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 [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures

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Sanguini

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MessageSujet: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Mer 12 Avr - 0:21

*Sanguini traînait ses pieds et son fardeau dans le Bronx, à quelques pâtés de maisons de la pension des Norton. Il faisait nuit bien sur, et il avait dormi une bonne partie du jour à la discrétion de la famille. Fort heureusement pour lui, il avait l’ouïe d'une finesse inouïe, ce qui lui permettait de se réveiller et de se poster bien droit sur ses pieds dès que Mrs Norton ou Chastity venaient frapper à sa porte. Il se laissait parfois traîner dehors en pleine journée tant que le ciel était bien sombre et gris, c'est à dire presque toujours, se gorgeant de fatigue afin que ses nuits lui semblent moins longues. Mais aujourd'hui avait été calme plus encore que d'habitude, personne n'était venu le sortir de son sommeil sépulcral, ce qui le conduisit à ressentir le manque avec plus de force que jamais.

C'était pour combattre ce manque qu'il était sorti pour une promenade nocturne, espérant sans doute tomber sur un cadavre encore frais dont il aurait pu se repaître sans que la mort de la malheureuse victime ne lui incombe. C'était une possibilité qui n'était pas rare dans cette ville immense, il en avait déjà fait le constat quelques fois. Il avait prit l'habitude de quitter la pension en toute discrétion en s'envolant pas la fenêtre, ses pas ne faisaient que peu de bruit mais l'envol lui assurait un silence parfait et lui permettait de se poser dans des endroits qu'aucun de ses logeurs n'auraient jamais consentit à fouler de leurs pieds.

Le vampire était en manque. Le manque était un gouffre immense qui engloutissait tout et d'où seul restait l'absent objet. Un paradoxe d'autant plus cruel quand, privé du physique, il demeurait l'image mentale, le rêve, le mirage, la pensée, la sensation, semblant plus forts, plus puissants, plus dévorants, que l'objet lui-même. C'était tout cela le manque de sang. C'était aussi la culpabilité de se sentir à ce point souffrant, de se sentir implorant pour un plaisir aussi trivial quand votre cœur se savait amputé de ce qui aurait du être plus précieux encore. Sa patrie calme et froide lui manquait, son insouciance de jadis lui manquait, son père lui manquait et sa bien aimée plus encore, cependant, tout ça réunit, ne lui causait pas autant de chagrin que le manque de mort.

Sanguini ne respirait plus depuis près de 3 siècles, et pourtant, la subtilité de son nez lui permettait de sentir la moindre gouttelette de sang à des centaines de mètres à la ronde. C'est ainsi qu'il tourna subitement la tête alors qu'il se trouvait sous le réverbère d'une ruelle, le faisant apparaître encore plus blafard qu'à l'accoutumé. Ses sens aiguisés ne pouvaient le tromper, et sans doute aurait-il du se détourner du parfum ferreux qu'il venait de flairer s'il était demeuré totalement honnête avec ses résolutions. Il ferma les yeux pour puiser en lui la force nécessaire pour faire demi-tour, mais le priver de son sens visuel n'avait fait qu’accroître le plaisir de l'odeur venant lui pourlécher les naseaux, alors dominé par sa faiblesse, il suivit la piste de la goutte de sang. Elle ne fut évidemment pas difficile à remonter, et c'est ainsi qu'il se retrouva dans une petite cour vétuste entourée d'immeubles bas tombant en décrépitude. Tout suintait la misère et l'abandon, mis à part une fenêtre haute d'où luisait une faible lueur rougeoyante.

Sourcil arqué, il suivit du regard le spectacle d'une ombre paraissant derrière le carreau d'une propreté presque dérangeante pour l'endroit. Il marcha lentement jusqu'au pied de la bâtisse et posa sa main gelée sur le revêtement lisse. Il pencha la nuque en arrière, plusieurs étages le séparait de son désir, rien du tout en somme, et c'est ainsi qu'il en entama la monté, l'escaladant à la manière de ces reptiles dont il partageait la température. Il parvint ainsi sans difficulté à la fenêtre qui était entre-ouverte, une malchance pour lui. Il prit place sur le minuscule rebord de la fenêtre et repoussa, de ses doigts blafards, l'étoffe fine d'un rideau coloré. Ses yeux se rivèrent aussitôt sur une minuscule tâche fraîche d'où émanait encore l'odeur de sang mais d'où personne n'était visible.*
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Daisy Gloom

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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Mar 18 Avr - 20:20

L'insomnie avait encore frappé cette nuit-là. La somnolence de la jeune femme, étendue sur ce lit rugueux dont les draps, autrefois, avaient du être doux et agréables au toucher, avait été interrompue par des pensées cauchemardesques venues l'assaillir sans crier gare. Pourtant en quête d'un sommeil réparateur face au flux d'émotions qui se succédaient dans chacune de ses journées, sa requête avait, semblait-il, été rejetée par les quelques forces qui s'acharnaient à maudir sa vie. Ou peut-être se maudissait-elle seule, sans oser remédier à sa situation. Dès lors que les premières brumes du sommeil s'étaient évanouies, Daisy avait renoncé à ses quelques heures de paix quotidiennes. Ne trouvant que peu d'intérêt à s'éterniser sur un matelas inconfortable, emmêlée dans des draps loin d'être réconfortants et remuant dans tous les sens dans l'espoir de trouver une position convenable, elle s'était levée et avait pris place comme à son habitude face à sa coiffeuse.

Le jour, lui, serait encore en repos pour quelques heures. La nuit venait de commencer, et elle occupa les deux premières heures de sa veillée nocture à écrire multiples lettres qu'elle n'enverrait jamais, s'empresserait de brûler aussitôt le soleil levé. Un journal éphémère de ses malheurs simples et bien trop communs en ce monde sinistre. Les confessions qui prenaient place dans le noir devaient parfois demeurer dans les ténèbres, et se contenter des sourdes oreilles du parchemin. Car qui se serait intéressé aux états d'âmes d'une chanteuse qui se consummait à petit feu ? Ses craintes, principalement centrées sur cet amant maudit dont elle ne parvenait à se défaire, ses espoirs, auxquels elle s'accrochait désespérement, ses rêves et souvenirs les plus émouvants et les plus beaux, elle les couchait tous sur le parchemin bon marché. Lorsque le chant ne suffisait plus, l'écriture prenait le relai.

Se vider ainsi de son malheur avait pourtant un coût, un coût qu'elle payait physiquement. Quand l'épuisement et le désespoir l'emportaient, suivaient les larmes, aussi silencieuses que leur propriétaire, aussi pures que ses rêves d'enfant. Un concentré d'émotions trop fortes pour des épaules aussi frêles. Elle demeurait seule, toujours aussi seule, alors même qu'elle s'accrochait éperdument à une liaison sans avenir, s'inventait des gestes de tendresses dans des caresses aussi brusques que les mains qui s'étaient appropriées son corps et son être.

Soudainement, elle étouffait. Prise au piège dans cette chambre qui n'en portait le nom que par la forme, elle se hâta fébrilement d'ouvrir sa fenêtre, ce seul semblant de liberté dont elle disposait. Comme l'espace qui accompagnait les barreaux d'une cage à oiseaux, cette fenêtre seule était sa source de lumière, d'air, de vie. Le peu de vie qu'on lui accordait, du moins. Dans sa hâte, elle occulta la vieillesse du bois qui encadrait le verre, et les multiples échardes qui avaient la fâcheuse tendance de s'en échapper. La douleur vive la sortit de son état fiévreux, symptomatique du manque de sommeil et de ses émotions incontrôlées. Une goutte de sang s'écrasa contre le parquet tandis qu'elle reculait de quelques pas, déjà sur le chemin de la salle d'eau afin de nettoyer sa main ensanglantée. Elle préféra enlever manuellement les quelques échardes, la douleur la distrayant de sa mélancolie et de ses pensées qui commençaient à dériver vers des eaux trop dangereuses pour s'y plonger pleinement. Une fois ce travail manuel achevé, elle referma les discrètes coupures de quelques formules murmurées et quitta finalement la pièce pour revenir dans la chambre.

