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 [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !

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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Ven 12 Mai - 2:24

*Questionner quelqu'un sur ses choix n'était pas les remettre en question mais au contraire, essayer de se mettre au même niveau que l'autre pour le comprendre, aussi il était impossible pour quiconque – ou tout du moins pour Clayton dont le cerveau masculin n'était pas de taille face aux complexités féminines – de comprendre les réactions particulières de l'infirmière. D'ailleurs, les infirmières n'étaient-elles pas censées faire preuve de sang-froid, ou n'était-ce là qu'un cliché ?*

Comment pourriez-vous porter un jugement sur moi alors que vous en savez si peu. Vous vous butez lorsque je vous questionne au lieu de dialoguer, de sorte que vous m'avez rarement interrogé sur ma propre vision de la vie ou sur la façon dont j'ai mené ma barque jusqu'à présent. Mais je vous comprends, le visage du mystère n'est-il pas séduisant ?

*L’interrogea-t-il faussement tout sourire en relevant son menton devant cette tentative de réchauffer l'atmosphère par un trait d'humour. Il l'observa flatter les Sombrals avec une expression d'envie qui ferait grincer des dents quiconque aurait gagné ce don au prix de la perte d'un proche. Mais perdre quelqu'un était une expérience qui lui était étrangère. Il avait renoncé, ce qui était douloureux aussi mais pourtant si différent. On pouvait toujours garder espoir en l'avenir pour rapprocher les cœurs qui s'étaient éloignés, mais la mort, elle, ne laissait aucune chance de rédiger d'autres pages.*

Pour me faire plaisir, faites simplement en sorte de profiter du temps présent. Je retiendrai ma curiosité vous concernant et si d'aventure nous devons explorer nos pensées et sentiments, alors se sera à votre invitation et non plus à la mienne. Voilà qui devrait vous sécuriser à nouveau.

*Il lui tenait toujours la porte du coche ouverte lorsque Jane s'engouffra dans la voiturette, il en profita pour souffler sur son passage.*

J'accepte vos excuses. Mon instinct maternel, voilà mon talon d’Achille dévoilé.

*Dit-il avec humour en prenant place à son tour. Dès qu'il claqua la porte, les Sombrals se mirent en marche. Il pouvait pleinement profiter du paysage par les vitres, y comprit celle de devant puisque les animaux réputés de mauvaises augures n'étaient pas visibles pour gêner sa vue. Néanmoins, son regard s'attardait le plus souvent par la petite fenêtre sur sa droite tandis que Jane était installée à sa gauche. Même s'ils étaient protégés du froid pour quelques instants, l’intérieur de la carriole restait fraîche et une vapeur s'échappait d'entre ses lèvres à chaque mot qu'il prononçait.*

Je les ai trouvé lors d'une aventure épique comprenant un gobelin, un épouvantard et un lasso.


*Son ton était sérieux tandis qu'il laissait un silence s’installer avant de pouffer.*

Évidemment non, je les ai loué. Il faut bien que les rares autochtones se déplacent, or grâce à leur chaleur corporelle, les Sombrals craignent moins le froid que n'importe quelle autre race de chevaux. Et leur intelligence nous permet de nous passer de chauffeur, n'est-ce pas là un autre avantage ? Quant à ce que j'en pense, poursuivit-il en regardant à nouveau dehors, je ne suis pas très porté sur les superstitions Jane. Sombrals, Sinistros, Augurey, aucune des créatures que j'ai rencontré dans ma vie ne m'a apporté malheur. Ces faits là ont toujours été le fruit du travail acharné des hommes. Les animaux, contrairement à l'homme et sans être dénués d'intelligence, conservent une parfaite innocence. Pensez-vous qu'un être innocent, de part son apparence, puisse être une ode à la mort ? Demanda-t-il en tournant son visage vers elle. L'être innocent n'est-il pas une exultation de la vie ? Et si cet être, indépendamment de sa volonté, nous rappelle de malheureux moments, peut-il être tenu comme responsable ? Sans compter que la manière dont on les interprète dépend de chacun. Sur ce, puis-je vous renvoyer votre question ? Y voyez vous la vie ou la mort ?

*Un petit sourire réconfortant étira le coin de ses lèvres tandis qu'elle lui rappelait l'histoire avec le prêtre.*

Je n'ai pas été très utile dans cette affaire.

*Aux derniers mots de la jeune femme, il força son sourire et hocha à peine perceptiblement la tête. Rectifier le tir... Si Clayton aimait à manipuler l'opinion, il ne pensait pas être le genre d'homme façonné pour quémander des caresses. Il manipulait mieux les verbes que les gestes, or la parole, même dénuée d'attente, était tabou entre eux. Il appuya son coude contre la porte pour reposer sa tête contre son poing, et tourna à nouveau son regard vers le paysage glacé qui défilait sous ses yeux. La soir commençait à tomber et la neige blanche se faisait de plus en plus grises. Quelques flocons tombaient ici et là mais rien qui ne présageait d'une tempête, les perles de coton tombantes du ciel prendraient probablement fin avec les dernières lueurs du crépuscule. Au fur et à mesure que le fiacre glissait sur la neige, le paysage se faisait moins monotone tandis qu'ils se rapprochaient d'une forêt de conifères.

Alors que la nuit était presque totalement descendue, les Sombrals entamèrent leur lente décélération avant de s'immobiliser à l'orée des premiers arbres. Le botaniste sortit alors de la voiture, tête la première et tendit sa main à son invitée. Tout sourire, il dissimulait une pointe de nervosité de peur que la demoiselle ne soit déçue. Il n'y avait ni luxe, ni faste. Face à eux, enfoncés parmi les premiers sapins, une minuscule cabane de trappeur semblant abandonnée les attendait. Le cabanon tout en bois était si ratatiné qu'il donnait l'impression d'un cabinet d'aisance planqué entre les arbres, mais bien entendu, cette apparence extérieure était sans compter sur l'ingénieuse magie qui, si elle ne pouvait transformer un crapaud en Prince, savait au moins lui ôter ses pustules et son odeur de vase pour un tout plus engageant. Une fois descendu, il retint la main de l'infirmière, lui faisant comprendre par son geste que la visite de la cabane serait pour plus tard.*

C'est maintenant que je me dois de tenir ma promesse. J'espère que cette nuit sera aussi belle que ce que j'ai eu l'audace de vous jurer, et qu'elle ne demeurera pas dans votre mémoire comme le plan le plus foireux de votre vie.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Sam 13 Mai - 12:14

JANE
&
CLAYTON

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage.

* « La sécuriser de nouveau »… Jane choisit de garder le silence face à ces paroles qui l’attristèrent légèrement. Elle n’en laissa rien paraître et ne trouva nul réconfort dans l’acceptation du botaniste. Les choses, les dialogues à venir, ne seraient pas aussi simples qu’attendues. Il lui faudrait prouver sa bonne foi et des efforts. L’infirmière, qui ne gardait son sang-froid qu’entre les murs de l’hôpital ou devant la mort, laissa son regard se poser sur les sombrals tandis qu’un long frisson parcourait son échine. Il n’était pas dû au froid. Il était plutôt dû à l’atmosphère et surtout aux créatures, lesquelles malgré elle, la mettait mal à l’aise. La fadaise du botaniste ne la fit ainsi qu’à peine sourire mais elle eut le mérite de la rendre plus attentive, et non obnubilée par les créatures ailées. Elle posa sur lui ses prunelles brunes un bref instant avant de les reporter sur des paysages plus blancs.*

Je crois, pour ma part, m’être laissée envahir par des gestes, des pensées superstitieuses. Lorsque je me suis détournée de Dieu, il a fallu que je raccroche mes espoirs à la médecine, à la science. Il a également fallu que je me raccroche aux talents de mon directeur et à mon propre apprentissage des vertus médicinales et magiques, conta-t-elle dans un petit rictus ironique avant d’à nouveau poser ses prunelles vives sur lui. Mais ce n’était pas suffisant. Je me sentais fébrile, abandonnée dans un moment où nulle solution ne parvenait à me satisfaire. Peut-être n’est-ce que naïveté de ma part, mais nous ignorons tant du monde extérieur, des différentes magies qui nous entourent et des forces qui s’y sont mêlées. Il y a des flux, des essences dans ce monde dont l’existence nous est inconnue. J’ai donc fini par penser ses superstitions, à en croire certaines. Je ne dis pas qu’elles sont toutes justes, je partage votre avis quant aux animaux auxquels on attribue bien des responsabilités alors qu’ils sont innocents. Mais mes croyances sont devenues païennes au fil du temps. Lorsque la médecine ne répond pas suffisamment à vos attentes, ne devons-nous pas tout essayer ?

*L’infirmière se tut quelques instants et contempla le paysage défiler, alors même qu’elle écoutait les paroles du botaniste. Ce manteau blanc continuait de la rendre envieuse en dépit des paroles du botaniste sur ce qu’il dissimulait. Une mauvaise voix – probablement due à sa culpabilité – lui suggéra soudainement, qu’elle avait peut-être plus de ressemblances avec le manteau de neige si pur, qu’elle ne l’avait soupçonné de prime abord. Après tout, sa pureté apparente cachait des défauts peu reluisants. Jane secoua discrètement sa tête pour se défaire de toute idée négative et reporta son attention sur les sombrals. Finalement peut-être représentaient-ils moins la mort qu’eux les hommes, effectivement. Un point sur lequel elle rejoignait à nouveau son compagnon d’un jour. Pour autant, Jane ne pouvait empêcher une certaine crainte lui nouer les entrailles.*

Un être innocent ne peut effectivement pas être tenu responsable pour ce qu’il provoque en nous, reprit-elle enfin d’une voix douce. Toutefois, je ne peux réprimer les frissons qui parcourent mon corps dès que je pose mon regard dans le vide de leurs yeux. Je ne peux m’empêcher d’y voir tous ceux dont j’ai entendu le dernier souffle, mais surtout, je ne peux m’empêcher de penser à ce qui m’attend. J’y vois la mort Clayton, l’ombre sous sa plus belle et macabre forme, avoua Jane avant de poursuivre. Cependant j’entends leur souffle, je sens leur cœur battre et l’injustice dont ils font les frais. Je sais qu’ils sont nés d’une union, qu’ils sont parents et protecteurs de leur race, laquelle ne peut se renouveler que par la naissance et donc la vie. Vous avez raison de parler d’interprétation et de regard, car ils font partie du cycle de la vie, ils le vivent au même titre que nous autres. Ce n’est donc pas tant eux que j’associe à la mort, mais mes souvenirs et mes peurs que j’appose injustement. La blancheur de leur regard m’angoisse réellement, à dire vrai.

*Elle lui adressa un léger sourire contrit, un léger sourire d’excuses à ses pensées. Seulement, elle avait bien compris qu’il ne les voyait pas. Il aurait eu, dans le cas contraire, un geste pour eux, un véritable regard. Du moins était-ce là son opinion. Ainsi Jane ignorait s’il comprendrait sa perspective ou s’il jugerait sa vision trop simpliste. Percevaient-ils les choses autrement dès lors qu’ils obtenaient l’accès à cette vision ? Elle le pensait, car il y avait une différence considérable entre regarder un croquis, une maquette, et la réalité de l’être, la réalité des faits. La Mort, la perte, leur avait permis de passer de l’un à l’autre. Etait-ce alors un poids capable d’être nié ? Jane en était, pour sa part, incapable.

Finalement, elle avait préféré détourner le sujet sur des choses plus « « « joyeuses » » », si toutefois on pouvait associer l’adjectif au Père Edgar. Elle ne lui avait encore rien dit quant à la dette qu’elle se devait de payer. Jane n’était pas même sûre de devoir le lui révéler, ou si le botaniste escomptait à ce qu’elle le lui avoue. Dans des moments peut-être plus légers … Quoi qu’il en fut, elle avait rendez-vous la semaine d’après avec le Seigneur, ce qui n’enchantait guère la jeune femme. Mais une parole restait une parole, laquelle elle se devait de tenir, pour le meilleur et surtout le pire. Incertaine quant à la démarche à effectuer, elle sema quelques graines, qu’il conviendrait au botaniste, s’il le désirait, d’amener à une future éclosion.*

Vous l’avez été bien plus que vous ne l’imaginez et … il se peut d’ailleurs que votre rôle dans cette affaire ne soit pas encore révolu.

*La vérité ne satisferait peut-être pas sa curiosité la concernant, ni même ne lui ferait oublier les incartades de son interlocutrice, mais Jane espérait qu’elle conduirait sur un nouveau chemin vers d’autres vérités, un chemin plus sûr mais pas moins sincère.
La nuit finit par tomber, le temps continuant de rythmer leur vie. Que leu avait réservé le botaniste ? Ses plans avaient-ils désormais changé ? Jane se mordit la lèvre pour réprimer un soupir et l’observa du coin de l’œil descendre. A sa suite, elle fit de même, attrapant sa main et s’arrêta soudainement pour observer le ciel assombri. Les étoiles n’étaient pas toutes apparues pour le moment. La nuit s’installait paisiblement tandis que la lune, maîtresse des lieux, éclairait de son croissant, les ombres l’entourant. Un sourire se profila alors sur les lèvres de l’infirmière, et du fiacre, elle descendit enfin pour faire face … à une cabane dont l’apparence aurait fait fuir le moindre non-Maj. Elle était inattendue, certes, mais elle ne s’en inquiétait pas le moins du monde. La magie ne se montrait que rarement au premier regard. Elle fit un pas vers elle mais sa main retenue, elle s’arrêta. Sa curiosité frustrée, car elle dissimulait forcément quelque chose, Jane entendit alors les paroles du botaniste qui ne firent qu’accentuer son « impatience » quant à la future visite.*

La barre est suffisamment haute pour que vous ne puissiez l’atteindre, rassurez-vous, rétorqua-t-elle dans un sourire sincère. Il y a eu de ces plans catastrophiques, mais vous n’en faites pas partie, et vous n’en ferez pas partie.

*Et pour cause, si cette journée devait plus mal tournée encore, Jane s’en attribuerait – à juste titre – la faute. Néanmoins, elle ne doutait pas du botaniste, ni même de ses talents quant à la surprendre. Elle-même se sentait pourtant tendue, craintive en dépit de son excitation. L’infirmière ne souhaitait pas que sa langue fourche encore. Elle souhaitait encore moins être la cause d’une possible mauvaise soirée. Ses doigts serrèrent quelque peu la main du botaniste qui la retenait, et Jane se pria mentalement de ne pas tout gâcher.
Puisqu’elle ne pouvait accéder à la cabane à sa guise, la sorcière observa l’ombre des conifères recouvrant le manteau blanc. Ils étaient imposants, si imposants, qu’elle se questionna sur ce qu’ils cachaient. Il y avait forcément une certaine faune parmi ses sapins. Jane se râcla légèrement la gorge et observa une dernière fois la lune, cette fois-ci avec un certain soulagement. Elle n’aurait guère aimé se perdre dans cette noirceur vivante, seule avec elle-même, envahie par le doute et la peur de ne jamais retrouver son chemin.*

Vous avez le don de me rendre curieuse, Clayton, murmura-t-elle. Hum, vous moqueriez-vous si je vous avouais craindre un tantinet le noir ?

*Son regard s’était relevé vers lui, aussi innocent que gorgé de malice. Jane avait-elle réellement peur du noir ? Malheureusement. Elle savait garder son sang-froid face à lui, mais dans une durée déterminée. Pourtant, la jeune femme ne craignait pas la nuit, ni le soir où la lune se voyait recouvrir d’épais nuages. L’infirmière aimait avoir sa liberté de mouvement pour se rassurer, elle aimait voir les ombres plutôt que de les ressentir autour d’elle, au sens propre comme au sens figuré. Sa crainte du noir n’était due à aucun traumatisme d’enfant, à aucun monstre sous le lit ou terré dans un placard. Elle n’était due qu’à elle-même.*

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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Sam 13 Mai - 20:55

*S'il ne répliqua pas pour passer à des choses qu'il espérait plus joyeuses et ne pas s'embourber dans des pensées mélancoliques, il retenu cependant une confession. Jane trahissait, à travers ses quelques mots, qu'elle était prête à tester bien des choses, puissent-elles paraître farfelues et peut être même dangereuses, pour repousser les limites de la médicomagie. Il se promit de garder cette confession en mémoire pour plus tard. Pour l'heure, il lui sourit avec douceur comme pour la rassurer.*

Alors heureusement pour vous, vous n'aurez plus à croiser leurs yeux.

*Sur ce, il relâcha sa main, sortit son bagage et claqua la porte. La calèche entama un large demi tour et s'enfonça dans la nuit, ne laissant sur son passage que deux traces parallèles et des empreintes de sabots apparaissant comme par magie aux yeux du botaniste.*

J'espère que d'autres frissons viendront vous faire oublier ceux qui sont nés de votre effroi.

*Il tourna sur lui-même à la recherche du lieu lui semblant le plus approprié, essayant de se décider avant que l'usage d'un Lumos ne devienne incontournable. Peut être qu'elle n'appréciait pas le noir mais pour le moment, il pensait qu'user d'une telle lumière gâcherait le spectacle à venir. Pensant avoir trouvé un emplacement qui ferait l'affaire, il tourna un visage aimable vers elle.*

Votre directeur ? Vous parlez de votre patron ? Vous avez l'air proche et votre apprentissage particulièrement poussé. Ne devriez pas l'avoir terminé depuis longtemps, il me semble que la formation ne dure que 3 années. Comment se fait-il que vous soyez toujours son apprentie ?

*Il s’avança vers elle en plissant les yeux, se donnant un air suspicieux, qu'il espérait même jaloux...*

Vu ce temps que vous passez à son service, j'espère au moins qu'il vous traite bien et qu'il est facile à vivre... Plus facile que je ne le suis avec ma propre apprentie, même si étant au début de son enseignement j'imagine que j'ai une bonne excuse pour abuser un peu de mon pouvoir. Comment cela se passe avec lui ? Que je sache si je dois aller lui faire les gros yeux s'il vous maltraite trop... En tout cas, dit-il avec un nouvel élan, je serais curieux de connaître ses superstitions auxquelles vous accordez du crédit, si un jour le goût vous venait de les partager bien sur.

*Il la tira par la main et fit quelques pas qui les éloignaient de la cabane et de la profondeur de la forêt dominante. Celle-ci ne serait pas le sujet de leur venu, un bon point pour Clayton qui ignorait l'étendue des craintes de la jeune femme quand lui-même craignait rarement les pièges de la nature, dusse-t-il les affronter en solitaire. Tout au contraire même, il ne se sentait pleinement vivant que sous la menace d'un danger.*

Vraiment ? Et quel est ce rôle que je vais devoir jouer ? Il vous a libéré contre la promesse d'une rançon et c'est moi qui doit lui apporter le recette ? Ou vous espérez que je maîtrise particulièrement bien le sort d'oubliette ? Dans quels mauvais draps souhaitez-vous que je vous accompagne Jane...

*Dit-il avec un air suspicieux mais non inquiet, sans doute à tort, ayant pris soin de choisir ses mots comme toujours. Clayton s'attaquait à un problème après l'autre, dans son esprit, ce qui n'existait pas encore ne saurait le menacer.
Ils eurent très peu de pas à faire avant de s'arrêter au pied d'un arbre au tronc assez large et qui offrait un morceau de terre à peu près au sec. Il laissa tomber son sac par terre et sortit sa baguette, ayant retenu les conseils moqueurs de Jane pour venir à bout de son inclination naturelle pour le désordre. Il pressa ses gestes, il savait qu'il devait faire vite s'il voulait que la surprise soit une totale réussite.*

J'admire la confiance aveugle que vous me donnez, même si elle fait monter d'un cran la pression que j'ai moi-même hissé sur mes épaules.

*Sur ces mots badins, il fit sortir de son sac une couverture légère qu'il étendit au pied de l'arbre, et une beaucoup plus épaisse qu'il fit retomber en boule sur la première. La nuit s'assombrissait de plus en plus, même si l'éclat de la lune sur la neige les laissait dans une sorte de clair-obscur naturel. Si la nuit était presque noire, la température baissait aussi dangereusement. A l'exception de la brise entre les branches, de leur propre souffle et d'une chouette hululant au loin, le silence était parfait.
Une fois cette installation sommaire achevée, il se retourna vers son infirmière dont il prit les deux mains entre les siennes, les portant contre son buste comme s'il s'apprêtait à faire une confession risquée.*

J'ai 3 nouvelles à vous apprendre, une bonne, une moyenne et une mauvaise. La mauvaise, c'est que ce que je vous ai promis ne se trouve pas dans cette cabane dont la présence n'est là que pour nous offrir un abri au chaud, mais ici, là où se trouve nos pieds ou plutôt nos têtes. La moyenne, c'est que si vous avez froid, outre cette couverture qui n'attends que vous et mon propre corps se proposant en rempart, il me reste encore un artefact pour vous réchauffer. Le cas échéant, n'hésitez pas à m'en faire le demande, à vos risques et périls cependant. La bonne, enfin, car il nous faut terminer cette terrible tirade sur une note positive, c'est que vous n'aurez pas à craindre le noir. C'est de la lumière que je vous offre.

