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 [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]

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Père Edgar
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MessageSujet: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Ven 24 Mar - 0:17



La nuit noire d’une soirée d’hiver avait tout pour être paisible. Seulement, cette fois, les murs de l’église de Saint Tobias, dit le cruel, semblaient s’énerver au fin fond l’obscurité. En effet, un écho provenait des fissures qui se multipliaient entre les pierres de la vieille bâtisse religieuse où le Père Edgar avait élu domicile il y avait quelques semaines déjà. Plusieurs promeneurs et anciens voisins - anciens car en un mois nombreux d’entre eux avaient disparus ou s’étaient résignés à déménager dans une autre contrée- avaient remarqué qu’en pleine nuit, la demeure sentait la souffrance et l’abandon. L’on pourrait en lisant ces quelques lignes, croire, que l’odeur de la souffrance et l’abandon était quelque peu démesurée et probablement inexistante, seulement, si plusieurs plaintes et inquiétudes avaient été déposées et confiées à l’encontre ou envers la paroisse, c’était la preuve qu’il fallait commencer à s’inquiéter de l’établissement du Saint Cruel.

La trappe qui menait à la crypte venait de claquer sur la pierre glacée de l’ancien monastère pour y laisser passer le Père Edgar qui en remontait. Seul, dans l’enceinte de son établissement, il avait pris pour habitude de ne pas garder sa soutane, il était ainsi vêtu d’un pantalon noir et d’une chemise blanche aux manches bouffantes, resserrées au niveau des poignets. Le tissu qui flottait sur ses avant-bras avait été tâché par une giclée de liquide d’un rouge bordeaux. Le prêtre referma l’ouverture avec fracas, traversa la salle des archives, gravit les escaliers deux par deux et referma enfin la bibliothèque à clés.

De retour à ses appartements il haussa un sourcil agacé devant l’erreur d’inattention qu’il avait commise sur sa chemise. Sans prendre le soin de la déboutonner il l’arracha de son torse avec un empressement dégoûté avant de la jeter dans l’âtre de sa pièce à vivre. Il se précipita vers son secrétaire, prit la clé qui se trouvait autour de son cou, et ouvrit le meuble sur ce qui semblait être une cache entière de contrebandiers. Il s’empara d’une bouteille d’un whisky bas de gamme - qu’il avait confisqué, comme toutes autres lors des réunions des Alcooliques Anonymes - fit sauter d’un geste habitué le bouchon de liège et bu goulument de nombreuses gorgées. Tout en s’évertuant avec application à faire diminuer le niveau de sa bouteille, le prêtre s’agenouilla devant la cheminée, gratta frénétiquement quelques allumettes et lorsque les braises commencèrent à se faire moins timides, il leur jeta la demi-bouteille qu’il n’avait encore engloutie. Un bruit d’embrasement explosif le fit tomber à la renverse tandis que les flammes léchaient peu à peu l’étoffe de sa chemise. Il se redressa péniblement et en voyant que le feu avait dévoré les preuves de son dernier péché, un rire tonitruant envahit la pièce.

Edgar déambula dans la pièce, les embruns d’alcool avait attaqué sa perception, il manqua de peu une chute, mais se ressaisit de justesse au mur de pierre accolé à sa couche. Du tiroir de son chevet il extirpa un objet, il le remonta face à son visage et eut pour lui un regard passionné et désireux. D’un vif mouvement il assena à son dos un coup de fouet qui lui fit convulser sa bouche de douleur un iota de temps. Le premier est toujours le plus surprenant, c’est celui qui chauffe l’épiderme afin qu’il se prépare à la longue série qui arrive. L’homme se mordit la lèvre inférieure et s’infligea un rythme de correction rapide et régulier, en prenant soin d’alterner d’omoplate un coup sur deux.

- Seigneur tout puissant, puissiez-vous voir la douleur que je m’inflige afin de vous exhiber ma dévotion et ma foi. Trente… Voyez-vous comment votre disciple se flagelle pour sa pénitence. Pour corriger mes vices et… Humpf, et mes péchés, j’ai cette fois tressé entre elles les lanières de l’ustensile de mon châtiment puis j’ai solidement fait des nœuds au bout. C’est avec zèle que je fustige ma chair, et si vous jugez que cette peine est trop légère, je vous supplie de m’éclairer afin de mieux m’opposer à mes vicissitudes.  Pardonnez-moi, je vous en prie mon Père.

Après avoir ébranlé son dos, ses reins, ses omoplates et ses épaules d’une série de cent condamnations, il laissa le martinet passer de sa main au sol de pierres. Le sang s’écoulait des crevasses qui s’étaient creusées sous les lanières de cuir. La fatigue physique et morale du Père le fit tomber à la renverse dans sa couche, les draps blancs absorbaient le sang qui suintait de ses pores, il s’endormit.

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Arthur M. Fletcher
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Ven 24 Mar - 16:48

EDGAR
&
ARTHUR

QUE LA PÉNITENCE SOIT.

En ce matin frais de Mars, Arthur Fletcher était d'excellente humeur. Il s'éveilla contre le corps chaud et boudeur d'Eléanor qu'il prit garde de ne pas réveiller. La donzelle était dévêtue, il s'en félicita bien que n'ayant aucun souvenir de la nuit passée. Un rapide coup d'oeil à son entre-jambe lui apprit que, oui, son «Sceptre Magique Gigantissime » -SMG pour les intimes- avait bien trimé cette nuit et qu'il se reposait paisiblement contre le coussin dense de sa pilosité intime. Il le flatta d'une petite tape de fierté toute masculine et s'extirpa du lit sans un regard de plus pour sa femme. Un amas indéfini de linges traînait au pied de sa table de chevet, il attrapa une chemise qu'il porta à ses narines.

- Quatre jours... Diagnostiqua-t-il.

Il haussa les épaules et l'enfila, ainsi que le reste de la tenue du parfait petit escroc : un pantalon aux larges poches et une redingote aux dizaines de plis secrets. Avant de quitter la demeure conjugale, il s'envoya une bonne lichée de Whisky-pur-feu sans laquelle il ne pouvait pas commencer la journée. L'air frais du dehors finit de le réveiller tout à fait.
Ce qui mettait Arthur Fletcher de si bonne humeur, en dehors de l'acte de bravoure mené à l'encontre du cul de sa femme durant la nuit, était le projet qu'il avait pour sa matinée. Las de l’orfèvrerie  gobeline et de ses contrefaçons, las des tableaux sorciers et de leurs animations blasantes, Arthur avait trouvé un nouveau monde artistique à explorer -et piller- un monde qui faisait de plus en plus d'émules parmi les bourgeois qu'il fournissait : l'art no-maj'. Cette fascination était le fruit du renforcement des lois anti-relation-inter-espèces du Macusa. En interdisant aux sorciers de s'approcher des no-maj' le Macusa les avait entouré, eux et leur art d'un mysticisme très attirant pour les sorciers en quête d'ennui. Un domaine en particulier excitait terriblement la curiosité de ses clients : l'art religieux. Les croyances des no-maj' étaient un sujet de plaisanterie courant dans les tripots. Cependant, leur ferveur était intriguante. Certains sorciers venaient à penser que les objets de leurs cultes possédaient une once de magie. Plus sombre. Plus primaire. Arthur ne prenait pas partie dans cette excitation commune mais il obéissait à un précepte vieux comme le monde : le client est roi. Si les bourgeois sorciers s'étaient pris de fascination pour les orteils humains, il aurait volontiers pillé toutes les morgues de New-York. Fort heureusement pour lui, il ne s'agissait pour l'instant que d'Eglise.

L'Eglise la plus proche était un joli bâtiment du Queens : Saint Tobias le Cruel. Arthur y arriva sur les coups de huit heures. L'endroit était désert et semblait emprunt d'une aura glacée et étrange qui lui hérissa les poils du dos. Il hésita même avant d'entrer. S'il était persuadé que cette entité que les no-maj' vénéraient et nommaient « Dieu » était une chimère, il sentit une présence occulte dominer le lieu. Une présence qui lui donna un haut-le-coeur. Il souffla un bon coup et passa la petite passerelle de bois. Sur sa droite un panneau indiquait ce qui semblait être un message de bienvenue :

« PRAY, PENANCE & PAIN. »

Arthur déglutit en suivant le petit chemin de pierres qui menait au gros édifice.

- Pas tous des marrants, ces no-maj'... Puis ce goût pour les grosses baraques...

