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 [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.

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Diane Delacour
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MessageSujet: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Dim 2 Avr - 19:39

Sanguini
&
Diane

Deux suppôts de Satan chez les no-maj'

Le goût immodéré des américaines pour le jazz et les robes à sequins était une chose que Diane -connue sous le nom d'Érato chez les no-maj'- ne supportait qu'à grand peine, au coût d'un important travail sur soi et de nombreux verres d'alcool. Et il s'avéra justement, ce soir d'avril 1928, qu'Helen lui avait très fermement déconseillé d'approcher un verre de liqueur. Une invitée surprise venait de se faire annoncer et sa présence exigeait la plus totale sobriété. Effectivement, Emily Norton n'était pas une habituée des soirées mondaines, fort heureusement pour Diane. La dirigeante des Adeptes de Salem venait prêcher sa bonne parole au milieu des bourses du salon et il devenait délicat pour la sorcière d'y officier ses « dons de voyance ». La séance mystique était prévue pour vingt-deux heures, Diane espérait qu'elle serait repartie d'ici là. Elle avait pour consignes strictes -Helen pouvait se montrer terriblement pénible convaincante quand elle le voulait- de ne surtout pas s'approcher d'Emily et de chercher par tous les moyens à se faire oublier. Seulement, l'absence d'alcool et le tempérament français de la jeune femme ne lui rendaient pas le respect des consignes particulièrement accessible. Un flash de pensée de sa voisine de droite finit de la décider à désobéir :

« J'espère que cette pécore de Norton n'emmène pas avec elle, son aristocrate cadavérique. Flippant ce type... »

Il n'en fallait pas plus. « Aristocrate » signifiait souvent en ces lieux une origine européenne  et, de manière très égocentrique, Diane voulut voir qui prétendait s'offrir une part du monopole de l'effroi qu'elle pensait tenir sur ce milieu de bourses pleines. Elle se leva donc subitement, et se glissa furtivement entre les danseurs pour rejoindre le grand salon. Un serveur lui tendit une coupe de Champagne, la coupant dans sa course vers l'interdit :

- Vous vous laisseriez bien tenter, Madame Érato ?
- Mademoiselle. Merci beaucoup,  John, répondit-elle la coupe à la main, maudissant Helen et sa prudence. Dîtes-moi, mon cher, j'ai cru comprendre que nous avions une invitée surprise. Savez-vous si Madame est venue accompagnée ?
- Je...

Diane plongea son regard azur dans celui du pauvre serveur et tenta d'y lire une émotion. Crainte. Dégoût. Gêne. Elle sourit de toutes ses dents.

- Elle est effectivement accompagnée d'un de ses amis, un monsieur Sanguini, si je ne me trompe pas. Il a un accent et un goût vestimentaire particulier qui me laisse penser qu'il serait peut-être français, ajouta-t-il avec un sourire poli qui n'atténua qu'en partie la moquerie gênée que portait cette dernière remarque.
- Merveilleux, conclut Diane en reprenant sa route.

Juste avant de passer la porte, elle lança derrière son épaule :

- Et concernant votre interrogation : non, je ne cherche pas à me caser avec l'un de mes compatriotes, John.

Le jeune serveur stupéfait manqua d'en renverser son plateau. Il déglutit et se fraya un passage vers les cuisines, mal à l'aise. Diane sourit, bénissant le ciel qu'Helen n'ait pas assisté à ce petit tour. Elle détestait que Diane s'amuse avec ce don qui pouvait s'avérer terriblement confondant en ces temps troubles. Lorsqu'elle arriva dans le salon, elle aperçut aussitôt le duo le plus détonnant qu'il lui ait été donné de voir. Emily Norton, souriante à l'excès et mondaine, distribuait les politesses avec autant de vélocité que les tracts pendant que son pâle compère restait statique et placide, l'air profondément ennuyé. Une rapide analyse physique lui apprit deux choses. D'une part que les préjugés sur les français étaient terribles dans ce pays. D'autre part que le nouvel ami de Miss Norton devait lui cacher de nombreux aspects de sa personnalité. Finalement, la soirée s'annonçait amusante. Alors que le sieur Sanguini s'isolait dans un coin de la pièce, Diane saisit l'occasion et alla à sa rencontre :

- Pâle de teint, et une robe de carolingien, vous êtes forcément un...

Elle laissa sa phrase en suspens et sourit avec franchise :

- On vous a promis un happy hour sur les prélèvements sanguins et un échantillon d'écran total, pour vous traîner ici ?
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Ne vous tournez point vers ceux qui évoquent les esprits, ni vers les devins; ne les recherchez point, de peur de vous souiller avec eux. Je suis l'Eternel, votre Dieu. Si quelqu'un s'adresse aux morts et aux esprits, pour se prostituer après eux, je tournerai ma face contre cet homme, je le retrancherai du milieu de son peuple.

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Sanguini

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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Lun 3 Avr - 1:53

*Sanguini s'était peu à peu fait une place au soleil (humour de vampire) parmi les non-majs. Les Norton ne voyaient que du feu (redit) à sa particularité, peut être parce qu'eux mêmes étaient des gens aux mœurs très étranges : renfermés, renfrognés, en adoration devant l'austérité, laquelle semblait avoir trouvé son incarnation sous les traits du vampire. Pourtant, chacun des membres de la famille était sujet à un vice caché. La luxure pour la jeune Chastity, dont les pommettes rougissaient comme une tomate au soleil lorsqu'elle croisait de jeunes marins dans la rue. La paresse pour Mr Norton lorsque, voulant se soustraire aux ordres de son épouse, il prétendait avoir du travail en retard tout en dissimulant sous une pile de faux tableaux, un exemplaire de « Flottes de combat » qu'il lisait avec frénésie. L'orgueil pour Mrs Norton, lequel s'épanouissait dans le pouvoir grandissant qu'elle gagnait à la tête de la ligue des fidèles de Salem. Chacun portait en lui quelque chose d'inavouable, chacun avait son côté sombre, chacun s'appliquait à ne pas voir ce que l'autre dissimulait et ainsi, l'harmonie fragile du tout perdurait.

