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 31 décembre 1927 - Après le drame [Jane & Gregory]

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Gregory Thompson

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Date d'inscription : 22/03/2017
Etudes, métier : Exécuteur de contrats pour Macusa
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MessageSujet: 31 décembre 1927 - Après le drame [Jane & Gregory]   Jeu 23 Mar - 23:59

Tout n'était que conversations indistinctes et rires enjoués. Le décompte pour la nouvelle année n'allait plus tarder à présent, et l'excitation des nouvelles résolutions à prononcer et des meilleurs vœux à souhaiter déliait les langues et la décence. Dans les rues enneigées de New York, nombreux étaient encore les individus à rester dehors, emmitouflés dans leurs gros manteaux et leurs bonnets tombants.
C'était promesses d'amour à tout va et chansons braillardes autour d'une bouteille pauvrement cachée dans des sacs en papier, une générosité rare alors que même les mendiants se retrouvaient repus, un tableau d'irréalité qui rendait presque le monde magique. Il n'y avait qu'à Noël et au Nouvel An que les gens oubliaient les querelles familiales et les amitiés bafouées.

Gregory n'était vraiment pas d'humeur. Accélérant sensiblement le pas, dégoûté du bonheur bienheureux qu'exhibaient les ignorant qui déambulaient avec allégresse, l'homme ignora l'interpellation avinée qu'on lui lança. MACUSA ne lui avait même pas donné de répit pour... Il n'avait même pas eu le temps de faire son deuil. Le lendemain du drame, on avait déjà requis ses services.
Pour Héloïse, se répéta-t-il avec une conviction éraillée, remplacée par cette lassitude éreintante qui l'accompagnait à tous ses pas.
Il n'en avait plus pour longtemps. Il ne pouvait même pas transplaner, avec tous ces badauds à cette heure-ci. Gregory espérait bien ne pas avoir fait le déplacement pour rien.

Ses ruminations agacées furent interrompues par un spectacle bien singulier. En effet, dans une ruelle un peu moins fréquentée que les rues plus larges et plus accueillantes de la ville, se tenaient trois sorciers, qui s'amusaient à lancer des petits feux d'artifice tour à tour en agitant grossièrement leurs baguettes. A en juger par leurs tentatives plus que médiocres et leur haleine qui empestait même d'où Gregory se tenait, ils avaient décidé d'arroser copieusement la célébration de la nouvelle année.
L'homme repéra rapidement les curieux qui s'étaient rassemblés près de la démonstration et, d'un geste souple de sa propre baguette, les oublietta tour à tour. Les Non-Maj' repartirent comme ils étaient venus, laissant le soin à Gregory de s'occuper des trois crétins qui, au vu de leurs mines penaudes, venaient de réaliser leur bourde.

Au loin, le décompte commençait :
- Dix ! Neuf...
- Vous auriez étés Non-Maj', grogna Gregory avec un ton plus glacial encore que la neige qui se déposait sur son nez, on vous aurait collé en cellule de dégrisement. Ceci étant dit...
Il les attrapa brutalement et les transplana dans une cellule du MACUSA, faisant un bond en arrière juste à temps pour éviter le contenu de l'estomac d'un des sorciers sur ses chaussures. Sans plus de cérémonie, il transplana de nouveau.

Héloïse était là, dans son lit d'hôpital. Elle respirait un peu mieux, remarqua-t-il. Au tout début, chaque inspiration était un pénible sifflement, et il craignait que même si elle n'avait pas été achevée par le bûcher, chaque expiration qu'elle produisait serait sa dernière.
- Cinq... Quatre... murmura-t-il doucement en se rapprochant de sa fille. Trois... poursuivit-il avec difficulté, écrasé par le visage défiguré qui lui faisait face.
- Deux... reprit sa fille avec douceur.
Héloïse avait toujours été incroyablement forte. Elle tenait probablement cela de sa mère ; Gregory n'avait jamais été un excellent exemple.
- Un... Zéro, achevèrent-ils ensemble.
- Bonne année, Héloïse, parvint à chuchoter Gregory malgré sa gorge serrée à lui faire mal. Bonne année.
Sa petite fille, du haut de ses six ans et du plus profond de son corps fragilisé, lui offrit un sourire tremblotant. Ravalant les larmes qui risquaient de tout ruiner, Gregory le lui rendit avec effort, regardant directement le visage ravagé d'Héloïse et son unique œil restant.
Il lui serra fortement la main, puis la lui baisa, trop effrayé de la faire souffrir s'il visait le front comme avant.