Il roula des yeux et ouvrit la porte principale d'un alohomora informulé. L'épaisseur du bois craqua dans un grondement monstre. L'Eglise elle-même semblait se plaindre de cette intrusion. Arthur déglutit à nouveau. Toutes ces affaires de croyances commençaient à le mettre terriblement mal à l'aise. Lorsqu'il découvrit l'intérieur du bâtiment, l'escroc demeura bouche bée. Devant lui s 'étendait une nef immense de dallages polis par les pas. Ce ne fut ni la beauté des vitraux, ni l'éclat des dorures, ni même la profusion des objets de culte qui surprit l'escroc mais le calme silencieux et placide des lieux. Sans trop savoir pourquoi, il retira son haut-de-forme. Il s'avança entre les rangées de bancs et se dirigea vers l'autel. Derrière la table du choeur il découvrit quelque chose qui lui arracha un sourire et lui fit fermer la bouche. Une bouteille sombre siégeait au côté d'un vieux bouquin poussiéreux. Il en lut l'étiquette :

- "Vin de messe", ah bah quand même...

Il la débouchonna d'un  coup de dents et en but la moitié pour se ressaisir du trouble que lui avait causé ce lieu.

- C'est hanté, c'pour ça, c'est juste qu'une putain d'histoire de fantômes, grogna-t-il en s'essuyant la bouche.

L'alcool lui réchauffa le sang et le ragaillardit. Il expira un bon coup et se mit en chasse d'objets rares et précieux. Après un rapide examen il jeta le vieux bouquin par dessus son épaule.

- Bible, Bible, quel drôle de nom pour un bouquin... Ça se vendra jamais.
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Ven 24 Mar - 17:53

Le lever du père se faisait tous les jours à six heures pétantes, le froid du début d’année ainsi qu’une douche à l’eau glacée l’aida à effacer les difficultés que ses yeux avaient eues à s’ouvrir. Comme tous les matins, Edgar avait l’habitude d’enfiler son costume de jardinier avant de vouer son culte au Seigneur. La veille il avait passé de longues heures à délimiter par des bordures en terre les parcelles des légumes à planter au mois de mars. Aujourd’hui, il ne lui restait plus qu’à les semer. Il suivit rigoureusement et méthodiquement le plan du potager qu’il avait dessiné.  Après s’être occupé des carottes, navets ainsi que des pommes de terre, il ne lui restait plus qu’à planter cerfeuil, oignons, panais, radis, salsifis, poireaux et asperges. Pour éviter de s’octroyer une crampe, et aussi soulager ses genoux, il changea de position, et d’activité, en purifiant le sol des mauvaises herbes qui infectait son œuvre. Il fit le tri de ce qu’il déterrait et garda dans son panier d’osier tressé le pissenlit, le pourpier et les orties. La nature est étroitement liée au monde humain, dans les deux univers certaines mauvaises herbes sont excellentes, il s’en ferait une salade exquise pour le déjeuner. Cette pensée ragaillardit son estomac, il se releva et rejoignit ses appartements par la porte extérieure du cloître.  

Il était environ huit heures, le jardinage est une activité bien chronophage, se dit-il en buvant quelques gorgées d’eau. Un bourdonnement le fit sursauter. Les murs de l’église saint Tobias venaient de résonner jusqu’à lui. Quelqu’un venait de pénétrer dans sa chapelle. Par la commissure étroite qui se trouvait dans sa chambre il guetta qui de bon matin troublait les lieux. Il vit une silhouette, visiblement masculine, traverser la nef et s’arrêter devant l’autel. Bien qu’il ne fût pas encore vêtu comme le divin le désirait, il s’ordonna d’aller inspecter cet homme de plus près. Pour éviter une deuxième entrée bruyante, il préféra se glisser par la porte dérobée du confessionnal.

En silence, le Père Edgar observa la scène en se rapprochant doucement du chœur. L’intrus n’était pas bien grand, de taille moyenne, corpulence médium. Il avait enlevé son couvre-chef en rentrant dans le lieu saint, il avait peut-être besoin des paroles du seigneur immédiatement ce qui aurait expliqué son arrivée hâtive. L’homme semblait marmonner des paroles, qui de loin étaient  incompréhensibles. A partir de là, tout se déroula rapidement. L’intrus s’empara du vin de messe et en but une bonne quantité,  il commença à fouiller dans les affaires du prêtre avant de lancer par-dessus son épaule le livre saint. Edgar comme possédé fut animé par un réflexe inhumain et rattrapa la Bible au vol.

- Quelle que soit ta nature pécheur, tu peux être voleur, cambrioleur ou même revendeur, le Seigneur pourra si tu le souhaites, t’aider à te repentir, puis un jour te pardonner. En revanche nuire à un livre saint est un outrage blasphématoire que l’on ne peut évincer des souvenirs du puissant. Comprends ton erreur brebis égarée.

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Arthur M. Fletcher
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Ven 24 Mar - 22:14

EDGAR
&
ARTHUR

QUE LA PÉNITENCE SOIT.

Arthur n’entendit pas de suite qu’il n’était pas seul. Il eut donc le temps de se soulager d’un rot inhumain qui le laissa hilare, adossé contre l’autel. Le vin de messe avait des propriétés inédites qui lui plurent de suite, il se nota mentalement d’emporter la bouteille pour son compte personnel. Lorsqu’une voix s’éleva dans son dos, il sursauta. Il avait fait des recherches sur la religion moldue –il ne savait même pas qu’il en existait plusieurs- et on lui avait dit que les églises n’étaient plus fréquentées et que c’était là toute la misère du monde moderne etc, etc… Il fut donc terriblement surpris de voir ce pécore mal coiffé sortir d’une grosse armoire percée dont il ignorait tout à fait l’utilité.

- Quelle que soit ta nature pécheur, tu peux être voleur, cambrioleur ou même revendeur, le Seigneur pourra si tu le souhaites, t’aider à te repentir, puis un jour te pardonner. En revanche nuire à un livre saint est un outrage blasphématoire que l’on ne peut évincer des souvenirs du puissant. Comprends ton erreur brebis égarée.

Arthur marqua un silence interloqué. Il en avait vu des déglingués, à commencer par sa sale trogne tous les matins dans le miroir mais un type en robe le traitant de mouton, c’était une première. Il se racla la gorge et haussa les épaules :

- Déso’, l’clodo mais je l’ai pas lu ton bouquin.

Il se tourna, pressé de quitter ce lieu les poches bien pleines. Il sentit dans son dos le regard glacial du cinglé et eut une illumination. Lorsqu’il s’était renseigné sur la « religiositation » il avait vu des images de types plus ou moins sapés comme lui. Son indic’ lui avait expliqué qu’il ne s’agissait pas de travestis sadomasochistes –comme l’avait supposé Arthur avec beaucoup de finesse- mais en fait des responsables de la « religiositation ». Ils créchaient dans les gros bâtiments, jouaient les chamans sur la population et gardaient un peu les lieux. Arthur malgré son incapacité à comprendre même les faits les plus simples, se douta qu’en raison de cette position responsable, le mec en robe n’aimerait pas des masses l’idée qu’on lui pique sa déco. Et vu le regard de fou furieux qu’il lui adressait, il se serait même pu qu’il soit dans la bouse de Scrout jusqu’aux vifs d’or. Inventer un truc. Vite.

- Ahah ! Je plaisante, gloussa-t-il en se tournant, son sourire le plus commercial et forcé aux lèvres.

Il attrapa la bouteille étiquetée « VIN DE MESSE » et la lui montra :

- Je me présente, John Washington –évidemment tous les moldus se nommaient John Washington-, enchanté. Je suis le représentant viticole de la ville de « Messe ». Mes patrons m’ont envoyé chez vous pour s’assurer que vous êtes pleinement satisfait de nos produits. C’est pour cela que je me suis permis de goûter ceci. C’est un de nos meilleurs millésimes que vous avez là !

Oui, Arthur Mondingus Fletcher était un crétin au point de penser que le vin de messe était une appellation d’origine contrôlée d’une hypothétique ville nommée Messe. Oui, un jour son idiotie sans borne finirait par le tuer.

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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Sam 25 Mar - 16:19



L’intrus pensait être seul, assez pour blasphémer la maison du Seigneur en éructant, il s’effraya donc en entendant la voix du prêtre le héler. L’homme n’avait pas l’air de comprendre ce que son interlocuteur lui reprochait, on aurait dit un enfant en bas âge à qui l’on parle du problème des érections matinales. Aucune réaction. A part un haussement d’épaules et des propos déplacés.

- Déso’, l’clodo mais je l’ai pas lu ton bouquin.

Malgré sa colère, Père Edgar n’eut aucune expression - les saints de pierre avaient beau être crucifiés et souffrir le martyr il n’affichait pas leur douleur aux yeux du monde, ils restaient dignes - il resta de marbre. L’importun lui tourna un instant le dos, puis se ravisa, l’homme de foi garda la tête haute et patienta en scrutant la scène. Un rire faux, et gêné s’extirpa des lèvres du voleur,  après avoir joué la carte du branleur je –m’en-fichiste, il déposa celle du plaisantin amical.

- Ahah ! Je plaisante.