L'orgueil de Mrs Norton l'avait aspiré à de nouveaux désirs, celui d'être reconnue comme une personne influente, or, on ne pouvait parler de réelle influence quand celle-ci se limitait à un tas de miséreux en loques. Sanguini s'était révélée être l'atout inattendu dans sa main. L'homme était aussi froid qu'une stalactite dans une chambre frigorifique. Elle ne lui connaissait aucun vice. Elle ne l'avait jamais vu boire une seule goutte d'alcool ni fumer la moindre cigarette. Il était capable de psalmodier (presque) aussi bien que la Bible. Sa chambre était toujours tenue impeccablement, il avait un appétit frugal et elle ne lui connaissait aucune inclination pour une femme, elle-même pouvant à peine poser sa main sur sa manche de temps en temps. Pour une raison qu'elle n'expliquait pas, il semblait inspirer une certaine crainte autant qu'il suscitait la convoitise. Et, détail qui avait son importance pour obtenir son billet d'entrée dans le cercle des nouvelles ouailles qu'elle avait à conquérir : il était riche, et même, Dieu lui pardonnera, foutrement riche.

La chef des adeptes de Salem répétait son petit discours que Sanguini avait déjà entendu 100 fois mais à laquelle il ne comprenait goutte. Il avait seulement vaguement saisis qu'il était question d'une sorte de soupe populaire pour gens avertit et de feux de camps. Pour cette occasion, elle avait mis sa plus belle toilette de sainte et portait fièrement la petite croix en argent d'un autre temps que le vampire lui-même lui avait offert quand, la sortant de sa bourse « A échanger contre des dragots avant que ça ne te brûlasse encore la peau », elle avait louché dessus avec une envie qui frisait l'indécence.

Il finit par s'éloigner et laisser sa logeuse à ses jacasseries de commères pour s'enfoncer dans un coin d'ombre au calme. Il ne se faisait toujours pas à ses civilités qui lui étaient étrangères, alors même qu'il parvenait à se souvenir qu'à une époque, il excellait dans ce genre d'exercice. Ainsi était devenu sa vie, aussi étranger qu'un loup sans croc parmi les moutons. Il était près à aller quérir un verre d'eau quand une femme aux parfum capiteux et à l'air arrogant s'avança vers lui, mais son entrée en matière était bien différentes de celles qu'on lui avait servi jusque là. « Pâle de teint, et une robe de carolingien, vous êtes forcément un... ». Il regarda de gauche et de droite sans effectuer le moindre mouvement de tête et répondit.*

Un... un roumain.

*Dit-il en fermant les yeux, cet aveu lui causant grande peine.
Les vampires possédaient eux aussi un pouvoir psychique, celui d'être capable de prendre possession des esprits les plus faibles et de les commander pour des ordres simples. Alors que la femme au physique aussi alléchant qu'une succube lui faisait des allusions que même lui percevait, il se rendit compte que son pouvoir était inefficace sur elle. Il plissa les yeux, cette femelle là n'était pas une mortelle ordinaire, rien d'étonnant en soit, si ce n'est que, en plus de trois mois, il n'avait jamais croisé une seule de ces créatures dans le monde des nowmajz. Sanguini avait décodé les allusions sur sa personne, mais ça ne le rendait pas plus apte à comprendre le second degrés.*

Non madame. Mrs Norton a parlé d'un buffet gratuit et d'assez d'argent pour imprimer de nouveaux tracts en lettres capitales. Et je concocte moi-même un indice 150 à base de lavande aspic dont je n'ai jamais trouvé meilleures efficacité parmi ses concurrents.
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Diane Delacour
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Dim 16 Avr - 23:51

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Deux suppôts de Satan chez les no-maj'

Il existait des préjugés mondains dans tous les milieux ; bien loin de faire exception à la règle la haute bourgeoisie sorcière de France en comptait quelques uns des plus savoureux. Parmi eux, celui-ci, que Diane adorait : les vampires, rendus à demi-gâteux par l'excès de fer contenu dans leur alimentation, avait la conversation d'une otarie défoncée à l'hydromel. Elle fut ravie de voir qu'à son âge, il lui était encore possible de prouver le manque de fondement d'une des sacro-saintes vérités maternelles. Elle sourit et trinqua à ce pied de nez familial lointain en s'offrant une gorgée d'alcool. Le spiritueux fit dignement son office, lui réchauffant l’œsophage et repoussant bien loin l'image terrible du visage maternel. Enhardie, elle planta son regard trop clair dans celui de son nouvel interlocuteur :

- Un... Roumain, adepte des buffets à volonté. Miss Norton serait elle prompte à la dédiabolisation au point de faire boire du lait à un loup ?

Avant que l'aristocrate n'ait pu répondre, l'intéressée s'était ruée sur Diane qu'elle considéra très vite comme une hypothétique nouvelle bourse à vider. Elle l'inonda de son flot incompréhensible de mise en garde et de théorie du chaos avant de lui fourrer dans les mains un tract épais comme un livret d'opéra. Diane l'écouta avec une sorte de fascination malsaine qu'un curé aurait certainement réprouvée à grands coups de missel. Lorsqu'Emily évoqua la possibilité de tenir le même discours au mari de Diane, elle répondit humblement :

- Je n'ai pas l'honneur d'être mariée, voyez-vous, navrée.

Le visage de la grenouille de bénitier sembla animé alors par chacun des différents stades de la réprobation. D'abord la surprise, le dégoût de la compréhension des faits puis la hauteur acide du mépris. Elle s'éloigna alors de ce qu'elle prit alors aussitôt pour une femme de peu de vertu, prête à prêcher sa parole sur une âme plus fréquentable. Diane frémit.

On dit que les « roumains » ont côtoyé de près les Enfers, vous qui êtes un expert, avouez que c'est par nostalgie de ces lieux maudits que vous fréquentez cette femme horrible...

Elle baissa les yeux sur la première page du tract. Il s'agissait d'un guide détaillant les dix meilleurs moyens d'identifier une sorcière. Diane le parcourut des yeux, curieuse et amusée :

« 
1.La sorcière copule fort souvent avec le démon. Cette propension à la débauche diabolique lui a alourdi les mamelons qu'elle a difformes.

2.La sorcière dégage une très forte odeur de soufre qu'elle tente de camoufler sous de lourdes quantités de parfums capiteux.

3. La sorcière -en raison de l'horreur de sa dévotion pour le malin- n'a pas d'époux et vit seul.

4.La solitude lui étant difficile à vivre, elle s'entoure généralement d'une tribu de chats avec lesquels elle communique et qui lui servent d'espions.

5. La sorcière attire les hommes par des philtres et des enchantements. Si votre époux se détourne de vous, votre frigidité n'est pas en cause, il est certainement juste ensorcelé !
6. La sorcière se nourrit de cadavres d'animaux et d'enfants, elle a donc une très mauvaise haleine qui fait faner les fleurs.