Il se sentait si vieux.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: 31 décembre 1927 - Après le drame [Jane & Gregory]   Ven 24 Mar - 20:12

*Ce soir-là, elle était restée à l’hôpital pour deux raisons. La première s’appelait Sanguini. En effet, la jeune infirmière avait fait quelques jours plutôt la glaciale rencontre du buveur de sang et s’en méfiait quelque peu. Le nouvel an était un soir de beuverie pour tout à chacun, et la sorcière craignait qu’il n’en fût de même pour le vampire. Ainsi avait-elle préparé quelques litrons au cas où l’étranger aurait eu l’idée de pointer le bout de ses canines. La deuxième raison n’était autre que ses petits prétendants, seuls et délaissés un soir de nouvelle année. Il n’était pas question pour l’infirmière de les abandonner à leur triste sort alors que cette soirée se devait être festive et amusante. Personne ne l’attendait ailleurs, ses parents ayant même décidé de passer la soirée au chevet de son Emily.

Ainsi passa-t-elle le début de soirée en leur compagnie. Pour l’occasion, Mrs Conrad avait cuisiné avec soin et amour, reproduisant les plats préférés de son dernier enfant. Quant à Mr Conrad, il avait, tout simplement, travaillé son humour et ses histoires, qu’il savait toujours rendre passionnantes et exaltantes. Enfin, ils avaient fait disparaître l’habituelle tristesse que portaient leurs deux regards, et que Jane fuyait dès qu’il le lui était possible. Emily n’en était que plus heureuse et rayonnante, ce qu’admirait grandement son aînée. Mais bien qu’elle l’aimât de tout son cœur, la jeune infirmière ne restait jamais bien longtemps au chevet de sa sœur. C’était là beaucoup trop douloureux à regarder.

Personne ne s’étonna donc de l’avoir s’éclipser au bout de deux heures pour rejoindre ses petits prétendants. Les enfants l’attendaient avec impatience, scandant son prénom avant même son arrivée. C’était là quelque chose qui réchauffait son cœur, une douce mélodie qui lui était devenue familière et à laquelle elle était secrètement attachée. Orgueilleusement, elle aimait l’attention qui lui portaient les enfants, cette lueur dans leur regard dès lors qu’elle apparaissait. Jane se sentait alors importante, à sa place. Et ils avaient beau crier à tue-tête, leur présence la consolait de sa solitude.
C’était le troisième nouvel an qu’elle passait en leur compagnie. Jane avait pris l’habitude de leur conter une histoire. Mais pas n’importe quelle histoire ! Une histoire de chevaliers, de capes et d’épées, avec des dragons et d’autres créatures plus dangereuses les unes que les autres. Bien sûr il fallait sauver les villageois, les enfants et la demoiselle en détresse ! Et Jane les incarnait, usant de sa magie pour passionner les enfants et les émerveiller. Ils aimaient leur Miss Jane… et l’infirmière le savait, ce qui ne la rendait que plus responsable vis-à-vis d’eux. Elle les aimait.

A 23h50, ils étaient déjà tous endormis, doucement bordés par leur infirmière. En silence, elle s’éclipsa alors le sourire aux lèvres. Elle avait encore quelqu’un à aller voir.. Jane s’apprêtait à rendre visite à la petite Héloïse, orpheline de mère. L’histoire tragique l’avait profondément bouleversée. La sorcière revoyait encore le cauchemar qui s’était produit la veille de Noël... Devant la gravité de la situation, ce corps brûlé sévèrement, son patron, Monsieur de Brocéliande, avait même insisté pour qu’ils ne soient que tous les deux sur ce cas. « Un cas qui mérite minutie, patience et agilité » disait-il. Ils s’étaient affairés toute la nuit à soigner les plaies les plus béantes pour sauver le pronostic vital. Jamais ils n’avaient eu de cas plus délicat et complexe. Mais ils avaient réussi… Héloïse ne tombera pas, à l’image de sa pauvre maman.
Jane n’avait pu trouver les mots pour réconforter ce père cruellement meurtri de l’intérieur, et s’en était voulue. Erreur qu’elle ne comptait pas reproduire. Il était revenu chaque jour, et chaque jour elle avait cherché un mot doux et rassurant à lui donner, sans succès. Son sourire se faisait compatissant et tendre, mais l’infirmière savait qu’elle était loin de ce qu’elle escomptait.

Elle se tint dans l’encadrement de la porte, et observa la scène, le cœur serré. Ils étaient une fois de plus réunis, et l’année qu’ils s’apprêtaient à vivre allait être la plus terrible de toutes. Dans la journée, elle avait changé les bandages de la jeune enfant et redonné à ses mains une seconde vie, une seconde chance. Naturellement, elle avait été aidée par Monsieur de Brocéliande, qui prenait un minima ce cas à cœur. Ensemble, ils avaient insufflé de nouveaux soins, mais tous deux savaient qu’il faudrait des mois avant que la jeune enfant ne puisse sortir de l’enfer dans lequel on l’avait jetée.