Au Texas, la patience du Père Edgar était aussi réputée que son nom, aussi quand l’illustre personnage continua devant lui sa comédie, il demeura encore de marbre.

- Je me présente, John Washington, enchanté. Je suis le représentant viticole de la ville de « Messe ». Mes patrons m’ont envoyé chez vous pour s’assurer que vous êtes pleinement satisfait de nos produits. C’est pour cela que je me suis permis de goûter ceci. C’est un de nos meilleurs millésimes que vous avez là !

Lorsque l’âme égarée scanda sa tirade sur le vin de messe, Edgar aurait pu perdre contenance et soudainement se perdre dans un éclat de rire, seulement, un détail l’avait interpellé, et au plus haut point agacé.

- Tes paroles irritent mes tympans pécheur. Tes propos accompagnent tes actes, la putréfaction de ton âme damnée est homogène.  Je m’attendais en premier lieu à des excuses, une mise à genoux rapide et des paroles brèves et larmoyantes, mais que pouvait-on attendre d’un voleur ? Des remords ? Non, les remords ne viennent qu’une fois le danger montrant ses crocs, n’est-ce pas ?  Il aura fallu que tu doubles tes péchés, que tu surmontes ton costume de voleur d’une capeline de menteur, ne pensais-tu pas que ton âme était assez riche en vice ? John Washington, je connais un bon nombre de « personnes » qui se dénomment ainsi lorsqu’elles sont prises au dépourvu, comme s’il s’agissait d’une sorte de code…  Rassure moi menteur, tu n’es pas stupide au point de penser que le vin de messe est une appellation d’origine contrôlée d’une hypothétique ville nommée Messe. Si tel est le cas, sache que ton idiotie te tuera.

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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Sam 25 Mar - 21:12

EDGAR
&
ARTHUR

QUE LA PÉNITENCE SOIT.

Lorsqu'Arthur mettait en œuvre son talent inégalé de comédien deux réactions étaient les plus courantes. Dans 95% des cas, il recevait un coup. De préférence en plein visage. De préférence suivi d'une longue liste d'injures qui finissait toujours par dériver sur sa mère, remettant en question avec une imagination toujours renouvelée sa prétendue chasteté. Dans 5% des cas, son interlocuteur était assez benêt pour le croire et cela crée une telle vague de satisfaction chez Fletcher qu'il en avait souvent ce qu'il qualifiait avec de poésie « une mi-molle ». Bien qu'il ne reçoive aucun coup, sa virilité resta bien tranquillement à sa place. Effectivement, il était rare que son interlocuteur se mette à psalmodier des reproches mystiques en s'approchant de lui sans ciller :

- Et vieux, il vous arrive de cligner des paupières ? Non parce que j'ai une tante qui le faisait plus du tout, on a voulu lui faire consulter un médicoma... Un... Un guérissologue ? Mais en fait elle était morte, c'était pour ça...

Il devait l'avouer, le chaman le mettait terriblement mal à l'aise. Arthur déglutit et tenta de reculer, en vain. Il se retrouva bloqué contre l'autel. Il tenta d'affronter le regard inhumain du no-maj' et se demanda rapidement qu'il ne s'agissait pas en fait d'un démon ayant pris une enveloppe humaine pour commettre ses méfaits.

- Tes paroles irritent mes tympans pécheur. Tes propos accompagnent tes actes, la putréfaction de ton âme damnée est homogène.  Je m’attendais en premier lieu à des excuses, une mise à genoux rapide et des paroles brèves et larmoyantes, mais que pouvait-on attendre d’un voleur ? *Okay, il était carrément flippant.* Des remords ? Non, les remords ne viennent qu’une fois le danger montrant ses crocs, n’est-ce pas ?  Il aura fallu que tu doubles tes péchés, que tu surmontes ton costume de voleur d’une capeline de menteur, ne pensais-tu pas que ton âme était assez riche en vice *Merci, ça ça me touche beaucoup. Il est rare qu'on le remarque dès les premiers instants vous êtes un chic type. Super effrayant, mais sympa.* ? John Washington, je connais un bon nombre de « personnes » qui se dénomment ainsi lorsqu’elles sont prises au dépourvu, comme s’il s’agissait d’une sorte de code…  Rassure moi menteur, tu n’es pas stupide au point de penser que le vin de messe est une appellation d’origine contrôlée d’une hypothétique ville nommée Messe* Bah si enfin sinon pourquoi ça s’appellerait comme ça ?*. Si tel est le cas, sache que ton idiotie te tuera.*Ah quand même.*

Bien qu'il ne comprenne pas gros chose à la litanie menaçante du travesti chaman, Arthur tenta de défendre son honneur. Bien plus pour s'assurer qu'il était toujours vivant que pour impressionner son interlocuteur démoniaque.

J'ai jamais péché de ma vie en fait, j'ai pas la patience, m'voyez ? Putréfaquoi ? EH, j'ai pris une douche y a une semaine !

Arthur hésita un instant à prendre sa baguette. Cependant, si le timbré en robe lui faisait peur, quelques années dans les geôles du Macusa le terrorisaient plus encore il déglutit et attrapa discrétement un candélabre placé sur l'autel. Il allait l'abattre avec vigueur sur le crâne du cinglé lorsqu'il l'entendi sousentendre qu'il savait quel genre de « personnes », il était. Il était vrai que « John Washington » était l'un des seuls noms no-maj' que le sorcier de base connaissait ainsi, bien sûr, que celui de Jeanne D'Arc pour d'autres raisons : cette petite sotte de Cracmol avait péri dans les flammes de s'être faite passer pour sorcière.

Qu'est-ce que vous voulez dire par « personne » ? demanda-t-il en reposant le candélabre et mimant deux guillemets de ses doigts sales.

Il s'était encore fourré dans un nid de Scrout et ne s'en sortirait que s'il trouvait un plan rapidement. Qui que soit l'original qui lui faisait face, il avait l'air d'avoir le sang coupé l'Eau Glouglouss.

- Et je ne suis ni stupide, ni idiot. Ma mère m'a fait passer des tests.
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Dim 26 Mar - 23:08


Il était bien entendu inutile de préciser que l’homme de foi ne faisait pas partie intégrante des cinq pourcent de la population de benêts capable de croire les sottises de sir Fletcher, Arthur de son prénom.

- Et vieux, il vous arrive de cligner des paupières ? Non parce que j'ai une tante qui le faisait plus du tout, on a voulu lui faire consulter un médicoma... Un... Un guérissologue ? Mais en fait elle était morte, c'était pour ça...

L’imposteur aurait pu parler encore cent ans qu’il n’aurait pas pu mieux éclairer le léger doute qui le tourmentait jusqu’alors. En plusieurs années, Edgar avait appris à les reconnaître, les mots hasardeux qu’ils employaient, les termes pas toujours correctement définis, l’incompréhension du quotidien et des manières, autant de signes qui ne trompent pas. Sans oublier qu’il avait vécu dans une famille sorcière jusqu’à ses treize ans, et ayant été à l’école non maj’, autant dire qu’il avait dû éclaircir de nombreux points de vocabulaire simple et courant à ses procréateurs. Cela avait constitué un exercice d’entrainement préliminaire à sa chasse aux sorcières actuelle.

- J'ai jamais péché de ma vie en fait, j'ai pas la patience, m'voyez ? Putréfaquoi ? EH, j'ai pris une douche y a une semaine !

Si le prêtre ne se consignait  pas  pour ne pas montrer ses sentiments, il aurait abattu sa main sur son visage afin d’illustrer sa consternation. Las, il s’empêcha aussi de souffler de découragement. Tant de bêtise dans un seul et même corps, c’est assez incroyable. Il continuait d’observer la scène et ne manqua le regard que l’homme lança un iota de temps à sa redingote qui cachait probablement sa baguette magique, objet sculpté par le démon. Après une courte hésitation, l’impertinent se saisit du candélabre placé sur l’autel, puis le reposa. Toujours de marbre, l’homme d’église se demanda si ce garçon était tout net, changer autant de fois d’idée en aussi peu de temps était toutefois  assez improbable et déconcertant.

- Qu'est-ce que vous voulez dire par « personne » ? Et je ne suis ni stupide, ni idiot. Ma mère m'a fait passer des tests.

La menace du chandelier ayant été éloignée, le père avança d’un pas lent vers son interlocuteur, en sifflant ses paroles comme un serpent crache son venin.

- Si tu n’étais pas des leurs, de ce genre de personnes, tu ne t'inquiéterais pas tant. Et surtout, tu serais en mesure d’énoncer le mot médecin ou docteur sans t’y reprendre à deux fois.

L’intendant de Dieu était à présent tout près d’Arthur, en tendant le bras, celui-ci aurait pu passer ses doigts dans la chevelure du voleur, attraper son oreille, et ainsi, par un tour de bras habile, le mettre à genoux. Il se contenta de siffler à son tympan la suite de son poison.