Cela lui prit toute sa maîtrise de soi acquise sur scène pour ne pas hurler face à la figure cadavérique qui venait d'apparaître à la fenêtre et alerter aussitôt ses No-Maj' de voisins. Se contentant d'une brève inhalation, elle fut néanmoins particulièrement consciente du rythme saccadé et alerté de son coeur qui résonnait à ses oreilles tandis qu'elle pointait sa baguette sur le nouveau venu. Sa première réaction fut de refermer d'un geste vif de sa baguette la fenêtre, espérant peut-être que cette intrusion n'était que le fruit d'un curieux mirage ou d'un rêve particulièrement intense.
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Sanguini

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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Sam 22 Avr - 19:04

*Une ombre se mouvant dans le coin opposé l'avertit de le présence humaine laquelle, en raison de son attirance pour cette goutte de sang dont il devinait la saveur singulière, lui avait échappé jusqu'à maintenant. Il tourna son visage blême avec la vivacité du prédateur mais trop tard. Une baguette se braqua droit sur son regard, et le temps d'un battement de cil, un puissant souffle l'atteignit qui vint refermer la fenêtre avec force sur sa pauvre personne. Sanguini fut repoussé en arrière avec tant de force que son corps vola et vint s'écraser sur le sol quelques étages plus bas.

Toute la scène s'était déroulée en un quart de seconde, un temps infiniment trop petit pour analyser quoi que ce soit, du moins pour un être humain normal. L'acuité du vampire était, elle, exceptionnelle, et durant le battement d'ailes de papillon que dura sa chute, il détailla l'image féminine qui s'était inscrite sur ses rétines. Les blondes avaient toujours eu sa préférence, mais il était certain que ce n'était pas cette particularité physique qui l'avait fait percevoir l'extraordinaire de l'apparition, pas plus que sa tenue légère laissant largement entrevoir sa croupe généreuse et ses seins rebondis. Sanguini n'était peut être pas totalement hermétique à la beauté féminine, mais ce n'était plus son centre d'attention principal depuis bien longtemps. La chaire l'appelait, le tourmentait sans cesse, mais pas au sens figuré.

Un craquement de vertèbres se fit entendre alors que son corps heurtait le parterre de fleur en décomposition. Son corps dans une pose grotesque, il ferma les yeux et demeura sans bouger, ne songeant pas à la douleur qu'il finirait bien par percevoir tôt ou tard, mais pour analyser plus profondément ce qu'il venait de se passer. Cette femme était électrisante, quelque chose la démarquait de toutes les autres. Se pouvait-il qu'après 300 ans de non-vie, il ait reçu la preuve que le divin existe ? Assurément non, une divinité, même demi, ne vivait pas dans des chambres miteuses avec une baguette pour seule compagnie. Les déesses ne portaient pas la tristesse au fond de leurs rétines.

Le sang. Le sang était la clé, arrivé si proche de cette goutte qu'il s'était déjà imaginé lécher, rampant sur le sol sans la moindre fierté, il devina soudain que son assaillante n'était pas tout à fait humaine, elle non plus. Or, Sanguini n'avait jamais goutté un tel sang. En Transylvanie, la plupart des femmes étaient des grosses paysannes dégageant une forte odeur de bouses, le sang de vélane n'avait pas lieu d'être sur ses terres pauvres et infertiles. Le vampire maintint alors ses yeux fermés, non plus pour réfléchir mais par peur, la peur de céder devant l'appel puissant de cet alléchant nectar. Il perçut alors des petits pas précipités, léger comme de la pluie tombant sur le bitume. Il sentit l'odeur sans fard de la jeune femme se rapprocher, sans doute se penchait-elle sur son corps rompu. Alors qu'il pouvait déjà s'imaginer enfoncer ses canines dans la chair tendre pratiquement offerte, il usa de toute la force de sa volonté pour ouvrir soudainement ses paupières. Alors, le monde réel lui revint en pleine figure.

La douleur, d'abord, le tira de sa torpeur et lui arracha quelques cris qui risquaient d'alerter le voisinage. Il étira ses membres un part un, les remettant en état de fonctionner, s'aidant d'un bras qui avait été miraculeusement épargné par le choc. Il replia ses genoux et tourna son visage vers la jeune blonde à qui il tendit une main blafarde, les larmes aux yeux. Il lui serait vraiment difficile de remettre sa colonne en état sans aide.*

Excusez-moi, Mademoiselle, étant donné votre implication dans l'incident dont je viens d’être victime, seriez-vous assez aimable pour m'aider à me remettre sur mes pieds ?
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Daisy Gloom

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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Dim 23 Avr - 22:18

La créature avait disparu. Et quelle créature. Le teint blâfard, des capacités extraordinaires, et les yeux rivés sur cette goutte de sang qu'elle venait tout juste de remarquer dans l'agitation. A la longue liste d'horreurs qui emplissaient sa vie, elle pouvait donc ajouter la rencontre, et non l'interview, avec un vampire. Merveilleux.

Telle la délicate jeune femme qu'elle était, elle plissa les sourcils de douleur par procuration en entendant l'impact du corps cadavérique contre le bitume. Et telle la délicate jeune femme qu'elle était, elle ne put s'empêcher de craindre pour la santé de ce visiteur impromptu. Elle n'allait certainement pas ajouter le meurtre à l'autre liste, tout aussi longue, de sa culpabilité et de ses regrets.

Elle passa une main dans ses cheveux blonds, refermant sa prise le temps de la réflexion. Puis, maudissant sa folle compassion, elle expira rapidement et sortit prudemment de sa chambre, vérifiant tout de même que nulle créature démoniaque ne venait se jeter à son cou. Un argument raisonnable pour justifier son acte lui vint soudainement à l'esprit : elle ne pouvait laisser aucun No-Maj' faire la rencontre de cet individu. Non seulement pour leur vie, mais également pour le bien de toute la communauté sorcière. Alerter ainsi ses voisins n'engendrerait rien de bon.

Daisy trouva le corps sans peine. Dans un terrible état, cela va sans dire. Elle s'arrêta momentanément pour saisir l'ampleur de la situation et attester de l'aspect peu enviable du vampire. Vampire qui restait pourtant immobile, aussi eut-elle un doute. Avec un soupir discret, elle se pencha légèrement au-dessus de la figure blafarde, dans l'espoir de déceler un quelconque signe de vie.

C'est à grand peine qu'elle se retint de hurler sa féminité lorsqu'il ouvrit soudainement les yeux. La respiration tremblotante, elle leva les yeux au ciel, toujours en se demandant s'il ne s'agissait pas d'un curieux rêve. Ou si elle n'avait pas consommé à son insu cette mandragore si chère à Arthur.

Alertée par les cris de l'individu, paniquée par les lumières qui commençaient à s'allumer aux fenêtres alentours, elle n'y réfléchit pas à deux fois et se hâta pour saisir la main gelée du vampire et le remettre sur pieds, frémissant aux craquements qui se firent entendre. De plus, quelle douloureuse et piteuse image que les yeux humides du vampire. Elle ne relâcha cependant pas sa prise et le tira avec une force accentuée par l'adrénaline dans les ténèbres protectrices du corridor, refermant en vitesse la porte sur eux.

Plus agacée qu'effrayée, à présent, elle le jaugea de son regard clair et murmura avec méfiance et empressement :

- Mais enfin, qui êtes-vous ? Non, attendez, ne répondez pas, vous allez réveiller mes voisins, soupira-t-elle.