7. La sorcière a l'habitude de converser avec le diable en latin, il lui reste de cette habitude un accent étrange.

8. La sorcière porte des vêtements outrageux qui mettent à nu sa poitrine et heurtent l'oeil des honnêtes gens.

9. La sorcière communique avec le monde de l'obscur par des mélopées codées, on l'entend ainsi souvent chantonner sans raison.

10. La sorcière passe ses nuits à danser nues dans les champs pour invoquer des démons, elle a donc souvent les pieds et les mollets écorchés. »

Un fin sourire étira les lèvres de Diane. Elle tendit le tract à son voisin et, après s'être inspecté la poitrine -presque rendue inquiète par le petit un du tract-, elle souffla :

- Vous avez le même pour les lycanthropes ou les suceurs de sang ? Je crois que cela servirait beaucoup à votre hôtesse.
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Jeu 20 Avr - 0:06

En vérité, je trouve le concept même de « buffet à volonté » tout à fait chimérique, que 50 ouailles s'ajoutent aux invités et je gage que la maîtresse de maison se retrouvera en bien fâcheuse posture. Outre ces considérations mathématiques, je n'apprécie guère de devoir me servir à la manière des paysans partageant le méchoui de fin de moisson.

*Il plissa légèrement le nez pour marquer son dédain.*

Mais Mrs Norton dit que c'est « chic ». Je ne vois pas ce qu'il y a de distingué à manquer de gens pour le service. Je me dois aussi de vous contredire, Mrs Norton ne donne de lait à personne, sa poitrine flétrit n'est plus en âge de fournir en offrande la substance issue de ses mamelons.

*La dite Mrs Norton vint les interrompre pour répéter, pour la énième fois de la journée, son exposé sur les risques encouru à laisser le malin s'installer à travers des êtres choisis par le diable pour porter misère, malheur et débauche aux États-Unis (surtout aux Etats-Unis, 1er pays convoité par Satan car, comme chacun sait, « Dieu bénit tout particulièrement l’Amérique et beaucoup moins le reste du monde »). Aussitôt le moulin à paroles mit en route, Sanguini cessa d'écouter, buvant un peu d'eau en répugnant une toile aux traits grossiers et aux couleurs pétantes. Mrs Norton trouva soudain mutisme, ce qui ramena l'attention du Vampire parmi eux. Elle glissa une gougère au fromage dans sa main, arguant qu'il devait absolument goûter ses mignardises et s'éloigna. Il renifla la gougère à la recherche de la moindre trace d'ail et, n'en trouvant point, consentit à mordre dedans pour mâcher sans entrain le met lui paraissant aussi insipide qu'une semelle orthopédique usagée.*

J'ai entendu bien des excuses ces dernières semaines : « Je suis trop occupée », « Je tiens à conserver ma jeunesse », « 14 ans est un âge beaucoup trop jeune », « Je me réserve pour le trompettiste des One Potion »... Je serais curieux de connaître votre théorisation sur le mal dont semble souffrir les femelles de ce pays qui tiennent les maris en horreur.

*Il se retourna sur Mrs Norton qui s'adressait à une nouvelle assemblée un peu plus loin. Son arrière train ne comportait pas de queue, elle n'avait pas de corne sur la tête (Mr Norton le lui avait encore juré la semaine dernière, propos que Sanguini avait trouvé bien étrange car c'était l'évidence même) et sa peau était tout à fait saine. Elle ne lui apparu en rien horrible, mais se remémorant que les femmes étaient particulièrement sujette à la jalousie entre elles, il n'en dit rien.*

Il est vrai madame, que les Hongrois on fait de notre petit paradis aride une terre souillée par leurs fanges frelatées. Nous avons déversé leurs sangs sur nos terres hélas, et je suis bien placé pour le savoir, le sang des Hongrois est fait de la même putrescence que celui issu des menstruations de Lilith elle-même. Mon pays ne s'est jamais relevé de cette escarmouche avec Lucifer.

*Il vit son interlocutrice se lancer dans une lecture minutieuse du tract. Se faisant, il remarque sa poitrine fortement mise en avant, habit typique des ménesses. Il l'identifia alors comme l'une des attractions offertes par leur hôte pour la soirée, ce n'était pas faux, à ceci près qu'il n'avait pas correctement identifié sa mission.*

Non, répondit-il tout simplement. Mais je vous serais gré de tenir votre langue. J'ignore comment vous en êtes venue à faire... ce que vous faites, mais je doute que vous aimiez que l'attention soit portée sur votre particularité.
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Diane Delacour
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Sam 22 Avr - 23:42

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- Non. Mais je vous serais gré de tenir votre langue. J'ignore comment vous en êtes venue à faire... ce que vous faites, mais je doute que vous aimiez que l'attention soit portée sur votre particularité.
Diane fronça les sourcils. Voilà qui était particulièrement contrariant. Elle releva la tête et dévisagea sans courtoisie son interlocuteur. Elle déglutit et chercha ses moments durant de longues, trops longues, secondes de silence. Elle n'était pas assez instruite sur les vampires pour connaître l'étendue des capacités de son interlocuteur. Effectivement, l'étude des vampires se faisait de manière assez succinte à Beauxbâtons après le traumatisme laissé par le plus terrible de leurs réprésentants français : Gilles de Rais. Il lui était donc impossible de savoir si le vampire avait réellement les capacités d'identifier chez elle sa legilimancie. Elle cligna des yeux et souffla :

- Vous m'avez donc percée à jour.

Elle baissa les yeux un instant et fit remplir à nouveau sa coupe pour s'offrir une nouvelle posture. Elle revint le sourire aux lèvres, désirant demeurer le plus impassible possible. Son comparse semblait n'éprouver aucune émotion quant à cette découverte, c'était bon signe.

- J'essaye au contraire de dissimuler ma «  particularité  »  du mieux que je le peux. Vous comprendrez aisément qu'il est bien meilleur pour mes affaires que ceci ne s'ébruite pas. Je n'ai pas une folle envie d'être poursuivie sans cesse par le Macusa.

Elle tendit perceptiblement la nuque à l'évocation du Macusa, comme si ce simple mot était synonyme de guigne. La sorcière se dégagea de cette désagréable impression en trempant ses lèvres dans le spiritueux qui lui fit fermer les paupières. Elle reprit :

- Je suis cependant particulièrement surprise de votre lucidité quant à ma situation. J'ai cru lire quelque part que vous autres, amoureux de l'hémoglobine , aviez des dons plus ou moins similaires en ce sombre domaine... Vous seriez donc un amateur de cet art ?