Jane effaça alors toute tristesse de son regard, et fit son entrée, un sourire bienveillant sur les lèvres. Elle avait dans la poche de son tablier quelque chose pour l’enfant, un présent pour lui tenir compagnie : une boîte à musique en forme de piano.*

Ma chère petite Héloïse, j’ai quelque chose pour toi, déclara-t-elle alors en s’approchant du lit. Lorsque le silence te semblera trop oppressant, trop difficile à supporter, tu n’auras qu’à ouvrir ce petit piano d’où sortira une jolie danseuse dans son costume bleuté. Elle te réchauffera alors le cœur et t’aidera à t’endormir.

*Sur ces mots, elle posa sur la table de chevet la dite-boîte à musique qu’elle ouvrit alors pour que résonne la mélopée.*



*Sa main vint ensuite se poser délicatement sur l’épaule du Père esseulé, et à son oreille, murmura.*

Votre fille doit se reposer. Venez avec moi, je vais nous faire une infusion aux vertus apaisantes, vous en avez grand besoin, Monsieur Thompson.

*Elle le laissa embrasser une dernière fois sa fille, et le conduisit, après acceptation, dans son petit bureau - plutôt une petite annexe - adjacent à celui de son mentor. Jane le laissa entrer et prépara deux infusions à la rose, qu'elle déposa sur un petit plateau d'argent. Là elle y ajouta deux carrés de chocolat noir, qu'elle poussa vers son interlocuteur.*

Prenez et asseyez-vous, Monsieur Thompson, vous semblez en avoir besoin... souffla-t-elle de sa voix la plus douce. Héloïse va s'en sortir, répéta-t-elle comme à chacune de ses visites. C'est une enfant pleine de force.
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Gregory Thompson

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MessageSujet: Re: 31 décembre 1927 - Après le drame [Jane & Gregory]   Ven 24 Mar - 23:59

Gregory, tout obnubilé qu'il était par son chagrin et la main frêle de sa fille entre la sienne, sursauta en entendant la voix douce de l'infirmière.
Jane Conrad avait déjà accompli des miracles, mais ce n'était pas assez. Sa petite fille souffrait toujours...
En entendant les douces notes d'un piano s'élever dans la pièce suite au présent inattendu, une puissante mélancolie le saisit. La musique respirait la quiétude et les souvenirs heureux, quelque chose de singulièrement similaire à ce que l'aura-même de l'infirmière semblait émaner. Ému au-delà des mots, il offrit un sourire apaisant à Héloïse, qui lui répondit elle-même vaillamment.

Cette fois, il ne sursauta pas lorsqu'il sentit une main délicate se poser sur son épaule, un contact aussi lourd que celui d'une coccinelle qui se serait égaré sur le doigt d'un infortuné passant. Il y avait une superstition chez les Non-Maj'. Au lieu de se hérisser de colère, comme à chaque fois qu'il pensait à ces gens-là, cette fois, Gregory laissa ses pensées poursuivre leur cours. On disait que lorsqu'une coccinelle se posait sur le doigt d'un homme, cela lui porterait bonheur. Or, y avait-il une chose autre que le bonheur dont il avait désespérément besoin en ces temps troublés ?
L'argent, lui souffla la partie pragmatique de son esprit.
Une fille en pleine forme, lui chuchota celle des regrets.
Une femme en vie, lui susurra la plus vicieuse.

Pris de court par ses émotions aussi changeantes qu'une girouette en pleine tempête, il hocha la tête par réflexe aux paroles de Jane. Il était sûr qu'elles étaient pleines de bonté et de gentillesse, comme tout ce que l'infirmière avait témoigné jusque là, mais il n'en avait pas compris un traître mot.
En sentant la main de la jeune femme le tirer très légèrement en arrière, il comprit l'injonction et s'y soumit aussitôt. Au vu de ses sentiments tumultueux, quitter la pièce ne semblait pas irrationnel.
Alors il observa une dernière fois Héloïse.
Sa fille, son rayon de soleil, le seul rayon qui ne l'avait pas brûlé jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de lui. Mais le rayon, dans une ironie déplacée, s'était lui-même embrasé avant même qu'Icare ne pointe le bout de son aile. A moins qu'Icare ne soit Gregory lui-même ? Il avait aspiré à une vie qu'il ne méritait pas ; en avait donc résulté une chute fatale ?
Il devait vraiment être fatigué, pour partir sur des métaphores en relation avec le feu. Le symbolisme des événements ne l'intéressait pas, pas plus que les raisons du drame. La cruauté humaine et la bêtise des Non-Maj' avait été en jeu, voilà tout. Pas de roue du destin, pas de punition divine. Simplement des hommes qui jouaient avec le feu et en laissaient d'autres récupérer les cendres éparpillées qui en résultaient.
Se secouant de ces pensées mortifères, Gregory embrassa la main de sa fille et lui dit doucement :
- Repose-toi, Héloïse. Tu devrais déjà dormir, à une heure pareille, ajouta-t-il après une légère réflexion.
Sa femme avait toujours été très à cheval sur le respect des horaires. Devait-il, lui aussi, y accorder de l'importance ? Que devait-il garder de l'éducation qu'ils s'étaient tous les deux efforcés d'inculquer à leur fille ? Devait-il ignorer les choses que sa femme mettait un point d'honneur à respecter, pour ne pas trop souffrir ? Ou au contraire, serait-ce salir sa mémoire que de prétendre l'inutilité de certaines pratiques ?
Il était trop fatigué pour ces réflexions tortueuses.

