le ressentir à nouveau, serait-il plus fort que mon bestiale appétit ? Nous évoquions à l'instant le paiement pour nos actes mauvais, je crois que c'est là mon châtiment pour les miens,
dit-il en entamant un long silence... Et je crois que mon épouse humaine pourrait se trouver décontenancée par l'apparence de ma progéniture. Je crois qu'ils naissent déjà pourvus de dents.

*Son corps se fit – très très peu, mais tout de même – plus souple, comme soulagé par sa résolution, sans compter qu'il ne pouvait se lamenter plus longtemps sur sa triste solitude alors que Jane frémissait tant d'excitation qu'on eut dit qu'elle sautillait sur place.*

Oui c'est bien elle, la douce Miss Gloom. Séquestrée par un truand sans le sou, vélane et fort peu vêtue.
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.   Jeu 20 Juil - 23:14


Fallait pas m’quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.


A égale mesure ? Non, répliqua Jane songeuse. En revanche, je pense le mensonge dangereux et indissociable de la vérité. Le mensonge paraît nous en éloigner, mais je n’en suis guère sûre. Après tout, de tout mensonge résulte une perte, que celle-ci soit visible ou non. Je vous rejoins cependant sur l’idée de l’acte malveillant, à cela près que l’inhumanité qui en résulte ne me donne nulle envie d’y goûter.

*Anticipant alors toute réponse ou possible vexation du vampire, l’infirmière ajouta sans tarder d’une voix aussi posée que sérieuse.*

N’allez pas croire que je vous traite d’inhumain dans son sens le plus monstrueux. Vous n’êtes à mes yeux pas un monstre mais vous me donnez la sensation de payer vos crimes quotidiennement. Dans le cas contraire, vous ne seriez pas ici.

*A nouveau, elle écouta la litanie du vampire sur les mœurs de son temps, obsolètes pour la plupart. Leurs vies s’opposaient à l’image de leurs époques. Si la sorcière portait de l’intérêt à chaque récit du vampire sur son époque révolue, sa nostalgie bornée la lassait de temps à autre. A croire qu’il ne voulait pas comprendre, qu’il s’y refusait opiniâtrement de crainte de voir son âme damnée. Quelle ironie ! Jane avait fini par trouver son maître : l’entêtement du vampire dépassait de loin le sien. Et quelque chose lui disait que la réciprocité était de mise, ironiquement, une fois encore.*

Vous savez mieux que quiconque que les mœurs évoluent. L’amour aujourd’hui s’exprime autrement, cela ne le rend pas moins fort ou moins sincère, bien au contraire. Il n’a absolument pas perdu en dangerosité.

*La commissure de ses lèvres s’étira alors pour accompagner ses paroles dites avec un peu moins d’en train que précédemment. C’était comme apprendre une leçon à un élève : il fallait faire preuve d’une éternelle patience et répéter plusieurs fois la même chose afin que celle-ci pénètre avec douceur dans le cerveau. En l’occurrence, le vampire avait la peau dure… Néanmoins, elle choisit de prendre pour un compliment ce qu’elle supposait être … tout sauf un compliment. « Archéologue de l’amour », cela sonnait plutôt bien. Mais la sorcière déchanta bien vite lorsque le vampire lui prédit une mort funeste. Ce fut donc sans sourire qu’elle lui répondit, un brin accusatrice, peut-être.*

Vous évoquez ma mort avec tant de sagesse … Pas même un froncement de sourcil ou une émotion. Tout à fait charmant.

*Quelle ne fut donc pas sa mauvaise surprise de le voir froncer les sourcils au sujet de sa très -trop- jeune amie. Les propos du vampire l’amenèrent alors à la limite de la vexation, limite bien entendu franchie. L’infirmière ravala sa fierté non sans mal et répliqua d’une voix froide. De la « jalousie » … Que savait-il lui de la jalousie ?*

Je ne … comment vous dites ? … « vitupère » pas contre votre amie mais vous apprends le sens critique.