Avant qu'il ne puisse répondre, elle se tut. Il fallait se montrer prudent lorsque l'on menait de telles conversations en milieu no'-maj'. Elle porta sur lui son regard clair et perçant et lui proposa, tout de go :

- Vous savez les hommes de ce milieu ont les bourses particulièrement pleines et mes quelques années d'exercices m'ont permis de m'enrichir assez pour vivre confortablement des années durant. Alors si vous envisagiez une collaboration commune à ma profession, je serais très ouverte à vous laisser un peu de place. J'avoue même que ce serait pour moi une joie sans égale que de pouvoir voir l'étendue de vos talents. C'est une passion que j'aime partager en public.
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Mar 25 Avr - 15:51

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Je ne tiens pas non plus à ce que le Macusa me tourmente plus qu'il ne le fait déjà.

*Sanguini toisa la femelle de petite vertu qui faisait sa confession. La pauvre débauchée semblait mal à l'aise, sans doute ne devait-elle s'acoquiner qu'avec les nantis particulièrement proches de l'hôte. Sa menace sur la possibilité de révéler qu'elle était une magicienne passa alors au second plan des inquiétudes de la dame, au moins la discrétion était à nouveau de mise.*

Je ne peux que répugner l'usage que vous en faite mais je n'en dirai rien, chacun doit gagner sa pitaille or il n'y a pas de place dans ce nouveau monde pour que toutes les femmes puissent occuper un poste d'institutrice ou d'accoucheuse. Et je dois reconnaître que vous avez des atouts aussi rares qu'impressionnants pour pratiquer votre... art. Vous y étiez disposée, c'est une évidence.

*Dit-il dans une tentative aussi maladroite que stupide de se montrer affable. Il écarquilla les yeux à l'écoute des interrogations de son interlocutrice, personne n'avait encore osé questionner sa vigueur depuis sa transformation. Il avait pratiqué le coït à moult reprises durant ses jeunes années, mais des siècles d'abstinence l'avait rendu quelque peu farouche. Ce n'était pas vraiment de la timidité, plutôt de la peur de ce que l'éveil de ce désir pouvaient entraîner, couplé à une petite gêne pour son manque de pratique dans ce monde où tous affichaient leurs débaucheries, à l'image de toutes ces femmes qui, sans honte aucune, montraient sans cesse leurs genoux.*

Et bien je... je possède quelques dons résiduels. Disons que ce n'est plus ce dans quoi j'excelle, c'est quelque chose que j'ai laissé de côté pendant très longtemps de sorte que sa pratique me semble malaisée. L'on aurait pu s'attendre, avec la perte de pression sanguine, que mon organe souffre du manque d'irrigation et s'engourdisse irrévocablement, tout comme j'ai perdu beaucoup de mes sens primitifs. Mais non, une énergie en a remplacé une autre et je redécouvre, au contact de cette civilisation, que j'ai conservé toute ma capacité pénétrante. Il ne me manque qu'un peu de pratique en conclusion. Mais vous...

*Il se pencha sur elle pour ne se faire que murmure, il ne voulait surtout pas prendre le risque que Mrs Norton, une femme si noble, puisse entendre cette conversation.*

… vous me proposez une association ? J'ai vu, en m'y rendant totalement par hasard, se précipita-t-il d'indiquer, que certains établissements avaient fait leur fond de commerce en utilisant des créatures partiellement humaines à cette fin, et bien que votre proposition soit particulièrement flatteuse au vu de votre incontestable talent, je me dois de refuser. Bien sur, j’apprécierais de trouver une occupation pour mes longues nuits, mais je préférerais un emploi qui ne m'oblige pas à donner autant de ma personne. Et puis en public, par Nosferatu, ça me semble trop compromettant pour une reprise.
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Diane Delacour
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Dim 30 Avr - 14:56

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[+1 Rumeur pour l'effort de codage ; + 1 merci pour cette réponse absolument merveilleuse.]


- Croyez-moi, je suis loin d'être une fervente défenseuse du Macusa,souffla-t-elle dans un murmure. Son organisation même est un sujet de raillerie en France -alors que l'on pressent dans les salons que le gouvernement s'empressera de l'imiter- et le couperet qu'il place au dessus de nos gorges est une menace peut enviable. Mais gageons que son efficacité nous épargne longtemps une menace plus terrible encore... Et par là je parle du soulèvement que tente de mettre en œuvre votre hôte si peu accorte.

Le regard de Diane se déposa à nouveau sur Mrs Norton. Ce qui la frappa le plus fut sans doute l'aspect inoffensif, si profondément respectable, de sa voix. On lui aurait donné le bon Dieu sans confession. Elle secoua la tête et reporta son attention sur son pâle interlocuteur :

- Ceci dit, être tourmenté, que ce soit par le Macusa ou par Belzébuth doit être une constante chez vous, mon ami.

Elle l'écouta discourir sur ce qu'elle pensait être ses prédispositions à la légilimancie et se sentit doucement rougir. Evoluant au milieu des no-maj', elle n'avait que très rarement de retours extérieurs lucides sur son don. Elle déglutit et masqua sa gêne dans son verre, comme elle en avait l'habitude. La langue qui se dissimulait derrière ces canines impressionnantes pouvait donc se montrer plus agréable qu'elle ne l'aurait cru. Elle murmura, sans regarder Sanguini :

- Disposée ? Je ne sais pas. Ce goût pour la chose m'est tombé dessus alors que j'étais encore nubile. Je le pris dans un premier temps pour une malédiction. Ma mère, un terrain fertile pour ce genre d'entreprise, croyez-moi, me devint rapidement insupportable. Et que dire de mon père dont les vices les plus secrets m'étaient alors mis en lumière. Ce don que vous avez remarqué réduit à néant toute pudeur. Les âmes qui vous entourent vous deviennent écœurantes de vices et de perversions.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, son compagnon mondain lui était divertissant. Agréable, même. Lui aussi devait sentir ce vide à la fois terrible et réconfortant dans lequel se nichent sans honte tous les exilés du monde et de Dieu. Lui aussi, ténébricole et noctivague, devait contempler -pour des raisons plus drastiques encore- le jour de loin. Avec ce mépris plein de tristesse qu'ont les reclus pour le dehors. Elle parut surprise quant aux effets de sa transformation sur ses capacités et plus particulièrement sur « l 'organe » qu'elle assimila naïvement à son cerveau :

- Je vois. Beauxbâtons n'enseigne que très peu de choses sur les vôtres. Gilles de Rais a laissé de terribles séquelles que notre institution encore rétrograde n'arrive pas à surmonter. Nous n'avons pas à nous plaindre, cela dit, l'inscription est ouverte aux filles ce qui n'était pas encore le cas au siècle dernier. S'il vous faut mettre en pratique quelques techniques pour reprendre la main, sachez que je serai toute disposée à vous y aider, en privé. Recouvrir toutes vos capacités dans ce domaine devrait vous être d'une grande aide au contact de ces no-maj'.