- Ta mère doit penser que tu es idiot et stupide pour t’avoir fait passer des tests. Pour ta gouverne de simple d’esprit, sache que, pécher n’est pas uniquement un verbe qui désigne l’action d’attraper un poisson à mains nues, ou encore avec une canne à pêche. De la même manière, le mot pêche, désigne également un fruit à la chair fraîche, juteuse et suave, il ne désigne pas uniquement la distraction malsaine et chronophage qui consiste à regarder les poissons, êtres de l’eau, agoniser lentement, avant de leur fracasser le crâne contre un rocher afin de les dévorer.

A ces mots, le Père Edgar, abattu le lourd candélabre sur l’arrière de la boîte crânienne vide de l’intrus qui avait pénétré dans la maison du Seigneur, ce dernier s’écroula sur le dallage de pierres froides de l’église.

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Arthur M. Fletcher
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Lun 27 Mar - 15:26

EDGAR
&
ARTHUR

QUE LA PÉNITENCE SOIT.

New-York comptait son lot de marginaux, d'originaux, d'isolés, d’exubérants, de siphonnés, de dérangés, de timbrés, de déséquilibrés, de forcenés, d'insensés, de follets, de givrés, d'hystériques, de fanatiques et de barjots. La ville les couvrait d'un œil bienveillant comme une chatte alanguie observerait avec tolérance les puces auxquelles elle se serait habituée. Les aliénés grouillaient dans les rues de New-York avec l'inconscience des bienheureux, participant sans le savoir à l'ambiance électrique et mélancolique de cette ville gigantesque. Au fil de ses vagabondages urbains, Arthur Fletcher avait croisé quelques-uns de ces illustres personnages déphasés. Il avait ri avec certains, pleuré avec d'autres.  Quelques-uns l'avaient effrayé, d'autres séduits. Mais aucun, en presque quarante années de vagabondage New-Yorkais, aucun n'avait dans le regard la lueur de folie dévastatrice que Fletcher lut ce matin là dans les yeux du prêtre. Ce type en robe n'était pas juste un no-maj' un peu allumé par des croyances fantaisistes, c'était un vrai malade et Arthur le sentit. Trop tard.

- Si tu n’étais pas des leurs, de ce genre de personnes, tu ne t'inquiéterais pas tant. Et surtout, tu serais en mesure d’énoncer le mot médecin ou docteur sans t’y reprendre à deux fois.

Il savait. Par un phénomène inexplicable, le chaman l'avait identifié comme sorcier. S'agissait-il donc vraiment d'un démon ? D'un Cracmol ? D'un gobelin particulièrement bien maquillé ? A ses mots, Arthur glissa sa main dans sa poche pour y saisir sa baguette. Ses doigts rugueux frôlèrent son portefeuille dont il fit mentalement l'inventaire : une photo animée de Daisy en petite tenue, une vingtaine de dragots, son autorisation de port de baguette, son -faux- permis de transplanage, l'adresse de Jane à Sainte Morgane pour qu'on le conduise plus facilement après une bagarre de bar et la carte de visite d'un gobelin spécialiste  des fausses œuvres d'art. Rien de bien attirant pour un no-maj' psychopathe, c'était déjà ça. Alors qu'il allait prendre en main  sa baguette, le prêtre s'avança :

- Ta mère doit penser que tu es idiot et stupide pour t’avoir fait passer des tests. Pour ta gouverne de simple d’esprit, sache que, pécher n’est pas uniquement un verbe qui désigne l’action d’attraper un poisson à mains nues, ou encore avec une canne à pêche. De la même manière, le mot pêche, désigne également un fruit à la chair fraîche, juteuse et suave, il ne désigne pas uniquement la distraction malsaine et chronophage qui consiste à regarder les poissons, êtres de l’eau, agoniser lentement, avant de leur fracasser le crâne contre un rocher afin de les dévorer.

- Ma mère n'aurait jamais pensé ça. Maman pense juste que je suis spécial. Je... Vous faites partie de l'une de ces associations à la mord moi l'scrout pour la défense des êtres de l'eau, c'est ça ? Non parce que je savais pas que c'était interdit la vente de sirène, moi. Elle parlait même pas notre langue comment j'aurais...

Le choc fut rude. Les paupières d'Arthur papillonnèrent. Il sentit qu'il allait s'évanouir, avant de tomber totalement dans les vapes, il souffla :

- Fils... De troll unijambiste...

CODAGE PAR AMIANTE

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Père Edgar
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Dim 2 Avr - 17:42

La rencontre entre le crâne vide de l’intrus et le lourd candélabre avait été bruyante et avait résonné du chœur à la nef.  Le choc fut rude, les paupières de l’avorton papillonnèrent, mais avant de lâcher prise, il souffla une dernière provocation. Même abattu sur le dallage froid de l’église, l’agaçant personnage ne restait pas tranquille, il aura fallu qu’il lâche un dernier soupir contestataire.

- Avoir le dernier mot ne doit pas être une formalité, ta mère aurait dû te l’enseigner pauvre pécheur, mais à présent  il est trop tard. En revanche, tu dis qu’elle ne te pensait pas idiot, j’en doute, parler en plus de l’interdiction de la vente de sirènes devant moi aurait une fois de plus lever mes doutes.

Père Edgar attrapa l’homme éteint par les chevilles, et le traîna - comme un vulgaire sac de pommes de terre - avec l’habileté que l’on acquiert par habitude. Il transporta le corps jusqu’au cloître extérieur où il le déposa à côté d’un banc de pierre celé dans le sol.

- Particulièrement léger par rapport aux autres hommes de son âge. Voyons voir ce que le voleur nous cache. Qui es-tu démon ? Comment te nommes- tu ?

En fouillant dans les poches du prétendu commercial de vin de la ville de Messe, le père trouva la baguette du voleur, son portefeuille et un mouchoir visiblement propre. Edgar caressa le bois d’aubépine en le couvant d’un regard étrange, entre rage, douceur, admiration et crainte. Il secoua la tête, et dans un élan de colère la lança au loin dans le cloître, il devait se concentrer sur la découverte de son identité. Il ouvrit donc le portefeuille pour y découvrir de nombreuses choses :
- Une photo hologramme d’une jeune femme ravissante, presque trop belle pour être humaine. Il glissa l’image animée dans sa soutane, il ferait de beaux rêves ces prochains temps, c’est certain.
- Quelques pièces de monnaie sorcière.
- Une autorisation de port de baguette et un permis de transplanage qui ressemblait d’avantage à un fac-similé qu’à un document officiel.
- Des cartes de visites douteuses.


- Sir Arthur Mondingus Fletcher, ravi de connaître enfin ton nom, John Washington. Devant le divin tu plaides coupable pour sorcellerie, nombreux vices comme nous le montre la photo que tu dissimules dans tes poches, trafic, mensonges… et j’en passe.  Le seigneur ne pense pas qu’il y ait des actes sans qu’il y ait de conséquences, tu comprends bien sûr. Voler est un péché... De plus tu ne t’arrêtes pas qu’à un péché … Quel est le salaire du péché ? Si tu avais été plus attentif au catéchisme et si tu avais passé moins de temps à essayer de fourrer ton doigt dans le con de tes sœurs,  tu le saurais peut-être. Le salaire du péché est la mort !

Le père scandait ses paroles d’une voix forte, comme s’il était possédé, il croyait que ses actes rendraient le monde meilleur. Il allait, au moyen de son couteau de chasse mal aiguisé, transformer le corps de l’assommé à l’état de cadavre, lorsqu’il eut une révélation. Pourquoi n’en avoir qu’un lorsque l’on pouvait en avoir plusieurs ? Le père Edgar délaissa le corps sans souffle, pour retrouver un instant ces appartements. Il retourna la carte de la dénommée Jane où y figurait son numéro, il le composa sur le cadran de son téléphone (après avoir rentré le numéro 62442, formant le mot M-A-G-I-C, mot de passe pour rentrer en communication avec le monde sorcier.) La sonnerie retentissait dans l’interphone, quand celle-ci s’arrêta, une boîte vocale prit le relais, il prit une grande inspiration et parla.

- Jane Conrad ? Je suis le Père Edgar, situé dans l’Église Saint Tobias, dans le Queens à New-York. Je me permets de vous joindre, l’une de vos connaissances semble avoir des petits ennuis, et au-dessus de votre numéro était marqué « En cas d’urgence ». Il s’agit de Sir Arthur Fletcher.

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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Dim 2 Avr - 19:19

« Jaaaaaaaaane ? »

La voix criarde perça ses tympans tandis qu’elle discutait avec les parents d’un patient, dans la salle d’attente. Un long soupir inaudible leva sa poitrine et la jeune femme s’excusa prestement auprès de ses interlocuteurs pour s’éclipser. L’enfant était encore en salle d’opération. Elle-même se devait d’y retourner, mais malheureusement, le destin – ou du moins Tutur Dingus Fletcher – en avait décidé autrement. La Chose disgracieuse hurla encore son nom et Jane lui arracha le combiné avec exaspération.