*Il fit une moue sur le côté en faisant silence, comme s'il réfléchissait avant de reporter son regard sur elle.*

Est ce que ce petit discours fait son effet ? Vous sentez l'impatience monter ? Vos idées s’éclaircirent peut être ? Dites-moi que je suis à la hauteur de mes fanfaronnades ! Sur ce, si vous voulez bien m'accompagner...

*Il recula de quelques pas, ses mains glissant hors de celles de l'infirmière alors qu'il rejoignait l'installation de fortune où il s'assit sagement le dos contre l'arbre. Un choix calculé qui ne laissait plus qu'à Jane 2 options. La première consistait à prendre place en lui demandant gentiment de dégager pour gagner un dossier de confort contre l'arbre. La seconde, de se servir de lui comme dossier de confort. Il avait espéré la seconde mais se tenait prêt pour la première, ayant répété mentalement le visage de l'innocence surprise qu'il aurait alors à présenter, feignant de ne pas s'être rendu compte de son manque de galanterie.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Sam 13 Mai - 23:45

JANE
&
CLAYTON

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage.

Sachez que votre vœu est entendu, répliqua-t-elle dans une œillade.

*Sans qu’elle ne s’y attendit, le botaniste l’interrogea alors sur son patron et son apprentissage à ses côtés. Ainsi avait-il donc remarqué, avec perspicacité que son statut d’apprentie comportait quelques incohérences. D’apparence on pouvait mettre ces incohérences sur le dos des différents services dans lesquels elle avait opérés avant de se spécialiser. Jane savait cependant que la raison en était toute autre, plus personnelle, plus typique d’elle. La fin ne justifiait-elle pas les moyens ?*

Nous le sommes, répondit-elle sans hésitation, et ma formation est effectivement plus longue que les autres. Vous êtes un bon observateur, mon cher botaniste. Voyez-vous, l’esprit de Monsieur de Brocéliande est un labyrinthe sans fin, et pourtant la précision y règne avec virtuose. C’est à mon sens un génie, et c’est avec avidité que j’apprends et expérimente à ses côtés. Mon apprentissage se transforme en collaboration à bien des égards, probablement parce que je suis seule à connaître son thé préféré et à tolérer son bordélisme maniaque, confessa Jane dans un petit sourire amusé.

*Son air suspicieux la fit soudainement reculer d’un pas, tandis que son regard interrogeait silencieusement le comportement du botaniste. Son jeu la désarçonnait. Mais aux vues des dernières paroles échangées sur une possible et inexistante jalousie, Jane s’interrogeait plutôt sur le sens de cet intérêt soudain pour son patron et leurs rapports professionnels. Cela ne la dérangeait pas outre mesure, mais la question était inhabituelle. Personne ne l’interrogeait jamais sur son apprentissage, ses collègues jalousant bien sûr son rapport à leur directeur. Elle abandonna alors ses propres interrogations, préférant de loin apprécier ses questions à leur « juste » valeur et continua de répondre avec naturel au botaniste.*

C’est un génie qu’on ne peut ni dompter, ni réellement cerner. Le tolérer requiert une très grande patience et un esprit vif, éclairé. Néanmoins j’ai quelques rancoeurs à son encontre en dépit de mon admiration et de ma loyauté envers lui. Je reproche à mon mentor de ne pas tout faire pour sauver ma sœur, expliqua la jeune femme sur le ton de la conversation alors même qu’elle n’avait jamais confié l’objet de son aigreur. Je lui reproche son manque d’innovation la concernant, son manque d’agissement. Me voilà cruellement injuste envers celui qui m’enseigne tout ce qu’il sait. Mais ma frustration est grande. Je sais toutefois que c’est ensemble que nous repousserons certaines limites.

*Ses paroles n’étaient plus que souffle. Jane confessait son vœu le plus cher, ce même vœu qui trahissait la réelle affection et admiration qu’elle portait à son supérieur bien qu’elle continuait de prétendre le contraire. L’esprit de son mentor la fascinait, la chamboulait et souvent la déconcertait. Mais elle était comme Thésée à la poursuite du Minotaure, à cela près qu’elle savait que de son périple jusqu’aux méandres de l’esprit de Brocéliande, elle ne reviendrait pas inchangée. Au contraire, l’enfant était convaincue qu’ils étaient ensemble destinés à de plus grandes choses, de celles qui repousseraient la mort et ses affres. Jane ne visait pas la vieillesse, elle visait les maladies infantiles, les maladies qui s’emparaient des cœurs innocents : l’immunité face à l’injustice du temps.*

Un jour, je partagerai mes croyances païennes avec vous, acquiesça-t-elle avec douceur. Mais je ne partagerai en revanche pas mon patron. Si mon esprit vous paraît alambiqué, vous ne pourrez vous confronter au sien.

*Elle le taquinait, bien sûr, même si Jane croyait réellement en la supériorité de son mentor en la matière. A ses yeux, sa complexité ne valait pas la sienne. Question de perspective, une fois de plus.
Attirée par Monsieur le botaniste, Jane abandonna ses pensées vers son patron et se tourna de nouveau vers le Père Edgar. Elle s’amusa de la réaction du botaniste, qui se plaçait plus comme un sauveur que comme une simple aide. Jane attendit qu’il terminât son énumération et pouffa de rire à la dernière.*

Pas dans ceux que vous avez en tête, humourisa-t-elle. Je crains que d’autres draps ne nous soient réservés. Veillez simplement à ce que chaque premier dimanche du mois vous aperceviez mon patronus aux premières heures de l’après-midi. C’est là tout ce que je vous demande, Clayton.

*Et elle n’en dit pas plus, pas pour le moment du moins. Jane désirait une atmosphère plus légère, plus sécurisante et non s’étaler sur la promesse qu’elle avait dû donner contre son gré. Sa tête se pencha alors lentement vers son épaule, et elle contempla silencieusement le botaniste et son air suspicieux. Elle s’en amusait d’un côté et s’en flattait de l’autre. Pas une flatterie orgueilleuse, mais une flatterie en lien avec le sentiment d’exister. Il pouvait en jouer ou non, mais cet air suspicieux donnait à Jane l’impression d’exister, d’être considérée. Ainsi se détendit-elle entièrement et chassa tout doute inopportun de son esprit.
L’attendrissement, personne qu’elle ne recevait pas souvent sur son seuil, frappa alors à la porte de son être tandis que le botaniste aménageait avec empressement le petit coin qui serait le leur. Il faisait de nombreux efforts pour être à la hauteur de ses attentes, et Jane les contemplait, quelque peu en retrait. Les mots badins l’atteignirent comme escompté, et l’attendrissement la fit tendrement sourire, dans le dos du botaniste.*

Vous êtes pourtant l’unique homme à savoir comment susciter l’émerveillement et l’émoi dans mon regard.

*Jane frotta légèrement ses moufles l’une contre l’autre, tandis qu’elle commençait à ressentir la morsure du froid, notamment sur les parties découvertes de son visage. Son impatience finit par grandir, fatalement. Si le botaniste escomptait à ce qu’ils souffrent du froid, il devait avoir une sacrée raison pour. Inutile de décrire son soulagement devant l’épaisseur d’une des couvertures. Jane frileuse ? Une femme, simplement.
Lorsqu’il finit par se tourner vers elle et coller ses mains mouflées contre son buste, la jeune femme retint une réplique taquine. Son impatience ne désirait en rien que le botaniste fût interrompu. Ainsi l’écouta-t-elle religieusement, non sans arquer plusieurs fois le sourcil et sourire en coin. Comme à son habitude, il faisait mouche, et Jane peina à contenir ses premières impressions, optant pour un visage plus énigmatique afin de le faire languir un minimum.*

N’est-ce pas là un jugement quelque peu hâtif en ce qui concerne cette cabane, rétorqua-t-elle espiègle. Vous sous-estimez l’effet de votre présence. Quant à la deuxième nouvelle, je ne sais quoi penser. Si vous estimez ne pas être assez protecteur, peut-être faudrait-il que choisisse directement l’artefact sans prendre le risque de me refroidir davantage à vos côtés.

*Son sourire malicieux s’élargit de plus bel, tandis que sa curiosité atteignait son acmée. Mais il se métamorphosa très vite en une expression indescriptible. La lumière … « C’est de la lumière que je vous offre » avait-il dit. Et cette fin de tirade toucha la jeune femme plus que de mesure. Peut-être était-ce dû aux émotions de la journée, aussi opposées les unes que les autres. Dans tous les cas, elle en ressentait une ineffable gratitude car Jane, en général, avait besoin de lumière, d’être rassurée, soulagée de ses propres tourments. La lumière était ce qu’elle préférait, tandis que l’obscurité ne cessait de la hanter et de la tenter.*

Peut-être bien, lui sourit-elle sans s’étaler davantage.

*Son regard étincelait d’ores et déjà, et trahissait la fausse impassibilité de son visage. La jeune femme l’observa alors prendre place, et pencha légèrement la tête, à nouveau. Ses mains se levèrent sur ses hanches et s’y posèrent le temps d’exprimer sa pensée tout haut.*

Vous décidez donc de vous infliger une pression supplémentaire, sans même connaître ma capacité ou mon incapacité à surmonter le froid, Clayton ? Soit, « à vos risques et périls cependant », l’imita-t-elle en s’approchant.

*Suite à ses volontés, elle vint s’installer sur ses genoux et se lova contre son torse tout en remontant l’épaisse couverture qu’elle avait saisie en chemin. Un long frisson la parcourut et elle posa sa tête en dessous de celle du botaniste, de telle façon à ce qu’elle puisse observer le ciel.*

Finalement, l’un de vos vœux aura été exaucé, chuchota-t-elle alors dans un petit sourire pour elle-même, la plus belle nuit de ma vie se déroulera tandis que je serai dans vos bras. Plus qu’un rempart au froid, puis-je vous demander d’être un rempart au monde, quelques instants ?
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Dim 14 Mai - 14:03

Si ces frissons se matérialisent, auriez-vous la bonté de m'en avertir discrètement ? Vous savez que j'aime la flatterie plus encore que les Fonds du chaudron et les airs d’opérette au tuba explosif.

*Tandis que Jane se rapprochait en attrapant la couverture mi polaire, mi couette, il ressentit, pour la toute première fois, une pointe bien réelle de jalousie, comme l’extrémité d'une lame émoussée venant taquiner un point sensible. La réalité vint dépasser la fiction pour sa plus grande déconvenue, alors qu'il essayait de balayer ce sentiment aussi désagréable qu'une étiquette qui gratte dans le bas du dos (façon polie de dire « sur le haut des fesses », comme chacun sait). Clayton Ackley ne pouvait pas être jaloux, pas pour une femme qu'il connaissait encore peu et dont il espérait simplement quelques bons moments, peut être, tout au plus, un peu plus longs et tendres qu'avec ses autres conquêtes passagères. Il ne pouvait pas ressentir de jalousie pour une femme dangereusement lunatique, aussi chiante qu'attachante et, soit, vaguement intrigante. Il ne pouvait éprouver de la possessivité pour une demoiselle dont l'avènement de leur relation serait éclos lorsqu'elle abandonnerait ses convictions (et ses vêtements) pour venir chercher une tendresse réprouvée par l'église entre ses bras, fait dont le principal intérêt était de flatter son orgueil, n'est-ce pas ?

Ce que ressentait Clayton, se dit-il dans la seconde, c'était de l'envie. « Virtuose », « génie », « admiration », « je ne partagerai pas mon patron », « vous ne pourrez vous confronter à son esprit », des adjectifs qu'il rêvait de susciter – les deux bouts de phrases dernièrement relevées ne résonnant désagréablement à ses oreilles qu'en raison d'un dysfonctionnement cognitif bref et passager à mettre sur le dos du manque de substanceS illiciteS dans son organisme mal habitué à la sensation de sevrage, CQFD -, une ambition peut être trop grande pour lui, lui qui, partit de rien et ne comptant pour personne, aurait du se sentir déjà pleinement comblé d'être parvenu jusqu'à la situation qu'était la sienne. Voilà, c'était une jalousie envieuse et non une jalousie... "flirteuse" pour son "officielle". Et Merlin merci, l'obscurité autant que leur position respective empêchait Jane de percevoir l'expression agacée qui vint furtivement se glisser sur son visage. Quant au ton qu'il allait employer, il s’efforça de le rendre aussi neutre que possible... en parlant trop vite et trop fort pour être naturel. Il était doué pour le mensonge, mais il manquait visiblement d'expérience dans encore quelques domaines.*

Et en quoi l'esprit de votre cher patron est aussi tortueux que génial ? Aussi alambiqué que clair-voyant ? A vous entendre, les heures passées à ses côtés, votre agacement à propos de votre sœur mise à part, est des plus simples et agréables... La maniaquerie n'est pas un bien gros défaut, être un peu bordélique non plus.

*La dernière phrase fut prononcée d'un ton plus doux et même un brin suppliant, sachant qu'il partageait ce dernier défaut. La déroute des premiers mots sortit de sa bouche n'était plus, avec un peu de chance, elle ne l'aurait pas même remarqué.

Jane s'installa contre lui, comme escompté d'après son plan oh combien machiavélique d'occupation de l'espace. Mais Jane avait les fesses pointues, se rendit-il compte bien vite, il écarta alors les jambes pour la faire glisser au sol avec tous les points d'expérience durement acquis à l'art subtil de « faire rouler son amante d'un soir pour prendre la poudre d'escampette en silence ». Et si la belle se rendait compte de son manège, qu'il s'agisse de fesses pointues ou de quitter le lit d'une inconnue, il possédait l'excuse irréfutable pour prouver son innocence et qu'Arthur maitrisait sans doute aussi bien que lui, à savoir : « j'ai des fourmis.».*

Et admettons qu'un dimanche, entre la poire et le dessert, je ne reçoive pas la visite de votre panthère, devrais-je alors me jeter dans la gueule du loup ? A moins que vous ne préfériez taire, pour le moment, mon triste sort afin de ne pas m'affoler...

*Puisque de draps il était question, Clayton aida son infirmière à relever la couverture jusque sous son gracile menton. Il en sortit ses deux bras, lui permettant de calfeutrer le linge autour de la jeune femme pour en empêcher au maximum l'intrusion du froid, et jouir pleinement de l'usage de ses mains, lesquelles se croisèrent naturellement sous la poitrine féminine. « Puissiez-vous avoir raison », pensa-t-il à l'évocation des émois et émerveillement qu'il faisait naître chez la jeune femme, une phrase qu'il eut le bon sens de taire après sa manifestation de jalousie d'envie précédente. C'est qu'on aurait pu mal l’interpréter, tout simplement.
Après avoir lancé un regard en arrière en direction de la cabane, il répondit avec malice*

Vous allez me faire rougir, Jane, si vous continuez à me flatter de la sorte. Et pour ce qui est de votre confort, je vous propose de tester d'abord cette méthode reposant sur le partage de la chaleur corporelle. Si elle s’avère insuffisante, vous pourrez au moins confronter scientifiquement les deux méthodes et ainsi frimer en société grâce à ces connaissances remarquables et qui se glissent aisément au cours de n'importe quel cocktail dînatoire.

*Il rangea de côté les plaisanteries pour sourire dans un soupir, touché par la demande enfantine formulée.*

Au monde, et même à l'univers.

*Lui murmura-t-il à l'oreille. Sur ces mots, il releva son menton et regarda le ciel rarement entaché de nuages et parsemé d'étoiles plus brillantes que jamais.*

Je vous avoue être fier que vous n'ayez pas deviné la raison de notre présence.

*Lui dit-il de ce même ton de confession dénué d'ironie alors que les premières lueurs tant attendues et espérées entamaient un timide balai. Des jais de lumières vertes et violettes serpentèrent dans le ciel, donnant l'impression à Clayton qu'un dragon asiatique immense jouait au dessus de la plaine enneigée. Hypnotisé par l'aurore boréale prenant de l'ampleur sous leurs yeux et les éclairant d'une nouvelle flamme aux teintes enchanteresses, il resserra sa prise autour de sa taille sans même s'en rendre compte. Habitué à vivre ce genre de découverte en solitaire, une petite part de lui tremblait de peur face à sa propre audace de partager ce moment de félicité, ignorant si un autre esprit que le sien serait capable de ressentir la même admiration que celle étreignant la part la plus pure et intacte de son cœur.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Dim 14 Mai - 19:07

JANE
&
CLAYTON

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage.

*Elle était loin de s’imaginer les différentes pensées déferlants dans l’esprit de son botaniste. Pourtant, lorsqu’il lui réclama davantage de détails, son instinct l’alerta quelque peu avant qu’elle ne décide de le faire taire purement et simplement. Les interprétations saugrenues de l’infirmière avaient, en effet, fait leur temps.*

Parce que Monsieur de Brocéliande ne révèle jamais ses souvenirs, sa véritable identité, explica-t-elle le plus simplement du monde. Il possède un mur que je parviens désormais à cerner et que j’attends de voir tomber. La génialité de son esprit tient de son talent inné pour la médecine, les réflexions logiques et ce dynamisme constant. Jamais je n’ai vu l’ombre passer sur son visage. A toute chose, ou presque, il a une solution, et quand bien même elle ne lui viendrait pas spontanément, il choisit de me consulter. Je n’ai jamais eu autant plaisir à partager mon esprit qu’avec lui, parce qu’il n’y a aucune réelle limite dans nos discussions. Nous sommes deux amoureux du savoir, assoiffés de nouvelles connaissances, de nouvelles limites à braver. Mais c’est un homme que beaucoup ne comprennent pas, poursuivit Jane en toute innocence. Moi-même j’ai mis du temps à cerner son langage, à comprendre la signification de chacun de ses gestes, de son regard souvent intimidant. Rien n’est simple avec Monsieur de Brocéliande et pourtant, notre association est d’une simplicité déconcertante. Si un jour vous veniez à le rencontrer, veillez à désinfecter vos mains de prime abord, de ne pas être atteint du moindre virus ou de la moindre maladie. Pas de mouchoirs usagés ni même de gorge douloureuse car alors vous ne passeriez pas le seuil de son bureau.

*Quant à la supplication du botaniste, Jane ne dissimula pas son sourire. Elle connaissait le défaut du Monsieur grâce à sa chère apprentie. Elle aurait donc pu le taquiner sur la question, le faire languir, pourtant, elle opta pour une réponse plus rassurante.*

Son bordélisme est l’un des nombreux défauts de mon cher mentor, puisqu’il ne retrouve jamais rien. Une fois par an, pour son anniversaire notamment, j’opère un grand ménage afin qu’il puisse recommencer à empiler, entasser, tout ce qu’il veut mais avec plus de clarté. J’ai appris à travailler avec cet homme et ses défauts. Ils font partis de mon quotidien, et cela ne me dérange en rien.

*Finalement, ce fut entre les jambes du botaniste qu’elle se retrouva. L’infirmière n’en dit rien et s’installa confortablement tandis qu’elle écoutait la question – dénuée d’inquiétude ? – du botaniste. Si seulement il savait …*

Non bien sûr que non, rien que des renforts, rétorqua-t-elle doucement, car cet homme est mauvais. Mais c’est un sujet que j’approfondirai plus tard, si vous le souhaitez toujours. Laissons la religion là où elle se complaît. Elle aura tout le loisir de nous rattraper plus tard.

*Pour ce qui était du confort, et du chauffage corporel, Jane ne put refouler un petit gloussement amusé. Le botaniste, après tout, ne faisait les chsoes qu’à moitié, ce qu’elle ne manqua pas de lui faire remarquer.*

Le partage de chaleur corporelle ? Voilà une chose intéressante, déclara-t-elle avec amusement. Monsieur Ackley, vous vous adressez à une infirmière, dois-je vous le rappeler ? La chaleur corporelle n’est efficace que peau sur peau. Nos vêtements ont été mordus par le froid toute la journée, seule la température de nos deux corps peut nous réchauffer, la couette aidant bien évidemment. Je suis d’ailleurs surprise que vous ne me l’ayez pas encore proposé, le taquina-t-elle non sans rosir légèrement. Je crois que vous venez encore de manquer le coche.

*A l’acceptation, elle sourit tendrement pour elle-même et ferma très brièvement les yeux afin de relâcher chacun de ses muscles. Elle cala davantage sa tête contre lui et ouvrit à nouveau les yeux pour admirer le ciel, aussi calme que lui.*

J’aurais gâché la surprise à vouloir deviner. Or, même si j’aime le contrôle, il est plaisant de vous laisser l’entière décision. C’est une façon de vous découvrir, de vous apprendre Clayton.