Elle indiqua d'une inclination de la tête Mrs Norton qui continuait inlassablement à haranguer les foules. Un important entrepreneur semblait intéressé par ses dires, il la prit par le bras et entama une discussion plus intime avec elle. Un sourire étira les lèvres carminées de la voyante, elle reprit :

- Seigneur, il semblerait que vous bénéficiez bientôt de vos nouveaux tracts en couleur, mon ami. Et si nous profitions que Miss Inquisition 1928 soit occupée avec la bourse de Monsieur pour s'éclipser. C'est bientôt l'heure de ma « représentation » et je serai particulièrement touchée que vous consentiez à y assister.
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Mer 3 Mai - 20:27

Deux suppôts de Satan chez les no-maj'

*Il froissa les sourcils avec force à la critique adressée à sa chère logeuse, devenue membre de sa famille dans ce nouveau monde, du moins le croyait-il.*

Je vous en prie, Mrs Norton est tout à fait aimable, cette femme a été pétrie dans la miséricorde. Elle m'a accueilli chez elle comme un membre de la famille le tout pour seulement quelques-uns de ces morceaux de parchemins qui sert pour le troc.

*A ses yeux d'ambassadeur du diable, Emily Norton dégageait autant de chaleur qu'un cube allume-feu au centre d'un barbecue. En prime, il doutait de ce que le macusa puisse être qualifié « d'efficace », il patientait en moyenne 2h45 avant chacun de ses rendez-vous pour lesquels il était toujours pile à l'heure et ce, même lorsqu'il glissait quelques dragots à la secrétaire. Il mettait cette lenteur administrative autant sur l'accumulation de services tous plus inutiles les uns que les autres, que sur la sur-représentation des femmes au sein de cette institution. « Les femmes compliquent tout », lui psalmodiait autrefois son père.*

Je n'ai jamais rencontré Belzébuth en personne madame, la comtesse de Bathory, lointaine cousine ayant souffert du même mal, a été décapitée quelques décennies à peine avant ma propre transformation.

*Répondit-il très sérieusement, « Belzébuth » ayant été pendant longtemps l'un des nombreux petits sobriquets dont avait été affublée cette pauvre parente incomprise.

Il remarqua la pudeur et la rougeur venue teinter les joues pâles de son interlocutrice, une réaction venant renforcer l'idée que ses activités pécuniaires impliquaient un peu plus que de prêter une oreille attentive à ses clients. Lui même se plongea dans une imitation en miroir en portant son verre à ses lèvres, lequel il finit en engloutissant bruyamment les dernières gorgées d'eau fraîche. La gêne de Sanguini lui donnait chaud, une sensation exceptionnelle en tant que chambre froide ambulante montée sur pieds.*

Au moins vous ne rejetez pas les attributs que vous a donné la nature comme le font, à ce que j'ai pu en juger, la plupart de vos contemporaines, dit-il avec un raclement de gorge. Il est dommageable de le distribuer au tout venant quand vous auriez pu le réserver à votre famille mais soit, il en faut, quel homme prétendrait le contraire ? Moi-même, je ne rechignais pas à y avoir recours lorsque je disposais encore pleinement de ma capacité à passer de vie à trépas, de là à en faire le commerce...

*Soudain il porta la main à son cœur avec une expression d'horreur, ce qui se traduisait chez lui par un écarquillement modéré et le haussement du sourcil gauche.*

Ne vous vexez pas pour mes ambages, je me saurais plus que chanceux de vous avoir pour initiatrice, mais croyez-vous que se soit absolument nécessaire ? Je sais que certains milieux semblent particulièrement priser la chose, mais Mrs Norton par exemple, dédaigne cette pratique, son époux me l'a encore confirmé tout récemment. Elle dit qu'à le pratiquer on devient sourd à tout le reste aussi je n'ose le reprendre en main comme vous le dites si justement.

*Il tourna vivement la tête vers Mrs Norton, ses histoires de bourses lui avait fait craindre le pire mais fort heureusement, il n'était question ici que d’aumônière. Après un soupir de soulagement, il consentit à suivre sa nouvelle perceptrice tout en craignant pour sa pudibonderie hypocrite. En public, quelle idée ? De son temps, on détroussait la gueuse discrètement à l'abri derrière un fourré, un fagot de bois, un tonnelet de vin ou n'importe quel autre élément pouvant faire office de paravent improvisé et si quelqu'un voulait lorgner, il le faisait à la dérobé comme la bienséance l'imposait.*
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Diane Delacour
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Sam 6 Mai - 17:28



Sanguini & Diane
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⚜ La puissance du vampire tient à ce que personne ne croit à son existence. ⚜



- Le principe même d'hospitalité, mon cher, ne tient-il pas justement dans la condition sine qua non de gratuité ? Parce que, navrée de vous l'apprendre façon si brutale, mais les petits parchemins que vous utilisez pour le troc sont des billets. Et c'est billets là sont, je crois, l'un des péchés mignons favoris de votre logeuse qui n'hésite pas à haranguer les foules pour qu'on daigne lui en laisser quelques uns. Je crains que vous ne l'idéalisiez. Et puis ce goût pour les chapeaux fleuris, c'est tellement 1921...

Elle jeta un œil à la tenue de son interlocuteur et haussa les épaules. Il n'était certainement pas le mieux placé pour pouvoir jugé des goûts vestimentaires de Miss Norton. Elle finit son verre et laissa l'alcool lui réchauffer la langue. Lorsqu'il évoqua la comtesse de Bathory, elle fronça les sourcils :

- N'est-ce pas la une coutume étrange que celle de se baigner dans le sang ? Je m'explique, je raffole particulièrement du vin dont le goût m'est très doux mais il ne me viendrait pas à l'esprit de m'y baigner. Vous partagez ce genre de fantaisies ? Et le goût du sang a-t-il réellement une saveur différente en fonction de la virginité de la victime ?

Un serveur de passage ouvrit de grands yeux en entendant cette conversation si déroutante. Vive, Diane le prit par le bras et lui sourit en lui demandant si lui aussi, il avait lu le dernier best-seller à l'écriture aussi riche en hémoglobine que pauvre en qualité : « Indigestion. » Le serveur rassuré, secoua la tête et partit.