« - Jane Conrad ?
- Elle-même, répondit-elle professionnellement.
- Je suis le Père Edgar, situé dans l’Église Saint Tobias, dans le Queens à New-York. Je me permets de vous joindre, l’une de vos connaissances semble avoir des petits ennuis, et au-dessus de votre numéro était marqué « En cas d’urgence ». Il s’agit de Sir Arthur Fletcher.
- Connais pas ce nom. Des ennuis vous dites ? Pas étonnant. Bien, qu’il demeure assis et donnez-lui un grand verre d’eau, je viens de ce pas le chercher. Suivant les transports, je ne devrais pas mettre trop de temps. Je me hâte, Mon Père. »

*Et elle raccrocha les sourcils froncés. Si « ennuis » et « Arthur Fletcher » allaient de paire, Jane resta stupéfaite face à l’appel qu’elle venait de recevoir. Voilà que la religion l’appelait elle, pour venir en aide à un sorcier aussi débrouillard et stupide que pouvait l’être Arthur. Religion - sorciers, une alliance tristement dangereuse dans une phrase. Deux questions se posèrent alors à son esprit : que cherchait Arthur dans une église – elle le voyait très mal voler des vitraux -  et comment était-il venu à se faire fouiller ? Car quiconque connaissait la crapule qu’il était, savait que les cas d’urgence version Fletcher étaient des plus limités -pour ne pas dire qu'il avait trop de fierté pour requérir son aide-.
C’était donc bien de réels ennuis dans lesquels il venait de se fourrer – oui il n’y avait que pour Arthur qu’elle pouvait user de ce terme – voire de l’entraîner également. Jane se massa les tempes pour réfléchir. Que savait-elle du Père Edgar ? Strictement rien. Et de nos jours, il fallait se méfier des inconnus, fait qu’elle avait expérimenté au bras du botaniste lors de leur rencontre avec les Adeptes de Salem.
Elle maugréa le nom d’Arthur à plusieurs reprises et se rendit à son annexe d’un pas rapide. Réfléchir, elle devait réfléchir. Peut-être torturait-elle son esprit pour pas grand-chose, voire strictement rien, mais dans le doute, Jane préférait de loin assurer ses arrières. Arthur Fletcher ne faisait rien à moitié et elle le savait, elle le savait d’autant plus qu’elle craignait qu’il y soit allé dans l’intention d’accomplir ce qu’elle lui avait demandé. A son petit bureau, elle prit place et sortit de quoi écrire. Il lui fallait des informations sur le Père en question…

« Mon cher botaniste,

Ne doutant pas de l’immensité de vos relations, j’aurais besoin d’informations sur un dénommé Edgar, Père de l’Eglise Saint Tobias, dans le Queens. Je dois m’y rendre pour secourir un ami qui encore une fois, n’a pas su rester loin des « petits ennuis » comme l’a si justement souligné le Père au téléphone.. Et si j’aime les surprises, je gage que celle-ci me déplaira. Il me faut savoir à quel point. Il va me falloir une bonne demi-heure pour m’y rendre… La voie magique est proscrite.


Avec mon affection la plus sincère,

Jane, sauveuse des Orphelins
et « appel en cas d’urgence » des truands qu’elle a pour amis.»



*Elle envoya la missive via Lullie sa chouette, et ôta son tablier contre son trench. Elle y glissa sa baguette et vérifia la présence de sa carte de jeu ensorcelée. Dans son sac, elle ajouta diverses potions de soin à destination d’Arthur. Etrangement, elle se sentait cruellement démunie et angoissée de connaître le pétrin dans lequel il était allé se jeter. Elle soupira, préférant se dire que c’était là une aventure – que tous auraient déconseillée – comme une autre. Avant de partir, elle laissa une note sur le bureau de Monsieur de Brocéliande.

Jane tricha un peu quant aux transports. Discrètement, elle apparut dans une ruelle du Queens, non loin d’une librairie qu’elle connaissait bien, et se mit en quête de la fameuse Eglise. Elle ne mit pas bien longtemps à la trouver tant elle était imposante aux yeux de la jeune femme. Son nom complet lui donna un léger frisson tout comme la devanture et cette aura glacée qui semblait s’en échapper.*

Arthur, qu’as-tu donc fait ? murmura-t-elle tout bas.

*Avant de traverser la rue qui les séparait, elle resta encore quelque peu en retrait. Jane rechercha en elle une sérénité parfaite, au cas où les choses n’étaient pas ce qu’elles semblaient être. Qu’est-ce qu’elles semblaient être d’ailleurs ? Oh qu’elle le maudit en cet instant. Une Eglise … C’était si antinomique. Elle attendit alors une quelconque missive et finalement s’avança lentement vers l’imposante demeure de celui dont elle s’était détournée des années plus tôt. Jane poussa le petit portillon et monta l’allée dallée d’un pas pesant. C’était comme si on l’observait, comme si on discutait du poids de son âme, de sa bascule. Un sentiment désagréable lui tenait le ventre, mais elle se convainquit du surfait de son imagination -typiquement féminin diraient certains-, et cette pensée la fit sourire. Ses yeux bruns se posèrent alors sur le panneau de bois « PRAY, PENANCE & PAIN » et au dernier terme, elle lui lança un regard noirâtre.*

Au cas où nous ne l’aurions pas encore compris, n’est-ce pas ? répondit-elle dans un murmure.

*Elle arriva alors devant les deux grandes portes, lesquelles elle cogna des deux heurtoirs avant de les pousser de tout son poids, jusqu’à en être un tantinet déséquilibrée. Le grincement fut sonore et la déstabilisa une courte seconde. La jeune femme puisa dans sa rancœur contre le Seigneur pour se donner contenance et un visage aussi doux que l’agneau. Elle glissa alors la main dans sa poche et saisit l’as qu’elle dissimula de l’intégralité de sa paume. La baguette n’était pas une bonne idée… Elle s’avança, droite, dans la maison du Seigneur.*

Je me présente, tonna-t-elle en regardant tout autour d’elle, Jane Katerina Conrad, infirmière à l’hôpital Sainte-Morgane, venue chercher le dénommé Arthur Mondingus Fletcher, échappé de l’asile, à coup sûr.
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Dim 2 Avr - 22:01

*Fin de matinée, Clayton venait de rentrer exténué et surtout agacé du Macusa. Ces fonctionnaires étaient tous des bons à rien, même soudoyés, ils semblaient être dans l'incapacité physique et intellectuelle de mettre les bouchées doubles. Et pour parfaire le tableau, Wendy était incapable de préparer un café ressemblant à autre chose qu'à de la boue insipide. C'est donc grognon qu'il partit se réfugier dans sa serre pour tailler quelques branches du Saule Cogneur de 50 cm qu'il avait miniaturisé, un face à face avec le bonsaï qui devrait correctement le défouler. Sécateur à la main, prêt à sautiller à la première attaque, il fut tiré de sa séance improvisé de Tai-chi-chuan par une chouette lui picorant les boucles, laquelle il reconnu aussitôt comme l'oiseau venu récemment lui porter une lettre par deux fois.

Il s'éloigna du dangereux feuillu et jeta son sécateur au milieu de la pépinière pour récupérer la missive qu'il parcouru rapidement des yeux en fronçant les sourcils. Il avait donc une demi-heure pour faire ses preuves auprès de la femme qu'il souhaitait impressionner... ou faire semblant d'avoir été pris auprès de sa grande-tente (faute voulue, le mensonge n'en serait que plus petit) malade si la tâche s'avérait irréalisable.

Edgar... Père de son prénom... le nom lui était familier et ne présageait rien de bon. Il quitta sa serre et se précipita vers son bureau écrire à Boris pour obtenir confirmation de ce qu'il redoutait, le pressant de répondre rapidement. Il n'était pas question que des non-majs dégouttant mettent le feu au dessous de Miss Jane avant lui ! Par chance, sa demande fut suivi à la lettre par son ami de longue date, ce qui lui permit de répondre à son tour et d'envoyer sa propre Chouette huhul répondant au nom d'Aristo à la recherche de la petite brune qui commençait à faire battre son coeur.*


Jane K.Conrad
Où qu'elle se trouve
Quelque part
New York

Chère Jane,

J'apprécie que vous ne doutiez jamais de la taille de ce que je possède, qu'il s'agisse de mes relations ou de mon imagination débordante. Cependant, il n'est pas ici question d'utopie mais de réalité. Le Père Edgar, affecté à l’Église de Saint Tobias depuis peu, est fiché comme potentiel fidèle de Salem. Il est connu pour être très proche de quelques uns des adeptes les plus assidus de cette secte aux activités sordides.