*Le ciel se drapa soudainement de volutes verdoyantes et violacées, d’abord fines puis de plus en plus épaisses et chatoyantes. Ses prunelles s’agrandirent de ravissement et de surprise tandis qu’elle se coupait, instinctivement, du monde entier. Rien d’autre n’existait. Seule la beauté dominait son esprit et le soumettait à sa suprématie. Jane était conquise. Elle ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. Les seuls sons « perceptibles » étaient ceux de son cœur, envoûté et possédé par la magie du moment.
Les aurores boréales dansaient dans son regard émerveillé, époustoufflé devant tant de beauté. Sa gorge se nouait lentement tandis qu’elle contemplait avec émoi la splendeur du monde, l’étendue de sa magie et de sa lumière. Elle n’était ni plus ni moins qu'une enfant perdue devant un tel spectacle. Jamais elle ne les avait vues, jamais elle n’avait été touchée par ce sentiment d’espoir pour le monde. Le monde avait beau cherché à se détruire par mille moyens, la nature continuait d’opérer ses charmes, artiste par excellence. Les hommes avaient-ils seulement conscience de leur chance et de leur stupidité à vouloir bafouer les beautés naturelles ? Comment pouvait-on espérer la guerre au regard des aurores boréales ? Comment pouvait-on user de violence au regard d’une telle lumière, d’un tel espoir ? Jane sentit son cœur se gonfler et se lova d’autant plus contre le botaniste. Les larmes finirent par couler silencieusement sur ses joues tandis que l’ineffabilité de l’instant la heurtait de plein fouet. Au regard du monde, qu’étaient-ils tous ? Si petits et pourtant si nocifs.

Combien de temps s’écoula ? Jane n’en avait nulle idée. Une chose était certaine cependant : ses larmes se tarissaient à peine. Sa gorge était douloureuse, quant à son cœur, il tambourinait contre sa poitrine, avec force. Un tel spectacle l’avait tout bonnement bouleversée et pour cause, la joie dans son essence la plus pure s’était entièrement emparée d’elle, jusqu’à l’étreindre avec force. De son passage, il ne restait plus désormais qu’une tranquilité d’esprit et d’âme. Son cœur en sortit à la fois allourdi par la pureté des émotions et à la fois plus léger comme libéré de ses tourments. Jane se retourna alors face au botaniste, et l’observa de toute la pureté de son âme. Il n’y avait aucun voile, seule l’émotion lui donnait une luisance supplémentaire. Elle retira ses moufles et vint délicatement apposer ses mains tièdes sur le visage glacé de l’homme puis son front contre le sien. Il y avait tant à dire, Jane avait le cœur à la confession mais aucun mot ne put franchir ses lèvres, car aucun ne serait à la hauteur. Sa gratitude ne pouvait être exprimée par les mots.

« Le désir embellit tout ce sur quoi il se pose et, parvenu à son apogée, transforme l'objet de votre convoitise en nécessité. Peut-être êtes vous trop avare et moi trop avide, car je veux plus qu'un sourire, je veux vous être nécessaire. »

Les mots du botaniste lui revinrent en mémoire. La nécessité… Pour rien au monde, elle n’aurait voulu se détacher de ses bras qui la protégeaient du monde extérieur. Elle s’y sentait en sécurité, elle s’y sentait presque épanouie et libre. La lumière l’avait transcendée, la magie de l’instant l’avait amené à oublier, à se perdre dans la Quintessence. Et l’opération n’avait pu s’effectuer qu’entre les bras de son botaniste. La nécessité était donc là. Cette pensée ne lui en noua que plus la gorge tandis que la jeune femme se confrontait au sentiment qu’elle avait toujours rejeté jusqu’alors. Jane ne voulait pas attendre l’apothéose de ses désirs, elle ne voulait pas non plus attendre des moments plus intimes pour admettre sa faiblesse, et pire, sa capitulation. Au contraire, la nécessité ne pouvait être plus forte, plus évidente qu’en cet instant. Elle avait besoin de lui. Face à cette certitude qui émanait soudainement de son être entier, Jane glissa son visage pour déposer ses lèvres sur celles du botaniste. De longues secondes elle y resta accrochée, découvrant tout en saveur les nouvelles sensations que cela lui procurait. Lentement, elle recula alors pour se pencher à son oreille et murmurer tout bas, les joues aussi rouges qu’un coquelicot.*

Les frissons que vous escomptiez, ce sont matérialisés Clayton.
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Lun 15 Mai - 18:05


*Une nouvelle vague d'agacement déferla en lui lorsqu'elle répondit, avec toute sa déplaisante vénération, à ses demandes d'informations complémentaires sur Brocéliande, un agacement qu'il masqua derrière un sourire figé. L'expression artificielle se mut en un véritable sourire alors que Jane lui apprenait quelque chose d'utile, quelque chose d'inespéré. Ainsi donc, le directeur de Ste Morgane avait eu l'idée saugrenu de craindre la maladie. C'était comme si lui, Clayton, avait eut peur de faire couler la terre entre ses doigts. S'il avait appris cette nouvelle seul, sur qu'il en aurait rit à gorge déployé, un fou rire qu'il se serait empressé de propager parmi les hauts rangs des pro-Grindewald. Mais le botaniste n'était pas en cette compagnie qui lui permettait de transcender sa langue de velours en langue de serpent, et sans doute était-ce tout à son avantage de garder cette information pour son propre compte pour le moment.*

Dois-je comprendre qu'il est un médecin hypocondriaque ? Voilà qui est amusant. J'espère n'avoir aucune raison de voir votre patron avant longtemps, mais si jamais je devais faire sa connaissance, je vous promets de m'en souvenir et de tout faire pour le prémunir du moindre soupçon de propagation de maladies émanant de moi.

*Promit-il en choisissant bien ses mots. Bien entendu qu'il ferait tout pour que l'esprit torturé de ce cher Mr De Brocéliande fasse les bons choix afin qu'il ne souffre pas de la menace d'une grosse affection... Outre son rire menaçant, il devait étouffer sa jubilation à la fois à l'idée que sa difficile mission pour le Triumvira pourrait se dénouer par une réussite plus facile qu'escompté, ainsi qu'à la satisfaction vengeresse de considérer la faiblesse peu glorieuse de l'homme. Sur qu'il pourrait tourmenter le praticien, autant pour la cause que pour son propre plaisir à réprimer « Mr au grand esprit incomparable ».*

Si seulement je pouvais avoir une assistante aussi avisée que vous, dit-il d'un ton gaillard, qui saurait jongler avec mes défauts pour mieux profiter de mes qualités, comme notre association inconfortable pourrait devenir plus simple. Je n'étais pas ravie à l'idée que vous fréquentiez mon assistante hors de mon champs de contrôle, je l'avoue, mais maintenant que j'en sais un peu plus sur la Jane au travail, j'y vois de grands avantages tout au contraire !

*Il préféra aussi ne pas parler du Père Edgar, déjà car les prêtres ne faisaient pas bon ménage avec le romantisme, ensuite parce qu'il n'avait pas envie de laisser son rejet pour les sbires de la confrérie de Salem déteindre sur son humeur. Humeur dont il espérait ne plus avoir à connaître les aléas. Il opta alors pour un simple hochement de tête entendu, l'évocation de leur nudité respective étant un sujet beaucoup plus plaisant à explorer.*

Je suis navré si ma réserve vous a fait naître quelques regrets, Jane. Je ne doute plus que vous auriez été tout à fait encline à faire tomber vos vêtements ici et maintenant sur ma simple invitation. Mais j'aurais trop crains pour votre santé ainsi dévêtue pour quelques instants face au blizzard du grand nord, et ne souhaitant vous faire goûter qu'à des mets agréables, je craignais que la pimentine ne fasse l'effet d'un cheveux sur la soupe. Ma pudibonderie et mon manque de témérité m'ont fait loupé le coche, comme vous le dite si justement.

*Le spectacle était magnifique, mais il n'y fut pas aussi attentif qu'il aurait pu l'être, sa vigilance étant partagée entre le ciel et les émotions qu'il sentait se dérouler en Jane. Il ne dit rien, pensant que les mots étaient parfois inutiles, tout autant que de peur de faire preuve de maladresse. Quoi qu'elle ressente, ce moment était sien et il ne doutait pas qu'elle en partagerait l'essence au moment opportun.
Ce moment sembla se profiler alors que l'infirmière se redressait face à lui. Clayton ne pleurait pas, évidemment. Il ne pleurait plus depuis longtemps. Mais les larmes sur ses joues l’émerveillèrent, elles étaient plus qu'il n'avait espéré faire vibrer en elle. Alors qu'elle se dévoilait câline, il essuya ce qu'il restait de ses larmes du revers du pouce. C'est alors que la jeune femme devint audacieuse et apposa ses lèvres sur les siennes. Les paupières closes, le doux baiser se prolongea quelques secondes, suffisamment pour que d’instinct il vint poser sa main sur la nuque de la jeune femme. Elle se détacha enfin avec lenteur pour venir murmurer quelques mots à son oreilles, comme si elle cherchait un moyen de se dérober à son regard. A son aveu, le botaniste répondit par un sourire s'épanouissant dans un souffle.

Il y a quelques heures encore, sortant dégoulinant de sa douche sous laquelle il s'était attardé pour autre chose que sa seule propreté, il s'était juré de ne pas même se laisser aller à l'embrasser lors de cette journée. Ses désirs, il en était certain, n'avaient pas besoin d'être explicités d'avantage par des mots ou des gestes pour être limpides au regard de la jeune femme, et s'il était tout en retenu, ce n'était que dans un seul but : rendre Jane aussi désireuse que lui. C'est en se remémorant cette pensée qu'il la repoussa par les épaules, juste assez pour lui faire reprendre place dos contre lui.

Un nouveau soupir s'échappa alors qu'il passait sa langue sur ses lèvres, comme en proie à une lutte. Il remonta quelque peu la couverture et sortit sa baguette. La joue posée contre le... bonnet de Jane, il tendit le morceau de bois pour désigner quelques étoiles en marmonnant de manière inaudible. A la manière d'une canne repoussant des pions sur un plan de bataille, il s'en servit pour agencer grossièrement les étoiles, donnant l’illusion qu'elles se détachaient du ciel pour prendre une forme simpliste de cheval. Lorsqu'il baissa sa baguette et se tut, le cheval se rua avant de se mettre à galoper d'abord sur place, comme s'il glissait sur les plaines fantômes du ciel.

Clayton regarda le spectacle en se mordillant la lèvre, penchant ensuite son visage pour se rapprocher du cou de Jane. Il sentait les quelques mèches de cheveux restées folles le chatouiller agréablement. Alors que le cheval se déplaçait réellement à présent, il ferma les yeux pour sentir la peau de la jeune femme, l'inspirant profondément sous des faux airs de vampires. C'est alors que n'y tenant plus, il déposa à son tour des baisers empreint de gourmandise. Il se détacha lorsque ses lèvres atteignirent la naissance de la mâchoire, sa main en profitant pour se lover contre la joue de son audacieuse pour attirer son visage vers lui. Son regard plongé dans le sien, il déglutit calmement avant de prendre possession de ses lèvres pour un baiser se voulant moins chaste, cherchant la rencontre avec sa langue de manière alanguit par un appétit encore contenu. Les promesses ne servaient-elles pas à être rompues ?
Le cheval en points d'étoiles s'éloigna hors du champs de leur vue. Entre deux baiser, lorsque Clayton rouvrit les yeux, il vit que les astres avaient retrouvé leur place comme si de rien était.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Lun 15 Mai - 22:55

JANE
&
CLAYTON

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage.

*Un jour, un homme dont elle avait perdu le nom, avait écrit que « le premier baiser, [était] le lien entre le silence des sentiments et leur mélodie ». Rien n’était plus vrai qu’en cet instant, car Jane n’avait nul mot pour exprimer ce qu’elle ressentait, ni même qualifier la saveur qui demeurait encore sur ses lèvres. Tout n’était que silence alors même que résonnait le capharnaüm de l’amour en elle. Car c’étaient bien ses quelques graines qui venaient de germer dans son cœur et qui se destinaient à croître paisiblement. Pour la première fois, la jeune femme en ressentait les véritables effluves alors même qu’il était loin de son apogée. Mais il y demeurait quelque chose de nouveau, et de cette nouveauté, la jeune femme se sentait éprise, libérée du joug qu’elle s’était elle-même infligé. Et pourtant, ce n’était qu’un baiser, que l’apposition des lèvres les unes contre les autres, un acte des plus banals pour le commun des Hommes, généralement. Les lèvres allaient et venaient aux quatre coins des bouches, baisaient la moindre parole séductrice, la moindre fièvre avec une ferveur sombre. Qu’était-il advenu du premier baiser symbolique ? de ce murmure timide qui s’échappait en signe d’abandon à l’autre ? Vingt-six années, et Jane n’avait jamais donné de baiser réel, concret. Pour la première fois, elle s’ouvrait aux sentiments, se laissait convaincre par la mélodie qui émanait doucement de son cœur. Bien qu’elle était parvenue à lui murmurer quelques mots, la jeune sorcière continuait de se sentir bouleversée. Jamais elle n’aurait voulu admettre la nécessité, et pourtant, elle ne pouvait nier l’évidence, ce désir qui envahissait progressivement son être et cette envie de s’y abandonner pleinement. Ce n’était cependant pas au charnel auquel elle voulait s’abandonner. Ce désir était pourtant existant, bien sûr, plus que tous deux l’auraient peut-être imaginé d’ailleurs, mais il y avait autre chose, comme un besoin de découvrir et de ressentir les choses progressivement. Chaque sentiment, chaque sensation se devait d’être appréciée à sa juste valeur, Jane voulait en savourer les différentes essences, se laisser submerger, posséder par elles afin de caresser la beauté de chaque chose sans la moindre perversion. Maintenant qu’elle acceptait d’éprouver, elle était avide de saveurs, d’agréments et de charmes.
Elle était un nouveau-né dans le monde des sentiments et c’était une sensation terriblement énivrante. Et curieusement, aucun doute ne vint entraver la soif de la jeune femme. Son esprit se sentait entièrement libre de droit, et même délicieusement égoïste tandis que le monde, là où ils se trouvaient, ne pouvait les atteindre.

Dos contre son buste, à sa « demande », Jane avait discrètement porté deux de ses doigts à ses lèvres comme pour garder en mémoire ce qu’elle avait ressenti au contact des siennes. Elle avait osé, pensée qui la fit timidement sourire. Il y avait pour autant quelques zestes de fierté éparpillés en elle, lesquels elle n’aurait su expliquer.
Le sourire quelque peu mièvre, elle se cala de nouveau avant d’observer la magie que le botaniste opérait de nouveau. Un cheval parmi les étoiles …Elle pensa à Pégase, le cheval ailé de la mythologie, la créature aussi libre que fougueuse, aussi divine qu’impétueuse et sage. Jane admira comme une enfant le spectacle offert et laissa son esprit suivre le galop du cheval étoilé. Jamais elle n’était montée à cheval, parcouru les grandes étendues verdoyantes, et elle se promit un jour de réaliser cette ambition. Son regard contemplait la course effrénée quand soudain il se fit troubler par la proximité soudaine du botaniste contre son cou. Elle sentait la respiration du botaniste sur sa peau. Ses sens étaient en alerte, attentifs face aux décisions masculines. Sous l’adrénaline que provoquaient l’incertitude et l’attente, un long frisson la parcourut jusqu’au contact des lèvres sur sa peau. Instinctivement, elle tendit le cou pour davantage l’y recevoir, entièrement abandonnée aux sensations délicieuses qu’il lui procurait. Ses sens étaient entièrement focalisés, tandis que ses yeux s’étaient clos de plaisir. Elle n’avait plus rien à l’esprit, aucun patron - pardon Boss ! -, aucun prêtre barge, aucune assistante encombrante, aucune stratégie, ni même de Monde à l’horizon. Il n’y avait là qu’un univers de sensations dans lequel elle se plongeait, sans rien pour la retenir. Jane se laissa guider par la main du botaniste contre sa joue et se confronta enfin à son regard. Innocence et envie s’y mêlaient harmonieusement. Son souffle se coupa quelque peu sous l’intensité de l’échange, et finalement, elle s’offrit à ses lèvres une seconde fois timidement d’abord puis lascivement, portée par la fidèle et loyale gourmandise de son cher botaniste. A nouveau, les sensations se multiplièrent, et le ballet, inédit, l’amena loin de ses romans, loin de tout ce qu’elle avait pu imaginer dans le passé. Elle goûtait à la véracité de la passion, du désir et des sentiments dérivés de l’amour. Un combo fort dangereux mais enivrant, terriblement enivrant. Son être entier y répondait et il y répondait à tel point que sa main vint se cramponner, délicatement, à la nuque masculine. Elle aurait pu alors communiquer bien des choses, bien des secrets, mais égoïstement, elle n’en fit pratiquement rien. Jane s’y refusait encore, non par entêtement, mais parce qu’elle ne désirait, en aucun cas, un flux intarissable d’aveux. Les sensations la gouvernaient bien trop pour qu’elle eût l’esprit parfaitement clair, d’autant plus que l’aveu de la nécessité était un aveu des plus suffisants et révélateurs. Pour le moment, elle se refusait à être au chose qu’une novice de la mécanique du cœur, une candide des sentiments, une vierge en proie à la découverte assoiffée de savoirs.

A bout de souffle, ses lèvres finirent par lâcher prise tandis que les yeux de l’infirmière s’ouvraient lentement. La petite ingénue était toute chamboulée à l’intérieur, mais pleine d’allégresse. Ses prunelles pétillaient d’un plaisir qu’elle ne chercha pas à dissimuler. Il y avait également comme des éclairs de malice, d’espièglerie signes de son enjouement, et pour cause, Jane savait que c’était un des nombreux moments de bonheur dans une vie. Celui-ci avait une saveur exceptionnelle, d’une durée indéterminée, mais elle s’en moquait bien. Elle n’avait en tête ni le passé, ni le futur. Grisée de bien-être, l’infirmière finit par glisser un baiser sur la mâchoire du botaniste et murmurer avec humour.*

Votre gourmandise me perdra. Elle est fidèle à sa renommée et sait se faire délicieuse. En d’autres termes, elle est diabolique.

*Elle ne commenta rien de sa reddition. Non qu’elle n’en avait honte, mais elle estimait que les gestes avaient suffisamment parlé pour elle. Son regard se tourna vers le ciel redevenu calme et elle adressa un sourire à la nuit.*

Nous pourrions continuer à jouer de la belle magie, à métamorphoser la nature à notre guise, des heures durant, rester là à nous réchauffer mutuellement, mais cette cabane me fait de l’œil depuis tout à l’heure. Et devant tant de séduction, je ne puis résister à un pareil attrait, déclara-t-elle en mimant sa faiblesse.

* En réalité, Jane commençait à se sentir oppressée dans ses vêtements à cause de leur épaisseur d’une part, mais aussi en raison des sensations qu’il avait fait naître en elle, ce qu’elle n’avouerait pas bien sûr. Elle voulait retrouver sa liberté de mouvement, se sentir plus légère et se débarrer de tout ce superflu encombrant et … handicapant ? – on refusera de préciser ce terme entièrement innocent -. Pourtant, elle dût faire appel à toute sa volonté pour se relever. C’était que le botaniste pouvait se faire des plus confortables ! Jane s’enroula alors dans l’épaisse couverture, s’enferma dedans pour ensuite adresser une œillade un tantinet provocante au botaniste.*

Entièrement inaccessible et imprenable ! Il se peut que je garde cette couverture fort chaleureuse avec moi et contre moi. Je m’y sens entièrement protégée. Elle me sied réellement bien, vous ne trouvez pas, Clayton ? questionna-t-elle en se pavanant devant-lui.

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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Mer 17 Mai - 17:33

*Ils échangèrent quelques baisers plus osés mais sans jamais se laisser submerger totalement par les affres de la passion. D'ailleurs, Clayton se montrait bien raisonnable, conservant ses mains en des lieux surs d'où Jane n'aurait pu se plaindre du moindre outrage. C'est que même s'il avait lâché un peu de lest à ses envies, sa patience était encore loin d'avoir atteint ses limites. Il voulait plus, mais ce « plus » qu'il désirait ardemment ne prendrait sa pleine saveur qu'avec une abdication totale, avec un désir si grand qu'il ne saurait être contenu plus longtemps. Clayton ne voulait pas pousser son ingénue au péché, il voulait l'y conduire de son propre gré.

Les lèvres se séparèrent et les paupières se ré-ouvrir. Plongeant dans ce qu'il pensait être l'âme de tout être, il se sentit émerveillé par la spontanéité dont elle faisait preuve. Joie, envie, innocence, fierté, pudeur, les rétines de Jane se paraient de délicieuses émotions opposées et formant un tout pourtant cohérent. Ses joues rosies, peut être par lui, peut être par le froid, ne faisaient qu’accroître le charme naïf de la jeune femme. Jamais il n'aurait cru recevoir une telle candeur à son âge, ni même que lui, fervent défenseur du vice, en ressentirait une attirance aussi ardente. Il se sentait attiré comme le papillon par la lumière, non à la façon des pervers attirés par les jeunes nubiles, mais par la pureté de ses émotions. La chaleur simple et sans fard de Jane irradiait le botaniste. Sa vie n'avait pas été que noirceur, mais ce moment lui éprit le cœur, lui faisant réaliser qu'il n'avait que trop peu connu le vrai partage humain.