- Je n'ai pas connaissance d'homologues ayant choisi de renier ce genre de talent, je vous assure mais... Le garder pour ma famille ? C'était plus un sujet épineux qu'une aide dans nos relations, croyez-moi. Attendez...

Soudain, le doute s’immisça dans l'esprit de la sorcière. La menace de la surdité, plus particulièrement, fit tinter la sonnette d'alarme de son esprit. Elle fronça les sourcils, jeta un œil à son décolleté effectivement quelque peu osé pour une européenne et ferma les yeux en expirant. Elle demanda, d'une voix terriblement calme.

- Monsieur, sans vouloir vous offenser à mon tour, seriez-vous en train d'insinuer que vous me pensez prostituée ?

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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Mar 9 Mai - 20:30

Deux suppôts de Satan chez les no-maj'
Que voilà une époque fantasque aux principes bien étranges ! De mon temps, ce que vous appelez « gratuité » était le propre des serfs. L'esclave donne, le maître vend, troc ou échange. Un homme civilisé ne saurait accepter un bien ou un service gratuitement à moins que ce ne soit son anniversaire et qu'il vienne d'un proche parent. L'égalité veut que tout se marchande Madame, et par tous les diables, que l'on me lime mes crocs si Mrs Norton est une vassale. Regardez-là...

*Dit-il en se tournant vers cette femme à la droiture irréprochable et au sourire calculé.*

Ce port de tête, cette amabilité, cette longueur de jupe se rapprochant du réglementaire. Cette femme, de par son exemplarité, est le joyaux de son époque.

*La dessus, son regard toujours ancré sur les lèvres psalmodiant de sa logeuse, il marqua une pause de quelques secondes empreintes d'un mélange de révérence et de nostalgie, avant d'ajouter :*

Elle me rappelle ma mère... Mais je reconnais que les fleurs sont des frivolités que l'on devraient réserver aux tombes.

*Il faisait à nouveau face à la voyante aux prunelles perçantes.*

Par la croupe de Belzébuth, non ! Le sang se nettoie difficilement, qui affectionnerait suffisamment de faire sa lessive pour s'asperge de sang ? En outre, et malgré mes titres de noblesse, les famines m'ont inculqué de ne pas gâcher de la bonne nourriture... soit, soit, l'on aurait pu utiliser du sang de roux, mais l'opinion publique ayant changé à leur encontre, il est maintenant trop tard pour s'adonner à ce passe-temps. Pour la virginité, oui madame. Le goût et l'odeur sont différents, or l'on mange autant avec les papilles de la langue que celles du nez, votre goût pour l'ivresse a déjà du vous enseigner ce fait.

*Il profita du passage du serveur pour lui rendre son verre d'eau vide. Il voulu l'échanger contre ce qui ressemblait à du jus d'orange, mais, prohibition oblige, en le reniflant de plus près il se rendit compte que quelques lampées de Gin y avait été mêlées. Il reposa alors le verre avec dépit et croisa ses mains contre lui, bras tendus vers le sol. Ainsi positionné, sa ressemblance avec un croque-mort était accentuée.*

Je serai discret, j'ai compris que vous ne souhaitiez pas attirer la jalousie des épouses des hommes que vous convoitez. Qu'il doit vous être difficile d'officier quand les femmes se veulent égales aux hommes jusque dans leur droit à assister aux sauteries, si je peux utiliser ce mot sans que vous ne vous sentiez montré du doigt. Je ne vous juge pas, de mon temps la moitié des femmes se faisaient détroussées pour vivre, l'autre moitié également mais à la discrétion de leurs maris pendant qu'ils labouraient les champs, si bien que la moitié des marmousets étaient les bâtards des seigneurs environnant.

*N'ayant pas vu de lit ou de sofa suffisamment large pour s'adonner à sa besogne, il tendit le cou à la recherche d'une porte à la dérobée.*

Où allez-vous officier que je vous y suive. Je vous donnerai mon avis le plus objectif que possible, ainsi que vous l'avez demandé. Vous pouvez compter pour cela, sur mon œil de charcut... de chirurgien.
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Dim 21 Mai - 12:49



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⚜ La puissance du vampire tient à ce que personne ne croit à son existence. ⚜


Diane laissa son regard lascif découvrir sous les mots du vampire une Mrs. Norton qu'elle n'avait jamais envisagée. Le port de tête que son interlocuteur admirait, elle le trouvait bravache et sans élégance. La longueur de jupe lui offrit un sourire goguenard ; c'était selon elle sous les plus lourds tissus qu'on cachait les plus gros vices. Elle chercha des yeux l'exemplarité de la no'-maj et ne put réprimer un souffle saccadé un peu trop moqueur. Elle baissa la tête, de pudeur et de gêne mêlée et eut un regard d'excuse pour son pâle convive.

- Si Mrs Norton est un joyaux, mon cher, c'est à coup sûr celui d'une bague de fiançailles de mariage arrangé. Elle en a la fadeur et la sévérité.

Elle rejoignit l'affriolant sujet des bains de sang ; cette femme la mettait mal à l'aise. Son visage restait d'une placidité statuaire. Un passant les voyant pérorer de l'autre bout de la salle de réception aurait pu croire à la rencontre fortuite de deux passionnés d'horticulture ou de macramé. Il n'y avait, dans le spectacle muet de ces deux bonnes âmes discutant, bien peu d'originalité une fois dépassée celle de leurs accoutrements respectifs. N'importe quel observateur serait bien rapidement passé à celui, plus charmant, des cuisses gainées de nylon des danseuses.

- Si l'on mange autant par les lèvres que les narines, avouez aussi l'importance des yeux. Je n'ai, fort heureusement pour moi, pas le même régime que le vôtre, mais s'il me faut choisir une pêche, je me dirigerai d'instinct vers celle aux couleurs les plus tendres, celle dont la peau lanugineuse aura la rondeur la plus exquise pour l'oeil. J'imagine qu'il en va de même pour vos repas. Une gorge à la peau nubile et glabre doit être bien plus goûtue que celle, flétrie par les années et la phtisie, d'une prostituée à trois roupies la passe.