*Puis elle s’adoucit de nouveau sur la question des sentiments. Jane ne savait comment se conduire vis-à-vis des sentiments du vampire. Elle ignorait jusqu’où s’étendait son sentiment de culpabilité, son amour perdu et ses désirs les plus profonds. Avaient-ils seulement une limite ? Rien n’était moins sûr. Cependant, elle refusait de prendre pitié, estimant que ce n’était pas là le remède idéal pour le spleen vampirique.*

Ne faites pas celui qui n’a pas compris, je vous prie, le morigéna-t-elle en fronçant les sourcils à son image. Vous savez parfaitement que l’image du cœur comme refuge des sentiments et des émotions n’est qu’une image, comme son nom l’indique. Alors sauf si vous n’êtes qu’un imposteur, vous êtes encore doté des mêmes sentiments que nous autres pauvres mortels. déclara-t-elle dans un léger rictus. Quant à votre fidélité, elle vous honore. C’est une évidence.

*Mais si Jane comprenait les décisions du vampire, elle avait grand mal à accepter ce qu’elle estimait être une « punition quotidienne ». La solitude du vampire était palpable, c’était indéniable. Jane, par son empathie, la ressentait vivement et s’en attristait. Pis encore, elle estimait que le vampire avait désormais le droit à une seconde chance, d’essayer de vivre autre chose que ces dernières décennies aussi grisâtres que lugubres.*

C’est votre choix et je le respecte, finit-elle par admettre en baissant légèrement la tête. Mais s’il advenait qu’un jour vous changiez d’avis, sachez que je vous aiderais à dominer vos pulsions et votre appétit. Somme toute, je vous en crois capable. argua l’infirmière d’une voix sans réplique. Quant à votre progéniture, là aussi, cela reste un sujet d’étude tout à fait probable. Nous pourrions travailler la question si contre toute attente vous tombiez un jour sur une femme susceptible de vous accompagner dans votre nouvelle vie américaine. Le désir de rédemption n’empêche pas de vivre, cher ami.

*Elle lui décocha un sourire sincère, quelque peu ironique peut-être quand lui-même lui avait adressé les mêmes conseils, quelques mois plus tôt. Et parce qu’elle commençait à réellement bien maîtriser le concept « entêtement vampirique », Jane coupa toute argumentation contraire en levant son doigt pour objection.*

Non. Je connais votre discours. Or vous avez choisi de changer, et cela passe par accepter la vie autour de vous, y compris celle qui s’offre à vous, déclara-t-elle avec fermeté. Sous bien des aspects, la vie ne vous repousse pas, alors quel intérêt y a-t-il à la repousser entièrement. Vous m’avez-vous-même dit que le danger était inévitable. Alors cessez de vous trouver des excuses ou de vous infliger la réclusion. On ne défait pas le passé, Sanguini, vous le savez. Et je suis là pour vous éviter de reproduire les mêmes erreurs.

*Jane sentit alors l’excitation s’emparer de son cœur. Ses prunelles se mirent à luire de concupiscence, d’ambition et d’espoir. Cela ne pouvait être que Daisy. Elle espérait que ce soit elle. Fortement. Violemment. Par amitié pour la jeune femme, un certain désir de protection, mais aussi … et elle devait bien l’avouer … pour se venger d’Arthur. Obstacle dans leur amitié, ombre sur le cœur du beau rossignol, Arthur avait grandement baissé dans la maigre estime qu’elle lui avait portée jadis. Jane continuait de lui en vouloir avec une égale amertume, et elle comptait bien libérer le rossignol de sa cage, le temps d’un cadran entier ou deux.*

Daisy… enfin ! murmura-t-elle pour elle-même en se levant d’un bond.

*Aussi impatiente que songeuse, l’infirmière fit alors les cent pas dans la pièce. Elle réfléchissait activement à un plan, à un moyen de retirer le rossignol de l’emprise du crapaud. Puis finalement, ses prunelles se posèrent sur le vampire et s’illuminèrent comme un jour de Noël. Sa réponse était sous ses yeux, purement et simplement. La question restait : comment convaincre le vampire de leur future bonne action ?*

Et si nous faisions de vous, mon cher ami vampire, le héros d’une histoire ? commença-t-elle en venant reprendre place près de lui rapidement. Voyez-vous, Daisy est l’une de mes amies les plus chères et l’homme qui la séquestre me tient loin d’elle depuis des années maintenant. Nous ne pouvons communiquer que par le biais de lettres, or il nous épie, il veille à nous séparer, de crainte que je ne retourne sa belle vélane contre lui. Accepteriez-vous de me mener au domicile de ma belle amie afin que nous l’emmenions, rien qu’un soir ou deux, loin de ses tourments et de sa prison ? demanda-t-elle dans une supplication à demi-lyrique.