Peut être était-ce ce trop pleins de sensations, la longue journée ou le froid, mais il se sentit soudainement fatigué. Sachant que le moindre assoupissement en ce lieu pourrait leur être fatal, c'est sans ambages qu'il accepta l'invitation vers un repli stratégique dans la cabane au fond du jardin des bois.*

Depuis le début je vous mets en garde sur mon machiavélisme. Voyez-vous même où cela vous a mené de ne pas m'avoir assez cru !

*Il se leva et donna l'ordre à la couverture boudée par l'infirmière de se replier et de retrouver son chemin vers son sac. Il pointa alors sa baguette sur ce dernier qui disparu dans un plop pour se rematérialiser sur leur lieu de villégiature.*

Et voilà que ma mauvaise influence déborde de vous, au point que vous n'êtes plus capable de retenue devant la moindre tentative de séduction. Peut-être vous ais-je trop dévergondé pour que cette cabane aguichante en vint à prendre le dessus sur moi.

*Il la suivit alors qu'elle s'était enroulée dans la couverture tel un maki géant, la contournant pour déposer un baiser claquant sur son front pour ensuite la détailler de la tête à la couette.*

Vous êtes magnifique. Vous me rappelez une guimauve que j'ai connu, moelleuse, délicieuse et, malgré ses rondeurs généreuses, bien trop vite avalé. Mais vous voilà manchote, ce qui vous prive de mon bras pour vous escorter.

*Dit-il en s'éloignant à reculons, les sourcils levés accompagnant un sourire d'effronterie. Il se retourna alors et ralentit le pas, laissant la belle empaqueté le rejoindre et remonter les quelques mètres qui les séparaient de la cabane. Ils finirent par l'atteindre, Clayton poussa alors la porte grinçante et bringuebalante pour laisser passer son invitée, une apparence peu glorieuse dans le but de repousser les non-majs qui se seraient égarés jusqu'ici. Sans grande surprise, l'intérieur était à l'image des tentes qui feraient, dans quelques décennies, le bonheur d'un groupe de rafleurs. Bien plus confortable qu'escompté, l'intérieur n'avait pourtant rien de grandiloquent. Il ne s'agissait que d'une maisonnette de deux pièces qui se révéla à leurs yeux à l'aide de bougies perpétuelles allumées d'un mouvement de baguette.

Il referma la porte derrière lui qui paraissait, depuis ce point de vue, bien moins vétuste, faisant face à la salle de vie. Cette dernière comprenait un poêle qu'il mit rapidement en route toujours à l'aide de la magie, faisant crépiter un feu derrière la vitre noircie et permettant au lieu de se réchauffer. Elle était aussi dotée d'un coin cuisine avec une petite table sur laquelle reposait un panier de victuailles, un sofa, des piles de livres surannées sur des sujets aussi inintéressant que farfelus (collection comprenant, entre autres, « Barbecue, 1001 façon de l'allumer sans avoir recours à la magie », « Lutins du monde (mais surtout de Cornouaille) » et « Champipi le Champifleur ») ainsi que leurs bagages. Sur leur droite se trouvait deux portes, l'une fermée conduisait à un petit cabinet de toilette, la seconde, entre-ouverte, permettait d'y reconnaître une chambre minuscule dont l'imposant lit en bois recouvert d'une couverture en pourpoint prenait presque la totalité de l'espace.

Après avoir laissé l'infirmière s'avancer pour découvrir le lieu, il finit par formuler quelques mots goguenard.*

Bien entendu, je prends la chambre et vous le sofa, puisque vous ne voulez plus vous passer de ma couverture.

*Sur ce trait d'humour, il retira veste, gants et écharpe qu'il pendit au porte-manteau accroché à la porte.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Sam 20 Mai - 17:10

JANE
&
CLAYTON

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage.

*La métaphore la fit rire à gorge déployée. Ce n’était pas un rire moqueur, mais un plaisir réel, claironnant dans sa gorge. Si un jour on lui avait dit qu’elle serait comparée à une guimauve, elle ne l’aurait clairement pas cru, et pour cause, ce n’était pas un fait courant, encore moins romantique. Pour la plupart des femmes, peut-être. Sauf que Jane trouvait la métaphore enfantine, sucrée et poétiquement adaptée à elle. Ainsi répliqua-t-elle d’une voix de velours :*

Il vous faudra donc me savourer pour ne pas que cette tragédie ait lieu une seconde fois. Vous allez devoir lutter contre votre gourmandise afin qu’elle ne me dévore pas dès la première bouchée.

*Son regard et son sourire étaient tous deux rieurs. Voilà qu’elle se comparait elle-même à de la nourriture, restait à savoir si elle serait l’encas, le plat de résistance ou le dessert. Choix cornélien à faire. Sa mine se métamorphosa alors lorsqu’il refusa de l’escorter, la prenant ainsi à son propre jeu. Une moue indignée trôna sur son visage tandis que fièrement – et des plus comiquement – elle se démena pour atteindre le seuil de la cabane, menton relevé et dos droit.

Jane fit face alors à une petite maisonnée digne des contes. Elle n’était pas bien grande, ni très luxueuse, mais elle dégageait un petit aspect confortable, à en faire ronronner de petits cœurs énamourés. Ses prunelles brunes balayèrent le lieu tandis qu’elle s’avançait un peu plus dans l’habitacle modeste. L’endroit lui plaisait. Rapidement un sourire de complaisance s’installa sur ses lèvres. Le botaniste était surprenant, et pour cause, elle aurait été incapable de parier sur l’apparence du lieu qu’il choisirait. Entre luxe et simplicité, elle n’aurait su dire quel souhait empièterait sur l’autre. Mais elle était ravie de cette décision. Le contraire l’aurait peut-être quelque peu effrayée.
Les mots du botaniste interrompirent sa contemplation et elle arqua un léger sourcil amusé.*

Parfait ! mentit-elle avec effronterie. De toute façon, je n’ai jamais apprécié la fraicheur des draps, ils me glacent et plus le lit est grand, plus je peine à me réchauffer. Je suis en revanche persuadée que votre chaleur corporelle fera l’affaire, ajouta-t-elle dans un sourire énigmatique.

*Jane laissa le double-sens de ses paroles atteindre la gourmandise du botaniste, la taquiner avant d’ajouter le plus naturellement du monde.*

Je suis certaine que vous ne souffrirez pas du froid dans l’immensité de ses draps.

*Un petit rictus effleura ses lèvres tandis qu’elle déposait la couverture sur le canapé comme convenu. Elle retira alors son manteau de laine, son gilet et apprécia sa simplicité de mouvement à travers son chemisier. La jeune femme déposa le tout sur le porte-manteau, à son tour, et ne manqua pas d’en retirer son bonnet. Elle s’en sentait déjà bien mieux, plus légère. Ses pas la ramenèrent alors devant les flammes, lesquelles elle contempla avec fascination.*

Le ballet des flammes m’a toujours fascinée, déclara-t-elle finalement. Le feu, par son caractère ravageur, destructeur et imprévisible, me fait peur. Et pourtant, quand je le contemple, il m’évoque quelque chose de plus métaphorique, une lumière chaleureuse, réconfortante. Je pourrais le contempler des heures durant, non pour le maîtriser mais pour le découvrir sous toutes ses formes. Le mouvement de ses flammes, le charbon ou le bois qu’elles peuvent lécher avec tant de complaisance pourrait m’hypnotiser. A Ilvermorny, confia Jane plongée dans les souvenirs, lors de notre sixième année, le soir, lorsque tous dormaient paisiblement, nous étions quatre à nous lever et nous venions nous raconter une histoire, à tour de rôle. Elle prenait alors vie dans les flammes et c’était un challenge pour nous d’en maîtriser l’élément. Mais il nous semblait alors être de véritables conteurs, tout nous semblait plus réel et magique à la fois. Ces histoires nous amenaient dans des mondes inconnus et berçaient nos âmes intrépides. C’est l’un de mes meilleurs souvenirs de l’Ecole.

*Un sourire mélancolique prit place sur ses lèvres tandis que les flammes dansaient dans ses iris. Jane se tourna alors pour poser son regard sur le botaniste et fit les quelques pas les séparant. Ses doigts se mirent alors à dessiner le contour du visage masculin, avant de descendre dans son cou puis sur son torse. Là ils demeurèrent tandis que ses yeux étaient d’ores et déjà rivés dans les siens.*

Me feriez-vous l’honneur, s’amusa-t-elle dans un chuchotement, de passer le reste de la soirée et de la nuit à mes côtés, mon cher Clayton ? Vous m’épargneriez un long moment de questionnement quant à vous rejoindre ou non cette nuit, et de possibles blessures dues à ma maladresse opérant dans le noir. Je vous promets de ne pas nuire à votre sommeil, ajouta-t-elle pour le convaincre avec une innocence feinte.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Lun 22 Mai - 21:16

*Il arqua un sourcil circonspect tandis que Jane plaisantait sur cette nuit qu'ils allaient passer sous le même toit. Il ne s'était pas attendu à une telle hardiesse, fusse-t-elle qu'une plaisanterie, mais au contraire à devoir rassurer la farouche pucelle sur ses intentions, lesquelles se seraient limitées à jeter un œil à la dérobé à sa tenue de nuit au sortir de la salle de bain et à se comporter, hormis ça, en parfait gentleman.*

Je connais des sorts de réchauffement, ma baguette sera d'un grand secours entre mes mains.

*Lui répliqua-t-il avec un petit sourire en coin alors qu'il l'imitait en retirant son gilet. Il se rapprocha un peu du feu que l'on devinait derrière la vitre épaisse mal entretenue en retroussant ses manches, la chaleur se propageait dans le logis, fort heureusement pour lui. Il se tenait en retrait de la jeune femme, les fesses posées contre le sofa.*

Le feu a toujours été hypnotique. Qui ne se laisse pas happer par son imaginaire dès que nos rétines se confrontent à la danse sensuelle et sombre de ses flammes ? Je ne me laisse jamais autant emporter par l’irréel fictif d'un roman qu'en lisant au coin du feu et devient, à l'inverse, incapable de réflexions plus poussées. A bien y réfléchir, je crois que tout devient à la fois plus simple et meilleur devant un feu qui crépite, dit-il en repensant à quelques moments charnels passés. Comment alors s'étonner qu'on y voit les limbes face à la dangereuse inertie, la volupté qu'elle nous inspire ? Mais me feriez vous l'honneur de me raconter une de ses petites histoires lorsque vous en aurez l'inspiration ? Je serais curieux de découvrir Jane la compteuse. Mon meilleur souvenir d'école... je crois que c'est lorsque j'ai usé de mon pouvoir de préfet pour faire pleurer William Davis en lui ôtant 50 points. J'ai annoncé en plein repas au réfectoire qu'il était inadmissible de dissimuler son caleçon souillé dans sa table de nuit et d'empester le dortoir. Je l'avais surpris en train d'embrasser Marta, ma petite amie des Puckwoodgenies, ça méritait bien une vengeance. Il se joue tellement de drames durant l'adolescence !

*Claironna-t-il d'un air rieur dans le dos de Jane. Son rictus amusé s’effaça lentement au profit d'un sourire troublé lorsqu'elle vint faire sa demande. Tout en se redressant, il ressentit un frissonnement à la caresse de l'infirmière, une onde qui se propagea le long de son échine et vint discrètement redresser les poils de ses avant bras lorsque les doigts féminin touchèrent son cou. La candide savait-elle déjà que cet endroit était particulièrement érogène ? Tout en se retenant de fermer les yeux, il répliqua avec autant de désinvolture qu'il lui était possible, soit pas tant que ça.*

Je ne m'inquiète pas de mon sommeil, il est de plomb et il m'en faut peu pour me sentir parfaitement en forme.

*Un mensonge éhonté pour celui qui considérait la grasse matinée comme un loisir à part entière.*

Je m'inquiète d'avantage pour vous. Devrais-je me glisser dans les draps en premier pour les réchauffer de cette chaleur corporelle que vous supposez puissante ? Ou préférez-vous l'expérimenter directement via ce peau à peau dont vous avez manifesté le regret tout à l'heure ?

*Il posa sa main sur l'épaule de la jeune femme, une main qu'il glissa lentement le long de son bras pour la caresser à travers le tissu fin de son chemisier. Ses yeux étaient brillants tandis qu'ils se plongeaient dans le regard de l'infirmière en tâtonnant le terrain. « Boys will be boys » comme disait le proverbe.*

Comment allons-nous occuper cette soirée et cette nuit Jane ? Voulez-vous que j'ouvre la boite de « Donjons et chaudrons » qui est mise à notre disposition, je suis presque sur qu'elle contient encore facilement 60% des pièces. A moins qu'engourdie par le froid, vous ayez besoin de mon habileté pour enfiler votre pyjama en pilou ? Ce que par respect pour votre pudeur je ferais les yeux fermés évidemment.

*Sa main avait atteint le poignet de la jeune femme, il tendit alors les doigts pour frôler la paume et les phalanges de sa petite infirmière. Il reprit son batifolage après s'être humecté les lèvres.*

Ou alors vous comptez sur moi pour vous couler une douche chaude ?
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Lun 22 Mai - 23:53

JANE
&
CLAYTON

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage.

*Une vengeance. Un mot qui n’échappa pas à l’oreille attentive de la jeune infirmière. Elle s’amusa à s’imaginer le jeune Clayton en proie à la jalousie et à la possessivité adolescente. Son orgueil paraissait déjà bien actif à cette époque, ce qui la fit sourire en coin avec une légère tendresse. Nul doute que l’adolescent avait à raconter sur l’adulte qu’il était devenu, et Jane ne pouvait s’empêcher de se demander à quel point. Son instinct était partagé entre l’envie de connaître le passé du botaniste et la peur d’y découvrir certains détails proches du présent. De sa part son passé ne serait pas jugé, bien entendu, ce n’était pas là la nature de Jane, mais elle savait que le vécu impactait sur le présent, que certaines manies du passé ne disparaissaient jamais réellement. Mais plus encore, la jeune sorcière craignait d’être confrontée à l’enfant au triste passé, car c’était à cette délicate conclusion que l’avaient conduites ses nombreuses pensées analytiques. Elle craignait d’y découvrir des souffrances parfois irréversibles à moins qu’il n’était question en réalité que de ses travers féminins, qui ne la poussaient qu’à trop romantiser les faits. C’étaient néanmoins des interrogations qu’elle réservait pour plus tard, lorsque leurs deux âmes y seraient plus disposées.

Ce qui n’était pas le cas pour le moment. Si Jane s’amusait à taquiner la gourmandise masculine, elle ignorait en revanche tout de ce qu’elle produisait réellement. Elle pouvait paraître effrontée, plus osée qu’on aurait pu l’imaginer de prime abord, et pourtant, il n’en était rien. L’infirmière avait tout simplement choisi de ne point y penser, de ne point y réfléchir afin de ne laisser aucune place au doute ou au questionnement incessant. En présence du botaniste, dont elle connaissait pourtant une partie des mœurs de son propre aveu, elle ne craignait rien, ni pour elle-même, ni pour son corps. Autrement dit elle avait confiance, et même suffisamment confiance, pour se complaire dans le jeu et dans cette séduction dont elle ignorait toute la pratique. Sa candeur la protégeait de tout calcul, de toute incertitude, Jane agissait avec naturel en suivant son instinct et ses envies dussent-ils être dépourvus de raison.

Cependant, les propositions du botaniste éveillèrent en elle le questionnement du possible « après ». La vestale était-elle prête à braver quelques interdits, à se montrer sous son plus simple habit ? Rien n’était moins sûr, et pourtant, son âme avait endossé une certaine désinvolture, grisée par la séduction, grisée par les sentiments et cette attirance contre laquelle elle ne pouvait rien. Ses pomettes s’enflammèrent quelque peu tandis qu’elle penchait la tête vers son épaule.*

Vous noterez que l’un n’empêche pas l’autre, minauda-t-elle dans un léger sourire badin. A cela près, que je serais moins susceptible d’épouser mon corps au vôtre pour en absorber toute sa chaleur, comme si ma nuit en dépendait.

*La diabolique caresse lui arracha un long frisson vengeur, tandis que ses prunelles la couvaient du regard. En une poignée de secondes, elle se recula pour se mettre hors de portée. Mademoiselle faisait en effet de la résistance afin de pouvoir lui répondre avec clarté, et parce qu’une fois de plus, elle se plaisait à le provoquer.*

Pour quelqu’un qui dévalorisait la caresse, vous en usez plutôt avec malice. Vous êtes vil mon cher botaniste, et je n’aurais jamais dû vous donner ce moyen de m’atteindre, ajouta-t-elle en croisant les bras d’une moue faussement indignée. Vous noterez dans votre proposition que si engourdie je suis, par un bien mauvais hasard, il serait question également de me libérer de mes vêtements avant de m’en doter d’autre. Votre bonne résolution serait donc hautement mise à l’épreuve, et en mon âme et conscience, je ne peux vous infliger pareil châtiment. Ce serait vous manquer de … respect, souffla l’infirmière dans un petit rictus. Quant à la douche chaude, voilà une proposition fortement alléchante. Et si baignoire il y avait eue, alors peut-être auriez-vous assisté à mon bain, afin que je ne me sente seule.

*La jeune femme décroisa finalement les bras et revint près du botaniste. Elle posa de nouveau ses mains sur son torse et reprit d’une voix lascive, tandis que son regard se plongeait dans le sien. Une lueur étrange et nouvelle commençait à naître suavement dans les prunelles de la jeune vestale...*

Mais rien ne vous empêche effectivement de faire couler l’eau afin qu’à me dénuder, je n’attrape point froid. La chaleur se sera répandue dans la salle d’eau, et je vous devrai ce bien être. La caresse de l’eau chaude me rappellera alors de vous remercier pour cette attention et peut-être même me fera-t-elle repenser vos précédentes propositions. Après tout je veux bien y accorder davantage d’attention. Je n’oublie pas également votre demande, je manierai donc les flammes selon vos désirs mon cher Clayton.

*La sorcière se hissa alors sur la pointe des pieds dans un sourire, et glissa un baiser dans le cou du botaniste, un peu plus luxurieux que chaste.*

Me feriez-vous couler une douche chaude, je vous prie ? murmura-t-elle alors.

*Elle se recula ensuite et se dirigea vers la cuisine où dans le panier de victuailles, elle trouva une pomme rouge qu’elle se plût à prendre et à laver avant de la croquer avec un appétit nouveau, qu’elle savait totalement étranger à la faim. Un petit sourire heureux et mutin vint alors se glisser sur ses lèvres. Pomme aux lèvres, elle jeta un regard en coin au botaniste avant de se tourner vers le sac pour s’affairer à prendre ses affaires, si tenté qu’elle eut besoin de tout ce qu’elle avait pu apporter par précaution. Peut-être, après tout, était-ce de ce moment présent dont elle devait pleinement profiter. Demain aurait largement le temps d’arriver, ses possibles questionnements également. Une émotion particulière la poussait à se dévoiler plus intimement ce soir, à goûter cette aventure coupée du temps et du monde. Rien ne semblait pouvoir l’atteindre en ces lieux, et c’était là toute la différence. Elle était elle-même, jeune femme encore innocente, qui jusque-là s’était refusée à des émotions plus dangereuses, mais non pas moins délicieuses. Jane se sentait enfin en phase avec la femme en elle, ce qui ne pouvait que faire tomber ses barrières que trop encombrantes.*
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Sam 27 Mai - 16:40

Alors je vais éviter de trop réchauffer ce lit, répondit-il avec nonchalance, tout en sourire d'où suintait un mélange d'amusement, de curiosité et d'envie. D'autant que comme vous m'en avez fait la leçon, vous ne pourrez mesurer la puissance de la chaleur corporelle qu'en passant directement au peau contre peau. Voyez comme je me montre bon élève et ai appris de vous, une fois encore... A ce demander si vous n'avez pas manqué une véritable vocation pour l'enseignement.

*Il ne quittait pas des yeux l'ingénue qui se faisait provocatrice tant dans ses paroles que dans ses gestes, une provocation innocente, peut être même un peu enfantine surtout à ses yeux de libertin. Il éprouvait pour la candide, un mélange de tendresse et d'appétit, l'appétit prenant doucement le dessus. Il essaya de contenir son sourire pour l'écouter à la façon d'un enfant recevant une leçon de sa perceptrice. Il croisa ses mains dans son dos pour accentuer son air de chérubin, ponctuant de quelques hochements de tête complaisant les explications de Jane.