Il se leva donc mollement et suivit mécaniquement Jane, ne sachant pas vraiment ce que l'infirmière attendait de lui. Comme d'habitude, elle lui offrit des paroles pleines d'espoir et de réconfort.
Mais comment faisait-elle pour rester aussi positive ? Sûrement, en tant qu'infirmière ici, elle avait dû voir sa part de drames. Comment pouvoir encore croire aux secondes chances après avoir assisté à tant de vies brisées et de rêves détruits ? C'était comme si la jeune femme croyait encore aux miracles.
Peut-être garder l'espoir dans un lieu dépourvu de certitudes ? Peut-être que c'était ça, le miracle. Y croire malgré tout. Peut-être que c'était elle, le miracle.

Héloïse va s'en sortir.

- Héloïse va s'en sortir, répéta-t-il d'une voix cassée.

Héloïse va s'en sortir.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: 31 décembre 1927 - Après le drame [Jane & Gregory]   Sam 25 Mar - 10:24

*Le secret de Jane ? Sa foi. Sa foi dans les beautés de la vie, les revirements de situation, et cette lumière persistante lorsque le drame est passé… Effectivement, la sorcière avait eu son lot de noirceur. Elle y était confrontée quotidiennement dès lors qu’une créature blessée par la vie franchissait le seuil de l’hôpital et faisait face à son regard. On lui demandait alors d’agir, de soigner, de réparer, d’apaiser cette sensation de cauchemar au profit de l’oubli. Tous attendaient de Jane qu’elle effaçât les douleurs et blessures de chacun d’un coup de baguette magique. Or cette facilité-là n’était pas vraiment en son pouvoir. A maintes reprises, elle essayait de rassurer ces visages meurtris par la peur et le chagrin, sans sentir son cœur se briser, ce qui arrivait malheureusement bien souvent. Tant bien que mal, elle tentait de remettre un peu de couleurs dans les murs de cet hôpital que trop morbide, que trop sombre. Dès qu’elle terminait sa tournée des patients, elle apparaissait dans la salle d’attente pour redonner un peu de vie, de baume au cœur, aux âmes désespérées. Pour elles, elle faisait de la belle magie, toujours portée sur les rêves et sur la lumière.
Lentement, mais sûrement, on entendit parler de l’infirmière Conrad, celle qui redonnait des bribes d’espoir là où il ne semblait plus y en avoir. Les patients aimaient la rencontrer, lui conter leurs malheurs, lui confier leurs peurs, sans comprendre que pour elle qui ne restait qu’humaine, le fardeau était fort lourd à porter. On avait oublié qu’elle n’était qu’apprentie, elle faisait partie des murs désormais. Comment pouvait-elle alors leur refuser son aide ? Jane en était incapable, que trop sensible et empathique. Elle était comme piégée, au cœur des sentiments les plus ignobles et douloureux qu’un humain pouvait ressentir. Pourtant, à plusieurs reprises, son patron, Eugène de Brocéliande, l’avait mise en garde. Elle ne devait en aucun mêler ses sentiments au travail. Il était de son devoir qu’elle se fasse détachée, neutre sur tous les fronts, afin de répondre au mieux aux demandes et aux besoins de son travail. Ainsi était-elle enchaînée à une éternelle positivité.