Elle s'accorda le temps de la réflexion, et lui laissa un temps de répit car elle se sentait coupable d'avoir contribué aux pleurs d'un vampire, puis soupira une énième fois et lui saisit le bras avec plus de délicatesse, l'entraînant toutefois à sa suite. Les risques qu'elle courait en prenant cette décision étaient astronomiques, mais minimes comparés aux ennuis que cela entraînerait si ses No-Maj' de voisins suspectaient la moindre trace de surnaturel dans leur environnement.

- Venez, je vous conduis chez moi. Là où on ne pourra vous voir, et là où vous pourrez vous rétablir pour retourner -en vitesse- d'où vous venez, souffla t-elle d'une voix lasse.

Elle se stoppa au beau milieu des escaliers, et lui adressa une œillade méfiante.

- Et si vous comptiez vous sustenter, sachez que je n'hésiterai pas à recommencer.

Une menace probablement vaine, mais l'on ne pouvait que trop compter sur le bluff en ces temps sombres.
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Sanguini

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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Mer 26 Avr - 17:59

*La force somme toute modérée de la jeune femme lui permit de se remettre debout non sans quelques difficultés. Le dos d'abord voûté, il déplia lentement sa colonne, faisant craquer ses vertèbres une à une, jusqu'à tendre son visage vers la lune pour réaligner correctement sa nuque. Quelques larmes perlèrent encore au coin de ses yeux en raison de la douleur. Il inspira un bon coup, une habitude conservée de sa première vie qui l'aidait toujours à retrouver contenance, et écrasa ce qu'il restait de larmes sur ses joues en se faisant mener dans le corridor à l’abri des regards indiscrets. Là, sous une lumière faiblarde et balbutiante, il put enfin faire face à son agresseuse/sauveuse.

Il ouvrit la bouche pour lui répondre mais, étant d'une nature plutôt bon élève surtout dans cette nouvelle vie, il referma le bec en faisant claquer ses canines quand elle changea d'avis. Alors qu'il se massait les poignets pendant qu'elle faisait les 100 pas, elle le tira par le bras, remettant à mal ses blessures toutes fraîches. Il la suivit sans rien dire, ni geindre d'ailleurs, jusqu'à la chambre de bonne qui lui servait d'habitation. Alors qu'elle refermait la porte derrière lui, il resta planté raide comme la justice et bouche close. Il regarda un peu partout autour de lui avec une terrible gêne, non seulement il ignorait s'il avait le droit de répondre mais en plus, la goutte de sang séchée était toujours là, pile en face de lui.

Il se concentra sur la jeune femme autant que possible, jouant de ses sourcils pour lui faire comprendre qu'il attendait un ordre de sa part. Un ordre qui ne vint pas, son comportement laissant la chanteuse probablement perplexe. Il finit pas bafouiller.*

Je... je peux ?

*Ne recevant aucun ordre contraire, il put enfin répondre à la demoiselle, laquelle en plus d'une réponse à ses questions, méritaient quelques excuses pour son intrusion. Il pouvait déjà entendre Miss Conrad lui remonter les bretelles en lui assénant que « passer par effraction par la fenêtre d'une jeune femme seule et isolée, n'est pas quelque chose de moralement acceptable dans notre société », le tout prononcé poings sur les hanches en lui faisant les gros yeux.*

Non je ne comptais pas vous... aspirer. Nonobstant, je n'aurais pas l'audace de vous présenter un menterie aussi grossière, c'est bien mon appétit qui m'a mené jusqu'à votre heu... réduit mais non pour vous y mordre, du moins l'espérait-il. Vous seriez surprise d'apprendre à quelle fréquence les mortels se meurtrissent, et lors que font-ils du sang qu'ils ont perdu ? Rien. Absolument rien du tout alors je récupère ce qui ne manquera plus à personne. Et c'est ainsi que j'ai été guidé jusqu'à votre logette.

*Il braqua à nouveau son regard sur l'unique gouttelette, ses pupilles se dilatèrent au point de pratiquement effacer ses iris. Il se pourlécha les lèvres inconsciemment.*

Je m'attendais à trouver quelque chose de plus consistant. Votre sang est puissant.

*Il braqua à nouveau son regard sur elle.*

Je n'en ai jamais senti de similaire avant. En êtes vous consciente ? Mais j'oublie les bases élémentaires du savoir vivre, dit-il comme si passer par la fenêtre de quelqu'un était parfaitement normal, je m'appelle Sanguini. Et vous ? Comment allez vous aujourd'hui ?

*Il répéta ses derniers mots comme un robot, comme on les lui avait enseigné en réalité.*
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Daisy Gloom

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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Lun 8 Mai - 2:33

Un soulagement notable se lut sur les traits de la jeune femme. Ainsi donc, elle ne servirait pas de repas à une créature de la nuit. Un nouveau jour, en l'occurrence une nouvelle nuit, de survie. Avec une attention qui n'était pas simulée, elle écouta les précisions du vampire quant à la raison de sa venue et sentit une vague de compassion la submerger. Elle qui n'avait pas accordé une once d'attention à cette goutte de sang, voilà que celle-ci était un élément vital pour son interlocuteur. Tout n'était affaire que de perspective. Elle imaginait le sort cruel qui condamnait un être à guetter la moindre trace d'hémoglobine, et la force de caractère que le vampire devait déployer pour ne pas succomber à la tentation. Une force de caractère qui, elle l'espérait, était sans faille.

Avec une certaine culpabilité, elle dirigea son regard clair vers la tâche écarlate. Du coin de l'oeil, elle aperçut toutefois l'intérêt du vampire pour cette même tâche, et ne put réprimer un frémissement. Dans un geste instinctif, elle croisa les bras contre sa poitrine et frotta ses bras dénudés, dans un vain effort pour en masquer l'épiderme alerte. Un malaise soudain acheva de la rendre momentanément silencieuse, quant à la qualité annoncée de son sang. Cette malédiction qui l'avait fait naître belle s'étendait ainsi jusque dans ses veines, n'était plus seulement physique mais bien tapie au plus profond d'elle-même.

Un sourire, gêné mais néanmoins amusé, vint étirer les lèvres de Daisy aux dernières paroles de Sanguini. De toute évidence, cet être appartenait à un autre siècle et manifestait un effort véritable pour intégrer les codes de cette société dans laquelle il avait récemment été plongé, à en juger par son comportement.

- Enchantée, Sanguini, souffla t-elle finalement de sa voix douce. Je m'appelle Daisy. Gloom, ajouta t-elle après un temps, songeant qu'un être aussi courtois préférerait la nommer par son nom de famille.

Elle le salua d'un gracieux mouvement de tête, ayant la délicatesse de ne pas relever ses dernières paroles probablement apprises par coeur. L'éclat qui s'était allumé dans ses yeux suite à son amusement s'atténua, lorsque son regard tomba à nouveau sur la goutte de sang, objet de leur rencontre.

- Laissez-moi vous apprendre, que je suis navrée que vous ne trouviez pas ce que vous espériez en ce lieu. Bien que j'aurais préféré une entrée plus formelle. Quelle frayeur ! plaisanta t-elle avec hésitation. Quant à... La particularité de mon sang, je ne peux honnêtement pas m'en étonner.

Un soupir discret s'échappa de ses lèvres, tandis qu'elle s'asseyait sur son lit et invitait d'un geste de la main son invité improvisé à en faire de même sur le fauteuil habituellement réservé à Arthur.

- Ma mère était une vélane, voyez-vous. J'ai hérité, malgré moi, des particularités de cette nature.

Elle baissa les yeux, sembla se perdre dans la contemplation du vide, ou du parquet, quelques instants avant de relever la tête pour détailler l'individu avec curiosité.

- Que fait donc un vampire à New-York ? Vous plaisez vous, dans cette ville ?
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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Sam 13 Mai - 13:27

Je suis moi aussi enchanté de faire votre connaissance, Miss Gloom... Je suppose que vous n'êtes pas mariée ?