Un nouveau frisson se fit délicieusement ressentir alors qu'elle revenait toute caressante vers lui. Il aurait pu l'interrompre mais il ne voulait surtout pas la brider dans son élan. Si Jane était naturelle et laissait la femme s'exprimer, lui ne l'était pas. Pas complètement en tout cas. Ses émotions n'étaient pas feintes, en revanche il calculait ce qu'il devait en montrer pour flatter juste assez l'égo qu'il savait puissant chez la jeune femme, la couvant de ses yeux brillants, mordillant ses lèvres comme pour retenir son appétit, serrant les poings pour maitriser le fourmillement de ses doigts. Il voulait qu'elle se grise de ce nouveau pouvoir qu'elle avait sur lui, qu'elle désespère d'en obtenir plus, qu'elle en abuse jusqu'à le mettre aux aboies.

Dans la même situation, avec une autre plus débauchée, sans doute l'aurait-il immédiatement saisit par la taille pour la renverser sur ce sofa surannée. La suite serait interdite au moins de 17 ans, quant à l'après, il aurait seulement dépendu des sentiments que sa maîtresse lui inspirait. S'il éprouvait pour elle quelques amitiés ou un désir sincère, il s'éclipserait après moult cajoleries, fuyant l'intimité réelle qui menacerait de le happer dangereusement en usant d'un motif ou d'un autre. Si ses sentiments étaient pernicieux, il aurait humilié l'idiote en la virant de son lit avec toute la désinvolture et l'insensibilité dont il était capable. Mais c'était Jane, et tout était différent avec elle, jusqu'à quel point restait à découvrir.

Alors qu'elle se reculait après avoir à nouveau éveillé son désir en l'embrassant dans le cou, il en profita pour l'embrasser furtivement sur le coin de la bouche.*

Vous ne devriez pas fanfaronner sur la place qu'à prit la caresse entre nous, se faisant vous m'incitez à rééquilibrer le tout. Je ne suis pas encore prêt à m'avouer vaincu mademoiselle.

*Tandis qu'elle partait mordre dans une pomme comme si sa vie en dépendait, lui recula en sens inverse en s'inclinant.*

Vos désirs sont des ordres, je ne suis là que pour vous contenter.

*Il se retourna et rejoignit la petite salle de bain où il s'enferma. Il s'adossa à la porte quelques secondes en poussant un soupir, à la manière d'un adolescent cherchant à tempérer son émoi. Il se sentait comme un combattant, à ceci prêt que ses coups visaient à attirer Jane et l'affrontement final devrait, si tout se passait bien, se dérouler sur un lit et non sur un ring. Encore que le caractère impétueux de la jeune femme laissait planer le doute sur l'issue. Il exécuta enfin les ordres qu'elle lui avait donné en faisant couler une douche chaude, profitant des premiers instants où l'eau était encore fraîche pour se rafraîchir un peu le visage avant de retourner lui faire face.

Laissant l'eau couler à flot et une vapeur étouffante envahir la pièce, il rejoignit sans la quitter du regard la jeune infirmière affairée dans le coin cuisine. La dévorant des yeux comme s'il allait la prendre dans ses bras, il bifurqua au dernier moment en la frôlant pour fouiller dans les maigres placards à la recherche d'un verre, un sourire narquois aux lèvres. Alcool et cigares servaient à camoufler les émotions, qu'il s'agisse d'enfouir les squelettes du placard ou à atténuer le simple émoi en cours.*

La douche, cette petite chanceuse, n'attends plus que votre présence pour vous délasser ma chère Jane.

*Il remplit son verre d'un whisky anglais qu'il sortit du panier - il avait lui-même choisi les mets qu'il contenait – et, avant de le porter à ses lèvres, ne manqua pas d'allumer une cigarette pour s'adonner à ces deux plaisirs controversés en même temps. Il s'adossa au buffet dans une apparente décontraction, fumant, buvant et surtout sondant Jane du regard, sans chercher à dissimuler son questionnement sur les intentions immédiates de la jeune femme. Allait-elle le laisser là avec le filet du diable pour amante, l'alcool pour réchauffer son corps et un jeu démodé pour seul amusement, ou allait-elle l'inclure d'une quelque manière que ce soit dans ses plans ? Lequel des deux se languiraient le plus ? Possible que son regard se faisait légèrement suppliant à ce moment là.*
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Dim 28 Mai - 11:05

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CLAYTON

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage.

*On ne vantait jamais trop les mérites de la pomme. Pomme d’amour, pomme de secours, pomme aussi rougeoyante que la chaleur qui émanait d’elle, un fruit plus que bienvenu en d’autres termes. Ses dents la croquaient avec allégresse tandis que le jus acidulé glissait dans sa gorge asséchée par les émotions qui la tiraillaient de part et d’autres. C’était comme si la violence des années passées, à vouloir sacrifier ses envies et ses potentiels désirs, la heurtait de plein fouet jusqu’à décupler l’intégralité de ses sens, l’effluve des sensations. Si bien qu’elle sentit lorsqu’il quitta pendant quelques minutes la pièce. Jane s’en accrocha brièvement à la table, comme pour retenir ses genoux qui menaçaient de céder sous son émoi, sous sa « dépendance » grandissante. Car si le botaniste attendait de son désir qu’il rimât avec pouvoir afin de flatter son ego, il se produisait en réalité tout l’inverse, à quelques détails près. L’influence qu’il avait sur elle lui procurait une adrénaline grisante, si grisante, qu’une part d’elle luttait encore pour un pouvoir équitable. Elle ne pouvait se résoudre à céder dès à présent, et peut-être était-ce là une réaction de son orgueil. Il fallait en effet bien l’avouer, le damoiseau qu’était son orgueil venait de goûter au parfum de la servitude. Il aimait le contrôle, il aimait faire taire ceux qui lui tenaient un peu trop tête ou qui se risquaient à lui envoyer une estocade. Or il fléchissait, asservi par les séductions masculines. Bien qu’enchanteur, ce n’était cependant pas admissible. La jeune femme entendait bien riposter quelque peu pour rappeler à ce cher botaniste les affres de la nécessité, ceux-là mêmes qu’il avait si subtilement et diaboliquement placés en elle. A ses attentes, elle céderait, c’était là une chose certaine aussi bien dans l’esprit de Jane qu’au niveau de son ego, mais pas sans quelques grains de reddition masculine.

Forte de cette idée, elle tiqua légèrement moins à cette nouvelle entrée en scène de sa part. En main, elle avait ses affaires nécessaires à sa toilette, encore sous taille réduite. Quant à l’apparat … A nouveau, une rougeur menaçait, et Jane dût très vite la contrôler afin de ne pas se laisser trahir. Le frôlement la surprit alors et elle retint de justesse le tressaut sensible provoqué. Il était grand temps pour elle qu’elle s’éclipse pour calmer cette sensibilité accrue que le regard masculin n’arrangeait absolument pas. Son ego gagna quelque peu en contenance et finalement, poussa la jeune femme à braver le regard du prétendant. Jane se redressa et continua de croquer le reste de sa pomme, calmement. Ce fruit était hautement sous-estimé ! Sondée, elle sut par instinct décrypter l’attitude du botaniste.*

« Chanceuse » ? Et que devrais-je dire de cet alcool que vous buvez avec plaisir ? Ou de cette cigarette que vous fumez allégrement ? répliqua-t-elle en arquant un sourcil amusé.

*Les interprétations possibles lui échappèrent, fort heureusement. En revanche, la muette demande ne lui échappa pas. Jane plongea son regard dans celui du botaniste et le contempla de longues secondes avant qu’un sourire ne fleurisse sur ses lèvres. Elle s’avança sans une réponse et se débarrassa du trognon de sa pomme. Si elle cédait maintenant ses plans tombaient à l’eau, dans tous les sens du terme. Par ailleurs, elle n’était pas sûre de sa timidité sous cette proximité des plus intimes qu’offrirait la salle d’eau. Un frisson la parcourut alors sans qu’elle n’en sût la véritable raison.*

Je vais devoir m’éclipser au plus vite sans quoi votre regard signera ma capitulation, répondit finalement la jeune sorcière en lui adressant une œillade. Une conteuse a besoin d’un temps de préparation avant de se produire devant son public endiablé, ajouta-t-elle avec taquinerie. Je gage être revenue avant votre troisième verre, sauf si vous souhaitez vous alcooliser pleinement et oublier au réveil l’issue de cette soirée et nuit.

*Ce qu’elle n’escomptait pas, et tous deux, sans le formuler, le savaient. Jane eut un dernier regard pour ce cher botaniste et se réfugia dans la salle d’eau qu’elle ferma magiquement à double tour. Etouffant, elle posa ses affaires sur le coin du lavabo en leur redonnant leur taille normale et se mit à nue, avec une certaine précipitation. La jeune femme éteignit l’eau quelques instants et releva un peu plus ses cheveux pour ne pas les mouiller. La vapeur d’eau enroba finalement son corps nu et Jane se permit enfin de respirer pleinement malgré la chaleur. Finalement, elle abandonna l’idée de l’eau chaude avec ce sentiment que tout son corps avait besoin d’être à nouveau mordu par le froid.

Sous l’eau glacée, elle se glissa non sans serrer les dents. Ses muscles étaient tendus mais ses idées soudainement éclaircies. La jeune femme eut un regard pour la porte, une pensée lascive pour cet homme qu’elle désirait sans savoir comment cette histoire se terminerait. Les femmes de haute vertu donnaient leur virginité à leur futur époux. Rien que ce dernier mot lui donnait des vertiges et l’effrayait, peut-être était-ce aussi ce qu’elle aimait chez le botaniste : il n’attendrait pas d’elle qu’elle lui remit sa liberté en mains. Il n’attendrait pas d’elle un quelconque futur précis – juste son patron et rien que son patron, ce dont elle ignorait tout.-, elle se savait libre comme l’air autant de ses choix que de ses pensées. Ce qui la grisa un peu plus et la conforta dans ses futures décisions et entreprises. Le point fait avec sa conscience, elle put alors retrouver un peu de chaleur, tandis qu’elle réchauffait à nouveau l’eau. Instantanément, ses muscles se détendirent, laissant un sentiment de bien être flotter sur ses lèvres. Elle ferma les yeux et se laissa bercer par la chaleur de l’eau de longues minutes. Lorsqu’elle les rouvrit, elle se lava lentement.

Quinze ou peut-être vingt minutes s’étaient écoulées. Jane drapée dans sa longue serviette blanche défaisait ses longs cheveux bruns pour les laisser tomber en cascade sur l’une de ses épaules. Elle avait renoncé à tout apparat en son âme et conscience. Ses joues étaient une fois de plus rouges de timidité, mais elle se concentra pour se détendre et respirer. Dans le pire des cas, la chaleur lui donnerait un alibi suffisamment convaincant. La jeune femme prit alors sa baguette et déverrouilla la porte pour faire face à son cher botaniste. Elle eut pour lui un petit sourire timide et s’approcha de la couverture qu’elle installa sur le sol face au poêle. Magiquement, elle découvrit les flammes et prit place en veillant à lui laisser une place suffisante.
La proximité provoqua chez elle un long frisson qu’elle ne put entièrement réprimée, qui la fit même douter de sa capacité à raconter du début jusqu’à la fin son récit. S’il choisissait de l’interrompre, elle pourrait difficilement y résister. Ainsi tourna-t-elle son visage vers lui, par anticipation, et lui vola un baiser avant de murmurer contre ses lèvres.*

Et on respecte sa conteuse.

*Un sourire entendu et malicieux glissa sur ses lèvres tandis qu’elle rapporta son attention sur les flammes. Elle savait son histoire peut-être un peu longue pour le désir palpable mais elle avait été sa toute première et son esprit que trop accaparé, était incapable d’en créer une autre pour la soirée. De quoi peut-être mettre à l’épreuve les différentes attentes et/ou envies du botaniste. Elle se râcla la gorge pour se vider de toute pensée et contrôler ses pulsions charnelles.La sorcière tendit sa baguette et psalmodia une formule qu’ils avaient volée dans un livre dont elle avait oublié le nom : « Flammae, meam fabulam audite. Flammae, meam fabulam dicite. ». Elle répéta l’invective à plusieurs reprises jusqu’à ce que les flammes eurent cessé de bouger, attentives. Ainsi Jane commença-t-elle son histoire…*

[…]

*L’histoire suivait son cours, tandis que la sorcière avait le regard perdu dans les flammes. Les dragons se mouvaient au fur et à mesure qu’elle les invoquait, différents tableaux apparaissaient tantôt mouvants, tantôt éphémères et immobiles. Les flammes dansaient sous le récit épique de la jeune femme.
Jane donna à Dame nature l’aspect d’une déesse, aussi sensuelle et belle qu’une dryade tandis que les Hommes étaient réduits à des ombres déchirées par les flammes tant ils étaient hâpés par leurs émotions. Quant à sa voix, elle était d’une douceur travaillée. Depuis des années maintenant elle avait pris l’habitude de conter des histoires en tout genre, ses préférées étant celles sur les dragons. Et si elle n’oubliait pas la présence du botaniste à ses côtés, elle se plaisait à partager ce moment avec lui, un nouveau moment de belle magie certes mais surtout un souvenir de son passé à Ilvermorny. Ce qu’elle n’avait jamais fait jusque là. Et lorsque sa voix s’éteignit, un dernier dragon apparut, rugissant dans les flammes avant de disparaître, les laissant tous deux dans un nouveau silence, différent des précédents.*


[ Histoire de Jane :

Il était une fois, bien avant que l’Homme n’ait conscience de son pouvoir, un âge que le monde semble avoir oublié aujourd’hui : l’âge des dragons, protecteurs des âmes et des cœurs. Le monde connaissait alors son âge d’or, où jouissance rimait avec partage, plaisirs avec abondance, et l’amour avec pureté. Les sentiments que nous connaissons aujourd’hui comme la haine ou le désir n’étaient pas inconnus à l’époque, mais les dragons veillaient à une certaine harmonie dans le cœur des hommes, à l’image du dieu que prônent à ce jour les effrayés.
Il y avait un dragon pour chaque émotion principale humaine : le dragon rouge veillait sur la colère, magistral et quelque peu bourru ; le dragon d’or veillait sur la joie pas aussi joyeux que l’on pourrait le penser, mais sage, car il fallait saupoudrer avec parcimonie cette poussière d’allégresse ; le dragon bleu veillait pour sa part sur la tristesse afin que l’Homme ait conscience de sa chance de vivre. Quant aux dragonnes verte et noire, elles veillaient respectivement sur l’amour et le désir, car la première aimait la vie comme on aime le vin, et que la seconde par sa curiosité aimait particulièrement à découvrir. Enfin, le dragon d’argent veillait-il de toute sa suprématie et sa splendeur sur l’harmonie du cœur humain. Il était le gardien de ce mélange exquis appelé bonté. Tant que les dragons doseraient avec équité et sagesse les différentes émotions, l’alliage éclatant serait d’une pureté inébranlable. Pour ce qui étaient des émotions qui nous entravent le cœur encore aujourd’hui, elles naissaient de longues discussions de dragons. C’étaient de leurs réflexions que naissaient des sentiments subsidiaires.

On vouait des cultes à ces créatures délicieusement sages et intriguantes. Certains se plaisaient à les imaginer capricieux, d’autres contaient de merveilleuses histoires en leurs noms. Les dragons dispensaient de nombreux cours aux jeunes hommes nés de la terre et de l’amour. Jamais ils ne parlaient cependant, car la puissance de leurs vocalises anéantiraient les sens humains. Alors ils communiquaient par la pensée, ce qui leur permettait de venir à bout de certains cauchemars de petits hommes. La paix sous toutes ses formes régnait. Jusqu’au jour où les vents se déchaînèrent ou l’orage s’abattit sur les maisonnées qu’on avait bâties d’éléments naturels : la nature s’était retournée contre les hommes, du moins fut-ce le discours donné. Or les dragons connaissaient les légendes, puisqu’ils en étaient les maîtres. Tous les deux siècles, la nature les mettait tous à l’épreuve, car le monde ne saurait être sans Dame Nature, ainsi se défoulait-elle sur l’humanité jamais éprouvée afin que celle-ci puisse faire ses preuves. Les récoltes furent bafouées et les Hommes crurent en une trahison de la part de ces êtres divins, leurs protecteurs. Ces derniers eurent beau les raisonner, user de philosophie pour bercer leurs âmes tempêtueuses, rien n’y fit. On les traqua alors et s’ensuivit une guerre cruelle, sans aucune merci. Jamais le monde ne connut autant de douleurs et autant de violences. Les hommes parcoururent les montagnes et gagnèrent le refuge du dragon d’or où il fut capturé. On vanta alors les mérites des valeureux sans comprendre que le dragon ne s’était en rien défendu. Grave erreur de la part du Sage car les hommes goûtèrent les dommages de la vanité, qui comme une poudre à canon se répandit de foyer en foyer et gâta le cœur humain. La maladie était en marche, seuls les enfants continuaient de croire en leurs valeureux héros. Seulement nul espoir n’était permis pour les dragons. Les enfants furent sauvagement assassinés et de ce sacrifice naquit une haine encore plus grande. L’humanité venait d’être corrompue jusqu’à la moelle…

On partit en quête des autres dragons et du cœur afin de le rapatrier en des lieux plus sûrs et bien moins sains. Les dragons finirent par se débattre et se laissèrent gagner par la colère et la tristesse tandis que l’âge d’or s’envolait au loin, révolu. Les flammes ravagèrent les villages, léchèrent les âmes noircies et accompagnèrent l’enfer dans lequel s’étaient plongés les hommes sans foi et plus cupides qu’on ne l’aurait cru. Bientôt il ne resta plus que le dragon d’argent dont la cécité avait décuplé les sens. Jours et nuits on l’assaillit, mais rien ne l’atteignait. Il était agile, valeureux et sa tristesse lui donnait encore suffisamment d’espoir pour lutter contre leur cuisant échec. Le centième jour de l’affrontement, alors que le monde n’avait plus vu le soleil depuis le déchaînement de la nature, un couple et leur enfant gravirent la montagne sacrée et pénétrèrent la grotte du dragon. Une longue et terrible discussion fut entamée entre les deux espèces car il fallait sauver l’humanité du désarroi dans lequel elle se trouvait. Elle dura quatre jours et trois nuits.

Pendant ce temps, Dame nature fut à son tour mise à mal par les hommes rancuniers. On gagea qu’il fallait la dominer, la maîtriser afin que plus jamais elle ne puisse les annihiler. Elle se débattit longuement, hurlant à travers le vent les différentes promesses qu’elle offrait aux hommes. Elle leur promit moult douleurs pour obtenir la jouissance de ses biens, moult pertes pour chaque profanation perpétrée et une éternelle cupidité car ô grand jamais ils ne pourraient entièrement la soudoyer. L’âge des hommes commençait mais aucun ne régnerait sur l’éternité et ce monde qu’ils finiraient par empoisonner.

Du conseil entre le dragon d’argent et les trois humains résulta la fin de la sagesse dragonienne. Désormais aucun dragon ne protégerait les hommes ni même leur enseignerait leur savoir ancestral. Chacun se sacrifia. L’enfant planta la lame de son père dans le cœur du dragon tandis que ses lèvres psalmodiaient un lamento aussi beau que terrible. Les larmes ruisselaient sur son innocence bafouée. Il jeta la lame hors de la grotte et gagna les bras de ses parents où ensemble, au nom de l’espoir, ils fusionnèrent avec le cœur de l’humanité. De leur amour et de leur sacrifice, naquit le fin et dangereux dosage entre le Bien et le Mal, entre la haine et la bonté. Un dosage dont on dit qu’il est imperceptible et des plus approximatifs, tout au plus une pensée sommaire dans l’âme des hommes, ce qui les rend aussi imprévisibles que surprenants, aussi cruels qu’aimant. Quant aux dragons, nul doute qu’ils continuent de résider dans tout ce qui nous entoure… ]


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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Lun 29 Mai - 1:25

Je reconnais que j'aime les sentir s'insinuer entre mes lèvres, mais sans vouloir vous manquer de respect, je peux affirmer qu'il y a de la place dans ma vie pour une autre amante. Nous formons un vieux trio, mes cigarettes, mon alcool et moi, où la jalousie n'a plus sa place...

*Il la sondait toujours du regard, dissimulé derrière son verre porté à ses lèvres à intervalles réguliers. Il haussa même un sourcil alors qu'elle se rapprochait de lui avec une grâce qu'elle aurait pu rendre féline si sa chasteté ne suintait pas de tous ses pores de vierges en pleine conquête de nouvelles facultés. Il y avait comme de l’électricité dans l'air, des émois contenus que chacun réprimait dans ses entrailles. Il crut, l'espace d'un instant, qu'elle allait l'inviter mais le temps de déglutir un peu trop vite son whisky qui en profita pour lui brûler désagréablement la gorge, et la belle repartait déjà après avoir jeté son trognon de pomme à l'image d'une Blanche-Neige qui se serait pervertie.

Il lui sourit pour toute réponse, oscillant entre la déception et le soulagement de ne pas aller trop vite, c'est qu'à la base, il ne comptait même pas partager son lit, et s'il ne craignait pas la nudité du corps, celle de l'âme l'effrayait. Il se questionna sur la possibilité de la rejoindre, ce qui reviendrait à renoncer à ses plans, mais le double tour qu'il entendit dans la serrure lui ôta définitivement cette option. Jane voulait être seule. Il siffla un « fuck » entre ses dents par une ironie involontaire et remplit à nouveau son verre.

