AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Clayton Ackley
Sérial Posteur
Sérial Posteur
avatar

Messages : 279
Date d'inscription : 08/02/2017
Age : 31
Etudes, métier : Botaniste/Herboriste, Globe-trotteur
Baguette : Bois de vigne, Épine de monstre du Fleuve Blanc, 33cm, flexible

MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Mer 22 Mar - 0:55

Nous devons tous deux faire preuve de plus de tact et de douceur dans nos paroles. La vie abîme bien assez, il ne me semble pas nécessaire que nos langues se fassent lames acérées quand elles peuvent tant s'épanouir dans la tendresse.

*Un homme restait un homme, il regretta d'être en hiver et que l'épaisseur des vêtements le prive d'une plus jolie vue. Au moins elle retrouvait son sourire et ces yeux sagaces qui lui avait plu au premier regard.*

T-t-t-t. Ce n'est que la première fois. Tout à l'heure c'est vous qui m'avez appelé pour que je vous aide à descendre en tout sécurité de votre immense destrier, et encore vous qui êtes restée accrochée à mon cou. J'étais juste trop poli pour refuser le contact.

*Fit-il en jouant les fausses mijaurées. En bon gentleman, il ne fallait pas se fier à la manière dont il se comportait avec Wendy, il allait retirer le bout de ses doigts de ses poches, mais à peine eut-il le temps d'entamer le geste que Jane prit place sur son genou. Un geste intime mais qui ne le mettait pas mal à l'aise contrairement à une main réconfortante sur la joue. C'était peut être tout à fait normal pour Jane, mais ça ne l'était pas pour le reste du monde, et à fortiori, pour Clayton. Une femme qui s'asseyait sur les genoux d'un homme était soit sa fiancée, soit une prostituée. Il avait testé les deux avec parcimonie. Les premières, parce qu'elles avaient été rares à faire un bout de chemin suffisant avec lui pour se permettre une telle fantaisie. Les secondes, parce qu'il préférait les filles de joie raffinées aux tapineuses des rues, ce qui était rare et excessivement cher.*

J'ai peur de vous décevoir, je ne lis pratiquement plus que des traités de botanique et de magizoologie. Je vais toutefois essayer de répondre à votre question...

*Il réfléchit quelques instants pour essayer de mettre de l'ordre dans ses idées.*

Enfant j'ai dévoré tous les Jules Verne qui ont atterrit entre mes mains. J'ai particulièrement aimé « Le tour du monde en 80 jours », et plus encore « 20 milles lieux sous les mers ». Il était pour moi un but à atteindre autant qu'un code de conduite. J'ai passé des journées entières à m'imaginer être Pierre Arronax quittant tout sans se retourner pour découvrir des bêtes mystérieuses, et me laisser porter par l'aventure sans crainte aucune. Je voulais être ce genre d'homme tiraillé uniquement entre sa soif de connaissance et son désir de liberté, n'ayant besoin de personne pour lui dicter ses choix. Je voulais être le Capitaine Nemo, avoir la force d'aller à contre-courant, trouver un refuge, fusse-t-il sur terre ou sous la mer, loin des hommes et de leur noirceur. A la même époque, je gardais près de moi comme un trésor les « Nouvelles histoires extraordinaires » que ma perceptrice m'avait offert *qu'il avait gagné dans son école de campagne*. Je le garde toujours dans ma table de chevet d'ailleurs. Ma préférence s'est toujours portée sur « Le portrait ovale » et « Le chat noir ». Je ne saurais dire pourquoi, j'imagine que j'aimais seulement me faire peur, comme tous les enfants. La peur est une émotion merveilleuse, dans l'attente elle vous empêche de respirer et une fois passée, vous fait percevoir le monde avec plus d'éclat.

*Il se rendit compte qu'il s'était un peu trop étalé sur seulement deux lectures, non-maj qui plus est.*

Comme tout enfant, j'ai aussi étudié la bible et pas une semaine ne se passait sans que ma mère ne me lise les contes de Beedle le Barde, ou plus rarement, Les contes de crottes et crapauds. Cette fois, mon conte préféré était « La Fontaine de la bonne fortune », j'aime croire que l'on peut tout obtenir dès lors que l'on y croit. C'est ainsi que je vois la vie. Mais cessons de nous attarder une nouvelle fois sur le chapitre de l'enfance...

*Il bougea un peu sur sa balançoire et passa un bras autour de la hanche de l'infirmière pour l'empêcher de glisser autant que pour son propre plaisir. Il pencha la tête vers elle en prenant appui contre la corde. Il se devait de réfléchir, si les livres scientifiques n'étaient pas de bonnes réponses à présenter, celles des guides du routard ne l'étaient pas d'avantage. Il caressa ses lèvres de sa main libre, retrouvant peu à peu les noms des livres qui l'avaient le plus marqué.*

J'ai eu une période Rimbaud, je connaissais certaines de ses proses par cœur, mais il y a des années que je n'ai pas lu un seul de ses vers. Peut être que le temps qui passe, qui nous mûrit et nous endurcit, nous éloigne de la poésie. J'ai aimé Maupassant, Hugo, Pokeby, Conan Doyle, les pièces de Narré et Stevenson. Et, hum... ne me jugez pas trop sévèrement, mais j'ai adoré les « Liaisons dangereuses » et trouve beaucoup d'amusement à me plonger dans les écrits du Marquis de Sade.

*Il sourit d'un air coupable à sa jolie infirmière.*

Peut être pourriez-vous me conseiller des romans et me réconcilier avec la lecture. J'aimerais moi aussi vous poser une question, non sur vos sentiments cette fois mais sur votre choix de carrière. Y a t'il quelque chose, en dehors de votre sœur, qui vous a fait vous tourner vers le métier d'infirmière ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jane K. Conrad
Disparue
Disparue
avatar

Messages : 282
Date d'inscription : 15/02/2017
Etudes, métier : Infirmière
Baguette : Bois d'orme, 28 cm, ventricule de dragon

MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Jeu 23 Mar - 0:50

*La lecture avait marqué la vie de Jane, comme elle avait marqué la vie de sa mère avant elle. Austen, Brönte, Wilde, Stoker, Blake, Shakespeare bien sûr et Dickens étaient les noms de ses précepteurs, et chacun fit germer, à sa manière, une petite pensée, une petite valeur dans le cœur de l’innocente lectrice. Dans la littérature anglaise, l’enfant se laissa bercer, émerveillée par les émotions que tous savaient traduire d’une si belle plume. Ses précepteurs lui enseignèrent le courage, les dangers des passions, la bonté, la malhonnêteté des apparences, l’ambition, et laissèrent Jane dans une bulle où personne ne pouvait ni savait l’atteindre. Au fil des années, elle s’attaqua aux littératures étrangères et notamment la littérature française. Rimbaud, Hugo, Dumas et Laclos -pour ne citer qu’eux- avaient alors parfait son éducation, ce qui expliquait particulièrement les valeurs de Jane et ses convictions que défendait un fort entêtement. La guerre eut alors un impact conséquent sur ses lectures. La jeune femme abandonna les lettres pour la philosophie, car par tous les saints, elle voulait comprendre la cruauté des hommes, leurs choix et leur maladie. Dévorant les ouvrages un à un, de Machiavel à Voltaire en passant par Hobbes et Rousseau, la sorcière cherchait un indice, une réponse, quelque chose à laquelle elle pourrait se raccrocher pour continuer à croire en l’humanité. Mais il n’y avait là que la triste et belle complexité de l’humain, tantôt positive, tantôt négative ; laquelle faisait son charme elle supposait.