Jane prit place derrière le petit bureau. Celui-ci avait de multiples tiroirs qui regorgeaient de divers dossiers. L’un d’eux regorgeait également d’ingrédients soigneusement dissimulés par Jane, et qui l’aidaient à concocter de nouvelles potions ou onguents. Ses ustensiles de prédilection y étaient également rangés, faisant ainsi de cette petite annexe un bien précieux pour l’infirmière. La pièce était relativement étroite, bien que Jane eût usé de la magie pour l’agrandir. Elle n’était composée que de très peu de choses : son bureau donc, un petit buffet sur lequel trônait une bouilloire au ronronnement paresseux et un sofa – lequel n’était pas plus grand que Jane – où reposait une couverture pliée avec soin. Seul un tableau trônait fièrement au-dessus du sofa : celui de Caspar Friedrich, le Promeneur. Il résumait bien l’envie d’évasion de la jeune infirmière, ses rêves et ses espoirs. L’infirmière adorait ce tableau comme la prunelle de ses yeux. Enfin une fenêtre qui donnait sur le jardin annexé à l’hôpital, là où toutes les plantes nécessaires poussaient comme des célébrités, tant elles étaient prisées, entretenues et attendues.*

Mangez ces carrés de chocolat, Monsieur Thompson, insista-t-elle en lui montrant également qu’il devait s’asseoir sur la chaise qu’elle lui proposait. Vous vous en sentirez déjà un peu mieux, même si c’est là quelque chose qui vous semble impossible, ce que je comprends.

*Elle eut un très léger soupir tandis qu’elle prenait sa tasse d’infusion. La sorcière souffla légèrement dessus pour en bousculer la fumée s’en échappant et reprit de son ton le plus doux.*

J’entends que ce que vous traversez vous semble insurmontable, mais il vous faut penser à l’après. Héloïse, votre fille, aura besoin de nombreux mois pour récupérer entièrement. De la rééducation serait également nécessaire. Je vous assure qu’elle est entre de très bonnes mains, et que je veille à ce qu’elle ne manque de rien. Mais elle a besoin de la force de son papa, ajouta-t-elle dans un sourire qu’elle souhaitait bienveillant.

*Jane savait que le sujet était des plus délicats, et qu’à tout moment, il pouvait déverser sa colère et sa frustration sur elle. Seulement la jeune femme savait également, du moins se doutait-elle, que l’homme en face d’elle n’avancerait sauf si on lui disait comment procéder, ou que l’on l’y poussait à minima. Elle se râcla la gorge et prit une gorgée d’infusion pour reprendre.*

Vous venez de vivre une tragédie et vous en subissez encore de cruelles conséquences. Je sais ô combien ce sujet est maladroit, seulement, Monsieur Thompson, votre fille requiert de la lumière et un soutien que vous seul êtes susceptible de lui apporter. Votre douleur est perceptible et des plus compréhensibles, croyez-le bien, mais elle va créer de l’inquiétude dans le cœur de votre enfant. Héloïse a six ans, elle est encore trop jeune pour comprendre la cruauté du monde. Vous allez devoir lui réapprendre à rêver, et lui apprendre à faire son deuil également, acheva-t-elle en posant un regard bon sur le père en face d’elle.

*Elle avait tant de compassion pour lui, mais chacun de ses mots semblait être fait de maladresse, alors qu’elle ne cherchait qu’à le soutenir, à l’aider. Son coeur même battait maladroitement, évitant d'indisposer voire d'exister pour ne pas froisser l'homme désormais veuf. Jane reprit une seconde gorgée et finit par murmurer.*

Je ferai tout ce que vous me demanderez la concernant. Vous pouvez avoir confiance en moi, Monsieur Thompson.
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Gregory Thompson

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MessageSujet: Re: 31 décembre 1927 - Après le drame [Jane & Gregory]   Sam 25 Mar - 14:47

Jetant de vagues coups d'œil au petit bureau dans lequel Jane les avait conduits, Gregory se sentit un peu mal à l'aise dans cette pièce visiblement fonctionnelle et ordonnée mais qui dégageait une impression de chaleur, rendant les lieux personnels et presque intimes.
Son regard fut accroché par un tableau sur un mur adjacent et, dans un élan de solitude qu'il refusa de s'expliquer, se sentit aussi perdu que cette silhouette qui faisait face aux flots marins. En remarquant le port de tête droit et les épaules hautes du dos de l'individu, il réalisa qu'il avait interprété la peinture à sa façon, rattachant cet inconnu sans visage à sa propre détresse. C'était ça, l'art. Déformer la signification selon sa propre réceptivité. Les nerfs à vif et une blessure béante au cœur, quoi de plus normal qu'il dénature l'oeuvre avec hyperesthésie ? Il se détourna du tableau aux couleurs froides, perturbé. Il n'avait jamais été un grand amateur d'art.

L'injonction de Jane fut presque bienvenue tant il se sentait perdu. Il s'assit enfin en faisant bruyamment racler les pieds de la chaise sur le sol, écorchant l'atmosphère tranquille que l'infirmière avait instaurée.
Avec l'impression persistante d'être un enfant à qui on doit tout ordonner, il croqua sans conviction dans le carré de chocolat offert, le laissant distraitement fondre dans sa bouche. Faire quelque chose le secouait au moins un peu de cette apathie qui semblait avoir pris possession de son corps et lui fit en effet se sentit légèrement mieux. Une partie de son esprit se concentrait sur le goût qui emplissait son palais, le poussant ensuite à reprendre une bouchée pour poursuivre la diversion.