Vous ne m'aviez donc pas menti sur vos « relations »... Je sais que vous n'êtes pas le genre de femmes à qui l'on doit dicter sa conduite, alors je vous demanderais simplement de rester méfiante et espère que le truand auprès de qui vous volez au secours en vaut la peine. Dans le respect de nos natures respectives, je vous demanderai d'accepter que je vole à mon tour à votre secours si d'ici 13h tapante je ne reçois pas de vos nouvelles.

Avec toutes mes pensées les plus affectueuses,

Clayton Ackley.
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Père Edgar
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Dim 16 Avr - 23:04



Après avoir laissé le message sur la boîte de vocale de ladite personne à avertir en cas d’urgence, l’homme de foi retourna aux côtés de l’intrus qui avait violé par sa présence la demeure du Seigneur. Tel un prédateur allant dévorer sa proie, il déambulait autour de l’inconscient en le scrutant de son regard carnassier.

- Ton erreur va causer la perte de beaucoup des tiens, voleur. A l’heure qu’il est, ton « amie » Jane est en route pour sa dernière destination, celle dont on se rapproche à chaque pas sans le savoir, celle qui est notre arrivée dès notre départ, celle qui se cache dans l’ombre et l’obscurité pour vous happer dès que l’occasion se présente, et celle qui, si elle vous épargne une ou plusieurs fois, vous attrapera tout de même au terme, la mort. Cette rêveuse que l‘on nomme la faucheuse n’est pas plus qu…

La marche accusatrice d’Edgar, ainsi que son discours, fut interrompue par un détail à plumes silencieux. Le ciel venait d’être parcouru, au-dessus du cloître, par un oiseau que l’homme d’église identifia instantanément. Le volatile appartenait à la famille des rapaces, il ne s’agissait pas d’un hibou car il n’avait pas d’aigrettes, ces sortes d’oreilles qui les distinguent des autres rapaces. L’oiseau qui venait de traverser l’horizon appartenait à la famille des rapaces nocturnes, une chouette en plein jour, elle était forcément d’origine sorcière, il n’y avait aucun doute. Son expression restait figée, bien qu’il soit à la fois en colère, agacé et réjoui. En colère par les souvenirs qui étaient ramenés à son esprit. Archimède, le compagnon féérique et mystérieux que ses parents lui avaient offert lors de son dixième anniversaire et à qui il avait tordu le cou quelques mois plus tard lors d’une crise de rage dû à la découverte de son incapacité magique. L’agacement lui n’était dû qu’à un détail fondamental et embêtant, il n’avait pas réussi à discerner, malgré sa vision d’aigle, si le message qui lui avait été confié avait été remis ou non. Réjoui, simplement par l’hypothèse que si chouette il y a, sorcier il y a. Jane ne devait plus être bien loin.

Les heurtoirs tuèrent le silence en se fracassant sur les lourdes portes de l’église. S’il avait su comment faire, Edgar aurait esquissé un sourire. Le grincement de la chapelle vint apprendre aux oreilles du père que l’invitée avait pénétré à son tour la demeure de Dieu et qu’elle s’avançait vers lui qui se dirigeait vers le chœur.

- Je me présente, Jane Katerina Conrad, infirmière à l’hôpital Sainte-Morgane, venue chercher le dénommé Arthur Mondingus Fletcher, échappé de l’asile, à coup sûr.

Les présentations furent brèves, entendues. A pas de loup, ils s’approchaient l’un de l’autre. L’Homme est un loup pour elle.

- Bien le bonjour jeune Brebis.

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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Lun 17 Avr - 12:17

*A peine venait-elle d’entrer, et avant même qu’elle n’eut glissé sa carte ensorcelée dans sa paume, elle reçut Aristo sur son bras. Le soulagement et la satisfaction trahirent ses traits. Rapidement, elle flatta le plumage de la chouette et la libéra de son message. Ses prunelles parcoururent le parchemin prestement, et s’il lui confirma ses craintes, il les apaisa aussitôt : son cher botaniste protégeait ses arrières – sans jeu de mots ! -.
Aristo attendait une réponse de sa part, mais Jane ne lui offrit qu’un signe de tête entendu, si toutefois cela était possible. La chouette s’envola, laissant l’infirmière affronter seule la vilaine chose qu’était le destin. La missive venait de lui donner un courage supplémentaire, une assurance presque dangereuse, car plus fort que sa peur, il y avait son ego et sa colère. Si son visage respirait la douceur et la bonté d’âme, son cœur vociférait sa haine pour l’espèce qu’elle allait avoir en face d’elle. Comment la religion pouvait-elle cautionner une telle barbarie ? Comment le Seigneur-Tout-Puissant pouvait-il tolérer une telle atteinte à la vie humaine ? Ce Dieu que tous prônaient juste, ce Dieu que tous disaient aimant, n’était qu’une imposture créée à destination de leurs crimes. C’était là sa conviction profonde, c’était là l’ampleur de sa rancune. Jane se sentait trahie et maudissait de tout son cœur l’homme qui l’avait forcée à franchir le seuil de la demeure divine. Après tout, Arthur était loin de mériter sa présence, à elle, dans ses lieux. Ses dernières paroles avaient été on ne peut plus claires. Jane inspira profondément et avança, son boomerang dissimulé dans sa main – sa carte – tandis que l’atmosphère du lieu commençait à déteindre sur son impassibilité.

Soudain, elle perçut sa voix qui résonna dans tout l’édifice jusqu’à lui glacer le sang. « Jeune Brebis », rien que cette appellation était annonciatrice de malheurs. Mais elle ne pouvait pas se laisser intimider, pas maintenant, pas dans un tel lieu et sûrement pas par un Adepte de près comme de loin. « Brebis », un terme qui enflamma sa colère et son dédain. Le côté tête-brûlée de la jeune femme était … réveillé. Et bien que sa langue tourna sept fois dans sa bouche, elle ne put que succomber à la tentation de répliquer à l’homme encore tapi dans l’ombre.*

Mon Père, bonjour à vous, car cela ne fait aucun doute que c’est un très bon jour pour vous, souligna-t-elle dans un sourire des plus aimables.

*Elle fit encore quelques pas et s’arrêta net, les épaules quelque peu tendues. Tous ses sens étaient en alerte, elle-même se sentait prête à agir et/ou réagir. Seulement Jane se laissait happer par sa rancœur, cette envie d’être provocante. Sa sœur mourante, Héloïse gravement blessée, sa mère décédée, quelle pitié pouvait-elle avoir pour ceux qui prônaient la mort. *

Il me semble que les faux-semblants sont une injure à votre Seigneur, reprit-elle sur un ton de conversation. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce lieu saint m’inspire quelques questions. Vous ne refuseriez pas cette soif de connaissances à une ignorante, n’est-il pas Mon Père ? interrogea la jeune femme d’une question rhétorique.
Elles sont fort simples :
1. De quelles façons, le Seigneur bien-aimé choisit-il les êtres que la faucheuse va enlacer si … maternellement ?
2. Prendre des enfants à la fleur de l’âge n’est-ce pas selon vous porter atteinte à l’humanité et au travail du Seigneur ?
3. Qu’en est-il du commandement « Tu ne tueras point » ? Il m’a toujours interpellée.
4. Où est Monsieur Fletcher, Mon Père ? acheva-t-elle enfin sans plus de douceur dans la voix.

*Folle était la Brebis mais jamais elle ne se soumettait, même quand l'effroi commençait à lui nouer les entrailles. Chacune de ses provocations ranimait son courage, lui procurait une assurance qui soit les sauverait, soit leur coûterait la vie. Une chose restait sûre cependant, ici ou en enfer, elle giflerait et incendierait le Fletcher de toutes ses forces.*
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Père Edgar
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Lun 17 Avr - 16:35

L’homme de foi au centre de son chœur, faisait face à  l’hôte qui s’approchait de lui. Son invitée avait été gratifiée d’un physique réussi, harmonieux, mais assez commun, bien qu’attrayant. Ses hormones ne s’activaient pas en sa présence, un souci de moins à gérer.

-Mon Père, bonjour à vous, car cela ne fait aucun doute que c’est un très bon jour pour vous.

Le ton de cette entrevue était donné, méfiant, froid, accusateur.

- Jeune brebis, qu'entends-tu par-là ? Me souhaites-tu le bon jour, où affirmes-tu que c'est une bonne journée que je le veuille ou non. Ou peut-être veux-tu dire que tu te sens bien aujourd'hui en particulier ou tout simplement que aujourd'hui est une journée où il faut être bon...  Tout cela à la fois je suppose. Sache mon enfant que tous les jours sont bons, et qu’en tout jour il est nécessaire d’être bon. Quelque fois des difficultés nous sont envoyées mais elles ne sont là que pour rappeler à quel point la vie est un cadeau.
La jeune femme qui était arrivée dans le lieu de culte semblait avoir oublié ses bonnes manières sur le parvis de la chapelle, effectivement à peine avait-il eu terminé sa tirade sur la bienveillance des journées écoulées qu’elle reprit sur un ton qui se voulait neutre, mais qui transpirait d’agressivité et de reproches.