Dans tous les cas, elle buvait les paroles du botaniste, analysant avec attention le moindre détail. Ce n’était pas là un désir de tout interpréter, mais de comprendre, de cerner le botaniste et ce qu’il choisissait de lui taire. Un court instant, elle se retrouva dans la description du jeune aventurier qui souhaitait tout savoir y compris comment être libre. Elle eut alors un très léger sourire, amusé, autant pour elle-même que vis-à-vis du botaniste. Jane n’avait pas lu Jules Verne et n’avait pas eu la chance de discuter, dans un petit tête à tête, avec le fabuleux Capitaine Nemo. Ce n’était là que partie remise, cependant, car Jane comptait bien – en douce bien sûr – découvrir la personnalité du botaniste à travers les ouvrages qu’il lui citait. Elle remarqua avec un certain plaisir qu’il ne se contentait pas d’évoquer des œuvres purement sorcières, seulement elle n’en fit aucun réel commentaire, ne se doutant pas du profond secret s’y cachant derrière. Elle avait néanmoins conscience de tout le tabou que représentait l’enfance du petit Clayton.

Ses songes furent alors distraits par le bras qui vint l’entourer. Jane n’y porta cependant aucun regard et ne broncha pas non plus, du moins en apparence. Un certain sourire s’épanouit intérieurement en elle. C’était un geste plutôt plaisant, elle se surprit même à en ressentir quelques satisfactions. Puis il reprit la parole et elle l’écouta de nouveau religieusement en retrouvant cette fois-ci certains de ses auteurs de prédilections.*

Vous aimez les Liaisons Dangereuses alors que cet ouvrage prend sa source sur deux idéologies bien précises, voilà qui est fort étonnant, le taquina-t-elle doucement. La première est qu’il n’y a pas de fumée sans poudre certes, mais qu’il y a une justice à toute chose. Enfin c’est un ouvrage dont l’idéologie seconde - mais pas moins importante- repose sur la femme : son éducation autant que la force dont elle est capable. Il a d’ailleurs donné lieu à un certain traité, un que ce cher Vicomte de Valmont aurait mis un point d’honneur à lire, sans nul doute, pour mieux nous connaître et nous duper de la plus délicieuse façon qui soit.

*Un petit rictus moqueur flotta sur ses lèvres espiègles.*

En revanche, on m’a toujours proscrit les écrits du Marquis de Sade, ajouta-t-elle enfin dans un regard faussement innocent. Mais peut-être pourriez-vous m’en prêter les ouvrages.

*De la pure provocation. Si Jane n’avait jamais pu mettre la main sur les pages du Marquis de Sade, elle en connaissait un minimum les grandes lignes ou du moins sa teneur, bien qu’elle en eût été encore loin de la réalité. Néanmoins elle aimait jouer avec les nerfs et réactions du botaniste qui se donnait tant de mal à adoucir ses vices. Malheureusement face à une femme si vicieuse et curieuse, c’était là peine perdue. Et Jane n’hésiterait pas à affronter la lecture interdite, quitte à aller se confesser tous les dimanches par la suite. Son âme, dans tous les cas, et avec les plans qu’elle n’allait pas tarder à mettre en place, finirait damnée - avec Sade ou sans Sade -. A son petit air coupable, elle lui répondit en roulant des yeux au ciel, insolente mais non moins amusée.*

Je crois en réalité qu’avec vos révélations je ne pourrai sauver votre âme, du moins pas par la littérature, nuança-t-elle en rivant son regard dans celui du botaniste. Je vais devoir sortir d’autres armes pour compenser vos mauvaises influences. Je vous écoute, posez-moi votre question.

*Et celle-ci la désarçonna quelque peu. Jane se mit à réfléchir activement, le regard levé vers les étoiles comme pour leur demander conseil sur son choix de réponse. En réalité, elle la connaissait déjà mais en ressentait quelques pincements au cœur.*

Non je ne me destinais pas au métier d’infirmière, avoua-t-elle en tournant de nouveau son visage vers le sien, la proximité l’empêchant d’être entièrement et absolument sérieuse dans son attitude. J’avais de plus grandes ambitions. J’étais prête à conquérir le monde afin de le rendre meilleur. Oh j’ignore la manière dont je m’y serais prise, rit-elle avec dérision, mais j’y croyais réellement. Quand j’ai su pour Emily, mon choix se fit instantanément. Si je devais conquérir un monde, c’était le sien et celui de la maladie. J’ai alors fait d’étonnantes rencontres à l’hôpital. Je crois même qu’elles ont changé le regard que je portais sur la vie, et finalement la peine des enfants me toucha. Je peux soigner les adultes sans les rendre plus morts que morts, mais j’ai pris goût -et j’en suis vraiment navrée- à émerveiller mes petits prétendants.

*Elle haussa nonchalamment les épaules avec défi et souffla d’un ton de velours qui ne souffrait nulle réplique.*

Il faudra faire avec !

*Avant de reprendre…*

Finalement, je crois que c’est un domaine dans lequel je peux avoir un impact certain sur les vies que je soigne. C’est suffisant pour le moment. Peut-être qu’une fois mon Emily guérie, je partirai à la conquête du monde, tel Alexandre. J’aime mener des combats, mon cher botaniste. C’est dans ma nature de les remporter, claironna-t-elle dans une petite inclination de tête vers lui comme entendue. Mais vous le saviez déjà non ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Clayton Ackley
Sérial Posteur
Sérial Posteur
avatar

Messages : 279
Date d'inscription : 08/02/2017
Age : 31
Etudes, métier : Botaniste/Herboriste, Globe-trotteur
Baguette : Bois de vigne, Épine de monstre du Fleuve Blanc, 33cm, flexible

MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Ven 24 Mar - 17:24

Si j'ai aimé le caractère des personnages de Laclos et leurs joutes épistolaires s'épanouissant dans les non-dits, la morale ne m'aura pas échappé. Elle me laisse toutefois dubitatif. Et vous, qu'en pensez-vous ? Vous croyez que tout se paie un jour ? Que Dieu, ou je ne sais quelle autre force supérieure au dessus de nous, s'entête à rééquilibrer les choses ? Personnellement, je pense que la justice doit venir de nous-même, que personne ne se soucis de l'impartialité des hommes sur terre. Je crois que la vie est notre épreuve et qu'il n'y a aucun dieu pour en corriger les injustices. N'allez pas croire par ses paroles que je suis un hérétique, j'ai été élevé dans la foi, je pense simplement...