Sa torpeur abêtissante se brisa aux prochaines paroles de l'infirmière, et il murmura à personne en particulier :
- Je ne suis pas sûr que son papa possède une once de force.
Il ne se sentait pas fort ; il se sentait abruti par le chagrin et écrasé par des responsabilités donc il n'avait jamais eu à se soucier. Il se sentait ridiculisé par son manque d'éducation qui l'avait poussé à accepter être une vulgaire marionnette de MACUSA, et terrassé par la honte en réalisant que sa fille souffrait probablement plus que lui. Il se sentait sale et égoïste, faible et lâche ; il se sentait minuscule sous la roue de la vie qui l'écrasait ; il se sentait seul.

Et l'infirmière, tout en lui parlant, était pétrie de bons sentiments. Elle transpirait la bienveillance et la compréhension face à la loque qu'était Gregory. Cela l'agaçait, cette douceur qui irritait son âme au supplice.
Il avala son thé d'un coup pour reprendre contenance ; le liquide brûlant embrasa sa trachée et son œsophage, sinistre évocation d'un tout autre type de fournaise qui avait chauffé son visage.

- Comment lui apprendre à rêver et faire son deuil lorsque j'en suis moi-même incapable ? demanda-t-il finalement avec amertume lorsque le soliloque de la jeune femme se fut achevé. Je ne suis pas un bon père. Je suis à peine un père. Je n'ai rien à offrir à Héloïse, si ce n'est l'argent pour sa guérison. Que voulez-vous que je vous demande ? De la soigner ? De lui proposer mieux que mes quelques dragots entachés d'humiliation ? Que vous jouiez le rôle de sa mère, pour qu'elle ait au moins une figure d'autorité à laquelle se raccrocher ?  
Il reposa si fort la tasse contre la table qu'elle se brisa en mille morceaux, égratignant ses doigts calleux au passage. Réalisant la saute d'humeur qui l'avait possédé, et surtout qu'il s'en était pris à Jane alors qu'elle ne faisait que tenter de l'aider, il se frotta vigoureusement les yeux et déclara avec consternation :
- Pardon. Ce n'est pas de votre faute, je suis désolé. Je... Je ne sais pas ce qui m'a pris.
Maladroitement, il tenta de rassembler les bouts de porcelaine brisée, les mains tremblantes et le cœur au bord des lèvres.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: 31 décembre 1927 - Après le drame [Jane & Gregory]   Dim 26 Mar - 10:40

*Elle sursauta légèrement mais ne broncha pas devant cette soudaine violence. Pour quelle raison lui en voudrait-elle ? Cet homme venait de subir une de ces tragédies qu’on ne pouvait panser d’un claquement de doigts, qu’on ne pouvait guérir par le simple usage de la parole, qu’on ne pouvait simplement effacer d’un coup de baguette. Jane savait qu’elle ne devait pas fléchir, qu’elle ne devait pas se laisser affecter au risque de goûter elle aussi, à cette torpeur terrifiante et paralysante. L’infirmière sortit alors sa baguette et lança un « reparo » sur la pauvre tasse brisée avant de se lever. Elle retint un soupir et ouvrit une des portes du buffet. Celui-ci débordait de divers objets, tout ce qui n’avait plus trouver place dans son bureau en réalité. Elle en retira du coton et du désinfectant et vint ensuite prendre place contre son bureau, du côté du père meurtri.*

Commencez déjà par ne pas vous blesser, souligna-t-elle en s’affairant à désinfecter les deux mains égratignées. Vous ne pourrez rester éternellement dans cette torpeur et vous le savez. Le deuil est un long chemin à parcourir, et il se termine là où le pèlerinage commence. Une semaine s’est écoulée, vous devez en entamer le processus parce qu’Héloïse croit en vous et attend que vous la réconfortiez.