- Il me semble que les faux-semblants sont une injure à votre Seigneur. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce lieu saint m’inspire quelques questions. Vous ne refuseriez pas cette soif de connaissances à une ignorante, n’est-il pas Mon Père. Elles sont fort simples :
1. De quelles façons, le Seigneur bien-aimé choisit-il les êtres que la faucheuse va enlacer si … maternellement ?
2. Prendre des enfants à la fleur de l’âge n’est-ce pas selon vous porter atteinte à l’humanité et au travail du Seigneur ?
3. Qu’en est-il du commandement « Tu ne tueras point » ? Il m’a toujours interpellée.
4. Où est Monsieur Fletcher, Mon Père ?

L’assurance de la jeune fille ne semblait pas naturelle, elle avait hérité du seigneur des qualités de douceur, de compassion, et voilà qu’elle était animée par une fougue colérique et acide. Edgar devait tempérer son emportement adolescent, il s’avança vers elle et posa un instant sa main sur son épaule, l’étoffe était douce.

- Je t’avoue, jeune Brebis, que je serai enchanté de répondre à toutes les questions que tu te poses, mais, j’aimerais d’abord que l’on s’occupe de ton ami.  N’hésite pas à me rejoindre un autre jour au confessionnal après avoir entendu le sermon de la semaine.  Ton âme a l’air pur mais tes chagrins semblent nombreux. Tu t’égares. Suis-moi.

Aucune expression n’était apparue sur le visage du prêtre, il restait de marbre, se détourna du regard de l’invitée et se dirigea vers le cloître sans cesser de discourir.

- Ma chère enfant, tu sembles être écorchée par les obstacles que l’Éternel a dressés sur ta route. Ne sois pas si amère. Comme tu peux le constater, je suis en habit de jardinage, je ne suis pas encore préparé pour mon office de prêtre. Sache que j’aurais pu, et j’aurais dû, appeler la police après m’être défendu suite à la tentative de vol de ton ami mais je n’ai pas voulu lui causer plus de problèmes que nécessaires. Les services publics de défense sont quelques fois trop sévères aux yeux de Dieu pour un si léger égarement. J’ai préféré ne pas enfoncer son âme dans les vices, détériorations de l’esprit.

Au pied du banc de pierre, le père Edgar observa un instant l’affreux pêcheur inconscient qui gisait au sol tel un implorant devant le regard du puissant. Sans un mot de plus il lança un seau d’eau glacée au visage du malheureux.

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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Sam 22 Avr - 9:37

*Autant le terme de « Brebis » continuait de l’excéder à un point de non-retour, autant les paroles du Père, si calmes et si neutres, éteignirent derechef le feu de la rancœur vengeresse. Ce fut justement ce calme inattendu qui la mit un peu plus encore sur ses gardes car entre l’attitude du Père et les renseignements de son botaniste, il ne faisait aucun doute que son cœur pesait pour la sincérité du deuxième. Seulement, c’était désarçonnant. Jane ne savait plus quel comportement adopté. Elle observa de ses prunelles brunes ce Père approchant. Rien que de le contempler provoquait en elle des frissons d’alerte. Quelque chose chez lui était malsaine, mauvaise, mais elle n’aurait su dire quoi. En dépit de paroles tranquillisantes, elle n’avait nulle confiance, ni en lui, ni en ce lieu, ni en ce qui se tramait dans l’ombre.
Sur ses gardes, elle l’avait laisser l’approcher. Sa main l’avait touchée et le malaise s’était répandu dans ses entrailles.

Si tant bien que mal son visage demeurait neutre, les émotions en elle ne cessaient de se heurter entre elles, de se défier. Le confessionnal ? Jamais. Pas ici, pas dans ce lieu effrayant, pas en face de cet être qui ne présageait rien qui vaille. Pourtant, en dépit de ses alertes, elle se laissa atteindre au cœur par les paroles doucereuses et raisonnables -en apparence- de l’homme d’Eglise. Jane inspira profondément et s’intima à ne plus donner de l’importance à ces inepties. Si elle s’égarait, c’était pour défendre, chérir et parvenir à ses fins. Elle ne s’égarait pas, au contraire, elle ne prenait pas les chemins les plus aisés et elle affrontait plutôt que d’attendre que la fin n’approche. Pour autant, il était bien question d’un égarement dans sa vie et la jeune femme tiqua dessus quelques secondes avant de maudire le Ciel. Elle releva ses prunelles et le fusilla du regard. Si vivre était s’égarer alors oui, elle commençait à s’égarer, loin des chemins qu’elle s’était fixée.

Parler d’Arthur mit fin aux tourments qui commençaient à naître dans son cœur sensible. La police aurait été de loin préférable, mais elle n’en dit rien. Chaque parole sonnait comme une fausseté d’apparence. Là où le Père prétextait de la charité, l’infirmière percevait toute autre chose. Car prétexter ne pas vouloir « enfoncer » l’âme d’Arthur « dans les vices » c’était, comme qui dirait, des plus risibles et grotesques. Jane, qui suivait à bonne distance l’homme de religion, aperçut enfin Arthur et fronça les sourcils devant son état d’inconscience. Comment avait-il pu être aussi idiot ?*

Je crois, effectivement, que l’initiation religieuse est un échec. Je croyais pourtant l’avoir convaincu de bien agir, railla-t-elle légèrement avant de s’avancer pour s’abaisser – après le seau d’eau – auprès du brigand. Arthur ! poursuivit-elle dans un murmure impérieux en rangeant sa carte pour se libérer la main. Réveille-toi imbécile, il nous faut sortir d’ici au plus vite.

*Jane le souleva d’un bras pour l’aider à se redresser et pivota sur elle-même afin de ne plus être dos à son ennemi. Doucement, elle passa sa main dans l’arrière du crâne trempé de son ami pour y trouver la moindre blessure. Une bosse conséquente y régnait si ce n’était plus.*

Cette bosse ne va pas arranger tes neurones je le crains. Si tu pouvais avoir l’amabilité de tenir sur tes deux jambes, cela m’aiderait fortement Arthur.

*Puis elle observa le Père, tandis que sa position à demi-accroupie la faisait … soumise. Ce n’était pas une posture très sûre, encore moins raisonnable face à l’inconnu. Ses appuis étaient en déséquilibres tant elle portait Arthur sur elle. Ce fut donc sur la politesse qu’elle misa afin d’éviter tout … désagrément.*

Je vous prie d’accepter ma reconnaissance, mon Père, déclara-t-elle dans une douceur en proie à l'effort, pour les soins que vous avez apportés à mon ami, si généreusement. Il a le mal des prisons voyez-vous. Je vous promets de garder un œil sur ses agissements pour ne plus qu’il ne s’égare.
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Arthur M. Fletcher
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Sam 22 Avr - 18:57



EDGAR
&
ARTHUR

QUE LA PÉNITENCE SOIT.


***
Ainsi, tout n'était qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Arthur Fletcher avait la sensation délicieuse de flotter. Le monde qui l'entourait ressemblait à la vision qu'il avait d'un Eden personnel. Couché au creux confortable d'un monticule de coussins aussi moelleux que la croupe de Daisy, il sirotait un verre d'hydromel hors de prix, bercé par les vapeurs hypnotique des meilleures racines de filet du diable qu'il lui ait été possible de goûter. A quelques mètres face à lui, une déesse vélane dont la poitrine semblait défier la notion même de gravité, lui faisait signe. Il gloussa comme une adolescente face à un boys band et la laissa approcher. Elle lui chuchota à l'oreille la seule phrase qui aurait eu le pouvoir inhumain de le faire lever :

- Daisy et Eléanor s'embrassent dans une chambre, elles t'attendent...

Comme sur un nuage, Arthur se laissa porter vers la chambre, en question, souriant comme un bienheureux à la vénus callipyge qui lui avait annoncé la plus belle chose qui puisse exister. Ils s'arrêtèrent devant la porte d'un boudoir toute brocardée de tissu rouge. Il se souffla dans la main pour sentir son haleine et haussa les épaules. Après  s'être léché l'index, il lissa une mèche rebelle qui lui donnait l'air d'un gougnafier et s'éclaircit la voix. Il était prêt.  La vélane lui ouvrit la porte. Une larme d'émotion naquit au coin de l'oeil de l'escroc. Il allait enfin vivre ce pourquoi tout homme se lavait chaque jour. Il allait enfin connaître la volupté suprême d'avoir dans son lit sa femme et son amante en même temps. Il allait enfin pouvoir expérimenter la position complexe de L'Hydre de Lerne, aboutissement inatteignable du Kama Sutra sorcier. Il souffla :

- Vous en avez mis du temps, mes mignonnes, quand je vous disais qu'il n'y avait qu'un pas entre la haine et l'amour...