*Il lança un regard vers le ciel avant d'accrocher à nouveau ses rétines sur celles de Jane, un petit sourire qu'il contenait en se mordant la lèvre.*

... Qu'il s'en fiche. Concernant le second point que vous soulevez, je n'ai pas lu ce traité, mais peut être seriez vous assez bonne pour m'informer de sa conclusion à l'occasion ? Le conseil pourrait m'être utile si je décidais de vous duper de cette façon que vous qualifiez de « délicieuse ». Or, vous devez reconnaître que pour m'attaquer à une tache aussi monumentale, un petit coup de pouce ne serait pas de trop.

*Ses yeux, déjà rieurs, s'intensifièrent à la réponse de la vertueuse Jane dont l'attitude trompeusement ingénue ne pouvait dissimuler qu'elle avait au moins une vague idée de ce dont il s'agissait. Clayton se surprit à ressentir déjà ce besoin de préserver les parcelles d'innocences de son infirmière, un besoin qu'il savait égoïste mais qui lui permettait de prononcer une réponse toute trouvée, à la fois avec désinvolture et sincérité.*

Je vous les prêterai avec grand plaisir dans une autre vie ! Je ne tiens pas à ce que ce cher Marquis soit l'homme qui sera responsable de la ruine de votre chasteté, ce fait me rendrait beaucoup trop jaloux. Vous glissez bien assez déjà dans le vice et le mystère, ne serait-ce que par l'évocation des cruels châtiments que vous me réservez, dit il en prenant un peu de recul pour l'observer comme l'on jugeait de la valeur d'une bête. Pardonnez-moi d'utiliser encore un terme fait pour les pécheurs, mais je brûle d'en connaître la teneur.

*Puis il ajouta sur un ton de confidence qui appelait sa clémence.*

Mais pour en finir sur le chapitre du Marquis, si vous parveniez à vous procurer l'un de ses ouvrages, n'oubliez pas, de grâce, que si nos lectures laissent trace, nous ne sommes pas ce que nous lisons.

*Puis il l'écouta narrer le parcours qui la mena à consacrer sa vie à un endroit sentant le désinfectant, le formol et les potions pestilentielles. L'orgueilleuse se serait sans doute mise dans une colère noire si elle avait perçu les pensées du botaniste, lequel éprouva de la peine pour elle. L'aventure et la liberté étaient ses raisons de vivre, à ses yeux rien ni personne ne valait le coup de renoncer à l'essence même de son être. Une pensée sans doute facile à éprouver pour un orphelin sans attache, mais il fallait reconnaître pour lui que son égocentrisme et son impudence lui avait sauvé la vie et, mieux encore, offert un avenir. Mais il tut tout cela, il n'était pas si idiot, tout comme il tut la possibilité que sa sœur la libère en passant de vie à trépas et que lui, monstre qu'il était, pourrait être les bras dans lesquelles elle viendrait trouver refuge.*

Je fais avec. Tant que je reste en tête, mes concurrents peuvent bien se partager les miettes. Dit-il sur le ton de la plaisanterie. Mais j'espère bien que vous vivrez ses aventures quand votre sœur sera soignée Miss Jane, sauf en raison de... votre violent mal des transports, ironisa-t-il. Il nous faudrait vous trouver un remède. A moins que vous préfériez voyager à la manière non-maj *hoquet*, personnellement je vous le déconseille. J'y ai été contraint une ou deux fois, dont un long, très long, beaucoup trop long voyage en dirigeable, le département des transports n'ayant pas été fichu de me donner mon permis de portoloin pour l'étranger à temps. Un véritable cauchemar autant pour l'odeur de gaz que pour l'insupportable marmaille grouillante qu'on avait laissé monté à bord... mais je suis certains que les vôtres sont beaucoup plus sages.

*Dit-il, en préférant diriger ses pensées sur des avenirs plus radieux au lieu de rester focalisé sur son quotidien morbide. Dans cette perspective, l’égoïsme de Clayton s'accordait parfaitement avec le besoin d'évasion de Miss Jane, une chance pour eux deux.*

Je le sais.

*Dit-il en faisant un "oui" de la tête d'un air entendu. Puis il se rapprocha de son visage, à une distance qui ne leur permettait plus que de percevoir leurs yeux.*

Miss Jane aime gagner. Mais si - je dis ça à tout hasard – remportait une victoire sur elle, pensez vous que son orgueil deviendrait mauvaise perdante ou saurait-elle aussi apprécier la saveur de la défaite ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jane K. Conrad
Disparue
Disparue
avatar

Messages : 282
Date d'inscription : 15/02/2017
Etudes, métier : Infirmière
Baguette : Bois d'orme, 28 cm, ventricule de dragon

MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Ven 24 Mar - 23:45

*L’allusion à Dieu la laissa silencieuse quelques instants. Oserait-elle lui avouer qu’elle s’en était détournée depuis quelques années déjà ? Fait qui d’ailleurs avait profondément déçu sa famille. Mais Jane ne pardonnait pas à l’Entité dite supérieure sa volonté de lui retirer sa sœur, d’infliger tant de souffrance et d’injustice aux petits êtres innocents. Elle partageait l’avis rebelle de son interlocuteur, et plus encore. La jeune femme se râcla légèrement la gorge de gêne, et finit par avouer son crime.*

Vous serez surpris d’apprendre que je m’en suis détournée depuis de longues années déjà. S’il existe, grand bien lui fasse, personnellement j’estime ne plus rien lui devoir. Quant à la justice, je suppose que c’est un autre débat, ajouta-t-elle dans un demi-sourire, bien trop complexe et rébarbatif pour ce soir. Mais nous concernant, je gage qu’il est fort possible que nous nous rendions justice nous-mêmes, nuança-t-elle d’une fausse innocence. Nous n’avons pas l’abandon facile quand il s’agit de victoire ou d’avantage.

*A la question de sa chaste vertu, Jane fut secouée d’un rire amusé et traître. Une petite rougeur se faufila sur ses pommettes et elle ne put réprimer le grand sourire qui se profilait jusqu’à ses oreilles. Etonnamment, elle n’avait jamais abordé ce sujet sauf avec le scélérat Fletcher, lequel avait des thèses fort intéressantes la concernant. L’aborder ici et maintenant la perturbait quelque peu, la désarçonnait alors même qu’elle ne s’en sentait pas le moins du monde offusquée.*

Je prends donc note de vos intentions quant à « ruiner ma chasteté », souligna-t-elle en rivant ses prunelles brunes dans les siennes. Voilà qui est fort ambitieux et audacieux Monsieur Ackley, et vous n’avez même pas sourcillé. Heureusement que je ne compte plus sur mon salut, vous en damneriez mon âme. Âme qui, au passage, annota-t-elle en s’appuyant de ses mains sur l’une des épaules masculines, ne révèlera pas les secrets de ses armes. Ce serait là gâcher toute la surprise.