*Bien que sa voix se faisait aussi douce que le toucher d’une plume, Jane ne mâchait pas ses directives car elle craignait que, comme bien des parents avant lui, il ne renonçât devant la supposée insurmontable difficulté. La jeune femme dans son aile pédiatrique avait recueilli en son sein plusieurs orphelins malades et seuls. Héloïse ne guérira pas sans le soutien nécessaire : un soutien paternel.
L’infirmière prit donc sa baguette et incanta silencieusement pour refermer les plaies du père d’une douce chaleur. Malheureusement, elle était dans l’incapacité de refermer celles du cœur. La magie ne pouvait réparer ces choses là.*

Prenez quelques jours pour vous, vous le devez. Car alors vous devrez assumer les responsabilités qui vous incombent désormais. Et vous le ferez avec une tendresse que seuls les pères ont. Vous sourirez à votre enfant, cette combattante de six ans, la prunelle de vos yeux, sans laisser les larmes envahir votre regard. Vous lui conterez le monde et ses beautés comme une promesse du lendemain. Vous avez perdu votre épouse, Monsieur Thompson, mais Héloïse a perdu sa maman. Ne la laissez pas sombrer dans la haine, dans la rancœur et le chagrin. Vous devez l’accompagner sur le chemin du deuil, lui tenir la main afin qu’elle ne se sente pas seule. Vous êtes son papa, et Héloïse vous aime. On ne ment pas à un enfant, vous savez. Elle sait votre douleur comme elle sait votre force. Croyez en vous, croyez en elle. C’est un combat à deux.

*Et finalement, elle tendit son bras pour apposer sa main réconfortante sur l’épaule affaissée du père devant-elle. Ses prunelles brunes et bienveillantes se rivèrent dans les siennes, et elle reprit dans un murmure.*

Vous devez essayer. Pour elle.
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Gregory Thompson

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MessageSujet: Re: 31 décembre 1927 - Après le drame [Jane & Gregory]   Mar 28 Mar - 15:59

La tasse fut reconstruite magiquement, et Gregory se morigéna son manque de jugeote ; il n'avait même pas pensé à sortir sa baguette pour réparer les dégâts. Il y avait quelque chose de fascinant à observer les débris de porcelaine s'envoler et s'emboîter de nouveau en place, comme une chorégraphie bien huilée. Voilà un geste bien anodin, mais qui pourtant, en cet instant, lui semblait porteur de sens.
Il aurait aimé que sa fille puisse guérir de cette façon. Que son si joli visage à présent atrocement brûlé retrouve son teint rose et vivant au profit de ces immondes marques et le rouge et noir malsain qui colorait asymétriquement son faciès. Que son œil chocolat rieur puisse voir de nouveau et que sa paupière puisse se fermer correctement.
Mais la nouvelle image, la terrible image, ne voulait plus quitter son esprit. Et il savait déjà que, si jamais l'infirmière parvenait à restaurer la beauté d'antan d'Héloïse, lui ne pourrait jamais oublier cette vision.

Le picotement qui envahit ses mains le tira de ses pensées défaitistes, et il observa l'infirmière nettoyer ses légères coupures avec un professionnalisme qui, étonnamment, n'entravait pas sa douceur. Les doigts de Jane, plus frais que la peau de Gregory et aussi fins que ceux de sa femme, appliquaient rapidement mais sans brusquerie du désinfectant sur les plaies bénignes. Jane était une très belle femme, réalisa-t-il, peut-être même autant que sa femme avait pu l'être avant que les cris et les flammes ne la rendent monstrueuse. Éjectant sans ménagement cette image de son esprit, il tenta de se remémorer son sourire confiant et ses yeux bleus lumineux. Ceux de Jane étaient bruns, comme Héloïse, et abritaient leur propre beauté. Quand sa femme avait toujours été d'une énergie infatigable et d'un naturel fonceur qui entraînait tous ceux prêts à la suivre, Jane attendait sans s'impatienter et possédait une empathie rare. Cela ne fit pas si mal, cette fois, de penser à Mélissa ; elle était enthousiaste et vibrante de joie, fière et princière. C'était Mélissa ; pas cette parodie de femme qui déversait sa souffrance et sa terreur en refusant de s'éteindre.
Les mains de Gregory se retrouvèrent bien vite privées du contact bienfaisant et comme neuves suite au Reparo de Jane. Les voilà de nouveau calleuses et épaisses, mais elles avaient cessé de trembler. L'admonestation de l'infirmière était justifiée et il le savait.
Il devait juste se secouer. Plus facile à dire qu'à faire.

Elle continuait dans ses conseils, comme si elle sentait qu'il en avait besoin. Il n'avait plus de direction à suivre mis à part celle que lui imposait MACUSA, et cela le dérangeait plus qu'il ne voulait bien l'admettre. Gregory n'était pas un intellectuel ; il était un homme d'action qui savait réfléchir de lui-même, mais était toujours plus confortable quand la réflexion venait d'ailleurs, ne faisant pas confiance à sa nature emportée pour prendre les décisions logiques et utiles. Mélissa avait toujours été le cerveau de cette petite famille ; cela était d'ailleurs le sujet de nombreuses taquineries qu'il acceptait toujours gracieusement. Jane semblait être une femme intelligente et Gregory savait écouter.
Mais il n'avait pas envie de prendre du temps pour lui. Il sentait que s'il quittait l'hôpital pour réfléchir réellement à la suite, il se briserait en mille morceaux et ne reviendrait jamais. Inculquer à Héloïse de bons principes de vie lui était toujours apparu comme primordial, mais il sentait déjà la haine envers les Non-Maj' éloigner son chagrin comme un réflexe de survie.