Il sentit d'avance son membre se durcir dans le creux trop étroit de ses sous-vêtements. Le tissu s'en tendit douloureusement.

- Cette bosse ne va pas arranger tes neurones je le crains. Si tu pouvais avoir l’amabilité de tenir sur tes deux jambes, cela m’aiderait fortement Arthur. 

Stupeur. La voix qui aurait dût être celle de la tendre Daisy fut celle de cette horrible mégère de Jane. Arthur fronça les sourcils et jeta un œil à son entre-jambe.

- Cette bosse ne te concerne pas, éternelle vieille fille au con épineux de quoi est-ce que je me mê...

Un tableau d'horreur se déroula sous ses yeux. Là où auraient dû s'enlacer Daisy et Eléanor dans la splendeur idéalisée par l'alcool de leur nudité, Trésor -la femelle troll des bars bas-de-gamme- et Jane se serraient l'une contre l'autre avec l'horreur assumée de Charybde et Scylla. Arthur poussa un hurlement d'une virilité à faire pâlir d'envie le portrait de la grosse Dame de Poudlard.

***

Ce qui eut au moins pour vertu de le réveiller tout à fait. Il tituba sur une dizaine de centimètres avant de se retrouver face à face avec...

- JANE ! ODIEUSE COPULATRICE AUX SEINS NUS, QUE FAISAIS TU DANS LE MEILLEUR RÊVE DE MA VIE ? Et, accessoirement, où sommes-nous ? Et... C'est qui lui ? ajouta-t-il en découvrant le visage terrible et sévère du Père Edgar.
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Vous passerez l'bonjour à vot'femme, quelle charmante personne... Comment je la connais... Je... Je... Eh merde.
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Père Edgar
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Lun 1 Mai - 17:48

EDGAR
&
ARTHUR

QUE LA PÉNITENCE SOIT.

La jeune brebis était sur ses gardes mais elle l’avait laissé s’approcher, le loup dormait toujours paisiblement dans l’inconscient d’Edgar. Un vent frais, une brise légère  vint caresser la peau pâle du  visage de l’homme d’église. S’il avait été seul il se serait peut-être autorisé une moue de bien-être, mais les intrus diaboliques étaient encore en son lieu.  

- Je crois, effectivement, que l’initiation religieuse est un échec. Je croyais pourtant l’avoir convaincu de bien agir. Arthur ! Réveille-toi imbécile, il nous faut sortir d’ici au plus vite.

Dans son antre, la scène qui se déroulait devant lui était tel un zeste d’agrumes qui s’échappe furtivement pour se nicher au fond de la rétine, acide, insultant. Le père prit une profonde inspiration pour calmer un emportement qu’il ne voulait pas irréversible, pas tout de suite.

- « Au plus vite », que craignez-vous ici ? Sache que tu ne peux corriger seule les erreurs de ce monde, ma chère enfant .Ton ami semble être pesant, pénible et irrespectueux de ce que tu fais pour lui. Il n’a aucune conscience des efforts que tu fais et à quel point le lien qui vous unit est fort pour que tu oses revenir dans un lieu saint. Si le Seigneur a pu décevoir la brebis que tu es, sache qu’il  faut savoir pardonner. Le pardon est élémentaire, et je songe l’offrir un jour à ton ami-voleur, mais aussi à ton aigreur vis-à-vis de l’Éternel.

- JANE ! ODIEUSE COPULATRICE AUX SEINS NUS, QUE FAISAIS TU DANS LE MEILLEUR RÊVE DE MA VIE ?

La posture de la jeune femme était fragile, déséquilibrée, une proie facile. Le malheureux faisant une diversion parfaite, la femme avait tourné le regard et lui fournissait toute son attention. Le loup s’était éveillé, il montrait les crocs en grognant, ses épaules roulaient, prêt pour l’assaut. Un rayon de soleil chaleureux vint éclairer le cloître, Edgar –ainsi que son prédateur intérieur - courba l’échine devant le signe du Puissant, il s’agenouilla à son tour pour aider Jane à soulever le traître,  il le souleva, le mit sur pieds et accompagna les compères vers la porte de sortie.

- Je vous prie d’accepter ma reconnaissance, mon Père, pour les soins que vous avez apportés à mon ami, si généreusement. Il a le mal des prisons voyez-vous. Je vous promets de garder un œil sur ses agissements pour ne plus qu’il ne s’égare.

- Je souhaite voir l’un de vous deux à la messe dans le mois qui suit. Mettez en gage votre temps pour être présents et repentis devant l’œil du Seigneur, cela sera le moment opportun de me prouver votre reconnaissance. Les actes sont plus parlants que les mots.
CODAGE PAR AMIANTE

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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   Jeu 4 Mai - 18:43

*Que pouvait-elle répondre devant tant de vérités ? Rien. Strictement rien. Ce qui ne fit qu’accroître son malaise profond, comme si on venait de la cerner, comme si on la jaugeait à chacun de ses gestes, à chacun de ses mots. Pardonner ? Comment aurait-elle pu ? Mais très vite, Arthur vint la sauver de ces tourments croissants. Et si la jeune femme était habituée à tant d’irrespect et d’affront, celui-ci l’écœura profondément. Il osait l’humilier devant le Seigneur, devant cet homme dangereux et malsain, et la dénuder de ses simples mots. Jane serra ses poings avec une aigreur qu’elle peinait à contenir. Son regard s’était obscurci et elle n’avait qu’une envie : laisser moisir ce cancrelat répugnant en territoire saint.*

Tais-toi, tu me fais honte, répliqua-t-elle dans un souffle comme une mère morigénerait son enfant.

*Avec l’aide inattendue mais bienvenue du Père, elle emmena Arthur vers la sortie. Peut-être que dans des meilleures dispositions, elle se serait rappelée qu’il avait été fouillé par nul autre qu’un adepte de Salem. Mais Jane ne voulait pour le Fletcher que l’Enfer. Parallèlement, l’attitude trompeuse du Père l’empêchait de réfléchir pleinement. Son calme mettait à mal sa méfiance, et la perdait dans le paraître. Jane, qui mettait un point d’honneur à ne pas juger sur le seul critère des apparences, se sentait confuse.
Les mots du Père lui parvinrent alors et l’enfant se sentit comme … piégée. Effectivement, ils avaient une dette, ou peut-être était-ce lui qui en avait une. Après tout, elle aurait pu se débarrasser de lui d’un sortilège. Sauf que Miss Jane avait le cœur bien trop pur pour ne pas être reconnaissante. Avant même qu’elle ne lui répondit, elle savait son erreur, elle savait le danger dans lequel elle se jetait, du moins en était-elle persuadée. Seulement pour sa bonne conscience, l’acceptation lui semblait inévitable, comme un pacte pour leur survie.*

Bien, mon Père, je vous prouverai ma reconnaissance par des actes. J’assisterai à l’une de vos messes et laisserai sur le seuil de votre Eglise toute ma rancœur vis-à-vis du Seigneur tout Puissant.

*Et peut-être même parviendrait-elle à convertir un cœur de Salem. Tentative probablement vaine, mais qui la rassurait dans son entreprise. Elle adressa un signe de tête respectueux à l’homme d’Eglise, lui adressa quelques ultimes politesses et attendit patiemment qu’il disparût pour relâcher le scélérat qu’elle portait. D’un regard aussi noirâtre que sa colère, elle toisa l’animal qui avait bien failli servir de bois à brûler. Jane aurait aimé déverser des flots de paroles pour alléger la peur qu’elle avait eue, l’angoisse qui empoignait encore ses entrailles. Sa main-même était prête à se lever pour marquer la passion qui la troublait. Mais l’infirmière n’en fit rien. Arthur Fletcher ne méritait pas qu'elle lui accordât sa colère, de l'importance, ni même un regard. Au contraire, elle souhaitait ne plus rien avoir à faire, de près comme de loin, avec lui. Au diable alors la demande qu'elle lui avait faite, elle se débrouillerait, elle s'était toujours débrouillée. Ainsi se contenta-t-elle, terriblement blessée, de tourner les talons pour s’éloigner du lieu maudit, et de ses saintetés qui souhaitaient sa peau. Ce ne fut qu’une fois le portail passé, qu’elle se permit de respirer et de détendre ses muscles. Désormais, il ne lui restait plus qu’à rassurer le botaniste tout en restant évasive sur la suite des événements, et à retourner travailler, comme si rien de tout cela n’était arrivé.*
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MessageSujet: Re: [Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]   

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[Jane & Arthur & Edgar] Que la pénitence soit.[19 Mars 1928]
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