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 Correspondance épistolaire à soi-même

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Sanguini

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Messages : 62
Date d'inscription : 20/03/2017
Etudes, métier : Rentier

MessageSujet: Correspondance épistolaire à soi-même   Dim 28 Mai - 16:00

20Vendredi
Janvier
1928
C'est une chose curieuse que de s'écrire, mais ne dit-on pas que l'on met naturellement trop de soi dans une correspondance ? Aussi est-ce pour cette raison que j'ai choisi de sceller mes mémoires sous cette forme dont j'ai le fébrile espoir qu'une nuit venue, elles sauront devenir un véritable manuel de survie pour mes pairs qui voudraient venir s'installer sur cette nouvelle terre non consacrée (ce qui en fait déjà un lieu de villégiature de choix). J'ai, pour cela, déjà repéré les éditions Obscurus qui possèdent une succursale dans les faubourgs New-yorkais.

J'ai foulé cette terre après avoir voyagé par mer, un voyage qui m'a rappelé que mes boyaux inutiles étaient toujours présent dans mes entrailles. Vils organes que ceux-ci qui m'ont laissé dans un tempérament bilieux des jours durant sans que je ne pus rendre le moindre aliments, ces derniers étant absent de mon estomac depuis des siècles. Il me fallut bien des heures pour retrouver mon bon teint cadavérique, c'est que je ne pouvais guère trouver secours en humant l'air, celui-ci étant naturellement gâté en tout lieu par une odeur putride de mort, de pisse fraîche et de restes que même les chats errants ne désirent. Cette ville est singulière, toute entière elle abrite la même odeur que celle que j'ai connu jadis au derrière des tavernes, là où les poivrots s'endorment ivre dans la fange des porcs agrémenté de leur propre bile et de leurs excréments.

Une fois mon corps habitué à ces hauts le cœur discontinus, je pus hypnotiser un brave matelot pour qu'il me guida dans les méandres des rues rectilignes où ma naturelle maniaquerie fut tout d'abord comblée... avant de se rendre compte qu'il n'y avait rien de plus semblable à un angle droit, qu'un autre angle droit. Je trouva un logement petit mais propret, que j'agrémentais à ma guise de quelques décorations susceptibles de ravir mon âme ténébreuses. Il s'agissait, pour la plupart, d'images pieuses dépeignant mon bon pays lors de la regrettée époque des persécutions. Ma logeuse, une personne aussi délicate que délicieuse et qui fera l'objet d'une prochaine missive, fut enchanté par ce nouveau décorum.

Mon installation réglée, je partis, non sans difficulté, en quête du gouvernement de ce pays. Il s'agit du MACUSA, un acronyme étrange auquel nul n'a su me dire avec exactitude ce qu'il dissimulait. C'est une institution aussi labyrinthique que le colon d'une hydre où l'on me fit aller d’alcôve en alcôve, que l'on appelle « bureau », toute une journée durant. Je les sentis, tout d'abord, bien peu enthousiasmés par ma venue. Je leur expliquais alors chercher asile après avoir fuit mon pays où le peuple avait soufflé un vent protestataire à mon encontre en raison de mon appétit, se montrant alors d'une rancune tenace néfaste à leur propre salut. Dissipant tout malentendu, mes explications réchauffèrent l'atmosphère, l'un fit même une boutade sur le regret d'un récent décret de pique-rit qui interdisait de jeter le sortilège de mort sur les créatures magiques. Bien que je n'en compris pas toute la subtilité, je ris de bon cœur jusqu'à m'en étouffer, c'est que je n'étais plus guère habitué à la chose. Nous finîmes pas trouver un compromis moyennant quelques livres de mon or, l'attribution d'un agent afin, je n'en doute pas, de m'aider à m'accoutumer aux mœurs de ce temps, et de visites régulières à l’hôpital afin de me fournir le sang nécessaire à ma bonne santé.

J'ai rencontré bien des mortels durant ces quelques jours, mais ceux-ci feront l'objet d'autres lettres tantôt. Pour l'heure, j'aimerais m'arrêter sur la personne qui allait devenir mon principal fournisseur d'hémoglobine : Miss Conrad. Miss Conrad est, à l'image de la plupart de ses consœurs, une vielle fille. Ce qui la distingue des autres et fait sa singularité, est qu'elle est d'une virginité parfaite que mes sens ne peuvent ignorer. Elle n'a pourtant pas fait le choix de consacrer tout son amour aux Ordres, mais bien à son travail. Cette infirmière d'âge mur, car c'est là son emploi, est d'un tempérament lunatique à l'extrême, sans doute que son entre-jambe frustré de n'avoir jamais pu combler les assauts d'un mari et engendrer une descendance, lui fait chèrement payer l'aridité de ses parties. Mais lorsque ses cycles menstruels lui laissent un peu de répit, elle se montre douce et compatissante, compréhensive même, qui pardonne facilement et je gage qu'elle saura bientôt préparer mon sang à la perfection. En outre, c'est une femme curieuse et bavarde qui m'aide considérablement à soigner mon mutisme naturel.

Je prie Belzébuth pour que Miss Conrad se réconcilie avec sa nature et rencontre un homme acceptant de braver le dessèchement de ses organes génitaux. Je prie pour que son « jardin particulier » connaisse la luxuriance dont aucune femme ne devrait être privée, avant que ses entrailles ne se flétrissent irréversiblement et qu'elle n'ait plus d'autres choix que de s'entourer de chats auxquels je suis furieusement allergique. Une tristesse qui m'obligerait à rompre notre amitié qui lui est d'un grand secours dans sa solitude de pucelle.

Sanguini.

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