Il tendit l'oreille lorsqu'il entendit que l'eau avait cessé de couler, mais c'était une nouvelle fausse alerte et il se décida finalement à prendre place sur le sofa. Là, il acheva sa cigarette qui eut pour effet de réduire sa nervosité. Il feuilleta une revue sans âge sur les runes, lu en diagonal un vieux livre sur la cueillette des champignons les soirs sans lune, se servit un troisième verre, pesa le pour et le contre de goutter à une demi baie de belladone qu'il avait glissé dans son bagage, ôta ses chaussures et lu « Champipi le champifleur » en entier. Lorsqu'au bout de près d'une heure il entendit la serrure de la salle de bain, il se trouvait allongé en essayant de comprendre les règles de « Donjons et chaudrons » avec un ennui qui l'avait rendu tout à fait calme. Il balança la règle incompréhensible et se redressa alors que Jane sortait, et s'il avait eut à l'idée de la chambrer sur l'espace temps qui semblait différent dans les salles de bains (une déconvenue à laquelle il était lui-même sujet), l'idée s'envola en volutes de fumée  lorsqu'il vit la tenue qu'elle lui avait réservé.

Il se mit debout et glissa ses mains dans ses poches en lui souriant. Il la suivit des yeux lorsqu'elle le contourna sans un mot, prit la couverture, l'étala devant le feu et s'installa dessus en l'invitant à faire de même. Il songea alors que le moment était venu  de découvrir ce que les robes trop longues de Jane dissimulaient alors qu'il prenait place, se laissait embrasser... et redescendait à nouveau sur terre.*

Oh... Oh oui bien sur, le conte ! Je l'attendais avec tant d'impatience que votre absence m'a paru sans fin.


*Il humidifia ses lèvres et lui sourit d'une manière qui rappelait les chats retombant toujours sur leurs pattes, mais dont toute grâce faisait défaut à l’atterrissage. Il redevint sérieux tandis qu'elle se concentrait sur la formule à prononcer, ses yeux rivés sur les flammes. Avec une ferveur similaire, ses rétines à lui suivirent le chemin d'une goutte empruntant le sillon dessiné par sa clavicule, perlant jusque dans les profondeurs de son décolleté, englouti par le moelleux d'une serviette trop épaisse à son gout. Sans rougir de la moindre honte, il s'imagina recueillir la perle d'eau sur sa langue. Alors que les flammes réagissaient aux invectives de l'ensorceleuse, il releva son regard vers elle, sourit avec douceur, éteignit les bougies d'un mouvement de baguette pour mieux profiter du spectacle et la laissa jouer les narratrices.

Il l'écouta attentivement, sagement ou presque, plongeant son regard dans les flammes même si, à une main glissée sur son genoux découvert, l'on pouvait deviner que la totalité de son attention n'était pas tourné vers le récit. A un autre moment, en une autre compagnie, peut être se serait-il laissé happé par une sorte de mélancolie face à cette allégorie sur les défaillances des hommes, mais en cet instant où ses désirs impérieux étaient tout autre, son esprit pourtant si facilement assombrit opta pour l’émerveillement innocent. Il porta à nouveau son regard sur Jane après le dernier volte-face du dragon.*

C'est une jolie histoire. Si elles sont toutes de ce même acabit, peut-être devrais-je vous mettre en relation avec mon éditeur. Vous ais-je déjà dit que je me passionne pour la magizoologie, et que de toutes les merveilleuses créatures connues sur cette terre, aucune ne me fascine plus que les dragons ? Je n'en ai jamais vu hélas, pas vraiment...

*Dit-il en se remémorant la promesse d'une jeune femme de lui permettre de rencontrer son dragon miniature et aux délicieuses hallucinations que lui avait fait vivre ses quelques expériences avec l'essence de Datura, une herbe aussi planante que dangereuse au point que lui-même se retenait d'y goutter. Ce n'était sans doute pas le but de toute cette mise en scène, mais sur l'instant, il eut envie de s'enivrer à nouveau avec cette plante de magie noire, de prendre Jane dans cette autre réalité où les dragons sembleraient si réels qu'ils auraient l'impression de s'unir à même leur dos. Mais s'il parvenait à gérer, jusqu'à présent, sa toxicomanie au point qu'elle lui semblait tout à fait innocente, il n'était pas hypocrite envers lui-même au point de croire que la sage infirmière partagerait son vœux. Une autre demande, bien plus raisonnable mais pas aussi sage qu'on l'aurait cru, se formula sur ses lèvres.*

Dites moi Jane, quel dragon vous sentez-vous aujourd'hui ?


*Souriant dans l'attente de la réponse, il saisit délicatement une mèche de ses long cheveux qu'il fit glisser entre ses doigts.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Lun 29 Mai - 23:06

JANE
&
CLAYTON

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage.

*Après son récit, elle se sentit légèrement affaiblie par l’effort et la concentration qu’avait requis son sortilège. Une fois de plus, elle avait démontré sa volonté à vouloir comprendre les hommes, sa tristesse face à la violence et sa parfaite conscience de l’imperfection humaine. Jane savait qu’aucun être n’était doté de perfection, et contrairement à certains philosophes, elle n’imaginait pas une seule seconde l’homme capable d’une telle « splendeur ». Au contraire, elle trouvait l’alliage intéressant voire fascinant car la cohabitation entre les notions de bien et de mal restait un mystère absolu pour elle, probablement en raison de leur abstraction naturelle. C’était cette même fascination qui lui permettait de conserver une certaine foi, même minimale, en l’humanité.
Jane posa sa baguette et eut un sourire pour la remarque du botaniste. Si elle aimait écrire et créer, elle ne voyait absolument pas son avenir dans le vaste univers de la littérature. Elle se promit cependant d’en écrire de nouvelles pour le jour où, si l’envie prenait le botaniste, elle puisse répondre à une autre demande de ce genre.*

Non je l’ignorais, répondit-elle alors le regard amusé. J’ai peut-être plus d’instinct qu’il n’y paraît. Si cela peut vous consoler, je n’ai jamais croisé la route d’un dragon non plus. Mais je dois bien avouer qu’ils m’ont toujours attirée, peut-être parce qu’à mes yeux, il y a encore et toujours une aura mystérieuse qui les entoure. Les études ont beau se multiplier, je crois sincèrement que nous ne connaîtrons jamais la véritable essence des dragons. Néanmoins, c’est une aventure que je compte bien vivre : faire face à un dragon, me plonger dans ses iris comme si ma raison d’être en dépendait, sentir l’incandescence de ses flammes et admirer leurs puissances … Plus que tout, je veux contempler le vol du dragon, termina-t-elle sur un sourire particulièrement rêveur.

*Pour un dragon … elle aurait douté. Peut-être. Sûrement. Parce qu’en tant qu’infirmière, elle ne pouvait se le permettre, même au nom d’une étude scientifique, d’une expérience nécessaire … laquelle pourtant correspondait parfaitement aux volontés du Boss et de son apprentie. Repousser les limites, rejeter les algorithmes, les divers théorèmes et lois magicoscientifiques demandaient des risques, demandaient des associations peu envisagées et des expériences infinies. Jane aurait douté parce qu’elle aurait été prête à prendre le risque pour des raisons qu’elle n’oserait sûrement pas avouer au botaniste. Jane la sage, Jane l’innocente … tant de qualificatifs qu’on lui affublait mais dont elle devait se défaire pour parvenir à ses fins, pour atteindre le but qu’Ils s’étaient fixés. Et parce qu’il aurait eu l’air surpris, parce qu’il aurait cru la forcer ou qu’il aurait cru droguée avant même d’avoir commencé, elle lui aurait répondu que la fin justifiait les moyens, que si tout avait un prix, on n’obtenait jamais rien sans rien.

A sa question peu anodine, elle plissa légèrement le regard de malice. Elle n’était pas dupe, elle s’était même attendue à ce qu’il l’interrompît dans son histoire pour des aventures plus … attrayantes peut-être. Ses prunelles brunes se posèrent alors sur la mèche capturée avant de les plonger dans celles masculines. Qu’allait-elle lui répondre ? Jane en avait bien une petite idée. Elle était curieuse de connaître les pensées du botaniste, désireuse de les taquiner une fois de plus, de les mettre à l’épreuve pour mieux les voir céder à l’emprise du désir, même si par manque d’expérience il était quasi certain qu’elle céderait la première. Ainsi capta-t-elle la main inoccupée afin d’y opérer des soins familiers, un massage comme lors des premiers jours. Jane en profita alors pour répondre en deux temps.*

Je me sens comme le dragon d’argent, souffla-t-elle en se tournant à demi vers lui, pleinement en harmonie avec moi-même. Mais ce n’est pas ce que vous souhaitez entendre n’est-ce pas ? Dites-moi donc ce que vous souhaitez entendre Clayton, le défia-t-elle dans un petit rictus amusé. Voulez-vous donc que je vous conte les désirs du dragon noir ? Que je vous conte mes propres désirs ou que je vous parle d’aventures et de nécessité ? Souhaitez-vous entendre mes appels silencieux ? Mon souffle se saccader à l’idée de passer une nuit à vos côtés ? Ou bien que je vous réclame davantage de caresses comme si mon corps en dépendait ?

*Son regard, d’abord sur sa main, s’était relevé progressivement vers le sien, tandis que pureté et désir se mêlaient dans ses prunelles. Elle avait abandonné les bancs de l’innocence pour une tentation bien plus énivrante. Si l’ombre d’un sourire flottait désormais sur ses lèvres, le sérieux avait également pris lentement place sur ses traits, laissant présager une quelconque disposition de sa part, dénuée de tout humour ou ironie. La timidité même n’avait guère de place sur ses traits, son attraction et son instinct aventurier avaient pris le dessus, à l’image de ses sentiments florissants. La gorge asséchée par l’impatience naissante et angoissante par sa nouveauté, Jane était dans l’expectative tout comme chaque parcelle de sa peau, lesquelles pour la première fois, elle allait finir par dévoiler.*


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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Mer 31 Mai - 21:06

Je crois que nous avons trouvé un nouveau but à atteindre lors d'une prochaine échappée. Voir les dragons... qu'en pensez-vous Jane ?

*Dit-il, mi sérieux, mi amusé. C'est que s'enfuir une journée au Canada était aisé, mais partir dans les coins les plus reculés du monde, pour un tête-à-tête possiblement inconfortable, pouvant durer des semaines et sans être certain d'atteindre leur but, était tout autre. Mais rien n'interdisait de rêver tout éveillé sans doute, de se mentir un peu à soi-même l'espace de quelques heures. Et puis avec des « si », on pouvait mettre Ilvermony en bouteille. Par exemple : « Si leur histoire durait toujours », « si son cœur n'était pas si vulnérable », et « si la sœur encombrante décédait », ou encore « s'il arrivait un malheur à Mr De Brocéliande »... Tant de chemins rendant possible les rêves les plus fous, des chemins dans lesquels Clayton se percevait toujours comme le grand gagnant sur lui-même, sur la vie, sur autrui.

S'il avait su que Jane possédait des failles par lesquelles elle serait encline à se laisser pervertir, pour sur que le botaniste au mœurs troubles s'y serait jeté à corps perdu, pour son meilleur et pour le pire de la jeune femme. On disait que les junkies n'avaient besoin que de leur dose de mandragore et autres herbes sorcières pour (sur)vivre heureux, mais la réalité était qu'on était jamais aussi seul que face aux tréfonds de son esprit exalté, raison pour laquelle on s'y adonnait, le plus souvent, en des lieux de débauches pleines de Vies. Quand on en venait à s'isoler pour s'adonner à ses addictions, c'est qu'on était définitivement foutu. On préférait à cette solitude trop réelle, les ambiances tantôt survoltées, tantôt calfeutrées et lascives, un peu à l'image de l'atmosphère qui s'était répandue dans la petite pièce bardées de bois.*

Il semble que je commence à vous connaître un peu, dit-il riant légèrement. Je savais que vous répondriez ça. La douce soignante Jane se reconnaît dans le dragon d'argent qui veille sur tout le reste de la troupe, même perdu au milieu de nulle part, naufragée du mauvais temps.

*Il relâcha la mèche de cheveux et glissa sa main sur son cou, se faufilant jusque dans sa nuque, gouttant aux battements de son cœur encore calme contre sa paume.*

Mais nous sommes toutes les émotions à la fois et, c'est là mon souhait d’égoïste, j'ose espérer qu'il y a un peu plus de noir et de vert en vous qu'il y a encore quelques heures. Que l'harmonie que vous ressentez est le fruit d'un équilibre en court rarement ressentit. Quant à moi... je me sens dragons d'or, claironna-t-il. Je distribue de la joie et de l'allégresse ! Ne me contredisez pas, votre rire ne saurait me mentir à ce propos.

*Après un petit rire, les yeux pétillant de malice, il chercha à retrouver un minimum son sérieux pour répondre à la suite des réflexions de la jeune femme.*

De toutes vos propositions, celle que j'aimerais le plus est d'entendre vos désirs. En fait non. En réalité Jane, je souhaiterais que vous ne parliez plus du tout, parce que la faim, la vraie, ne s'exprime pas par des mots. Votre reddition n'est elle déjà pas complète ? Votre tenue n'est pas faite pour la tempérance. Vous avez renoncé à l'innocence, à l'absence d'attente à partir du moment où vous avez décidé de franchir cette porte seulement vêtue d'un drap de bain menaçant de se relâcher à tout moment. Peut être vous sentirez vous offensée de mes paroles si abrupts, mais si cela peut attendrir votre orgueil, sachez que ma propre reddition était déjà acquise depuis bien longtemps, et n'attendait que d'entendre la votre. Voyez, je confesse ma faiblesse sans en ressentir la moindre tracasserie.

*Il avança son visage pour poser ses lèvres sur le contour de la mâchoire de Jane, ne rompant ce contact qu'au bout de plusieurs secondes avant de se redresser pour planter son regard dans le sien. N'y décelant aucune protestation, il se mouva en posant sa bouche contre celle de Jane, de sorte à s'allonger à demi en l'emportant avec lui. Les baisers sur les lèvres charmantes de sa compagne s’enchaînèrent, plus ou moins sage, sa langue se faisant plus ou moins inquisitrice. Il aspirait son souffle avec la candeur d'un adolescent vivant ses premiers émois. Dans cette atmosphère cajoleuse, le silence ne se lassait importuner que par le hululement d'un oiseau nocturne bien loin au dehors, le crépitement du feu ayant retrouvé sa vie propre, et les bruits de succion échangés entre les deux épris.

Si les étreintes qui s'étirent dans le temps pouvaient finir par paraître ennuyeuses, pour sa part Clayton émettait le vœux de poursuivre ce moment de physique éloquence le plus longtemps possible. Il reprenait difficilement sa respiration entre l'interstice de chaque baiser, refusant obstinément de rompre la caresse de leurs lèvres qui se touchent. Faisant fit de ce qu'il restait des convenances, et parce qu'un homme demeurait viscéralement égoïste, il repoussa le bas de la serviette de l'ensorceleuse. Il glissa alors sa main derrière sa cuisse, à peine plus haut que le creux de son genoux, et entreprit de ramener sa jambe, la libérant du contact du sol, livrant sa peau à la convoitise de ses doigts. Un geste dérisoire quelques décennies plus tard, mais qui a cette époque, était chargée d'érotisme. Alors que sa main semblait s'impatienter sur sa peau, il releva à nouveau son visage.*

Mais il est toujours à temps de changer d'avis.

*Dit-il en murmurant, dans l'attente de connaître s'il allait pouvoir replonger dans les tourments passionnelles que la candide, qui ne l'était plus tant, lui faisait vivre. C'est que si Clayton avait beaucoup de vices, il ne possédait pas celui de l'indélicatesse masculine.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Jeu 1 Juin - 0:28

JANE
&
CLAYTON

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage.

*Les « si », une mélodie si envoûtante et pourtant si désastreuse. Le parfait alliage entre l’espoir et son contraire, entre le rêve et l’impossible. Une conjonction des plus familières à l’infirmière car avec nombre de « si », ils – Mr de Brocéliande et elle - avaient refait le monde, braver les espoirs interdits et entrevu des desseins bien plus grands. Tout n’était que possibilité dans la vie, tout n’était qu’hypothèse à réaliser ou à rejeter. Si rien n’était certain, rien n’était pour autant incertain. Ainsi ne blâmait-elle pas les « si » ou les quelconques inventions de l’esprit.
A l’évocation d’une possible échappée vers les dragons, son regard s’était embrasé. Que n’avait-il pas dit alors … Si lui avait conscience du caractère tempêtueux et pas des plus agréables de l’infirmière, elle ne pensait absolument pas aux possibles confrontations. Au contraire, le goût de l’aventure, le désir de fuir vers des terres inconnues, s’emparaient d’ores et déjà d’elle, comme une brèche dans laquelle ils venaient de s’engouffrer. Mais bien évidemment, elle ignorait tout des desseins subsidiaires, délicatement dissimulés. Car après tout, elle demeurait une grande innocente, un cœur naïf appâté par ses propres faiblesses. Et même sa susceptibilité d’hypogriffe n’aurait alors pu l’emporter. C’était là une tragédie de son existence – voire même de l’existence humaine d’ailleurs – car son orgueil si douteux pouvait être mis à mal par la saveur exquise de la tentation. En se privant de tout et du monde, Jane s’y était rendue incroyablement sensible. Une faille que le botaniste exploiterait sûrement dès lors qu’il le comprendrait.*

Le dragon d’argent est en parfait repos pour ce soir, répliqua-t-elle dans une petite moue d’indifférence pour le monde.

*Même si un capitaine n’abandonnait jamais son navire… L’image des « naufragés » tinta aux oreilles de l’infirmière. Elle ne s’estimait pas à la tête du navire, au contraire, elle l’aurait quitté pour de plus grandes contrées si elle l’avait pu. Seulement, ces projets avec Mr de Brocéliande résonnaient en elle comme un Tortuga rassurant, un refuge si tentateur par la chaleur émanante. Car le pouvoir, la force provoquaient une certaine lumière et celle-ci n’était pas forcément blanche. De cet opium elle avait pourtant besoin puisqu’il lui donnait le sentiment d’exister, d’avoir trouvé une raison d’être, une excuse pour demeurer dans ce New-York grouillant, infesté par les vices et la cruauté humaine, infesté par l’opprobre et les immondices dont le cœur savait se parer. Sans la ville américaine, Jane aurait été et serait différente, fait dont elle avait terriblement conscience et qui n’arrangeait pas sa susceptibilité.

Le contact de sa main dans son cou la tira de ses pensées tandis que ses paupières se fermaient légèrement pour en savourer la douceur, la subtilité et le désir qu’elle venait apporter telle une messagère. Elle l’écouta avec silence tandis qu’elle s’étonnait de l’entendre quémander un possible héritage de la dragonne verte en elle. Jane ne tomba pas dans ce piège égoïste, à juste titre, et ne confirma pas la présence des sentiments nouveaux en elle. Seul un sourire mystérieux planait sur ses lèvres.*

Vous souhaitez donc m’entendre dire que chacune des sensations m’est nouvelle ? Qu’elles me grisent comme un marin serait grisé par les horizons rougeoyants s’étendant à perte de vue ?

*Si son sourcil s’était arqué d’un air interrogateur, Jane avait vite repris un curieux mélange d’impassibilité et de désir profond. Etrange, certes, et pourtant, quelque chose se « jouait » dans ce moment d’attente, de tensions électrico-charnelles. Par orgueil, elle ne souhaitait en aucun cas montrer l’étendue de son émoi, pas avant qu’elle n’ait ressenti les vibrations de la sincérité et de la réciprocité en elle. Et pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de convoiter l’homme qu’elle avait tout près d’elle et ce qu’il représentait. Elle pouvait frôler la cause de son abandon, rêver de l’oubli total d’une unique caresse, et choisir de s’y perdre sans aucun doute, sans aucun tourment, ni même sentiment de culpabilité. Jane voulait l’exaltation des sentiments, des ressentis ; qu’on ne lui parle pas d’amour mais d’une évasion totale le temps d’une nuit, sans que rien n’eut d’emprise ni sur elle, ni sur eux. Etre libérée pour un instant … Oui sa reddition était complète. Oui rien n’avait été laissé au hasard. Oui elle renonçait à ses certaines de ses convictions, à certains de ses vœux. Oui, elle en était parfaitement consciente. Oui, encore, elle réclamait l’exil : qu’on l’exilât du monde et du temps.