*Son sourire changea cependant à la courte plaidoirie. Il se fit plus tendre peut-être, rassurant. Cet homme était déconcertant dans son attitude. Jane eut un léger recul à son tour pour le contempler, songeuse. Entre demande de clémence et amour-propre, elle ne savait guère sur quel pied danser. Et après on accusait la susceptibilité féminine, songea-t-elle intérieurement, mais personne n’évoquait jamais celle masculine ô combien plus dangereuse à ses heures !
Ainsi pour éviter que ses paroles ne fussent mal interprétées, elle lui adressa un petit clin d’œil malicieux. Après tout, à ses yeux, c’était elle qui avait le plus à craindre de son regard. Elle était différente de tout ce qu’il connaissait, trop sainte et trop vertueuse, digne d’un couvent en réalité. Des évidences dont il fallait se méfier, naturellement, mais qui n’en étaient pas moins parties intégrantes de l’infirmière. Miss Jane était toujours « trop sérieuse », « trop candide », « trop idéaliste » et la jeune femme en avait conscience. Et si jusque-là le regard d’autrui n’était que des paroles sans conséquence, qui l’effleuraient sans réellement la toucher, celles du botaniste semblaient avoir un poids tout autre. Ce qui était potentiellement voire un peu beaucoup problématique pour un caractère aussi têtu, révolté et orgueilleux que le sien.*

Vous devriez faire attention, mon cher botaniste, je vais finir par croire que vous avez des projets pour moi, souffla-t-elle en posant son menton sur son épaule. Mais il me plairait de voyager de nouveau, c’est certain. Découvrir le monde, ses différentes cultures, les ouvrages secrets soigneusement dissimulés derrière un amas de poussière, une faune et une flore différentes, voir si les étoiles là-bas sont les mêmes… Je suis prête à en assumer mon mal de portoloin juste pour m’éloigner de New-York, rien qu’un jour... soupira-t-elle dans un sourire rêveur. Rien qu’un jour…

*Par choix, elle en oublia de commenter le doux passage des enfants. Jane estimait également qu’ils n’en avaient déjà que trop parlés, elle-même vivait avec eux tous les jours, elle n’était pas contre couper quelque peu le cordon. Elle aimait ses petits êtres mais pas au point de les porter sur ses épaules à chaque pas dehors. Dehors, lieu des dangers, lieu des péripéties et des risques, dehors n’était pas un lieu pour les petits enfants. Heureusement la distraction vint, aussi douce qu’un parfum exaltant. Jane savoura les graines de la provocation curieuse semées aux quatre coins des mots tandis qu’une lueur joueuse déferlait dans son regard de fausse prude.*

Peut-être qu’elle prendrait plaisir à la défaite, à rendre les armes pour cette fois, susurra-t-elle d’un ton badin sans se dérober à cette proximité, mais ce ne serait que pour mieux les reprendre ensuite. Quand sonne la défaite sonne la revanche, vous n’êtes pas d’accord ? C’est là encore un problème empirique qu’il va nous falloir résoudre, il me semble. Pour la cause scientifique, bien entendu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Clayton Ackley
Sérial Posteur
Sérial Posteur
avatar

Messages : 279
Date d'inscription : 08/02/2017
Age : 31
Etudes, métier : Botaniste/Herboriste, Globe-trotteur
Baguette : Bois de vigne, Épine de monstre du Fleuve Blanc, 33cm, flexible

MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Sam 25 Mar - 13:45

*Il sourit avec tendresse à la confession de Jane. Ainsi donc, la parfaite brebis dont elle avait l'air avait déserté les pavés des églises.*

Jane l'indocile se révèle encore un peu plus, dit-il avec humour mais sans moquerie. Nous sommes donc condamné à nous côtoyer jusque dans les enfers. C'est intéressant. Vous êtes surprenante mademoiselle, si sage et pourtant si rebelle. Vous êtes la glace et le feu réuni en une seule entité.

*Il poussa un profond soupir en détournant le visage, posant son regard sur une souche d'arbre d'où semblait luire les yeux brillant d'un chat.*

Le feu et la glace ont pourtant un point commun, celui de brûler la peau de l'impudent qui ne parvient à en retirer sa main à temps. Est-ce pour cela que, que vous soyez douce colombe ou hippogriffe orgueilleux, je ne peux m'empêcher de m'approcher toujours plus de vous au risque de m'embraser ? Je crois que le cœur est une braise qui ne demande pas mieux que de prendre feu, quitte à se consumer. C'est terrifiant... mais j'ai une inclination naturelle pour tout ce qui effraie.

*Son attention se reporta toute entière sur Jane lorsque le chat gris (ils le sont tous la nuit) quitta précipitamment son refuge. Il porta alors la main sur son cœur d'un air innocent.*

Vous me prêtez de mesquines intentions qui ne sont pas les miennes, je ne tiens certainement pas à « ruiner votre chasteté ». Et là dessus, je pourrais me faire menteur en vous jurant par tous les saints que votre chasteté ne m’intéresse pas, mais nous avons été tous deux bien trop honnêtes l'un envers l'autre pour qu'une affabulation aussi grossière fonctionne.

*Il sourit sans aucune vergogne, sa langue venant appuyer sur sa joue comme pour appuyer son outrecuidance.*

En outre, vous avez sûrement remarqué que je me donne beaucoup de mal à vous faire la courre Miss Jane. Bien sur que votre chasteté m’intéresse, depuis le début d'ailleurs, mais non pour la ruiner. Ce n'est plus de l'ambition et de l'audace à ce niveau, disons-le franchement, c'est de la mégalomanie, car je ne veux rien détruire mademoiselle, je rêve de transcender.


*Dit-il sans ciller tout en ayant conscience de l’irrévérence de ses paroles, encore qu'il leur donnait une allure plus douce que la vision bien sombre de sa petite infirmière. Abandonnant l'idée de connaître les maux qu'elle allait lui infliger. Il rebondit aussitôt sur ses métaphores militaires.*

Il est vrai que les hommes, en particulier les non-majs, ne s'épanouissent que dans la guerre, aussi triste soit ce constat. On enchaîne les batailles, refusant la défaite ultime, et quand l'on est contraint de s'y plier, ce n'est que pour trouver une nouvelle raison de repartir en croisade. Et bien soit, se sera une bataille après l'autre entre quelques trop courts abandons. Notre petit jeu innocent se profile en programme bien plus ambitieux, voyez où nous mènent nos vanités.

*Dit-il en soupirant d'un air désabusé, une fausseté dans son comportement qu'il ne parvint à tenir plus longtemps à l'écoute de la suggestion – si, si, c'en était une – de sa sauveuse préférée. Il se fit soudain plus droit, un petit sourire malicieux étirant ses lèvres et ses yeux brillant d'une nouvelle lueur. Clayton était excité comme une goule à un vide grenier, et cette fois ce n'était pas à l'idée de faire rouler les bas de l’infirmière le long de ses cuisses en plein milieu du square.*

Et pourquoi ne pas vous prendre au mot ? Vous devez bien pouvoir vous libérer une journée, ou même juste une nuit. Je vous ai déjà enlevé une soirée, il suffirait de prolonger le voyage de quelques heures et je sais déjà précisément où. Dites oui, nous allons être en plein équinoxe c'est la période idéale. Dites seulement oui et je m'occupe de tout, ce qui prend le plus de temps n'est pas tant le voyage que la paperasse, or j'ai quelques relations au macusa qui pourraient nous faciliter l'obtention de sorties du territoire.