La main sur son épaule le poussa enfin à répondre à l'infirmière. Faisant fi de sa gorge nouée et de sa voix tremblante, il admit avec effort :
- Je... Je ne sais pas... comment faire. Je ne sais pas comment faire.
Vidé par l'honteuse confession, Gregory laissa de grosses larmes rouler sur ses joues, reniflant misérablement.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: 31 décembre 1927 - Après le drame [Jane & Gregory]   Ven 31 Mar - 20:32

*Ses larmes la déstabilisèrent. Tant de détresse … Jane n’appréciait que peu la détresse, en réalité. Et pour cause, elle craignait de subir une détresse similaire si elle venait à perdre son Emily. En outre, elle avait espéré une réaction plus violente et non celle d’un homme abattu par le chagrin. Jane ne cacha pas le soupir qui franchit ses lèvres et s’éclipsa dans le bureau de son mentor, absent pour la soirée. Espiègle, la jeune femme connaissait ses cachettes et ses petites faiblesses. Elle dénicha ainsi, en deux temps trois mouvements, une bouteille d’eau de vie : désagréable en bouche mais requinquant.
Réapparaissant dans son annexe, elle en servit un quart de verre au veuf apitoyé et le lui tendit en reprenant sa place contre le bureau, face à lui.*

Buvez, ordonna-t-elle d’un ton sans réplique. Maintenant vous allez m’écouter très attentivement. Au risque de me répéter votre fille a perdu sa mère, là où vous avez perdu une épouse. Si votre amour est irremplaçable, qu’en est-il selon vous de celui d’un enfant pour sa mère ? demanda la jeune femme avec fermeté. Vous souhaitez du temps pour votre deuil, mais il vous semblera n’en avoir jamais assez. Or Héloïse n’a pas l’éternité devant elle, encore moins en ce moment. Votre fille a besoin de vous ! Et non de votre apitoiement Monsieur Thompson. Vous devez trouver en vous, la force de vous ressaisir car votre fille n’acceptera nul réconfort que le vôtre ! Vous entendez ? Ne renoncez pas avant d’avoir commencé à vous battre. Vous êtes un homme fort, un homme qui va surmonter cette douloureuse épreuve au nom de sa fille, pour les lendemains de sa fille qu’il va rendre lumineux, vivables, acceptables.

*Son regard brun était intransigeant et ne souffrait d’aucune compassion. Non qu’elle n’en avait pas, mais elle ne pouvait se permettre de le montrer au veuf au risque de l’encourager dans sa volonté de vivre dans les regrets du passé. Il n’avait guère besoin d’elle pour cela, il s’en chargeait si bien seule. Jane abaissait donc son ultime carte : celle de la fermeté. Peut-être alors s’y prenait-elle mal, c’était souvent le cas lorsqu’il était question de deuil. Cependant, en tant qu’infirmière, elle savait parfaitement les besoins de la jeune fille de six ans, elle connaissait les enjeux, à la différence de l’époux devant elle. Jane se détourna et fouilla dans les tiroirs de son bureau pour en tirer une potion sans rêve.*

Vous allez avaler cette potion et dormir sur le sofa derrière moi, déclara-t-elle en lui tendant la potion. Vous ne quitterez pas cette pièce tant que vous n’aurez pas prise certaines résolutions. Quant à votre fille, vous ne la verrez plus tant que vous n’aurez pas fait le choix de vous battre pour elle, poursuivit l’infirmière qui n’en avait pas fini de ses directives impérieuses. Cette enfant souffre mais le dissimule pour ne pas blesser son papa si triste. Alors maintenant vous allez vous reposer et demain, sur le seuil de cette annexe, vous y laisserez votre torpeur, vos angoisses et vos apitoiements. Ou alors, termina-t-elle en braquant son regard inquisiteur sur lui, vous choisissez de partir avec les conséquences que cela entraînera. Car je ne compte absolument pas abandonner votre fille dans son combat pour la survie. Et vous ?

*Et sans un regard pour son bras qui se tendit, elle lui montra le sofa derrière elle pour l’inviter à choisir la première solution. Implacable, l’infirmière prenait excessivement sur elle pour ne rien dévoiler de ses émotions ou ressentis. Elle écoutait sans pouvoir entendre, elle ne se devait pas d’entendre, au contraire c’était à elle de piquer l’homme au vif. Il ne lui laissait guère le choix…*
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31 décembre 1927 - Après le drame [Jane & Gregory]
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