La jeune sorcière réalisa le souhait masculin et ne répondit pas à cette tirade qui aurait pu l’entraîner à reculer et à revenir sur sa décision. Il n’y avait rien à dire pour sa défense, si tenté même qu’elle eût voulu s’en défendre. Pourtant, elle ressentit bien un léger vertige car il la forçait à contempler ses propres actes. Une légère timidité pointa le bout de son nez, caressa les effluves de son propre désir, et lui fit baisser la tête, quelque peu. Ainsi ne glâna-t-elle aucune nourriture pour son orgueil dans la confession masculine. Celui-ci n’avait guère son mot à dire, trop impétueux qu’il était.
Soudainement, son regard suivit l’avancée du botaniste. Son corps parfaitement immobile attendait, droit. Elle en oublia même de respirer tant elle se concentrait sur les intentions masculines. Ses lèvres lui arrachèrent un frisson mais aucune protestation, avant de l’emporter vers une délicieuse nuée, dans laquelle se mêlaient toutes les sensations recueillies par ses sens. Elles la submergeaient, à tel point que son reflexe fut de s’accrocher à lui, par ses mains, par ses lèvres, par peur de se noyer intégralement dans les vastes contrées où désir et inconnu, ce soir, se rencontraient.

Sa timidité demeura jusqu’aux premiers murmures du cœur, jusqu’aux premiers murmures du besoin de n’être que sensations. Mais d’autres succédèrent tour à tour. La caresse qu’elle sentit sur sa peau l’effraya autant qu’elle l’enivra. Le réflexe était celui d’une bête sauvage pas encore amadouée, un réflexe de défense, qui la fit se tenir aux aguets. Seulement, plus ses doigts se glissaient sur des territoires jamais explorés, plus elle découvrait ce qu’elle avait manqué jusque là. L’emprise cajoleuse anima une cupidité nouvelle. Jane trembla quelque peu et finalement ouvrit ses yeux clos pour se confronter à la question masculine. Le souffle saccadé, elle le contempla le temps de reprendre un semblant de respiration.*

Non, ce temps est révolu, rétorqua-t-elle dans un sourire à la fois tendre et amusé. Il est révolu depuis que mes pieds se sont posés sur le manteau blanc. Et quand bien même vous choisissiez de m’en accorder un peu plus encore, je m’y refuserais. Je veux goûter aux désirs charnels à leur paroxysme, Clayton.
*Ainsi lui donna-t-elle permission.
Ainsi lui donna-t-elle l’entier contrôle.
Ainsi la blanche colombe cédait-elle à la denrée charnelle, au plaisir hors mariage et … sans aucune mauvaise conscience ni autre doute que « comment aimer ? » et/ou « comment exprimer ce sentiment exaltant qu’on appelait communément désir ?».*

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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Jeu 1 Juin - 13:37

*Plus que le caractère impétueux de l'infirmière, qu'il n'hésiterait pas alors à fuir comme on fuyait le centre d'un volcan en flamme, instinct de survie oblige, Clayton craignait l'intimité, la vraie, celle dont il avait vanté les mérites lors de leurs premiers moments passés ensemble. C'est qu'il y était aussi inexpérimenté que Jane l'était des plaisirs charnels. Il s'était réinventé si jeune, arborant un costume parfait qu'il s'était forgé telle une armure, que laisser quelqu'un l'approcher vraiment signifiait le mettre en grand péril. Etait-il prêt à retenter cette expérience dont l'unique tentative s'était soldée par un échec ? Sans doute pas, pas encore. S'il avait fait tombé le masque en présence de l'infirmière, un exploit en soit, en revanche le costume lui, restait impeccablement taillé sur ses épaules. Être soi, c'était laisser libre court à la meilleure partie de lui-même, la plus sensible, la plus fragile, la plus imparfaite. C'était gommer l'homme imbu et impétueux pour réveiller l'enfant bancal de n'avoir pas été aimé. C'était inenvisageable.

Mais un rêve était une chose aussi étrange que délicieuse. Le rêve faisait naître l'espoir et la souffrance, il offrait un but et menaçait d'inertie. Le rêve était complexe, en cela, peut être, était-il l'abstraction la plus humaine qu'il soit. Il y avait tant à dire, tant à épiloguer le jour ou, peut être, Jane lui confierait son rêve, quel qu'il soit. Et si la piste des dragons devaient être à nouveau évoquée, il était certain que ce ne serait pas avant 10 mi... 2 bonnes heures.

Satisfait de la réponse audacieuse, il prit une inspiration profonde le temps de cajoler du regard la conquise, avant de reprendre possession de ses lèvres et nourrir l’intempérance avouée. Tout contre elle, sa main quitta sa cuisse pour défaire la serviette et dévoiler à son regard le corps depuis toujours dissimulé. Sa main se mut sur la chair, se faisant progressivement plus inquisitrice afin de ne pas l'effaroucher. Il se sentait dompteur quand il finit par surplomber l'infirmière entièrement nue pour retirer ses vêtements avec toute l'élégance qu'il possédait à cet exercice. Il replongea alors entre ses bras, bouillonnant de ne plus faire qu'un.

L'espace de quelques millièmes de seconde, alors que les caresses se faisaient de plus en plus osées, de plus en plus brûlantes, la voyant offerte sous lui, il se demanda si elle ne s'était pas abandonnée trop vite. L'étrange pensée s’effaça dès qu'il se laissa happer par le corps de l'infirmière. Le bonheur du désir assouvi prit le dessus alors qu'il la sondait avec toute la volupté qu'elle lui inspirait. Il se grisa parfois d'être le premier à lui faire ressentir cette douleur délicieuse alors qu'il l'engageait, sans vergogne, à outrepasser les afflictions de son corps pour poser ses mains fines et délicates sur lui. Il s’efforça de compenser son égoïsme par la délicatesse de ses mouvements, par la douceur de ses lèvres saisissant sa bouche, par ses caresses contenues et ses bras qui, le plus souvent accoudés, venaient effleurer de ses phalanges le visage féminin avec une tendresse réconfortante. Il ferma les yeux lorsque la jouissance devint menaçante, repoussant loin son désir de violence qu'il saurait exacerbé par la contemplation de l'ingénue qui ne reflétait plus rien d'autre que l'étreinte, jusqu'à ce que le plaisir, à son comble, déferla en vagues dans tout son corps, vaincu.

Il resta lové contre son amante encore quelques instants, comme cherchant du réconfort dans ce moment où, encore grisé par l'ébat, on laissait échapper sa vulnérabilité. Il caressa son bras avec tendresse jusqu'à saisir sa main dans la sienne, cette main qu'il porta à son cœur battant la chamade.*

Vous venez d'échouer Jane, vous l'avez rendu encore plus malade.

*Avec un sourire malicieux, il l'embrassa à nouveau et se laissa retomber à ses côtés, le corps rompu de fatigue. Le calme se refit progressivement en même temps que son souffle saccadé s'affaiblissait. Alors, tout ce qui se faisait de plus sombre en lui refit surface. La candeur imputable au désir disparue, tandis qu'une peur insidieuse se rappelait à lui. Il avait toujours été seul et ne savait comment aborder la nuit à venir. Évidemment, ils ne pourraient pas rester allongés par terre éternellement. Évidemment, il ne pouvait pas prendre la poudre d'escampette comme il en avait pris l'habitude... évidemment, ou peut être parce qu'il n'en avait pas envie, aussi sournois que soit ce sentiment se faisant chuchoteur à son oreille. Il avait besoin de tout contrôler pour faire taire ses faiblesses. Il avait besoin de faire taire ses rêves, les vrais, pour ne pas en être la victime.*

Un rêve est une chose bien étrange, il peut être le pari du courageux ou bien la fuite du lâche.


*Dit-t-il dans un murmure, comme une pensée prononcée tout haut en regardant le plafond aux poutres apparentes.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Ven 2 Juin - 0:42

JANE
&
CLAYTON

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage.

Tous les hommes du monde auraient pu lui parler d’amour ; toutes les femmes du monde auraient pu lui vanter les plaisirs reçus ; les poètes auraient beau lui chanter les plus belles ballades du cœur ou les romanciers lui conter les plus belles parures de l’amour, rien n’égalerait jamais la virtuosité de cet instant où leurs deux corps nus s’étaient chéris. Elle s’était donnée certes vite, s’était offerte sans aucune restriction, et peut-être remettrait-elle ses émois en question, mais regretter elle ne le pourrait. Car elle savait que nul homme ne saurait faire preuve d’autant de douceur, de respect et de tendresse que Clayton Ackley. On aurait beau lui prétendre le contraire, avec toute la sincérité du monde et cela serait sûrement vrai, Jane se refuserait à l’imaginer. Et pour cause, nul autre que lui ne serait le premier. Peut-être ne serait-il pas l’unique, seulement aucun homme ne prendrait sa vertue avec autant de volupté que lui.


La vestale avait succombé. Caresses, baisers et tendresse avaient eu raison d’elle, jusqu’à la pousser à exprimer ses sentiments, que ce fut dans ses soupirs, dans ses gestes ou encore à travers ce cœur tonitruant. D’abord timide, elle s’était laissée griser par ce romantisme auquel elle ne s’était pas attendue, auquel elle ne s’était pas préparée. Son corps avait fatalement répondu au sien, plus bon élève qu’escompté pour une ingénue. Mais il fallait dire que le maître était un véritable artiste. Il avait perçu les tressauts de son corps, anticiper la douleur immanente pour s’en emparer et dompter la peur qui tant bien que mal avait cherché à se calfeutrer ici et là. C’était sans compter ses gestes de réconfort, ses caresses brûlantes contre sa peau et l’affection qui lui offrait si élégamment. Les sensations s’étaient multipliées jusqu’à la submerger intégralement. Tout fil de pensée, toute respiration ou toute maladresse s’étaient perdus. Son être entier avait fini par le réclamer, exalté, possédé par une cupidité inédite. Elle avait ressenti un besoin crucial de s’abandonner, de le garder près d’elle tout en explorant son corps de ses mains. Ses doigts prirent note de nombreuses parcelles de sa peau durant cet ébat qui fatalement la bouleversa en même temps qu’elle faisait écho à son amant.
Ivre, Jane ne maîtrisait plus rien de son corps épuisé. Elle percevait ses tremblements, que le corps du botaniste dans ses bras dissimulait encore.

La jeune sorcière le garda contre elle, tandis que ses doigts continuaient leur balade insouciante et inconsciente. Son souffle saccadé la murait dans le silence ce qui n’était pas un mal car Jane cherchait à faire un minimum de tri dans tout son capharnaüm d’émotions. Elle mit une étiquette sur le désir et ses effets, sur le plaisir et ses conséquences physiques, et sur l’amour, hautement dangereux et à doser raisonnablement. Mais au-delà de ce bouleversement sentimental et physique, régnait une plénitude à laquelle personne ne se serait attendu de la part de Jane, pas même l’infirmière elle-même. On aurait pu croire à quelques regrets soudain, à une quelconque panique quant à l’après. Or Jane ne semblait avoir strictement aucun regret. Fallait-il en chercher bien loin la cause ? Elle était heureuse. Pas de ce bonheur issu des contes de fées et totalement risible. Non, elle était atteinte d’un véritable bonheur, celui que l’on trouve et retrouve dans l’éphémérité et parfois, quand on était chanceux, dans les prolongations.

Un second sentiment était présent à travers cette allégresse inédite : le sentiment d’avoir agi de son propre chef, au nom de sa propre liberté. Anodin pour nombre d’Hommes, mais pas pour elle. Peut-être était-ce la véritable raison à la tranquilité dénuée de remords de l’infirmière. De surcroît, elle se sentait changée. Son regard-même était différent. Ses prunelles brunes respiraient un bien-être profond et une maturité curieuse. Curieuse parce que si changement effectif il y avait, il n’avait pas de lien direct avec la maturité. Pour autant, elle avait comme franchi un pas important dans sa psychologie et sa vision d’elle-même. La lucidité de son regard ne laissait aucun doute sur la question.
Soudainement, elle sentit la caresse masculine et finalement les battements du cœur contre sa paume. Ce contact la grisa, tandis qu’elle plongeait son regard paisible et doux dans celui du botaniste. Elle ne répondit rien à sa remarque et se contenta de laisser planer un simple sourire. Il lui semblait qu’elle n’avait guère besoin de dire plus. Mais peut-être aurait-elle dû face aux questions intérieures de Clayton. Or Jane n’avait nulle envie de penser à un après, de se poser mille questions sur les choix qu’il ferait ou non. Mœurs débridées ou non, elle refusait de se projeter et profitait de sa plénitude égoïstement.
Il quitta la chaleur de son corps après qu’elle eût répondu à son baiser, et par ce fait, libéra les nombreux tremblements nerveux du corps de l’infirmière. Soudainement, elle se sentait plus nue que nue, ce qui était une très étrange sensation. Elle n’eut pourtant pas le réflexe de se cacher. Non qu’elle n’y pensât pas, mais après une telle intimité, elle n’était plus à quelques minutes près.

Tandis qu’elle observait le capharnaüm d’émotions qui ronronnait avec joie en elle, Jane perçut l’étrange pensée du botaniste et la médita, instinctivement. A croire que quelque chose le « travaillait » ? Mais puisqu’il fallait philosopher, elle se prêta à cette envie et pensa sa réponse alors même qu’elle vérifiait l’étendue de sa respiration. Le rêve avait tant de définitions et de visages qu’il était fort difficile de trouver un point d’accord dessus. Ainsi s’attarda-t-elle plutôt sur la commune association entre la fuite et la lâcheté, deux termes qu’elle n’aurait absolument pas pensé à attribuer au botaniste.*

Pensez-vous réellement que la fuite est liée par essence à la lâcheté ? Il y a mille raisons de fuir, comme il y a mille raisons d’être lâche, répliqua-t-elle d’une voix douce. Rêver est salvateur, dès l’instant qu’il n’impacte que sur nous-même et qu’il ne devient pas une drogue pour l’effrayé. Il n’y a aucun mal à avoir peur, ou à vouloir oublier ou fuir la douleur. Je crois qu’en réalité c’est humain.

*Elle-même n’avait que trop fui, et désormais elle en avait pleinement conscience. Elle comprenait, et c’était là une des raisons pour laquelle elle ne regrettait absolument rien. Peut-être devrait-elle en informer prochainement son colocataire vampire d’ailleurs, il en trouverait peut-être quelques satisfactions, et cesserait de vouloir la façonner selon les femmes de son temps.
Finalement, Jane tourna la tête vers son botaniste, le contempla quelques secondes et reprit.*

De quoi voulez-vous rêver Clayton, ou plutôt devrais-je dire, de quoi avez-vous peur de rêver en cet instant ? questionna-t-elle sur le ton de la conversation et des confidences innocentes.


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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Sam 3 Juin - 23:21

*Ses rétines se détachèrent du plafond tandis qu'il tournait son visage vers celui de Jane. Il tenait toujours sa main dans la sienne, reposant toutes deux sur son nombril, et perçu donc les tremblements typiques des femmes. Il s'était toujours demandé s'il s'agissait du froid ressentit après l'effort, des résidus des sensations physiques ou peut être des deux, mais n'avait jamais demandé, n'étant pas du genre – fait rare chez les hommes – à commenter « l'exploit » dans le principal but – ne nous mentons pas -  était de recevoir des flatteries rassurantes. Il préférait le mystère aux mensonges, le doute à la réalité, et peut être aussi que son égoïsme ronronnant au fond de lui n'y était pas étranger.*

La fuite est parfois nécessaire, ça ne la rend pas courageuse pour autant.

*Il sentait Jane heureuse et euphorique et s'en ému. Il ne questionnait pas, mais la joie et la légèreté qui émanait de son être suffisait amplement aux cajoleries dont son égo aurait besoin. Cependant, la question, raisonnant trop sérieuse à son oreille, n'était pas prévue pour qu'il s'étende dans ces douces louanges silencieuses. Tout d'abord sérieux, il finit par lui sourire après une profonde expiration imputable à la fatigue, du moins en théorie. Il changea la main qui tenait celle de l'infirmière, toujours cajolant, se montrant sous son meilleur jour en cet instant, sans doute. De sa main libérée, il vint caresser du bout des doigts la joue de la jeune femme.*

De dragons. Tout quitter, les obligations, les mondanités, les contrats, le travail. Tout quitter et partir à la découverte des dragons sans prévoir de date de retour. Mon quotidien me laisse sans doute plus libre que le votre, mais il a ses chaînes également.

*Mentit-il, feintant la lassitude. Il était beaucoup trop tôt pour évoquer les cauchemars (si ! Si!) sur Périgourdine et ses sœurs. Comme s'il cherchait à balayer la discussion, il tendit le cou pour l'embrasser sur le front, lâcha sa main et se leva, nu comme au premier jour. S'il ne se serait pas empressé de se balader cul nu devant le tout venant, la nudité ne le gênait pas. Tel un cliché, dans la faible lueur du feu, il alla récupérer une cigarette qu'il s'empressa de porter à sa bouche. Répétant ces gestes qu'il avait reproduit des milliers de fois comme un automate. Il ne détachait que peu son regard d'elle, un petit sourire en coin manquant cruellement d'innocence.*

Et vous ? Demanda-t-il sans abandonner le vouvoiement, par habitude, peut être par goût pour le charme qu'il leur conférait. De quoi voulez-vous rêver ? De quoi vos rêves ont-ils besoin ? Je vous préviens, « une bonne douche » ne sera pas une réponse acceptable.

*Il fouina à son tour dans le panier, à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent pour, officiellement, récupérer les forces qu'il avait abandonné à l'infirmière et opta finalement pour le même choix que cette dernière avait fait 3h (l'égo a une vision du temps déformé) auparavant. Ses gestes étaient fluides et ne laissaient rien présager de son trouble, pourtant plus que la faim, il cherchait surtout à occuper ses gestes pour ne pas trahir sa gêne croissante. Y parvenait-il ? Là était un autre sujet.

Il s’avança à pas feutré en croquant dans le fruit et offrit une main à l'infirmière toujours à demi allongée. Il se sentait fatigué mais ne se croyait pas capable de dormir, pas auprès de quelqu'un. Cette idée lui remémorait même ce douloureux souvenir où il avait couché sur un matelas rempli de punaises de lit, et il songeait que dormir auprès d'elle lui ferait à peu de chose près le même effet, à tort sans doute. Il était donc prêt à tout, à n'importe quelle parade pour repousser le moment du couché. Avec un peu de chance, nue et exposée, la timidité de l'infirmière l'empêcherait de mettre sa tactique d’évitement en déroute.*

Je ne crois pas vous avoir déjà dit que vous étiez belle ? Je me dois de me corriger avant qu'un autre ait l'affront de le faire sous peu, me faisant passer pour le pire des gougnafiers alors que je n'ai aucune envie de cesser d'essayer de vous séduire.

*Tenant toujours la pomme juteuse en partie croquée qui avait rendu collant ses doigts, il prit la main de Jane pour la lever haut et glissa celle qui était libre dans son dos, engageant le début d'une danse. C'était soit ça, soit prétendre vouloir peindre un portrait d'elle, une idée beaucoup trop romantique pour lui, au point qu'il aurait du mal à y garder son sérieux. Alors il avait opté pour l'option deux, l'invitant à danser avec un air amusé malgré lui, ayant l'air de plus en plus étrange sans doute.*

Je n'ai pas sommeil.

*Mentit-il en guise d'excuses.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Dim 4 Juin - 11:20

JANE
&
CLAYTON

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage.

*Son regard observait. Son ouïe écoutait. Quelque chose sonnait faux. Non comme un simple mensonge destiné à tromper l’autre, mais comme un réflexe nécessaire à la bonne santé masculine. Par son métier, mais aussi en raison de l’amour qu’elle portait au monde, Jane avait développé un instinct et une empathie tous deux importants. Cela ne la rendait pas plus devin que lui, ni plus éclairée sur les potentiels problèmes qu’on tentait de lui cacher, mais elle savait. Son être entendait. Seulement, elle se trouvait souvent bien incapable d’énoncer tout haut ce qu’elle ressentait. Tout ne restait qu’idée ou sensation. Ainsi savait-elle qu’il y avait quelque chose d’étrange sans connaître pour autant la raison. Ses paroles sur les dragons, sur sa vie, la laissèrent profondément silencieuse. La première fuite se trouvait ici. Et si la sorcière ne s’en formalisa absolument pas, elle ne se priva pas d’une certaine analyse : ce qu’elle n’aurait sûrement pas dû faire. Pourtant, à bien l’y regarder, elle trouvait cet aveu mensonger bien réaliste. Tout ne lui semblait pas faux. « Les contrats » ? Voilà un terme qu’elle ne s’expliquait pas, un terme qui lui paraissait parfaitement étranger au travail même de botaniste, dans son sens le plus pur. C’était comme si cette simple réponse était gorgée de ses différentes facettes, des facettes qui ne pouvaient coller entre elles, à son sens. Ce qui expliquerait bien des choses notamment ce masque aux mille visages.