*Il n'avait aucune relation, mais en farfouillant un peu, il était certain d'arriver à trouver un junkie à soudoyer. Les administrations étaient remplies de toxicos, c'était d'ailleurs l'une des secrètes raisons de la lenteur légendaire de leur fonctionnement, ou peut être était-ce la monotonie de leur travail qui les rendaient accros à la folie artificielle. Il porta l'ongle de son pouce à sa bouche pour s'empêcher de trop sourire, craignant le refus qui le mettrait d'humeur boudeuse alors que son bras autour de la hanche de la jeune femme s'était raffermit sous la tension.*

Dites oui, dit-il encore une fois, et je vous promets de vous faire passer la plus belle nuit de votre vie.

*Fier comme un paon à sa réplique, il n'attendait plus que la sentence de Jane*
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jane K. Conrad
Disparue
Disparue
avatar

Messages : 282
Date d'inscription : 15/02/2017
Etudes, métier : Infirmière
Baguette : Bois d'orme, 28 cm, ventricule de dragon

MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Sam 25 Mar - 18:37

Vous omettez-là un détail, Monsieur Ackley, objecta-t-elle le regard pétillant de malice. Lorsqu’Icare s’est laissé embraser, il n’avait nulle infirmière pour le rattraper dans sa chute vertigineuse. Or, nous savons tous deux que j’ai un certain talent quand il s’agit de soigner quelque blessure. Après tout, ce ne serait pas ma première brûlure, poursuivit la jeune femme dans un sourire taquin. Mais je crois que ce n’est pas le plus terrifiant. L’enjeu n’est pas de se brûler, c’est de se laisser envelopper dans les flammes sans s’y abandonner, luttant pour en sortir comme pour y rester. Le plus effrayant c’est de se brûler tout en y prenant goût. Avez-vous peur d’y prendre goût, mon cher botaniste ?

*Elle-même en avait quelques frayeurs, notamment en raison de sa méconnaissance en la matière. Si sa candeur avait un avantage certain pour le botaniste, elle était relativement handicapante pour l’infirmière. Jane avait la confiance fort limitée, et la donner aussi aisément au botaniste la mettait quelque peu en alerte. Un homme restait un homme. Pourtant, cette crainte profonde disparaissait dès lors qu’elle posait ses prunelles sur lui. C’était une première à laquelle elle ne pouvait échapper et à laquelle, elle ne voulait pas échapper. Et c’était là un aveu qui lui donnait quelques timidités, au-delà des apparences. En outre, il avait les mots. Non pas ceux qu’on offrait à une femme pour lui plaire, vanter ses mérites et ses beautés. Non, le botaniste avait un verbe beaucoup plus subtil, beaucoup plus approfondi que la plupart de leur espèce. Ses mots la convoitaient suffisamment pour ne pas se permettre d’être faux. Un avantage non négligeable pour le botaniste, ce qu’elle ne confesserait pas, bien entendu. Il n’en demeurait pas moins que, séduite, elle était prête à se mettre en danger juste pour connaître la prochaine provocation, la prochaine caresse, la prochaine aventure.
Quant à sa chasteté, la jeune femme savait qu’elle était en jeu. On aurait pu alors croire qu’elle se préservait pour l’homme qui la conduirait à l’autel, comme bien des femmes avant elle, pour ne pas dire pratiquement toutes. Lui comme elle savaient qu’il n’en était rien, ce qui rendait ce territoire inexploré encore plus convoitable. Il n’y avait là aucune chaîne en contrepartie, et c’était là un défi supplémentaire, ce dont Jane avait pleinement conscience.*

Mmh, j’ai toujours aimé ce verbe « transcender » songea-t-elle dans un sourire amusé. Oserai-je vous taquiner en vous interrogeant sur le sens que vous lui donner ? Après tout, mon cher Monsieur, il y a deux sens au verbe transcender.

*Transcendance. Allez savoir pour quelle(s) raison(s), mais ce terme-ci plaisait particulièrement à la sorcière. Il y avait quelque chose de poétique, d’inexplicable et de désirable dans ce mot de treize lettres. La transcendance c’était aller au-delà du rationnel. Y avait-il plus exaltant que l’irrationnalité ? Sa curiosité était touchée, ses territoires inconnus intéressés, son être entier était comme, soudainement, éveillé.
Transcender.
La première flamme venait d’être allumée.*

Mais je dois bien avouer avoir été touchée de vos efforts, poursuivit-elle enfin dans un élan de confession, et vous en avez gagné, je le crains, mon inclination. A vos risques et périls, cependant, avertit-elle de ce petit sourire amusé et entreprenant. C’est là, je suppose, une des conditions de cette dite mégalomanie. Vous êtes un aventurier Monsieur Ackley, et j’ai le sentiment profond que vous parvenez toujours à vos fins, peu importent alors les obstacles qui entraveront votre chemin.

*On notera bien évidemment la belle rime qui s’est infiltrée ici.
La douce impétuosité claytonienne donnait des ailes au caractère aventurier de la jeune femme. Ne disait-on pas souvent que derrière une brebis se cachait souvent un Fenrir affamé ? Jane se trouvait entre la brebis et le loup, sainte et pourtant curieuse, malicieuse et pourtant pleine de réserve ; elle avançait tout doucement vers une pente sinueuse, une pente jamais empruntée. Mais au-delà de ce vertueux détail, elle se positionnait surtout sur un échiquier face à l’esprit espiègle et expérimenté de son cher botaniste. Jane aimait jouer, et elle l’avait déjà sous-entendu à plusieurs reprises. Toutefois, plus ils avançaient et se lançaient de légers défis, plus elle se sentait l’âme d’une croisée. Non pas qu’elle souhaitait défendre son territoire, elle désirait simplement lui tenir tête ici et là, le mettre en difficulté, en bref attiser son inclination.*

Je crois, au contraire, qu’il s’agit là d’une bataille qui dépasse nos deux égos, et que le nom de « croisade » lui sied assez. Je suis une terre sainte après tout ! claironna-t-elle avant de se mordre la lèvre devant son aveu candide. Pour le reste, je proscris le terme de guerre dans son aspect le plus sanglant, affreusement barbare et indigne de nos capacités et de nos armes.

*Et soudain, elle vit le regard du botaniste se teinter d’une nouvelle lueur : une lueur d’excitation. Intriguée, la jeune femme écouta le sujet de cet émoi et eut un sourire taquin devant l’anaphore qui suppliait sa réddition. Qui n’avait jamais rêvé de fuir une nuit, une journée, avec l’objet de son inclination ? Jane eut un léger rire tandis qu’elle baissait légèrement le visage pour cacher sa convoitise soudaine.*

Une promesse, Monsieur Ackley ? demanda-t-elle d’une voix douce en venant frôler le bras sur sa hanche de ses doigts rêveurs. Est-ce bien raisonnable ?