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MessageSujet: Re: [Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.   Sam 22 Juil - 20:30

Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.

Votre vision du mensonge n'est pas pour me réconforter. Après tout, l'existence que je mène en ce moment n'est-elle pas le plus gros des mensonges ? Faire passer le monstre pour un humain bienveillant ? Bafouer ma nature, qui je suis vraiment, dans un espoir aussi incertain que chimérique... Je ne suis pas sur moi-même de savoir quelles récompenses j'espère obtenir. Si je vous entends bien, ça voudrait dire que mon mensonge d'aujourd'hui nourrira mes actes de demain. Voilà qui aurait de quoi effrayer.

*Dit-il, sans penser à lui-même dans cette menace planant au dessus de leurs têtes, son encore récente fuite de Transylvanie Roumanie n'ayant pas suffit à ce qu'il apprenne à craindre pour sa propre sécurité, ce que New-York finirait sans doute par lui enseigner.*

Vraiment ? Dit-il avec une curiosité sincère. Et comment exprime-t-on l'amour de nos jours ? Faites-vous des déclarations en poèmes ? Si oui alors, sachez que cela existait déjà de mon temps, mais était réservé à la période ou nous faisions la cour à une damoiselle et non à l'après. Tenez, entendez ceci :

"Je meurs par et pour toi
Ainsi que pour moi-même.
Tu vis par et pour moi
Ainsi que pour toi-même.
Nous n'aurons qu'une vie
Et n'aurons qu'un trépas.
Je ne veux pas ta mort,
Je désire la mienne.
Mais ma mort est ta mort
Et ma vie est la tienne.
Ainsi, je veux mourir
Et je ne le veux pas."

Comme j'aurais aimé le déclamer sous la fenêtre d'un être aimé. Encore que ce sonnet me sied tristement plus aujourd'hui... Trop peut être.


*Il s'éloigna de la fenêtre et s'assit à nouveau, non sur le sofa mais sur une simple chaise en bois, bien plus adaptée à sa nature qui n'était pas fait pour les fanfreluches (hormis celles de ses tenues surannées) et les coussins épais. Il tourna son visage vers l'infirmière attendant qu'elle lui eenseigne comment exprimer son amour à la manière moderne.*

Je n'expose qu'un constat Miss Conrad. M'en voulez vous de ne point m'émotionner de votre mort qui arrivera pourtant ? La mort n'est rien de plus qu'un passage, c'est qu'elle vous rejette qui est le plus à craindre. Et quoi que je puis vous inspirer, je ne suis point un être donnant dans le sentimentalisme pour un oui, ou pour un non. Je suis navré que vous ne vous en aperceviez qu'aujourd'hui.

*Il se releva de sa chaise d'un bond, plus froid à nouveau, n'acceptant que très difficilement que l'on se mêle avec autant d’entêtement de sa relation avec Chastity.*

Croyez-vous que je ne connaisse pas la critique, enfant ? Assez parlé de ce sujet, dit-il en levant sa main pâle pour lui faire comprendre que le sujet était clos.[/b] Si j'essaye de vous conseiller dans vos sentiments, je ne me suis jamais mêlé de ce que votre bellâtre vous raconte, et encore moins pour y porter un jugement. Je vous serai gré de faire de même avec mon... amie. Elle m'est précieuse d'une manière qui vous échappe probablement.[/b]

*Il replia ses bras sur sa poitrine et réduisit la distance qu'il avait mis entre elle et lui, de ses pas longs et pourtant silencieux.*