Elle se redressa quelque peu. Ses prunelles le suivirent quand il se leva, partagées entre la timidité et le plaisir à le contempler. Elle en profita pour pleinement admirer chaque courbe de son corps, chaque harmonie et désharmonie qui rendaient le corps humain si plaisant à observer, si beau. Lui n’avait rien à envier à personne. Un sourire intérieur flotta alors sur ses lèvres peu prudes en cet instant. Puis elle releva son regard vers le sien pour écouter pleinement la question qui, une fois de plus, les ramenait à elle.*

Il va vous falloir préciser votre question, répondit Jane calmement. En cet instant, je n’ai besoin d’aucun rêve. Dans les jours à venir, mes responsabilités prendront une autre tournure et j’aurai à cœur de faire un pas de plus vers mon objectif, sur lequel vous ne m’interrogerez pas ce soir, le devança-t-elle d’un sourire énigmatique. Je vous le dévoilerai le jour où le soupçon vous gagnera, lorsque vous aurez le sentiment de le toucher du doigt. Pour le moment, je vais me contenter de nourrir ce mystère.

*La scène de la pomme lui fut étrangement familière et l’interpella. La seconde fuite se trouvait là. Si Jane s’était protégée d’une pomme pour maîtriser l’appétit de ses désirs, elle savait que la pomme cachait un tout autre objectif masculin. Pour autant le stratagème demeurait le même, ce qui ne fit qu’accroître ses soupçons sur l’étrangeté de son comportement. Mais une fois encore, elle n’en dit rien, préférant observer pour le moment. Elle prit sa main doucement et se laissa porter jusqu’à se retrouver face à lui. Son compliment la fit rougir jusqu’à la gêner complètement. Jane détourna le regard et se râcla la gorge pour reprendre un minimum de prestance.*

Ce n’était pas nécessaire, souffla-t-elle en guise de réponse avant de relever ses prunelles dans les siennes. Je note néanmoins vos intentions. Permettez que je ne vous fasse pas l’affront de vous répéter tout ce qu’Elles ont pu vous dire avant moi, ajouta la jeune femme dans un sourire malicieux. Je parlerai donc en tant qu’infirmière confrontée à plus d’un corps par jour, depuis plusieurs années déjà : vous avez le corps que toute infirmière aimerait avoir à soigner. Etrangement, je suis même certaine qu’on éviterait profondément de me remettre votre cas, ce qui est pourtant une lourde habitude à Ste Morgane, s’amusa-t-elle en glissant sa main libre sur son torse jusqu’à la remonter sur son épaule.

*Et tandis qu’elle répondait à son compliment, quelque chose venait brièvement de l’interloquer. Si l’idée d’une séduction sans cesse renouvelée la grisait et lui plaisait particulièrement, elle laissait également échapper l’idée que l’intimité acquise ne serait pleinement assumée et/ou consommée. Une pensée qu’elle savait pleinement analytique de sa part mais qui instinctivement lui paraissait coller avec l’étrangeté soudaine du botaniste. Le libertin et « le reliquat de l’enfant aimant » semblaient divergents sans qu’elle ne sut réellement l’expliquer. Jane avait encore à apprendre de son botaniste, car tout ce qu’elle semblait cerner lui échappait en volute de fumées, la seconde d’après.
La danse improvisée, des plus atypiques, la partagea entre leurs deux ressentis. Si d’une part elle cherchait à comprendre la bizarrerie masculine afin d’y mettre un terme, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine gêne à ce corps à corps pleinement conscient cette fois-ci. Refusant que ce malaise fasse de l’ombre à son bien-être intérieur, l’infirmière choisit de se focaliser sur le mystère masculin. La fuite se lisait dans son regard alors même que son visage exprimait tout autre. Finalement, ce fut son commentaire qui assembla une bonne partie des pièces du puzzle, l’instinct de Jane faisant le reste.*

Vous mentez, déclara-t-elle dans un sourire qu’elle voulait rassurant. Je sais reconnaître la fatigue quand elle se présente à moi, Clayton, c’est l’une des facettes de mon métier. Comme mon instinct typiquement féminin sait lorsque quelque chose ne va pas, ajouta-t-elle d’une voix douce. Le reste n’est que déduction je suppose. Ne craignez rien, votre chaleur corporelle sera suffisante pour l’immensité du lit, je vais lui laisser le temps d’opérer.

*Pour quelle raison n’avait-elle pas dit tout haut ce qu’elle pensait tout bas ? Peut-être pour ne pas le gêner plus qu’il ne l’était déjà ? Ou simplement pour rendre cette décision plus joyeuse et complice qu’elle ne l’était en réalité, bien qu’elle ne s’en formalisait absolument pas. C’était bien plus le malaise du botaniste qui l’intriguait que sa peur de dormir à ses côtés. Finalement, elle embrassa la commissure de ses lèvres avec tendresse et donna une excuse à son absence nocturne à ses côtés.*

Allez vous coucher, mon cher botaniste, les flammes appellent à une dernière contemplation, et je ne puis le leur refuser. Profitez-en pour vous reposer.

*Jane lui adressa un sourire aussi rayonnant que sincère et se détourna pour prendre sa baguette et déplacer magiquement le canapé devant les flammes. Elle s'emmitoufla dans la couverture et s’allongea pour river son regard dans la beauté du feu, elle-même épuisée par cette journée. Contre Morphée elle n’allait pas pouvoir lutter bien longtemps, suffisamment, espérait-elle, pour que le botaniste disparaisse simulant l’entendu qu’elle le rejoindrait plus tard.*

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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Dim 4 Juin - 21:47

*Il secoua la tête de gauche à droite, faisant claquer sa langue contre son palais de désapprobation.*

T-t-t-t, Jane. Laissons votre travail loin de nos rêves, voulez-vous ? Nous ne sommes pas venu jusqu'ici pour ressasser vos ambitions mais les fuir au profit d'un idéal plus onirique. Soyons lâches pour les heures à venir.

*Conclu-t-il avec un petit clin d’œil pour l'infirmière se trouvant dans ses bras.*

Et puis je ne suis pas pressé de connaître tous vos secrets. Vous pouvez me les confier, ils seront en lieu sur avec moi, mais je vous laisse entièrement maîtresse de ceux-ci. Sans oublier que je vous ai promis de ne plus aborder de sujets épineux.

*Ajouta-t-il, ne se doutant pas qu'elle puisse avoir des projets aussi funestes qu'un assassinat. Il resserra sur elle son étreinte, gouttant à sa peau brûlante d'avoir été exposée si près du feu et déposa un baiser dans le creux de son cou. Jane allait devoir être éduquée aux cajoleries plus osées. La bouche collée contre sa peau, il ricana à sa remarque sur les propos de ses ex conquêtes.*

Aucune crainte, vous ne m'avez encore traité ni de goujat, ni de malotru, plaisanta-t-il... plus ou moins. Mais je note que je n'aurai qu'à simuler un mal quelconque auprès de vos collaboratrices... pour juger de la sincérité de vos propos bien sur, et non par une tentative perfide de tester votre jalousie.

*Quelques tendresses de plus et il entendit Jane vouloir le mettre au lit comme un enfant. Sans doute se voulait-elle prévenante par cette proposition, mais ce fut pourtant une idée qui réveilla l'amour-propre masculin, ce je ne sais quoi qui avait doté son tempérament de l'esprit de contradiction. Clayton n'était plus un enfant, il n'entendait pas se laisser traiter comme tel. Prenant alors l'attitude de l'infirmière pour une démonstration maternelle malvenue engendrée par le rapport sexuel susceptible de l'avoir engrossée (Merlin tout puissant, il n'était pas près à faire la connaissance de Périgourdine dès à présent ! ), il se décida à reprendre la situation en main. Il releva le visage et la regarda.*

C'est l'absence de fatigue mental que je réclame. Mais puisque c'est votre vœux, je me retire pour me laver. Ma peau séchant de la sueur dont je vous impute la cause, mon odeur ne devrait pas tarder à vous importuner.

*Il recula d'un pas et saisit sa paume pour lui faire un baise-main avec un air goguenard*

Tacher de ne pas vous endormir sans moi.

*Tacher de vous endormir sans moi. En tout état de cause, il ne prendrait pas le lit. Il voulait bien être moderne dans sa conception de la place des femmes dans la société, il avait après tout trouvé matière à haïr son prochain ailleurs, mais il y avait des limites. Même avec les quelques prostituées qui avaient croisé ses nuits il s'était montré plus délicat. Il s'éloigna en jetant le reste de pomme dans le feu, et quitta la pièce pour une douche rapide dont le but était double : sortir de la léthargie dans lequel elle l'avait laissé ; reprendre le contrôle sur les événements à venir.

Il râla silencieusement sous le jet d'eau tiède, enchaînant les soupirs et autres marques de dédain. Il était beaucoup trop grand pour qu'on joue les maternantes avec lui, il n'en démordait pas... ou en tout cas, elle ne devrait pas le faire avec aussi peu de subtilité. Il avait de la fierté, tout de même ! Ses pensées continuèrent à dériver, se dirigeant vers un autre sujet sensible qui le fit réfléchir à différents stratagèmes pour faire ingurgiter de l'armoise à Jane, juste au cas où elle se révélerait d'une fertilité débordante. Il aurait pu tout aussi bien aborder le sujet avec elle, mais agir avec franchise et simplicité ne faisait guère parti de son mode de fonctionnement. Une chose qui serait à améliorer un jour, peut être.

Il termina sa douche avec beaucoup plus de rapidité que Jane, ce qui était un exploit auquel elle ne devrait pas s'habituer. Il se sécha rapidement, mit de l'ordre dans ses cheveux épais et quitta la petite pièce, une serviette enroulée autour de sa taille. Il sortit sur la pointe de ses pieds moites et fouilla dans la mini bibliothèque à la recherche de quelque chose de plus passionnant que des règles de jeu, et tomba sur un exemplaire de « Seigneur ou saigneur ? Essai sur la brutalité des hippogriffes. ». Saisissant le volume, il s’avança vers le canapé pour y retrouver (?) Jane contemplant (?) les flammes dansantes dans le poêle.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Lun 5 Juin - 0:16

JANE
&
CLAYTON

Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage.

*Un long frisson la parcourut au contact de ses lèvres dans son cou l’amenant à raffermir son étreinte autour de lui. Comment allait-elle se défaire de cette emprise ? C’était là une question qu’elle se réservait pour plus tard. Entreprise qu’il entraverait sans doute aussitôt. La jeune sorcière sentit alors son ricanement contre son peau, ce qui la chatouilla et chercha à s’en dégager quelque peu avant que ses paroles ne viennent l’amuser.*

Il est vrai que ce ne serait absolument pas votre genre, répliqua-t-elle avec malice. Ce ne serait absolument pas pour me rappeler les douces effluves de la nécessité. Non, vous ne feriez pareille chose n’est-ce pas ?

*Elle ne s’attendit alors pas à la réaction masculine suivante, et pourtant, elle était bien placée pour la comprendre. Cependant, Jane ne s’était absolument pas sentie maternante, seulement infirmière, ce qui selon les perspectives, pouvait paraître similaire. Voilà donc qu’elle avait manqué une occasion de se taire alors même qu’elle s’était voulue prévenante et compréhensive quant à la gêne qu’elle semblait occasionner.*

Vous supputez bien des choses mon bon Monsieur, s’amusa l’infirmière en levant les yeux au ciel. Je ne faisais que vous éviter une nuit à mes côtés, mais si cela …

*Elle lui laissa baiser sa main une poignée de secondes et reprit dans le même temps.*

… est votre dessein, et bien je ne saurai m’y opposer.

*Le sourire plein d’humour, elle l’abandonna à sa douche sans se douter de toutes les pensées masculines. Généralement, c’était elle qui se torturait l’esprit or les rôles semblaient désormais comme … inversés. Peut-être aurait-elle dû se questionner sur leur future intimité ou non, sur leur complicité limitée ou au contraire étendue, seulement Jane n’en ressentait ni l’envie ni le besoin, étonnamment.

Allongée sur le canapé, elle lutta contre la danse des flammes qui l’hypnotisait. Elle aurait aimé que cette nuit se termina autrement, mais une fois de plus, elle ne lui en tenait absolument pas rigueur. Au contraire, il y avait là quelques flatteries à tirer des craintes du botaniste. La jeune sorcière n’était pas traitée comme les autres et c’était une pensée qui lui convenait parfaitement. Pour cette nuit-là, elle pouvait bien faire cette fleur au botaniste jusqu’à en discuter, un jour peut-être. Mais ce jour était encore loin … Jane s’assoupit quelque peu avant que le verrou ne l’éveille soudainement. Son regard somnolant se posa alors sur le livre dans la main du botaniste, lequel la surprit fortement. Et pour cause, elle savait le botaniste cultivé, pour autant, elle n’aurait jamais cru qu’il choisirait de terminer la soirée ainsi … avec un livre. Décidément, l’étrangeté battait son plein, ce qui l’amusa intérieurement.*

J’apprécie grandement de me cultiver, mais un livre ? s’étonna la jeune sorcière. Vraiment ? Si c’est là le seul moyen que vous avez trouvé pour que je m’adonne à Morphée, voilà un acte des plus perfides, commenta-t-elle avec humour. Seriez-vous en train de prier pour mon sommeil mon cher botaniste ? Où sont donc vos paroles « Soyons lâches pour les heures à venir ? » ?

*Jane lui adressa une œillade pleine d’humour tandis qu’elle se redressait à moitié pour l’observer. Elle le provoquait quelque peu, c’était un fait. Or c’était sans compter son importante fatigue. Soudain, un long bâillement l’ébranla et la pauvre infirmière dût se résigner à abandonner ses taquineries. Son corps retomba sur le canapé délicatement tandis que ses yeux se fermaient irréversiblement.*

J’étais sincère pour la fraîcheur des draps, murmura-t-elle d’un ton ensommeillé. Permettez-moi de rester près de la chaleur des flammes. Je ne vous embêterai pas plus pour ce soir, je vous le promets. Bonne nuit, Clayton, acheva-t-elle doucement.

*Elle n’eut guère le temps de lui parler de cette promesse qu’il lui avait faite sur cette dite-nuit, et se recroquevilla sur elle-même pour rejoindre Morphée sans importuner le botaniste. La chaleur des flammes la berça avec mansuétude et évacua toute pensée de son esprit, la laissant dans un bien-être profond.*
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   Lun 5 Juin - 22:03

*Il s’avança vers le canapé avec son refuge dans la main et y trouva une Jane encore éveillée, ou à peu près à en juger par ses yeux semblables à deux fentes.*

Je ne comptais pas vous le lire mais seulement m'occuper pendant que je surveillerai votre sommeil.

*Il s'accroupit devant elle, glissant le bout de ses doigts sur ses cheveux, se mordillant la lèvre.*

Mais si c'est là votre souhait, je peux vous proposer une autre activité qui nous occupe tous les deux, si vous ne craignez pas la répétition...

*Il embrassa son épaule dénudée dépassant de la couverture, tout sourire.*

Qu'en pensez-vous ? Demanda-t-il en relevant le visage. Jane ? Jane ?...

*Elle s'était endormie. Affublée d'une mine contrite, se retenant de la secouer, il se laissa lourdement retomber sur le postérieur avant de basculer son dos totalement en arrière, allongé les jambes repliées. C'était bien sa veine. Elle l'avait laissé dans la situation la plus inconfortable qui soit, et en cela, il ne faisait pas référence à l'acte manqué. A présent que Jane était endormie, il était obligé de faire face à la vérité : bien sur qu'il était fatigué, et lutter en se plongeant dans ce livre chiantissime ne l'aiderait plus à garder contenance, à attendre que les bras de Morphée viennent lui ravir Jane pour qu'il puisse se faufiler hors de la chambre et n'y revenir qu'au petit matin, ni vu, ni connu. Le plan, pourtant préparé ardemment sous la douche, était par-fait. Maudite infirmière. Ne pouvait-il pas tomber sous le charme d'une femme au comportement plus convenu ? Ses goûts en matière de demoiselles devraient être revus et corrigés, et il se reprit à penser qu'épouser une bécasse quelconque ne serait peut être pas si mal. Une pensée uniquement entretenue par sa contrariété passagère.

Il se redressa d'un mouvement, ce qui eut pour effet de faire chauffer ses abdominaux qui n'avaient pas l'habitude d'être sollicités aussi brusquement. Il était endurant à la marche, pugnace quand il s'agissait de grimper, mais aimant trop l'oisiveté entre deux escapades, il n'était certainement pas un sportif. Il regarda Jane à nouveau, ses yeux clos et sa bouche légèrement entre-ouverte lui donnait l'innocence d'une enfant. Ne se laissant pas attendrir, son regard dévia vers la chambre ouverte au lit moelleux, où la chaleur distribuée par le tuyau du poêle laissait une tiédeur doucereuse. Après tout, n'avait-elle pas elle-même formulée la demande de rester ici ?

Il se leva alors, près à faire un pas en direction de l'autre pièce mais perçut la respiration de la jeune femme, aussi ronronnante qu'un Fléreur couché dans un panier de velours. Poussant un soupir en faisant rouler ses yeux, prit d'une rare honte a exécuter quelques mufleries, il décida de faire preuve de plus de délicatesse. Il alla chercher sa baguette, se positionna entre elle et le feu et leva sa main gauche tenant fermement le morceau de bois.*

Levicorp...

*Nouveau soupir. Nouveau geste retombant. La baguette pendait tristement vers le sol alors que Jane remuait à peine perceptiblement son visage, enfonçant sa joue dans le coussin minuscule au motif de fleurs aux couleurs fanées. Il jura entre ses dents, s'éloigna en faisant tourner sa baguette entre ses doigts avec dextérité, du moins jusqu'à ce qu'elle lui échappa pour tomber par terre de maladresse. En l'absence de public pour se gausser de lui, il la récupéra (il en avait déjà perdu une, il ne prendrait pas le risque d'égarer celle-ci !) et la rangea dans ses vêtements. Il revint près de Jane pour la 3ème fois, repoussa la couverture non sans quelques difficultés, devant tirer d'un coup sec pour la dégager de la poigne de la belle aux bois dormant, et fit de son mieux pour la soulever dans ses bras.

Un mouvement d'épaule pour bien la caler, et il l’emmena dans le lit qui n'avait attendu qu'elle depuis le début. Arrivant devant la couche, le fardeau chargé dans ses bras qui, fort heureusement et sans doute par instinct de survie, s'était agrippé à lui, il fit le désagréable constat qu'il avait oublié de défaire les draps. Son esprit fort désorganisé émit l'idée de la poser, de défaire le lit d'un côté, puis de la faire rouler à la manière d'un maki, mais le risque de l'éveiller et de passer pour un parfait incapable était fort grand. Il opta pour l'option deux et repartit chercher sa baguette, la sortit avec difficulté de ses vêtements du bout des doigts libérés difficilement de l'étreinte et, quelques pas plus tard, fit léviter les couvertures pour y déposer la jeune femme avec douceur (tout de même !).

Le rangement de Jane étant réglé, restait à savoir où il allait bien pouvoir caler son propre corps. Il resta de longues minutes à contempler la chair dont on devinait chaque courbe au travers des draps. Il s'y perdit quelques instants, la scrutant comme s'il aspirait son âme. Il ne dormirait pas cette nuit, il ne pourrait pas. Fort de cette certitude, il se décida à laisser tomber la serviette, s'asseoir à ses côtés et rabattre les couvertures sur ses jambes, une parfaite position pour lire un livre toujours aussi peu passionnant. Il ouvrit le volume et se plongea dedans. La préface et un chapitre plus tard, il s'était un peu plus enfoncé dans le lit. Après 18 pages supplémentaires, il était tout à fait allongé. Quelques paragraphes plus loin, il avait posé le volume ouvert sur son torse et fermé les yeux, pour mieux se représenter un hippogriffe tacheté se nettoyant les plumes de la queue. Il ne dormirait pas cette nuit.

Il ne dormirait pas. Il ne dormirait pas.



Le rêveur a ceci de magnifique qu'il est innocent, et dans son innocence, d'une franchise désarmante. Personne ne rêve de gloire et de réussite dans ses songes, ces rêves là se font en pleine conscience quand, éveillé, on se met à divaguer. C'est alors que l'on fait cet amalgame rarement perçu et pourtant tellement commun, de confondre ses rêves et ses désirs. Les rêves d'un homme, les vrais, se distinguent en ceci des désirs de l'Homme. Celui qui prétend n'avoir jamais rêvé de serrer contre lui un corps qu'il a croisé est un menteur. Les rêves de Clayton étaient de cette même honnêteté perfide qui vous brise le cœur. Il rêvait d'une odeur se mêlant à la sienne dans ses draps, d'un corps qui se love dans la profondeur de la nuit, de ses doigts refaisant le parcours des grains de beauté sur la peau de l'être aimé, d'une main maternelle qui se pose sur le front moite du petit garçon qu'il a été, d'un  baiser qu'on lui dérobe à un âge incertain. Et pourtant toujours, au petit matin, il était seul. Du moins jusqu'à aujourd'hui.

Papillonnant des yeux, réveillé par les lueurs d'un soleil blafard s’infiltrant d'une lucarne dont les rideaux n'avait pas été tirés, il fit face au matin le plus déconcertant de sa vie.*
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MessageSujet: Re: [Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !   

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[Clayton & Jane ] Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage !
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