*Un sourire de complaisance vint prendre possession de ses lèvres.*

Vous savez pourtant que je vous la ferai tenir, souffla-t-elle en relevant soudainement le visage, une lueur espiègle dans le regard. Je vous mets donc au défi d’essayer, votre voeu est accordé.

*Pour ne pas dire le sien aussi.*

Votre destination, votre journée et votre nuit, vous avez carte blanche. Voilà qui devrait vous occuper jusqu'à notre prochaine rencontre, s'amusa-t-elle en venant poser - une poignée de secondes - ses lèvres sur sa mâchoire avec douceur. Voici un ultime avantage pour ce soir, je le reprendrai bien assez tôt, nous le savons tous deux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Clayton Ackley
Sérial Posteur
Sérial Posteur
avatar

Messages : 279
Date d'inscription : 08/02/2017
Age : 31
Etudes, métier : Botaniste/Herboriste, Globe-trotteur
Baguette : Bois de vigne, Épine de monstre du Fleuve Blanc, 33cm, flexible

MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Dim 26 Mar - 17:19

*L'infirmière savait soigner les blessures en effet, mais Clayton était persuadé, sans doute à la propre ignorance de la demoiselle, qu'elle savait aussi très bien blesser. Toutes les femmes savaient se montrer cruelles au contact des hommes. Mais l'heure n'était pas venue pour lui de faire ressortir cette facette de la personnalité féminine, laquelle trouverait son acmé dans l'indifférence. L'heure était au doux balbutiements du cœur, aux effleurements discrets qui vous laissaient les mains moites et aux paupières closes lorsqu'on se remémorait l'odeur du corps dont tout restait à découvrir. Il sourit pourtant dans une mimique pleine de suffisance et d’orgueil typiquement masculine, menton relevé, oubliant momentanément cet antagonisme à la douceur des femmes tout subjugué qu'il était par les charmes nouveaux de l'instant. Les femmes rendaient les hommes amnésiques, c'était là un autre drame.*

Je n'ai peur de rien ma chère Miss Jane. L'inconnu fascine, je suis donc prêt à prendre le risque de me confronter à cette inertie dévorante, à cet immobilisme qui ne se nourrit que de plus de chaleur.

*Dit-il avec une confiance excessive, persuadé que la passion amoureuse était encore bien loin de lui, et avec elle, ses tourments délicieusement ravageurs. Jane était une terre à conquérir, or la conquête n'était-elle pas la définition même du désir ? Le désir qu'il éprouvait pour elle était tendre, ineffable. Surtout, il était aussi intellectuel qu'organique, et en ce sens aussi, elle faisait l'exception. Peut être même faisait-elle la différence au regard de toutes les autres, une particularité sur laquelle il ne mettait pas encore le doigt, non qu'il soit trop stupide, mais il appréciait tellement de vivre ce présent sans se questionner qu'il ne voyait pas une seule raison de plonger dans de longues et ennuyantes introspections. Les rêves ne se matérialisaient qu'avec une confiance inébranlable en l'avenir, douter de l'issue c'était déjà renoncer à les vivre.*

Puisque je dois clarifier ma pensée, voici comment je le conçois. Transcender, c'est le dépassement, c'est sublimer. Ce n'est pas détruire mais transformer quelque chose de déjà beau pour atteindre le merveilleux, c'est toucher les étoiles lorsque l'on regarde l'horizon. Je vous ai menti Miss Jane, je ne suis pas gourmand, je suis un affamé.

*Il pinça ses lèvres l'une contre l'autre comme pour étouffer cette faim qui ne demandait qu'à se faire entendre. Elle l'appelait « aventurier », un terme qu'il affectionnait et qu'il essayait de rendre aussi tangible que possible. Mais elle aussi se révélait aventurière, un peu plus à chaque instant qu'ils passaient ensemble, un aspect bien ancré dans sa personnalité mais auquel il devinait être l'un des rares auprès de qui elle se laissait glisser vers cette dangereuse disposition. Il l'y poussait même éhontément. L'évocation de la terre sainte de Jane qu'était Jane, lui arracha un petit rire. Son impétuosité toute en modération n'avait rien à envier à la sienne.*

Je n'aime pas les revers en effet, et si je dois en connaître, alors que celui-ci ne me serve qu'à mieux rebondir. On dit souvent qu'on apprend de nos échecs, moi je dis qu'on y façonne notre pugnacité. Cependant, il n'est pas toujours besoin de lutter jusqu'à se rompre. Il arrive parfois, merveilleux hasard, que les désirs des uns rencontre les besoins des autres. Si je dois gagner quelque chose sur vous mademoiselle, c'est pour obtenir cette victoire pure et parfaite qui nous laissera tous deux pleinement satisfaits.

*Dit-il en restant suffisamment nébuleux pour ne pas dévoiler trop clairement ce qui le ferait réellement jubiler de triomphe sur l'innocente mais non-candide infirmière. Ses doigts se refermaient à intervalles régulier sur le manteau de Jane, caressant l'étoffe dans un geste traduisant sa nervosité et son impatience. Il retrouva vite son sourire, sa taquinerie ne pouvait signifier qu'une seule chose : elle acceptait de réaliser son vœux. La lueur devint flamme dans ses yeux, il exultait intérieurement tel un enfant ayant gagné la plus grosse peluche à la kermesse d'une paroisse, l'obligeant à se tempérer.*

Parfait, je suis meilleur sous la pression.

*Dit-il en ayant l'air sur de lui alors que tous les neurones de son cerveau étaient en alerte rouge. Il était enthousiaste mais pas complètement stupide. Il avait déjà le programme en tête et supposait qu'il plairait à la jeune femme, mais la connaissait-il assez pour pouvoir faire de cette supposition une affirmation ? Il la regarda avec un sourire de conquérant alors qu'elle retirait ses lèvres de sa mâchoire. Il se retenait, mais l'impétuosité se devait d'exploser et c'est après quelques secondes latentes qu'il se releva en saisissant la demoiselle au niveau des côtes pour la soulever et lui faire faire un tour dans le même mouvement, poussant un cri de victoire. Clayton n'était pas d'une force herculéenne, même si son enfance à travailler aux champs l'avait rendu bien plus costaud que ce qu'on pouvait attendre d'un grand dandy maniéré, mais Jane elle, était aussi petite que menue, un petit oiseau en somme.*

1-0 pour Ackley.