*Questionna-t-il avec une certaine lassitude. La Norton mise à part, aucune femelle de ce siècle ne semblait encline à être menée jusqu'à l’autel. Si lors de ses premières semaines ici il avait été choqué et dans l'incompréhension totale face à l'indépendance revendiquée des femmes sorcières, aujourd'hui il en était blasé. Celle-ci n'était plus vierge, ses sens ne pouvaient le tromper, mais l'absence d'anneau à son annulaire gauche et l'étroitesse du lieu se conjuguaient difficilement avec la présence d'un mari.*

Je m'excuse pour mon intrusion, c'est une vieille habitude si je puis dire, car elle était mienne il n'y a encore pas si longtemps. Disons qu'elle est vieille dans le sens où je l'ai utilisé pendant un temps paraissant fort long au regard des mortels. Une porte, ça semble si peu pratique quand briser un carreau s'avère plus aisé...

*Il se dirigea tout d'abord vers le fauteuil qu'elle lui avait indiqué mais ne s'assit pas. Il le contourna au contraire et se plaça droit, légèrement en retrait de sorte à se rapprocher de la goutte de sang qui s'asséchait plus vite que l'entre-jambe d'une nonne à la sortie de la messe.*

Alors vous êtes aussi une créature à part... les vélanes sont-elle aussi considérée comme des êtres partiellement humains ? Pardonnez ma curiosité, mais vous êtes la première avec qui je lie connaissance. Je viens d'un pays aride et bien peu avenant, la beauté s'y fait rare. Ce sont les créatures maudites qui ont pignons sur rue, et non les êtres bénit par la nature.

*Il croisa les bras dans son dos, une position austère qui venait tout naturellement aux vampires. Il balayait la chambre du regard à la recherche de quoi que ce soit de singulier, mais le logis était fort pauvre et donnait l'impression de n'être qu'un endroit de passage.*

Je m'y plais assez, les humains y sont certes bâtit dans l'avarice, mais néanmoins sympathiques et toujours fort aimables.

*En réalité, pas franchement, mais son cerveau pas tout à fait comme les autres l'empêchant de percevoir le sarcasme, il n'avait pas conscience de la moitié des idiomes qu'on psalmodiait à son encontre. C'était probablement une chance, en un sens, de ne pas entendre les cruels allégations dont il était victime, du moins tant que personne n'en avait réellement après sa personne.*

Quand à ma présence, pour faire simple on m'a informé que les Amériques étaient devenues le lieu des secondes chances, or je suis arrivé à un âge où c'était précisément ce dont j'avais besoin. Et vous, que faites-vous en cette contrée ? Avec le pouvoir qui est le votre, je suis surpris que vous viviez ici... on pourrait croire que vous vous dissimulez... Oh, vous me rappelez une chansonnette !

*Il porta  son poing à la bouche et se racla la gorge avant d'entamer d'une voix gaillardie et souvent fausse.*

Comment vouloir qu'une personne chante
Quand elle n'a pas son cœur en liberté ?
Laissez chanter ceux que l'amour contente
Et laissez-moi, et laissez moi dans mon malheur pleurer.


*Il se tut, se tenant toujours aussi droit, le visage inexpressif.*
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Daisy Gloom

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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Ven 26 Mai - 17:53

- Je ne suis pas mariée, mais croyez-moi lorsque j'affirme que ce n'est pas par choix, confessa t-elle en inclinant la tête.

Daisy considéra rapidement les paroles du vampire. Comment pouvait-on trouver plus aisé de s'introduire par une fenêtre peu adaptée aux proportions d'un homme, et qui par conséquent obligeait à se pencher, se tordre et remuer afin de pouvoir y passer ? Rangeant cela du côté d'une curieuse habitude de vampire, elle ne s'en formalisa pas plus que cela et haussa les sourcils aux prochaines questions de l'individu. Lui accordant ainsi son attention.

- Votre curiosité n'a pas à être pardonnée. Au contraire, c'est agréable de pouvoir converser...

Elle lui adressa un sourire aimable, avant de méditer sur cette soi-disant "bénédiction" qu'était son héritage génétique. A ses yeux, son ascendance lui semblait plutôt une véritable malédiction, et elle en voyait la confirmation dans toutes ses consoeurs vélanes ou hybrides condamnées à se vendre pour survivre. Elle-même avait échappé de peu à ce terrible destin, et pour cela elle pouvait seulement remercier sa voix.

- La beauté n'est pas une bénédiction, monsieur Sanguini. Pas dans cette ville, en tout cas. C'est une malédiction dissimulée sous de beaux atours, qui semble attrayante mais qui n'en est que plus traître. Mais pour répondre à votre question, les vélanes ne sont effectivement pas considérées comme des êtres humains. J'imagine qu'elles s'apparentent à une catégorie proche de celle des vampires.

Un soupçon d'auto-évaluation la prit en observant le vampire observer lui aussi son maigre logis. Ses joues prirent une teinte rosée alors que la honte la submergeait, qu'elle s'efforça toutefois de balayer en passant une main fébrile dans sa chevelure bouclée. Elle afficha une mine dubitative au discours sur la soi-disant amabilité des citoyens new-yorkais. Quand tout ce qu'elle entendait dans les rares instants où elle se trouvait seule dans les rues n'étaient que jurons, railleries et autres propos salaces. Il ne lui revenait cependant pas de contredire ces paroles prononcées avec tant d'assurance, aussi se contenta t-elle de hocher poliment la tête.

- Ce que je fais à New-York ? reprit-elle en détournant le regard vers un point invisible, soudainement pensive. Eh bien, j'ai toujours vécu ici. C'est idiot, peut-être, mais quitter la ville ne m'a jamais paru être une option envisageable.

Non pas qu'elle n'en ait jamais secrètement rêvé. Parcourir l'Europe, et ses paysages dépeints dans les livres qu'elle empruntait à Ilvermorny du temps de son adolescence. Ces prairies, ces champs, qui semblaient bien plus verts, bien plus vifs que ceux du continent américain. Dans une autre vie, celle qui nourrissait ses nuits les plus paisibles, elle revêtait l'habit d'une aventurière, de l'une de ces femmes indépendantes, braves, qu'elle admirait ouvertement.

Elle sembla perdre toute faculté de parler quant à sa remarque sur le fait de se dissimuler. Aussi peu conscient semblait-il des codes de cette ère, le vampire paraissait posséder une vision ou du moins une intuition particulièrement juste de certaines choses. Fort heureusement, la vivacité de Sanguini la sauva d'un instant de silence qui se serait avérée particulièrement embarrassant pour elle en se mettant à chantonner.

Etonnée mais nénamoins ravie, elle écouta avec un profond respect la chansonnette du vampire. Daisy était touchée chaque fois qu'elle entendait les premières notes d'une mélodie, d'autant plus qu'elle considérait la chanson comme un moyen de communiquer qui en disait plus que ne le laissaient entendre les paroles. Quelques larmes perlèrent à ses yeux clairs, émue par cette attention involontaire de l'être qui ignorait tout de son métier. Lorsqu'il eut fini, elle dévoila ses dents blanches en un sourire radieux, et lui accorda même quelques applaudissements qui venaient du fond du coeur.

- Sanguini, c'était merveilleux ! s'exclama t-elle en occultant les quelques fausses notes de l'individu. Cela vient-il de votre pays d'origine ? En avez-vous d'autres ?

Elle prit le temps de respirer entre ces phrases qu'elle avait débité sans une pause.