Votre propension à faire celle qui connaît mieux que moi mes pensés devient agaçante, Miss Conrad, c'est une amitié que je réclame et non des jugements. Je ne tiens pas tellement à vous répondre pourtant, parce que vos allégations sur mes sentiments me semblent d'avantage être le fruit de vos propres aspirations me concernant qu'il vous faut conforter, qu'un réel désir de me convaincre. Aussi je ne vous dirai que ceci, dit-il en levant haut le menton, rendant son visage plus ténébreux encore, un jour vous pourriez être amenée à me voir faire des choses qui ne vous plairons pas, à me voir tel que le monde m'a fait. La seule chose que j'ignore, c'est si se seront mes actes qui vous épouvanterons le plus, ou le fait de découvrir que je puis les commettre sans sourciller.

*Il baissa soudain la voix pour n'être plus que murmure.*

Et c'est vous qui êtes innocente, un cœur qui bat est la mélodie de nos émotions. Votre cœur ne s'emballe-t-il pas quand votre amant vous touche ? Ne manque-t-il pas un battement quand il vous quitte ? Ne se fait-il pas sourd quand vous l'imaginez dans d'autres bras ? Votre métier d’infirmière vous aura fourvoyé sur sa véritable nature pour que vous sous-estimiez l'état d'un esprit dont le cœur s'est éteint, ou alors l'affection que vous ressentez pour cet homme est bien faible pour que vous soyez incapable de percevoir ceci.

*Il relâcha lui aussi la tension qu'il ressentait dans son corps, et saisit au hasard un livre sur la petite bibliothèque se trouvant à porté de ses doigts. Il feuilleta l'ouvrage qui se révélait être un manuel d'anatomie et dont plus d'une illustration lui firent arquer un sourcil.*

Si d’aventure je devais, un jour, partager ma solitude avec une mortelle, Miss Conrad, se sera pour vivre l'instant et nous pour étudiez ce qu'il pourrait advenir. Mais ce n'est pas à l'ordre de jour, mes pulsions sont bien loin d'être à craindre, personne ne me lorgne. Mais je vous remercie pour votre proposition. Par Méphistophélès, qu'à fait cette femme de sa toison pubienne ?

*Dit-il en retournant le livre pour montrer la photographie d'une femme entièrement rasée qui se tenait sans pudeur en haussant les épaules en réponse au regard perplexe du vampire. En attendant une réponse sur cette pauvre âme dépourvu de ses beaux atours pileux, il arqua à nouveau un sourcil.*

Ma chère infirmière, ce qui est vrai pour les vivants ne s'applique pas nécessairement pour les morts. C'est parce que j'ai connu la vie et l'ai perdu que je peux vous en parler avec sagesse, mais que connaissez vous de la non-vie ?... Vous devriez sortir à mon bras, vous comprendriez alors dans les yeux et les gestes de vos compatriotes, que la vie me rejette très précisément. Tout autant que la mort d'ailleurs, je suis un être fait pour cela. Je demeure sur le fil entre les deux mondes Miss, et si je n'y suis pas totalement seul, tout un désert sépare chaque être damné de la sorte, et qui voudrait s'y rendre de son plein gré ? Je pourrais poursuivre plus loin mes interrogations mais je crois qu'il suffira pour aujourd'hui.

*Il referma le livre, engendré par Satan très probablement (ce qui ne lui déplaisait pas, entendons-nous bien), dans un claquement et le rejeta sur le bureau. Pour un peu, il en aurait sourit mais il ne songea pas à falsifier cette expression faciale humaine.*

Mais c'est déjà prévu, je dois l'emmener à un bal. Je me rend régulièrement à sa fenêtre, attendant un soir où son geôlier ne soit pas à demeure, comme elle me l'a demandé. J'ai entendu parler d'une soirée dansante ayant lieu près du port chaque samedi soir, vous n'avez qu'à vous joindre à nous. J'y pense, quelle est votre taille ? Je ne voudrais pas que vous jalousiez aussi ma nouvelle amitié avec Miss Gloom, je compte vous traiter toutes les deux équitablement.
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[Sanguini & Jane] Mercredi 6 avril -- Fallait pas m'quitter tu vois ? Il est beau le résultat. Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.
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