*Claironna-t-il en la reposant à terre alors que les cloches d'une église sonnaient minuit quelque part au loin. Puis il se fit plus calme et lui offrit une révérence aussi élégante que désuète.*

Vous n'aurez pas à regretter ce temps que vous me confiez. En attendant, puis-je vous raccompagner jusqu'à chez vous ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jane K. Conrad
Disparue
Disparue
avatar

Messages : 282
Date d'inscription : 15/02/2017
Etudes, métier : Infirmière
Baguette : Bois d'orme, 28 cm, ventricule de dragon

MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Dim 26 Mar - 19:07

*Elle comptait, elle aussi le surprendre. Jane avait, en effet, quelques plans en tête. Des plans qui ne les concerneraient que tous deux, dans lesquels elle n’inclurait personne d’autres. Pour la première fois, elle se sentait l’âme à s’ouvrir, à se laisser découvrir et à se découvrir elle-même. Elle était prête à goûter à ce qu’on appelait couramment « partage » et « réciprocité », mais elle était surtout envieuse de cette surprise qui, disait-on, exaltait les âmes et émerveillait les regards. Face à la détermination du botaniste, sa curiosité grandit et son impatience déploya ses longues ailes en elle. La jeune femme prenait pleinement conscience de ce qu’il s’y passait, de cet éveil soudain et délicieux qu’elle allait devoir apprendre à contrôler pour ne pas tomber dans la niaiserie ou les affres de l’émoi. Mais… une chose était sûre … c’était galvanisant.

Loin d’imaginer qu’elle était comparée à une énorme peluche de kermesse, Jane eut un sourire amusé devant la vantardise du botaniste. C’était pourtant dangereux, à double tranchant. Les exigences de Jane, bien qu’accessibles, n’étaient pas communes, et tous deux le savaient. Ce qui ne facilitait pas les choses. Pourtant, elle savait qu’il se dépasserait, qu’il essaierait. Par provocation et par fierté -probablement-, elle lui donnait l’impression d’un lourd challenge, comme si ses attentes dépassaient de loin les traditionnelles. Or si Jane n’était pas une femme à traditions, elle n’avait en revanche aucune attente particulière si ce n’était la seule attention du botaniste. Contrairement aux apparences et aux craintes du botaniste, elle était une femme qui se satisfaisait de peu. Jane appréciait la simplicité des choses et leur beauté, si bien que c’était un pari gagné d’avance pour l’homme à ses côtés. Le tout était de laisser son ego en paix, comme souvent, quoi que cette confrontation de leurs deux egos pourrait sensiblement finir par tourner à leur avantage, un jour peut-être.

La jeune sorcière fut alors arrachée brusquement de ses songes. Un léger cri de frayeur s’échappa de ses lèvres sous la surprise tandis qu’elle se faisait soulever le plus naturellement du monde. Alors qu’elle prenait appui sur ses épaules, son regard rencontra celui joyeux et claironnant de son compagnon nocturne, et ne put qu’en briller de satisfaction et de complaisance. Jane rit d’innocence et de tendresse, toute en timidité. Cette joie soudaine, cette impatience indescriptible étaient communicatives. Et si cet instant ne dura que quelques secondes, elle se promit de l’inscrire dans sa mémoire, car demain n’était jamais fait, et qu’au-delà de leur bulle, le monde n’était pas tout aussi lumineux. Si vivre au présent était indispensable, forger de nouveaux souvenirs et s’en rappeler était tout aussi important. C’était parfois dans sa mémoire que l’Homme retrouvait une étincelle de bonheur à laquelle se raccrocher, une étincelle de détermination. Ainsi savait-elle qu’à son coucher ce soir, mais aussi à son lever demain, ce serait ce cri exultant qu’elle entendrait, et cette flamme dans ses yeux qu’elle reverrait.

L’homme reposa alors une Jane rayonnante au sol, une Jane qui retira lentement ses mains de ses épaules. Elle les fit glisser sur le haut de son torse, dans une de ces dernières caresses lascives que l’on offrait, comme une promesse muette pour un jour prochain. La jeune femme lui sourit avec une tendresse renouvelée, une tendresse qui n’était pas celle qu’elle portait communément. Son oreille se tendit alors à l’entente des douze coups de minuit, et Jane ne put que rire d’allégresse.*

Me voici comme Cendrillon, déclara-t-elle en lui rendant sa révérence à la manière des gentes dames, dans l’obligation de fuir avant le douzième coup de minuit. Suis-je prête à me laisser raccompagner alors qu’à tout moment je pourrais me métamorphoser en quelque chose de monstrueux, de laid ou de grotesque ? C’est là un risque à prendre…

*Le sourire énigmatique aux lèvres, elle se fit violence pour ne pas tester une transformation devant lui. Mais elle devait remettre cette surprise à plus tard, la réserver comme un atout dans sa manche, afin de délicieusement le surprendre. La sorcière allait devoir s’entraîner davantage pour être prête pour cette escapade, s’efforcer à atteindre la transformation absolue. Alors la buse noire déplairait ses ailes et s’envolerait visiter les différentes contrées, visiter les nuages et admirer les étoiles d’un peu plus près. La jeune femme se retint donc et s’approcha pour prendre le bras du botaniste.*

Vous pouvez, répondit-elle enfin le petit sourire en coin. Ce n’est qu’à quelques pas d’ici, mais nous ne sommes jamais trop prudents, n’est-il pas ?

*Et tandis qu’ils avançaient vers la sortie du square, Jane eut un dernier regard pour lui. Dans son esprit, il y aurait toujours un carrousel ici, un carrousel lumineux où tous les rôles étaient permis.
Elle resserra davantage son emprise autour de son bras, avec une certaine affection, et savoura le sentiment qui déferlait dans son être entier.*

C’était une très belle soirée, déclara-t-elle avant de murmurer doucement d’une façon presque inaudible, Clayton.

*Son prénom seul venait d’être prononcé, ce dont Jane ne s’était pas encore permise jusque-là. Et si cela pouvait paraître comme une familiarité – inconvenante de surcroît – c’était une marque de respect pour elle, de reconnaissance. Il n’était plus l’inconnu, ni son patient Monsieur Ackley, il devenait l’homme pour lequel elle ressentait un « elle ne savait quoi » : Clayton.*
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Clayton Ackley
Sérial Posteur
Sérial Posteur
avatar

Messages : 279
Date d'inscription : 08/02/2017
Age : 31
Etudes, métier : Botaniste/Herboriste, Globe-trotteur
Baguette : Bois de vigne, Épine de monstre du Fleuve Blanc, 33cm, flexible

MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Lun 27 Mar - 16:12

*Il admira le sourire de Jane qui se reflétait au sien, il en avait peut être fait un peu trop, mais le trop pouvait aussi se montrer appréciable. Il prit une profonde inspiration et quitta le square la jeune femme à son bras. Lui, n'eut aucun regard en arrière. Jamais.*

Voyons, des haillons n'ont jamais fait d'une belle femme quelque chose de grotesque. Vous devriez plutôt vous inquiéter de ce que je ne réclame pas votre chaussure pour être certain de vous retrouver, vous laissant claudicante dans les rues de New-York.