- Pardonnez mon engouement, mais voyez-vous je suis moi-même chanteuse, et je suis toujours touchée lorsque je rencontre une personne qui partage ce même amour de la musique.
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Sanguini

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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Dim 28 Mai - 13:14

*Il inclina aussi la tête avec curiosité.*

Vous voulez dire... que vous aimeriez que l'on vous passe la bague au doigt ? Est-ce les mœurs de ce temps qui vous en empêchent ? Car, peut être ne suis pas le plus apte à en juger, mais de ma mémoire d'homme il me semble que votre apparence est tout à fait agréable à l’œil, et malgré l'heure tardive, vous avez su conserver une haleine on ne peut plus supportable. Je puis vous assurer que nombreux seraient les hommes enchantés de faire de vous leur épouse. Moi-même, si j'avais quelques siècles de moins et le corps moins froid, me laisserais-je aller à vous courtiser.

*Dit-il comme pour la rassurer. Il recula lentement d'un pas, comme si amorcer ce geste au ralenti avait le pouvoir de le rendre invisible aux yeux de la jeune femme.*

Vous aussi êtes obligée de donner des caisses d'or au Macusa pour qu'il vous laisse errer en paix ? Je commence à trouver leur visa excessivement cher pour un morceau de papier de si mauvaise facture.

*Il redressa son visage même si la curiosité et l'incompréhension étaient encore plus attisé par ses nouveaux propos.*

En quoi avoir du pouvoir sur autrui est une malédiction ? Ma condition en est une, elle me pousse à détruire jusqu'à ce que j'affectionne le plus, elle me met en marge de tout et de tous, elle me rend envieux de l'amour que les autres créatures partagent si aisément quand il n'est, pour moi, plus qu'un lointain songe. Le pouvoir est sans doute la seule chose capable de me donner encore un peu de contentement. Il me permet d'aller où je veux, d'obtenir peu ou prou ce que je veux, il me rend libre des autres, ma seule cage étant le poison qui a gâté mon corps et mon esprit. Mais votre poison à vous est d'or, votre pouvoir est de faire naître le désir et le rêve. Je ne comprends pas pourquoi vous semblez en souffrir, vous une vélane, magicienne de surcroît.

*Il recula d'un nouveau pas.*

Je peus, en revanche, comprendre ceci. Il m'a fallu plus de 300 ans pour quitter ma contrée. Préjugeons que parfois, le temps est simplement venu de prendre quelques largesses avec notre ordinaire, le changement d'air s'impose alors à nous... Ou une personne nous pousse à la fuite...

*Ajouta-t-il songeur en semblant se perdre quelques secondes dans ses propres souvenirs. Il fut fort heureusement tiré de sa rêverie par l'enthousiasme de la jeune femme qui lui souriait pour la première fois. Il remarqua alors tout juste ses larmes au delà de ce sourire qui lui rappelait en quoi les humains le fascinaient autant (du moins depuis qu'il avait cessé de trouer leurs veines pour en faire ses déjeuners). Il y avait quelque chose de captivant et de désirable dans ses mimiques émotives, il y avait une faiblesse qui était tout autant une force derrière chaque chagrin, chaque bonheur, chaque sentiment dont ils étaient capables et dont son âme cupide était si peu encline. Il en éprouvait le manque dans chaque débris restant de son humanité brisé. Sortant de son envoûtement, il se racla la gorge pour répondre.*

C'est une ritournelle de mon temps. Je pense être apte à m'en remémorer d'autres, mais je crains de choquer vos oreilles de douce innocente. Mais si vous le voulez...

♫ J'ai fait une maîtresse
Trois jours y'a pas longtemps
Mais c'est quand je vais la voir
Qu'elle m'y invite à boire
Du meilleur de son vin
A ta santé, catin
A ta santé Lisette
A ta santé je bois
Si tu n'étais pas si jeunette
Je te parlerai d'amourette
Attends encore un an
Je serai ton amant ♫


… La plupart des chansonnettes de l'époque parlaient de vin et de gueuses, s'excusa-t-il. Mais vous madame, auriez vous l'obligeance de me chanter un refrain ? Les ménestrels de mon temps étaient tous homme, si bien que je n'ai pas souvenance d'avoir déjà ouï une voix de femme qui chanta juste.
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Daisy Gloom

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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Ven 16 Juin - 16:01

Elle afficha un sourire crispé.

- Les moeurs de ce temps, oui...

Elle doutait que sa situation de maîtresse d'un malfrat soit aussi récente que l'était la société américaine, même si ce type de relations était parfois plus affiché qu'aufrefois et ne se résumait plus seulement à une besognerie régulière entre un aristocrate et une servante... Même les gens du commun tels un patron et une chanteuse pouvaient être touchés. Elle préféra ne pas développer, choisissant de recevoir les propos du vampire avec une oeillade amusée, de celles que certaines femmes adressent avec sympathie -ou pitié- à un prétendant qui ne possède nulle chance de conquérir leur coeur... Et leur corps.

L'individu ne faisait, après tout, qu'énoncer des paroles qu'elle avait entendu maintes et maintes fois. Au moins lui avait le mérite de les lui adresser en tant que compliments, bien que maladroits par leur franchise. A force d'années de regards lubriques et commentaires que la décence lui interdirait de répéter, qu'elle n'était probablement pas censée entendre, d'ailleurs, la jeune femme avait appris à recevoir tout commentaire sur son physique avec indifférence et un sourire poli en guise de réponse. Ce n'était pourtant pas faute de refouler avec ardeur toute once de pouvoir de vélane que son ascendance lui conférait.

En écoutant attentivement les paroles du vampire sur sa propre malédiction, elle se surprit à hocher la tête avec sympathie et compréhension. Elle devait reconnaître que ses mots sonnaient juste. Toutefois, chaque individu vivait sa propre histoire, aussi similaires celles-ci puissent-elles sembler. Et il suffisait souvent d'en parler sur plus de quelques phrases pour s'apercevoir de la complexité de chaque situation. C'est pourquoi, malgré les propos particulièrement censés du vampire, elle lui offrit un sourire d'excuse avant de s'exprimer de sa voix douce :

- Serais-je née homme, mon apparence aurait pu être bénéfique. Mais la beauté d'une femme, dans cette société comme dans bien d'autres, suscite les convoitises et éveille en l'homme ses pulsions les plus viles, qu'il masque sous des sourires enjôleurs et des flatteries aussi mielleuses que ses caresses. La beauté a ceci de paradoxal que beaucoup souhaitent la détruire dès lors qu'ils craignent de ne pouvoir être les seuls à la contempler.

Quel agréable sentiment d'exprimer son avis pour la première fois depuis des années, qui lui semblaient de lointains souvenirs, elle qui était si peu habituée à ce qu'on lui demande son opinion. Mais les habitudes acquises au fil des années et depuis sa relation avec Arthur lui causèrent un embarras soudain, d'avoir ainsi prononcé ces paroles. Ses joues se teintièrent de pourpre et un mauvais réflexe manqua de lui faire souffler une excuse, mais elle se ravisa. Après tout, elle pensait ce qu'elle venait de dire, et n'allait pas leur faire l'affront de leur ôter leur sens et leur poids par des excuses qui n'étaient pas sincères. Distraitement, et pour conserver la face, elle essuya les quelques larmes qui continuaient de perler à ses yeux d'un geste délicat du pouce.