Lorsque Sanguini, raide comme la justice, sembla se dessécher sur place en épiloguant sur son statut convaincu de fille de joie, Diane puisa dans toute la noblesse française de son sang pour éviter  de témoigner la moindre émotion. De nombreux bruits couraient sur son statut, dans tout New-York. Certains la disaient sorcière, d'autres la pensaient succube, quelques la croyaient actrice et un plus petit nombre affirmaient qu'elle était familière des drogues les plus dures. Mais c'était bien la première fois qu'on la prenait pour une prostituée. Elle déglutit et pensa, mutique : «  Se faire traîtrer de prostituée  par un vampire roumain centenaire dans une soirée moldue, on dirait le début d'une mauvaise blague. » Elle secoua la tête et reprit, avec le calme digne de Cléopâtre face à l'aspic :

- Je vois. Gagez, mon cher ami, que je n'ai pour ces professions du corps aucun dédain particulier. Au fond n'est-ce pas là le lot quotidien de toutes femmes mariées, même fidèles ? Devoir céder aux brusques coups de reins de leur époux dans l'espoir d'une plus jolie robe, d'une parure de perles à arborer en soirée. Croyez-moi, on s'extasierait moins de la beauté des toilettes de ces dames en sachant de quelles basses besognes elles sont le salaire.

Elle eut un regard équivoque vers un groupe de jeunes femmes mariées endimanchées sous un demi-quintal de sequins.

- Seulement, comme je le craignais, il y a méprise. Je ne suis pas une fille de joie, pas même une hétaïre. Ce n'est pas mon corps mais ma légilimancie qui me permet de vivre au milieu des no'-maj. Ils me pensent voyante.

Elle s'épargna au prix d'un effort surhumain la retrospective de leur conversation sous l'éclairage nouveau de ce quiproquo et  noya sa gêne dans un énième verre. Pour la première fois depuis une dizaine d'années, elle eut l'envie profonde de rentrer se cacher sous l'épaisseur bordeaux de ses draps pour y dormir des jours durant. Elle souffla et se rendit compte avec une pointe d'amusement qu'elle était devenue aussi raide que son compagnon de soirée. Si à cet instant, un observateur extérieur s'était piqué de l'envie de les regarder à nouveau le spectacle aurait été tout autre. Il y aurait eu quelque chose d'amusant à observer ces deux fantômes pâles et cernés, rester côte à côte sans se regarder, droits et rigides comme des adolescents à leur premier rendez-vous. Quelque chose de piquant, également, à voir l'automatisme du bras de la voyante portant le verre à ses lèvres, irréfléchi comme l'est celui de la respiration.

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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Mar 23 Mai - 16:55

Deux suppôts de Satan chez les no-maj'
*Les mariages arrangés, comme le lui avaient inculqués ses parents, donnaient naissance aux plus calmes foyers. La passion devaient être réservées aux Maîtresses afin que l'épouse puisse toute entière se consacrer aux enfants. Il est vrai que lors de sa jeunesse lointaine, le vampire en avait pris quelques libertés, c'est que ses parents l'avaient beaucoup trop gâté, et il n'avait accepté de se marier qu'à celle qui avait réussi à faire battre son cœur. Pour autant, la dote n'avait pas été négligée.*

Je la trouve tout à fait affable.

*Au regard du vampire, l’âpreté se faisait rare sur les visages humains, à peine lui trouvait-il un soupçon d’austérité qui ne venait que souligner la dignité de son caractère.*

J'avoue aimer sentir une peau douce sous mes lèvres, les jeunes femmes replètes me remémorent les gros abricots juteux que l'on dégustait lors des étés durant ma vie de mourant. Mais pour les autres menus détails corporels, je n'y prête... prêtais guère attention.

*Il haussa un sourcil si haut qu'il en déplia la cerne marron qui soulignait son regard, accentuant son air de cocker taiseux. Sanguini ne souffrait d'aucune retenue, les regards complaisants étant une invention purement humaine, aussi offrit-il à ses rétines un nouveau détaille de la succube. Ses seins serrés menaçaient à tout moment de s'échapper de son corsage, sa taille était marquée à la manière des prostituées danseuses de can-can de son époque, ses chaussures à talons hauts semblaient être conçues pour s'adonner exclusivement à des jeux masochistes qu'il se surprit à penser... qu'ils ne lui auraient peut être pas déplu. Fort heureusement, sa robe était d'une longueur respectable, ce qui venait contre-balancer la réputation des françaises.*

Je vois, dit-il simplement à la fin de son inspection. Veuillez pardonner ma bévue, j'éprouve encore quelques difficultés à cerner les détails vestimentaires pour discriminer un métier d'un autre. C'est finalement vous qui mettez les autres à nus. Je ne saurais dire quelle profession des deux est la moins morale.

*Dit-il sur le ton du questionnement le plus innocent qu'il soit. N'ayant plus de verre entre ses mains pour dissimuler son malaise, mais ayant bien remarqué l'alcoolisme de sa comparse, il dut se contenter de gratter une de ses griffes jusqu'à ce qu'il prit conscience de l'impolitesse de son geste. Il laissa alors retomber ses bras et passa sa langue sur ses crocs, regardant droit devant lui à la recherche d'une banalité humaine pour briser ce mutisme dérangeant...*

… Je suis sur que vous y auriez excellé tout autant...

*La remarque, fort heureusement, fut interrompue par l'arrivée d'une montagne de mignardises que les bourgeois, aussi futiles que des enfants trop gâtés, s'empressèrent d’applaudir. Sanguini les imita en tapotant ses mains l'une contre l'autre sans trop savoir pourquoi, une vieille aristocrate se retourna vers lui d'un air complice qu'elle regretta bien vite lorsqu'elle perçue le « sourire », ou plutôt le retroussement de lèvres dévoilant les incisives du vampire, lequel ressemblait plutôt à un chihuahua sur le point de mordre. Un petit groupe de mégères se mirent alors en retrait en faisant de grands signes à la catin voyante. Le cerveau dépourvu d'irrigation de la créature perçut, pour une fois, correctement la situation, laquelle n'appelait plus que le talent d'Erato la mystique. Il lui prit alors son verre des mains en lui lançant un regard réprobateur. Sanguini se souvenait d'une chose de sa première vie, qu'il s'agisse de putain ou de diseuse de bonne aventure, les excès éthylique ne faisaient jamais bonne impression sur la clientèle.*
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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Dim 28 Mai - 14:29



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⚜ La puissance du vampire tient à ce que personne ne croit à son existence. ⚜


« Je ne saurais dire quelle profession des deux est la moins morale. »

Diane esquissa un sourire amusé dont la responsabilité tenait autant  des jugements surannés du vampire que de la qualité -relative- du vin. Elle se tourna vers son comparse et lui répondit avec un naturel las et poli :

« Assurément la mienne, mon cher. Il y a dans les replis de l'esprit bien plus de vices que dans ceux des jupes. Fort heureusement pour moi, mon éducation catholique m'a appris à considérer la morale comme une vieille idole ; quelque chose dont on parle beaucoup mais qu'on écoute du reste assez peu. La confession est un passe-droit très permissif. Concernant votre bévue, vous êtes tout  pardonné.»

Le regard inquisiteur que le vampire avait à nouveau fait passer sur son interlocutrice ne la gêna pas. S'il était impudique, impoli et trop visible du reste des convives, il avait la très rare qualité de n'être ni hypocrite, ni dérobé. Rompue aux mondanités no'-maj' depuis une dizaine d'années, Diane savait apprécier à leur juste valeur les rares témoignages de franchise ; fussent-ils incarnés par la curiosité libidineuse et mort-vivante d'un vampire en pleine phase de sevrage.  Le silence qui s'installa entre eux avait l'épaisseur molletonnée de la ouate. Elle le savoura quelques secondes, heureuse de pas se faire à nouveau attribuer une profession peu enviable. Alors qu'elle s’apprêtait à lui proposer une place de choix pour la future représentation, le vampire se crut inspiré de déserrer à nouveau les canines :

« … Je suis sûr que vous y auriez excellé tout autant... »

Les pupilles de la sorcières, qu'elle dilatait volontairement par l'ingestion de belladone avant chaque représentation, s'arrondirent au maximum. Elle posa sur le vampire un regard à faire pâlir de honte Belzébuth lui-même et leva sa main droite, prête à redonner à son teint blafard de macchabée la roseur juvénile de sa petite enfance. L'indélicat eut la présence d'esprit de lui prendre son verre, sauvé qu'il l'était par l'heure de sa représentation. Diane renâcla de rage. Même quand Helen n'était pas présente pour jouer les chaperons bien-pensants, il fallait qu'on l'empêcha de boire. Elle siffla entre ses dents, en direction du vampire :

« Je peux accepter beaucoup de choses avec le sourire, mon cher. Que l'on définisse Mrs Norton comme un canon de beauté ? Soit. Que l'on me prenne pour une prostituée adepte des orgies publiques ? Passe encore. Mais me faire draguer aussi vulgairement par un macchabée dont le cerveau est aussi peu irrigué que les parties intimes ? Très peu pour moi ! Pourquoi pas par une goule ou un troll des montagnes tant que vous y êtes ? »

Elle reprit son souffle, vraisemblablement agacée et conclut, comme si cela expliquait tout :

« Je suis française, tout de même ! »

Dans un froufrou contrarié de tissus et de dentelles, elle se fraya un chemin entre les mondains pour rejoindre l'estrade. Mrs Norton qu'on venait d'avertir de la suite des joyeusetés, fronçait un sourcil sévère et inquisiteur vers celle que l'on disait dépositaire de savoirs occultes. Elle remit son chapeau -hideux- en place et chercha des yeux -hideux- son porte-monnaie sur pattes. Lorsqu'elle le trouva, sa bouche -hideuse- se fendit d'un sourire -hideux- hypocrite. Elle lui fit signe de la rejoindre d'un geste de la main presque doux.

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MessageSujet: Re: [Sanguini & Diane] Deux suppôts de Satan chez les no-maj'.   Lun 29 Mai - 20:34

Deux suppôts de Satan chez les no-maj'

*Il hocha la tête positivement, trouvant le jugement que faisait la voyante sur l'usage controversé de son don tout à fait pertinent. Il déposa le verre sur le plateau d'un serveur zigzaguant entre les rangs serrés de convives agglutinés autour des pâtisseries, ratant ainsi le soubresaut de la main féminine rêvant, l'espace d'un instant, de claquer sa joue. Lorsqu'il tourna à nouveau son visage blême vers Diane, il eut un léger mouvement de recule devant la noirceur de ses pupilles. Le vampire connaissait bien cette expression, il avait la même à chaque fois qu'il s'apprêtait à passer à table. Se sentant pour la première fois depuis fort longtemps, proie plutôt que prédateur, il resserra machinalement sa cape autour de sa gorge et écouta l'admonestation d'un air contrit jusqu'à sa toute fin.*

Permettez-moi de vous faire remarquer que vous faites un raccourci dont je me dois de vous corriger. Je ne suis pas mort. Certes, je ne suis pas vivant non plus et il est aisé de faire l’amalgame tant j'ai en commun avec ce que nous pourrions nommer « les défunts », dit-il en miment des guillemets. Nonobstant, mon corps reste vigoureux, non sujet à la putréfaction et je maintiens mon cercueil impeccablement tenu. En usant de plus de justesse, les termes de « semi-macchabée » ou « macchabée à cheval sur le styx » seraient des termes plus justes. Je préfère vous prévenir, si vous veniez à rencontrer d'autres... personnes de mon état moins délicates, vous seriez alors sujette à toutes les plus cruelles moqueries. De plus, je ne drague pas, vous voyez bien que je ne me suis pas doté de pagaies.

*Sur ce, il tourna le visage, levant haut le menton avec fierté, muet pour quelques trop courts instants alors qu'il jetait des petits coups d’œil à la voyante en faisant rouler ses yeux dans ses orbites. Celle-ci finit par s'éloigner rejoindre ses clients fortunés en mal de sensation. Il songea qu'il devrait lui rappeler que les femmes de condition étaient tenues de contenir leur jalousie à l'encontre de leurs rivales, et se promit même de la complimenter afin d'apaiser ses tourments féminins.

« Votre port de tête est tout aussi aristocratique que celui de la timoré Mrs Norton, sans doute même l'est-il d'avantage a bien y regarder. L'absence de mari à votre bras n'y est pas imputable ».

Satisfait de la flatterie prête à être dégainé lors de leur prochaine rencontre, il la suivit des yeux montant sur l'estrade.

Droit comme la justice du Macusa, posté derrière le plus gros des convives (à comprendre dans le sens d'attroupement et non en référence au petit homme replet placé juste devant lui), il s'apprêtait à assister à la démonstration quand Mrs Norton vint le tirer par le bras. Ce genre d'exhibition ne pouvait être que le fruit du diable, de la supercherie ou de l'occultisme le plus pernicieux, lui soutint-elle, il leur fallait partir sur le champs pour ne pas nuire à la réputation de son organisation. La non-maj le pressa d'autant plus qu'il se défendit en arguant que la prophète l'avait tout particulièrement invité à rester, ce qui entraîna des petits regards soupçonneux lancé en direction de l'estrade de la part de la dirigeante de la confédération de Salem. Attendrit par les yeux suppliants de celle qui avait eut tant de bonté pour lui, il consentit à quitter ses mondanités, esquissant quelques pas pour contourner la foule, sa logeuse au bras.*
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