*Il lui fit un clin d’œil alors qu'ils enchaînaient les rares rues les séparant de son appartement. En chemin, ils passèrent devant cette église un peu miteuse dont ils avaient entendu carillonné les cloches. Au pied de l'édifice, presque entièrement en bois à l'exception des fondations, un petit groupe de non-maj psalmodiaient une litanie incompréhensible. Ce n'est que lorsqu'ils parvinrent à leur niveau, que Clayton perçu les mots « sorcières », « infâmes » ou encore les termes de « purge purificatrice pour nettoyer la terre de dieu de ces démons impies ». Le bras de Clayton se resserra imperceptiblement contre son buste, une manière discrète de resserrer sa prise sur la sorcière. Sa mâchoire se crispa alors qu'ils dépassaient les Fidèles de Salem, ou plutôt « les aliénés de Salem » comme il aimait les appeler.

Jane, comme de mauvaise augure, lui avait dit que nous n'étions jamais trop prudent, se remémora-t-il. Pourtant, il ne leur jeta pas même un regard, ne souhaitant pas laisser cet incident gâcher la félicité du moment. Il était même bien décidé à transformer ce triste hasard en une petite victoire égoïste. Ils les avaient à présent dépassé de 3 pas quand il se mit à tousser.*

Excusez-moi.

*Dit-il à Jane alors qu'il retirait son bras pour se retourner. Se faisant, il sortit la main de sa poche et porta son poing à sa bouche pour étouffer une violente quinte de toux en direction de ce qu'il considérait être des parasites. Il se tapota ensuite au niveau du plexus solaire et revint à son infirmière pour reprendre leur marche. Derrière eux, les excités de la torche s'étant trouvé à proximité du botaniste, commencèrent à se gratter férocement les rares endroits de leur peau restée dénudée malgré le froid. Il hâta le pas avant que les pustules commencent à apparaître trop clairement sur leur visage immonde. Quiconque se serait trouvé à la hauteur de ses reins, aurait alors pu percevoir une fine poudre tomber de sa main gantée qu'il frotta contre son manteau.*

J'ai avalé ma salive de travers.

*Dit-il avec un sourire d'excuse. Après ce petit incident qui l'avait mis, finalement, dans d'encore meilleures dispositions, ils arrivèrent aux pieds de l'immeuble de l'infirmière et au temps des adieux.*

Ce fut une belle soirée pour moi aussi.


*Lui dit-il enfin. Il relâcha son étreinte pour qu'elle puisse rentrer dans son immeuble. Alors qu'elle le dépassait, il lui saisit la main et y apposa, sous un regard cajolant, un baiser sur les premières phalanges pour un au revoir plus intime. Elle avait prononcé son prénom pour la première fois, et, narcissiquement, il ne pouvait s'empêcher de penser que ces 7 lettres sonnaient bien sur les lèvres séduisantes de l'infirmière, suffisamment bien pour qu'il fasse naitre l'envie de l'entendre encore bien d'autres fois.*

Dormez bien Jane.

*Il la lâcha définitivement en poussant un petit soupir, fit quelques pas à reculons, et se décida enfin à lui tourner le dos. Il traversa alors la rue au petit trot pour s'enfoncer dans un coin plus sombre et disparaître dans un plop discret. Cette nuit là, Clayton allait faire son second rêve sur Perigourdine, non sur l'enfant ou sa naissance, mais sur sa conception, laquelle était accompagnée par la mélodie de son prénom murmuré à son oreille.*
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jane K. Conrad
Disparue
Disparue
avatar

Messages : 282
Date d'inscription : 15/02/2017
Etudes, métier : Infirmière
Baguette : Bois d'orme, 28 cm, ventricule de dragon

MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Lun 27 Mar - 22:53

*Elle les avait perçus. Pire elle les avait entendus, elle aussi. Son regard étincela d’une lueur mauvaise, ce qui n’était en rien courant chez elle. Elle-même n’en eut pas réellement conscience. Pourtant, elle était bien là, cette lueur dangereuse, menaçante. Jane avait déjà sa main dans sa poche alors même qu’elle abhorrait la violence. Mais en cet instant, la jeune femme aurait pu user de toute la violence du monde, d’une part parce qu’on ne contrariait pas les femmes charmées par le moment, d’autre part parce qu’on n’approchait pas l’objet de ses désirs. Deux points importants qui, pour une fois, ramenaient Jane à son espèce. Parallèlement, depuis l’épisode de la famille Thompson, qu’il lui semblait revivre tous les jours dans le regard de la jeune Héloïse, Jane avait un sentiment d’amertume dont elle ne parvenait pas à se débarrasser. Elle maudissait les Adeptes de Salem de tout son petit cœur d’infirmière, et les maudissait tant et si bien, qu’à la moindre menace vis-à-vis d’eux, elle aurait attaqué. Après tout, elle les tenait responsable du comportement des non-maj’ en général. Ils étaient ce petit caillou dans leurs chaussures, celui dont on avait beau se débarrasser mais qui revenait toujours à la charge.

En cet instant pourtant, c’était bien quelque chose d’autre qui la motivait réellement. Bien sûr, il y avait un tout, une colère profonde, mais il y avait surtout un Clayton à son bras. C’était là une motivation différente, quelque chose qui la dépassait et qui titillait la main posée sur sa baguette. Cependant, rien ne se passa, et ils n’eurent même pas un regard pour eux. Qui aurait pu les soupçonner dans un tel instant ? Jane relâcha ainsi la tension qui tendait tout son corps jusqu’à ce que le botaniste ne s’échappât de son emprise. Elle arqua un sourcil discret et l’observa de dos. Quelque chose lui disait que … Mais peu importait le coup d’instinct qu’elle venait d’avoir et la pauvre excuse, si peu crédible qu’il lui donna. Jane refusa de comprendre, de voir, ou même de savoir. Seule la soirée qu’ils venaient de passer comptait actuellement dans son esprit, et c’était bien suffisant. Elle reprit alors son sourire comme si rien ne s’était passé et finalement regretta intérieurement d’être déjà arrivée à bon port.

Un baiser charmant et un regard qui la fit légèrement rougir, et Jane ne put que sourire de complaisance. Elle lui rendit son regard et murmura d’un air entendu.*

Cela ne fait nul doute.

*La jeune femme le regarda s’éloigner et finalement rentra chez elle, le sourire badin aux lèvres. Elle aurait pu alors conter cette soirée à la douce Daisy, comme un petit commérage, mais n’en fit rien. Peut-être égoïstement d’ailleurs … Jane voulait garder cette soirée pour elle encore quelques heures. Elle eut alors un regard pour la tulipe de Siam qu’elle avait immortalisée et s’effondra sur son lit, profitant de la volupté de son esprit pour rêver à des moments plus tendres qu’à l’habituée, des moments d’aventures et de plaisir.*
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    

Revenir en haut Aller en bas
 
[CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» Peut-on se passer de la farine de blé ?
» Peut-on Esperer Un Changement En Haiti ????
» visite chez le gynéco
» The beginning of a new life [PV : Logan] terminé
» Je n'aurais peut être pas dù (pv Samus)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MACUSA :: NEW YORK CITY :: MANHATTAN :: MIDTOWN-
Sauter vers: