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 [Arthur M. Fletcher.] 19 Mars 1928.

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Arthur M. Fletcher
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MessageSujet: [Arthur M. Fletcher.] 19 Mars 1928.   Dim 19 Mar - 22:56




Arthur M. Fletcher
Quelque part dans Queens

Jane K. Conrad
Où que tu sois.

Ma très chère Jane,

C
ela fait maintenant quelques années que nous nous côtoyons, n'est-ce pas ? Par un phénomène que je ne m'explique pas, ton amitié pour ma très délicate épouse ne m'a pas encore poussé à te faire étrangler par une goule peu scrupuleuse, au détour d'une rue. Je dirais même, ma douce Jane, je dirais même que ton existence ne m'est pas trop désagréable. Ton visage n'est pas trop déplaisant, ton odeur supportable, ta voix presque qu'acceptable et ta façon de te mouvoir moins ridicule que celle d'un troll du Texas. En somme, je dois l'avouer, Jane : ta mort me causerait presque une petite moue de tristesse.
Ce genre de sentiment est quelque chose de précieux, Jane, en ce qu'il est particulièrement rare chez moi. J'aurais voulu profiter quelques mois encore de cette complicité -oui, complicité !- qui nous unissait. Tes petites provocations vis à vis de mon comportement marital, tes brimades, tes coups de sac même ! me faisaient l'effet divertissant de ces elfes de maison qu'on taquine d'une badine sur la scène des cabarets. J'avais fini par m'habituer à ta présence comme on s'habitue à celle d'un gravier dans sa chaussure. Et cela aurait pu durer des années si je n'avais pas appris une chose.
Tu peux sonder le coeur -trop poreux- de mon épouse tant que tu le souhaites Jane. Être sa confidente, son amie, son amante même, dans la condition que je puisse assister à vos ébats. Mais Daisy, c'est une autre affaire. J'ai trouvé sur le guéridon de son appartement une enveloppe, vide, sur laquelle figurait ton écriture. Je ne sais ce que tu lui dis, ce que tu tentes de lui faire comprendre. Sache juste que Daisy m'appartient. Son âme, son corps, son coeur, jusqu'à chacun de ses soupirs m'appartiennent. Nos deux personnes sont liées l'une à l'autre d'une chaîne que tes griffes de moineau ne pourraient même pas érafler. Parle-lui tant que tu veux, mais sache que si tu fouines trop, je serai contrarié.

J'ai toujours eu la mauvaise habitude de défouler ma contrariété sur Eléanor, comme tu le sais si bien.

Je te souhaite cependant une excellente fin de soirée,

Ton dévoué Arthur.
© sobade.



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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [Arthur M. Fletcher.] 19 Mars 1928.   Lun 20 Mar - 1:05

Jane K. Conrad
Chez elle.

Arthur M. Fletcher
Là où tu te caches encore.

Mon très cher Arthur,

Si étonnant cela puisse paraître, j’ignorais, mon cher Arthur, que tu savais et lire, et écrire. Sache que ta lettre apporte à mon cœur, un doux réconfort. Comment ai-je pu croire un seul instant que tu m’eus oubliée. Mais te voilà atteint d’une bien étrange maladie. Heureusement pour toi, tu as une infirmière attitrée qui, bienveillante, veillera à ce que tu reçoives les meilleurs soins. Sais-tu, mon cher voyou, que la paranoïa se soigne dans les asiles les plus sécurisés d’Amérique ? Laisse-moi t’y conduire, je m’en ferai un doux plaisir, et peut-être alors reconnaîtras-tu que tu t’inquiètes d’un certain comportement de ta part que tu juges immoral, et blâmable.

Car vois-tu, mon bon ami, Daisy ne me conte rien de votre relation, si ce n’est la plus banale des histoires afin d’apaiser mes craintes que je sais pourtant fondées rien que par ce nom que tu traînes à l’image d’un boulet. Apaise donc ta conscience de malfrat malfamé, notre correspondance n’est que cordiale et tout juste intime. Tu n’es pas au centre de nos écrits, et quand bien même, ce ne serait que sous la main de ton amante, qui préfère se pâmer d’illusions plutôt que de te tuer dans ton sommeil.