A nouveau, elle se laissa envoûter par la chanson de Sanguini, qui cette fois lui arracha un rire léger. Elle en savoura la consistance, et prit une longue inspiration semblable à celle d'un condamné qui retrouvait la lumière du jour pour la première fois depuis des années. Avec un sourire qui dévoila ses dents blanches, elle acquiesça à la demande du vampire, ne cherchant que quelques secondes avant d'entamer sa chanson :

♪ It seems like dreams I've always have
Could be, should be making me glad
But why am I blue?
It's up to you to explain
I'm thinking maybe, baby, I'll go away
Someday, someway you'll come and say
It's you that I need
Maybe you'll be pleading in vain
It had to be you, it had to be you
I wandered around and finally found
The somebody who could make me be blue
Could make me be true or even be glad
Just to be sad, thinking of you ♪


- Mes chansons sont plus sages que les vôtres, plaisanta t-elle. Bien que celles de votre temps ne manquent pas de charme.
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Sanguini

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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Sam 17 Juin - 23:40

*Sanguini inclina la tête d'acquiescement tout en reculant d'un pas de plus. Il avait beau s'être tenu éloigné de toutes ces turpitudes humaines, il avait été élevé avec des mœurs similaires, et s'il y avait de quoi s'en offusquer (du moins lorsque l'on était une dame), il se sentit soulagé d'avoir quelque chose de connu à quoi se raccrocher.*

Alors devenez plus fortes que ces ribauds. Les vampires femelles ont un don très pareillement au votre, à la différence qu'elles n'ont pas besoin de jouir d'un physique gracile pour user de leurs atours. Voyez-vous, nous autres vampires possédons un pouvoir psychique nous permettant de commander les esprits les plus tendres. Les commander, les contrôler, les asservir. Nos femelles aiment particulièrement implanter l'idée du désir dans la chaire humaine. Le mâle humain, ainsi capturé, ne peut plus contrôler son désir et offre, sur un plateau, sa vie à la monstruosité qui l'eut réduit en esclavage. En général, elles s'accouplent avec leur proie avant de le dévorer. Les vampirettes sont de bien vilaines bêtes, bien plus sournoises que la plupart des mâles. C'est pour ça qu'un couple de vampires ne s'est jamais vu, il ne peut rien résulter de bon de l'association de deux créatures aussi retors. Bien sur, je ne vous compte pas cette fable pour vous conseiller d'aller jusqu'à dévorer votre promis, par au sens strict du terme en tout cas !

*Il patienta quelques secondes lorsque la jeune chanteuse acquiesça à sa demande en fermant les yeux, juste le temps de se concentrer sur la mélodie qu'elle allait entamer. C'était le moment qu'il avait espéré depuis son entrée dans la pièce, et lorsque les cils se refermèrent sur les rétines azur de Daisy, la créature se jeta à quatre pattes au sol. Avec toute la rapidité d’exécution que son état lui permettait, il lécha la minuscule goutte de sang déjà pratiquement sèche, puis se releva d'un bond. L'avait-elle vu ? Ou cru le voir sans en être certaine ? Peut être, mais lui avait déjà reprit une position droite comme s'il n'y avait rien de dég... déroutant dans ce geste. Il se pourléchait les babines, ne prêtant plus attention à la jeune femme. Ses pupilles dilatées de prédateurs laissaient pressentir que la bête avait repris le dessus sur l'homme, et Merlin seul savait quels gestes son instinct de tueur l'aurait mené à commettre si le timbre enchanteur de Daisy n'avait pas envahit la pièce.

Il releva alors son visage vers la voix suave et chaude qui s'infiltrait dans ses écoutilles, et plus encore, jusqu'à son cœur. Ses pupilles se rétrécirent et les traits de son visage naturellement durs s'adoucirent. Jusque dans sa posture, Sanguini paraissait plus tendre. Son exceptionnelle longévité l'avait fait passer à côté de tout ce qui faisait la réelle beauté de la vie. Il avait passé ces derniers siècles à n'avoir qu'instincts pour toute subsistance, comme si son aveuglement à la lumière du jour avait trouvé corps jusque dans ses perceptions. On se prive soi-même de tous les éclats, de l’inattendu, de l'imprévisible lorsqu'on a toute l’éternité devant soi. La vie éternelle semble être une telle richesse, donner tant de pouvoirs, que les petites choses ne méritent plus même qu'on y jette un regard, exilé sur son piédestal d'une ignorante solitude. Et pourtant, n'était-ce pas ce manque d'étincelle, au moins autant que le manque de sang, qui rendait à présent a survivance si misérable ? Et cette étincelle de vie, ce petit rien qui faisait la beauté de l'existence, venait de lui être offert de la manière la plus inattendue qui soit.

Il lui fallu quelques secondes pour retrouver contenance, claquer sa mâchoire pour refermer la bouche et déglutir bruyamment. Les yeux brillants, c'était à son tour de ressentir une émotion d'autant plus précieuse qu'elle lui était devenue depuis longtemps étrangère.*

Vous possédez, ma chère, un don plus puissant encore que celui de votre sang. Je comprends mieux votre souffrance, plus encore qu'à travers les mots qui ont été porté par votre cœur. Quel être pourrait ne serait-ce qu'envisager de se passer de ceci quand il croit le posséder tout entier ? Vous êtes un bien trop rare et noble pour votre propre sureté.

*Il s’avança de quelques pas, quittant définitivement le lieu du crime qui l'avait poussé à s'introduire jusque là.*

Puis-je vous questionner sur votre pouvoir. Comment fonctionne-t-il ? Est-ce la vue de votre visage qui hypnotise les simples humains ? De votre peau ? De votre odeur ? Quelle partie de votre corps est responsable de votre fardeau ? Et si vous pouviez émettre un souhait et un seul pour vous même, quel serait-il ?

*Demanda-t-il sans se soucier de l'impolitesse de son inquisition, désireux de connaître si en plus de ces beaux ornements, la demoiselle était aussi dotée de sagesse.*
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Daisy Gloom

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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Lun 19 Juin - 22:26

Daisy écouta avec une fascination sinistre le vampire détailler les étranges moeurs de ses comparses. Voilà qui avait de quoi impressionner et inspirer les esprits les plus rêveurs. Une grimace de dégoût vint toutefois déformer son beau visage à la mention d... cannibalisme ? des "vampirettes". Dévorer entièrement leur conjoint, voilà qui repoussait les limites de son imagination, et lui instillait un malaise qu'elle préféra chasser en se concentrant sur sa musique.

Elle n'eut aucune conscience des mouvements précipités du vampire, ni même du danger qu'elle avait couru le temps de quelques secondes. Mais la disparition de la tâche de sang, c'est une fois l'être parti qu'elle le remarquerait, et le doute prendrait place dans son esprit. A nouveau, l'intervention de Sanguini l'empêcha de porter attention à ce détail. Surprise qu'un individu aussi extraordinaire soit touché à ce point par cette voix qui lui avait épargné un bien triste destin, elle resta estomaquée plusieurs secondes.

- J'ignore presque tout de mon pouvoir, au risque de vous décevoir... Ce que je sais, c'est que les vélanes à part entière -pas les demi-vélanes comme moi- ne possèdent aucun défaut physique, que ce sont des créatures semi-humaines et qu'elles ont toutes la peau et les cheveux aussi pâles et brillants que la lune... De plus, elles sont capables de contrôler leur pouvoir pour attirer les sorciers. La plupart du temps, c'est par leur danse qu'elles charment les humains... Mais comme beaucoup de choses sublimes, elles cachent une autre façade qui est toute aussi monstrueuse. Elles peuvent se transformer en... une forme de harpie, voyez-vous... Par Merlin, je suis bien heureuse d'avoir échappé à ces caractéristiques ! J'imagine que les vampires femmes que vous décrivez et les vélanes ne sont pas si différentes...

Comme se souvenant de sa propre existance en évoquant son ascendance, elle passa une main dans ses cheveux d'or et se concentra sur la dernière question de Sanguini.

- Un souhait... Pour moi-même ? répéta t-elle le temps de méditer cette question.

Ses yeux se voilèrent et se perdirent dans le vide. Voilà une question sur laquelle beaucoup avaient dû perdre des heures de sommeil, à se tourner et se retourner tandis qu'ils imaginaient une vie meilleure, idyllique, qui relevait du fantasme. Un fantasme qui dès lors qu'il prenait cette appellation, perdait tout espoir de se réaliser et se perdait dans un méandre de songes qui s'estompaient au fil des ans et perdaient leur valeur.

- Je dirais sans réflexion que j'aurais aimé avoir l'opportunité de refaire certains choix, ou d'avoir toutes les clés en main pour en comprendre les conséquences au moment où j'ai dû les prendre... Mais si j'avais eu ce savoir, alors ces choix n'auraient plus été des choix, n'est-ce pas ? La route aurait été tracée. Et même si mon existence n'est pas idéale en ce moment, peut-être d'autres décisions auraient conduit à un destin bien pire que le mien... Alors non, abandonner les choix qui ont forgé celle que je suis aujourd'hui, autant mes malheurs que mes bonheurs, voilà une pensée que j'efface bien vite. J'ai toujours préféré les remords aux regrets, après tout. Quand à demander le bonheur, voilà une notion bien trop vague pour que cela soit même réalisable en un seul souhait.

De nouveau, ces paroles la plongèrent dans une intense réflexion. Elle repensa aux moments les plus décisifs de sa vie, de son enfance à l'orphelinat, de la scène à laquelle elle n'aurait jamais dû assister et qui lui avait coûté son âme d'enfant avant même que celle-ci prenne pleinement vie, de ses amourettes adolescentes et de son moment d'air frais à Ilvermorny, puis de sa rencontre avec Arthur à la façon dont elle s'était retrouvée à échapper à la prostitution grâce à sa voix... Tout, dans ce tableau, manifestait l'absence du bien le plus précieux qu'elle pouvait imaginer :

- Une famille, dit-elle soudain, avec une douleur dans la gorge qui s'apparentait à un sanglot réprimé. Tout ce que j'ai toujours souhaité, au fond, c'est une famille. Alors même que certaines se déchirent, que certains laissent toute leur existence sombrer dans la noirceur et la cruauté à cause de la leur, trouvez-moi naïve et enfantine s'il le faut, mais une famille... Cela me semble l'un des plus précieux biens au monde.

Elle posa ses prunelles étincelantes de candeur sur le visage exsangue du vampire, et lui adressa un sourire qui révélait toute la fragilité de ce bout de femme, et pourtant tout le feu qui ne demandait qu'à naître et à embraser son être jusqu'à l'émancipation.

- Je vous retourne la question ?
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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Mar 20 Juin - 18:57

Alors il faudrait le tester pour découvrir ses limites. Que diriez-vous de m'accompagner lors de promenades de temps en temps ? Je préfère la nuit, j'imagine que les ténèbres vous mettraient en parti à l'abri de la convoitise humaine, quant à moi elle me permet de sortir sans craindre cet astre détestable qu'est le soleil. Possédez-vous une robe de bal ? J'ignore si c'est encore à la mode...

*Il fit une grimace qui découvrit ses dents, sans toutefois aller jusqu'à montrer ses canines.*

Des harpies ! Pouah ! Je déteste les harpies, une seule d’entre elles est plus coriace que toute une armée de golems, et leur sang est putride et rance. J'en ai bu une fois, j'ai été pris de haut le cœur pendant pas moins de huit jours et des plaques purulentes m'ont recouvert la gorge et, étonnamment, les fesses. Je vous laisse imaginer dans quel état mon furieux grattage m'a laissé. Mes griffes sont si dures qu'elles sont capables de desceller des pierres dans un mur, dit en lui montrant le revers de sa main, les doigts écartés. Vos vélanes harpies aspirent-elles le sang de toute forme de vie, elles aussi ?

*Il l'écouta réfléchir à voix haute à la question du souhait, et constata avec une admiration grandissante que la jeune femme possédait effectivement la sagesse dans ses - de plus en plus nombreuses - qualités. Elle lui rappela sa regrettée fiancée, à cette importante différence près que la femme en face de lui semblait dénuée de cette joie de vivre et de cette confiance en l'avenir qui l'avait charmé chez sa promise.*

Vos réflexions vous honorent. Je partage avec vous la croyance que la vie ne réclame que la spontanéité du présent, bien que malheureusement, j'éprouve des regrets avec lesquels j'essaie simplement de survivre. Mais existe-t-il un seul être doué de raison qui n'en possède réellement aucun ? Et si vos choix passés vous ont apporté des moments de tristesses, ceux-là vous ont aussi fait telle que je vous rencontre aujourd'hui. Charmante, douce, sensible, courageuse et souhaitant rejoindre les rangs du mariage. Comme le disait souvent mon père : « Les diligences, il faut les prendre ou se jeter dessous, mais jamais les regarder partir. ».

*Le léger froncement de sourcils qui ne quittait jamais le visage de Sanguini, se relâcha soudainement. Le vampire était pris d'une émotion nouvelle, encore une. Une émotion humaine, de celle qu'il n'avait pas ressentit depuis son départ précipité de chez lui, et plus loin encore, d'avant sa transformation. Leur petite réunion improvisée virait au mélodrame, mais peu lui importait sur l'instant.*

Une famille...

*Répéta-t-il dans un murmure. Il prit une profonde inspiration inutile à sa survie mais efficace quand il s'agissait de garder contenance, du moins en partie car son regard s'était abaissé pour trouver racine sur le parquet usé.*

Je ne puis que vous rejoindre. Ma famille était ma plus grande richesse, ce que je n'ai compris que bien trop tard. Vous n'en avez jamais eu, et sans doute en cela êtes-vous plus à plaindre que moi... Sans doute ne devrais-je pas vous avouer l'inavouable non plus, car vous risquez de me prendre en horreur. J'ai perdu ma famille.

*Il releva son visage et plongea son regard sombre dans les prunelles d'une clarté d'un ciel de printemps de celle de la chanteuse. Il n'y mettait nulle colère ou défiance, seulement de la tristesse, de la honte et du repentir.*

Je l'ai massacré. Il est trop tard pour moi jolie Miss Gloom, nul ne pourrait aimer un être forgé dans les limbes tel que moi, mais vous, je compte bien sur ma vie sans fin pour revenir un jour à votre fenêtre, sans un bruit, et vous voir heureuse et épanouie au milieu de votre tripotée de marmots. Et puisque je ne pourrai jamais retrouver ma famille, revoir ma bien-aimée et fonder avec elle le foyer qui aurait suffit à mon bonheur, ce que je souhaite...

*Il fit quelques pas lents, de long en large au travers de la pièce, non pour réfléchir mais pour essayer de canaliser les sentiments qu'il ressentait. Mal habitué aux émotions, elles lui donnaient envie de se mouvoir à la façon d'un caleçon qui gratte lorsque le regard d'autrui nous défend d'enfoncer sa main dans son pantalon pour y soulager l'inconfort.*

… c'est de ne plus faire de mal à aucun être doué de conscience. Ne plus détruire une nouvelle famille, ne plus laisser d'amant esseulé, ne plus faucher des rêves à peine foulés. Je souhaite devenir quelqu'un de bien pour qu'à l’issue de mes siècles d'errances, les miens puissent me pardonner.
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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Dim 25 Juin - 1:57

La première question du vampire la fit hésiter. Elle savait qu'Arthur ne permettrait jamais de telles escapades au bras du vampire, et s'absenter le temps d'une nuit lui faisait courir le risque que son amant s'introduise dans sa chambre de bonne et la découvre vide de toute présence. Elle n'osait imaginer sa rage.

- Je vous accompagnerai volontiers, mais ces promenades ne seront pas l'occasion de dévoiler mon pouvoir. Certaines aptitudes ne sont bénéfiques que dès lors qu'elles restent étouffées. Toutefois je dois vous prévenir, mes disponibilités ne sont pas garanties... C'est cependant avec plaisir que je vous retrouverai à ma fenêtre, avec promesse de ne pas vous en éjecter aussi impoliment, cette fois-ci...

Elle masqua sa gêne et son anxiété face à une potentielle échappée nocturne sous un sourire qui devint plus sincère lorsqu'il évoqua la robe de bal.

- Mis à part quelques tenues de scène, je possède peu de tenues appropriées. Les bals existent toujours, mais vous risqueriez d'être fort déçu. Les musiques qui y résonnent manquent du charme de celles des décennies précédentes. Mais c'est avec plaisir que je vous y accompagnerai, si vous voulez vous forger votre propre opinion.

Ses paupières se refermèrent plusieurs fois sur ses yeux qui s'accordaient avec le ciel d'un bleu sombre, de ceux qui annonçaient le lever du soleil. Elle prit le temps de chasser les images à la fois horrifiantes et hilarantes qui venaient de s'introduire dans son esprit, qui ne manquèrent cependant pas de colorer à nouveau ses joues, qui n'avaient décidément jamais connu autant de vie qu'en cette soirée.

- Je... Elle se racla la gorge pour laisser un peu de répit à son malaise, esquissant un sourire amusé. Je ne pense pas. Elles se contentent de défigurer leurs victimes, j'imagine.

Elle se sentit flattée par l'énumération de Sanguini quant aux qualités qu'il voyait en elle. Plus que cela, elle fut impressionnée par la sagesse du vampire, en plus de son incroyable expérience, qui lui apparaissait clairement par ses paroles. Son admiration fut interrompue par les confessions poignantes de l'être, qui lui causèrent un frisson qui agita tout son épiderme. Un froid qui ne devait rien à la température de la pièce acheva de la faire porter ses mains à ses bras, afin de se réchauffer quelque peu et plus que tout, de se rassurer. Elle contempla dans un premier temps les traits détendus de son nouvel ami, pour en désoler la perte une fois le récit déchirant entamé. La puissance apparente de la créature ne valait rien face à l'humanité qu'il dévoilait à présent.

Les émotions qu'elle semblait déchiffrer dans les yeux du vampire assombrirent ses propres prunelles, changeant son regard en un regard plein de tristesse et compassion pour le sort de toutes ces vies. L'horreur de la condition de Sanguini la touchait tout particulièrement, qu'elle ne songea pas même un instant à émettre un jugement négatif sur les actes du vampire. Dans un geste qu'elle ne parvint pas, ne voulut pas réprimer, elle saisit entre ses doigts les mains froides de son interlocuteur, sans rompre l'échange visuel. Toute sa sympathie passait par ce geste, par ces instants de soutien silencieux. Ainsi, elle espérait apaiser l'agitation du vampire, tout autant que lui signifier que les sentiments n'étaient pas matière à rejeter en son modeste logis. Bien au contraire, ils étaient le peu de couleur qu'elle parvenait à imaginer dans son quotidien.

- Ne perdez pas espoir, Sanguini. Votre souhait vous honore, et je suis certaine que vous saurez l'accomplir. Ce soir, c'est bien plus humain que créature que vous m'apparaissez. Le bonheur...

Son regard s'abaissa pour se poser sur le plancher entre leurs pieds.

- Le bonheur se dévoile à toute âme qui veut bien partir à sa recherche. J'en suis persuadée. Ne renoncez pas si tôt. Toute tragédie n'est pas nécessairement la fin d'une histoire, elle peut même marquer le début d'une nouvelle qu'il ne vous appartient que d'écrire. Votre arrivée en cette ville n'est-elle pas le début d'une nouvelle ère, d'une nouvelle chance ?

Elle appliqua une légère pression sur les mains du vampire, un signe qui traduisait toutes les paroles de compassion qu'elle n'avait pas l'esprit d'exprimer en ce moment intense.

- C'est avec le coeur et l'esprit légers que vous me laisserez, Sanguini, et pour cela je vous remercie. Vous avez fait preuve d'une bonté dont vous n'avez probablement pas conscience, et pourtant... C'est un homme sensible et honorable que j'ai rencontré cette nuit et que j'espère vous me permettrez de nommer "ami".
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MessageSujet: Re: [Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures   Mar 27 Juin - 0:15

*Il haussa un sourcil au traitement qu'infligeaient les vélanes pures souches à leurs victimes.*

Ce n'est guère plus charitable. Par « tester », reprit-il à propos de leur sortie, j'entendais par ce mot trouver ce qui le dissimule ou au moins le réduit prou pour que vous vaguiez en paix. Moi, par exemple, c'est la crème solaire à base de lavande aspic, SPF 150. Oh bien sur, je demeure un vampire, mais je peux sortir en journée par temps couvert sans que ma peau ne crépite.

*Il inclina poliment la tête*

Je me ferai discret sous votre lucarne lorsque je viendrai vous quérir, et promet de revenir le lendemain sans plus insister si vous ne répondez pas à mon appel. Je pense que vous me reconnaîtrez quand vous ouïrez mon signal... Je me chargerai de vous porter une tenue, ceci ainsi que vous me pardonniez la frayeur que je vous ai occasionné plus tôt. Quant à ma chute, n'en parlons plus, j'en ai subi de bien plus hautes. Mon manoir dans les Carpates est situé le long d'une falaise dont j'avais plaisir à me jeter de temps à autre.

*Daisy frissonnait. Que ce fut par la fraîcheur du soir, sa tenue d'une épaisseur sommaire, le sex appeal discutable de son invité ou la présence d'un être dégageant autant de chaleur qu'un congélateur sous son toit, Sanguini le perçu sans en déceler la cause. Les vampires n'avaient jamais froid, ils étaient plus prédateurs que proies et étaient rarement sujets aux émotions, alors les frissons c'était du domaine de l'éthologie.

Soudain, la jeune femme parcourue la distance qui les séparait et lui saisit les mains. Sanguini amorça un mouvement de recule auquel il du renoncer sous l'impressionnante poigne vélane. On ne l'avait pas touché depuis... depuis des centaines d'années. Même Mrs Norton ne touchait jamais sa peau, c'est à peine si elle lui saisissait le bras à travers ses épaisses couches de vêtements. Il déglutit en sentant cette chaleur irradiante sur sa peau blême et gelée. Si le regard perçant de Daisy ne quittait pas le sien, les rétines onyx du vampire allaient de son visage à ses mains.*

Je... doute posséder encore une âme, ou celle-ci est noircie par tant de noirceur qu'elle ne mérite plus de porter ce nom.

*Il sentit la pression supplémentaire qu'elle y mit, et la ferveur dans ses yeux. Il déglutit une nouvelle fois en dégageant ses mains de l'étreinte. Non qu'elle soit désagréable, tout au contraire, mais elle lui apparaissait comme trop dangereuse et trop tentante pour la créature qu'il était. En cet instant, il ressemblait à une bête malmenée qui ne savait que l'on pouvait être touché sans craindre le pire. Il tenu ses mains croisées l'une contre l'autre à l'emplacement où, jadis, avait battu son cœur.*

Je me fais des amis, voilà déjà un nouveau départ plus qu'inespéré. Et je serais grandement honoré d'être considéré comme le votre. Je doute être en mesure d'aspirer à plus, pour mon propre bien et celui des autres.

*Car les habitudes avaient pour le moment plus de poids que ses bonnes intentions de se comporter civilement, il ouvrit la fenêtre pour prendre congé.*

Au revoir, Miss Gloom, je vous dis à bientôt et vous souhaite une douce nuit. Je me tiens à votre disposition si vous avez besoin de me quérir, je loge chez des nowmajz à la pension Norton. Je vais, pour ma part, répéter quelques pas de valse afin de ne pas vous embarrasser lors de notre prochaine escapade.

*Il allait partir mais se retourna une dernière fois en s'excusant.*

Je vous aurai volontiers baiser la main pour vous dire adieu, mais votre entaille est restée fraîche à ma mémoire alors... vous comprenez.

*Puis il sauta mais aucun bruit de chute ne se fit entendre dans la nuit, rejoignant son logis par les airs pour mettre une distance nécessaire entre lui-même et la jolie Daisy au sang et à la peau si désirables.*
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[Daisy & Sanguini] Rencontre entre deux misérables créatures
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