N’as-tu aucune nausée lorsque tu regardes ta triste existence ? Après tout, tout nous relie, de ton épouse, à ton amante, en passant même par certains de tes amis, voilà que je suis le parasite dont tu ne pourras jamais te défaire, celui que tu ne pourras jamais écraser. Entends-moi bien, ta contrariété m’importe peu, et je n’ai cure de tes menaces qui n’empêcheront pas mon sommeil paisible. Si tu me veux en dehors de tes affaires, sois en dehors des miennes, car tes influences commencent sérieusement à devenir embarrassantes, pour ne pas dire encombrantes. Ne te rends pas plus détestable que tu ne l’es déjà, nous nous aimons bien, rappelle-toi.

Enfin, note bien ceci. Tu as tes relations, j’ai les miennes. Ne me force pas à faire de toi mon ennemi. Je t’interdis de toucher à un cheveu d’Eléanor. Quant à Daisy, fais-toi sage, ou non seulement je t’arracherai ce qui est la dernière preuve de ta masculinité – tu sais que je ne manque pas d’outils en la matière à l’hôpital – mais en plus je te ferai enfermer. Il serait fort dommage d’en arriver à ces extrêmes, ne crois-tu pas ? Je pense qu’au fond tu es, et restes un homme raisonnable.

Méfie-toi de la femme qui dort.

Avec ma purulente affection,

Jane


NOTA BENE : Lorsque tu auras cessé de t’amuser à l’écriture, peut-être pourras-tu me retrouver. J’ai quelques services à te demander, monnayant parlant, cela va de soi.
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Arthur M. Fletcher
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MessageSujet: Re: [Arthur M. Fletcher.] 19 Mars 1928.   Lun 20 Mar - 9:54




Arthur M. Fletcher
Quelque part dans Queens

Jane K. Conrad
Où que tu sois.

Ma moins chère Jane,

Je
suis ravi de voir que tu te portes bien et que l'acidité féminine de ta langue tente encore de se faire sentir. Malheureusement pour elle, elle se confronte à une consœur plus corrosive encore ! Réglons de suite la seule partie réellement intéressante de ta lettre : où veux-tu que l'on se rencontre et quand ?
Oui, je sais lire et même écrire, ma chère Jane. C'est ma capacité affirmée dans ces deux domaines qui m'a permis, il y a de cela quelques années, mon plus beau vol : Eléanor. Sans mon goût vieillot et suranné pour le sonnet, la petite coincée pâlotte et godiche qu'elle était n'aurait jamais consenti à ouvrir les cuisses portes de son coeur. On préconise dans certaines ethnies l'utilisation d'une ceinture ou même d'un fouet pour se faire obéir d'une femme. C'est là penser bien bassement, crois-moi. Je n'ai aucune gêne à voir une femme se faire flageller, entendons-nous bien. C'est un spectacle agréable bien qu'un peu bruyant auquel j'adorerais t'initier. Disons juste que la meilleure arme que l'on puisse utiliser envers une femme sera toujours les mots.
Coeurs sensibles et niais que les vôtres ! Malédiction pour votre situation, bénédiction pour la nôtre ! Il suffit de quelques mots, de l'utilisation choisie d'un terme, pour que votre esprit s'emballe à l'endroit même où nous le souhaitions. Je ne dis pas que tous les hommes maîtrisent cet art délicat, loin s'en faut. Sache juste, ma tendre et désirable Jane que chaque émotion -amusement, dégoût, lassitude, exaspération, complicité, excitation, dédain, colère etc...- que tu ressens à la lecture de mes mots est pleinement voulue, prévue, dépendante directe de ma volonté lors de l'écriture. Tu vas te rebiffer, bien sûr. Jurer tes grands dieux que par Merlin pas du tout, tu n'es pas de ces femmes là et que les mots d'un misérable petit rat d’égout comme Arthur Mondingus Fletcher ne t'effleurent même pas. Ta réponse me sera, j'en suis sûr, terriblement agréable.
Concernant Daisy, je sais que tu ne me veux pas de mal Jane. Tu sembles même assez lucide sur le fait qu'Eléanor est à moitié responsable du naufrage idiot qu'est notre mariage. Mais j'ai conscience que tu ne veux que le bien de Daisy et malheureusement, je ne lui apporte pas que cela. Si elle te dépeint notre "histoire" comme quelque chose d'une banalité affligeante, ma foi tant mieux. Je n'y crois qu'à moitié, mais je respecte vos échanges de femmes et n'irai pas -MOI- fourrer mon nez -que j'ai élégant- dans vos affaires. J'ajouterai cependant que Daisy ne "se pâme [pas] d'illusions" ; je la traite du mieux que je peux et pense même pouvoir dire que ma goujaterie n'est que très modérée en sa présence.
Pour répondre à ta question : non, je n'ai pas la nausée lorsque je contemple mon existence. Je vais te faire une confidence qui ferait grincer les dents de la plupart de mes proches, Jane : j'adore ma vie. Je suis terriblement heureux ainsi. J'ai goûté du monde ses plus hauts délices : bu les meilleurs vins, baisé les croupes les plus cambrées, fumé les plantes les plus voluptueuses, contemplé les oeuvres les plus rares et mystiques, lu les livres les plus profonds. Alors oui, je ne me lève pas le matin avec la conscience vertueuse et honnête d'une infirmière. Mais je me couche le soir avec l'âme épanouie et sereine d'un homme rompu aux plaisirs de la vie.

Dis-moi, ma délicate amie, de nous deux... Qui donc est le plus heureux ?

Ton dévoué Arthur.

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MessageSujet: Re: [Arthur M. Fletcher.] 19 Mars 1928.   Lun 20 Mar - 13:06

Jane K. Conrad, mortelle au travail.
Hôpital Ste-Morgane

Arthur M. Fletcher
Perdu dans le dictionnaire pour y trouver le mot "travail".


Mon tendre et valeureux Arthur,

Arthur, mon bel Arthur, dois-je te rappeler la merveilleuse et tragique fin de ce cher Dom Juan ? Lui aussi savait manier les mots, emprisonner et bafouer les cœurs afin de mieux profiter des corps chauds et suppliants. Vas-tu, toi aussi, me conter les bienfaits de l’inconstance ? Ou alors te comparer au grand et fabuleux Alexandre ? Tu peux railler ma vie et mes choix, mes craintes et mes émois ; je peux même t’accompagner dans la satire.

Cependant, laisse-moi te poser une question, une simple question digne d’un esprit féminin, celui-là même que tu abhorres autant que tu le cajoles. Suis-je le seul fléau capable de menacer ta relation avec notre douce amie commune ? Et si de nous deux, tu étais le principal fléau ? Cette fleur que tu adules tant, que tu possèdes avec une fierté arrogante, se fane un peu plus à chaque seconde de sa captivité. Oh, je n’ai besoin d’aucun aveu de la part de Daisy pour connaître tes habitudes et tes faiblesses, mon bon ami. Nul doute – je l’entends déjà – que tu trouveras une plus belle rose dans le jardin d’un autre. Mais elle ne sera pas ta belle amante. Je ne prétends pas là que tu aies la moindre affection pour elle, ce serait si mal te connaître n’est-ce pas ? Mais tout voleur se fait un jour voler, tu le sais mieux que personne.

Tu la perdras, et ce, avant même que je n’intervienne. Cette fleur de lys mérite une attitude royale, princière, et non le bouffon du Roi, claudiquant sous l’ivresse. Pourquoi t’infliger tant d’émoi et de colère – émotions que j’ai délicieusement instiguées – quand il te suffit d’un peu d’affection réelle ? Cesse donc tes grimaces d’enfant capricieux et mal élevé, je ne te parle pas ici d’amour mais d’adoucir un tant soit peu - ce qui relèverait déjà du miracle – tes gestes. Pourquoi te faire fat alors qu’elle pourrait t’aimer et t’appartenir par son seul souhait ?

Et voilà que je perds mon temps à essayer d’apprendre la dentelle à un homme. Quelle ironie. Qu’est-ce qu’une femme pourrait donc t’apprendre ? Tu les connais sous toutes leurs coutures, tu sais leurs frémissements et leurs faiblesses, et leurs murmures et leurs désirs. Tu es ce voyant tant prôné et attendu ! Le sauveur de ces femmes incomprises et esseulées ! Je ne peux donc qu’admettre ma défaite, Ô grand et puissant Arthur, digne des conquérants, digne d’un Valmont et d’un Dom Juan, mais si pâle face à un Darcy ou un Heathcliff. Elles tombent toutes sous le fléau hivernal, le fléau arthurien. J’y suis impuissante mais pas moins insoumise, et là se trouve ma complaisance.

Bon, maintenant tu mérites un coup de sac. Même deux. Et si tu te fais sage, peut-être en recevras-tu un troisième. La gourmandise est un si vilain défaut…


Chez toi sur les coups de 17h30.
Ton épouse a un rendez-vous important avec Monsieur l’apothicaire.


Ta détestable mais pas moins adorable Jane.
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