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 [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !

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Jane K. Conrad
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MessageSujet: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Sam 11 Mar - 21:55

Jeudi.

Jane, sur sa pause de midi, avait réussi à s’échapper de l’hôpital pour parcourir les quelques boutiques qu’elle connaissait de vue. Si peu dépensière, la jeune infirmière ignorait tout de la mode, de ce monde-là qui n’était pas le sien. Elle dût s’y perdre pour trouver chaussure à son pied, une robe suffisamment élégante, dans laquelle pour autant elle ne se sentirait pas surfaite. Conviendrait-elle au botaniste ? Là était toute la question.
Sa sœur, dans la journée, l’avait interrogée avec assiduité. Quelque chose clochait chez son aînée, elle le savait. Mais Jane n’en dit mot.
Le soir, elle rentra et s’installa à son petit atelier particulier où elle s’exerça d’abord à se métamorphoser avant de se concentrer ses enchantements. La jeune femme aimait particulièrement façonnée le verre de sa magie, et bien évidemment, elle ne manqua pas de reproduire la tulipe de Siam comme un souvenir de la soirée passée.


Vendredi.

Le Vendredi était la journée de la semaine dédiée à Jack, son cher « mécène ». Mécène, parce que sous son aile, elle était devenue une artiste aux cartes, une maîtresse des jeux, fait dont elle tirait une certaine fierté mais aussi une certaine honte. Jane jouait les samedis soirs, là où les candidats étaient les plus nombreux. Le Vendredi, lui, était réservé pour toute autre chose. C’était le jour de paiement. La jeune femme jouait un rôle de femme et fille au foyer pour le veuf qu’était Jack.
En fin d’après-midi, elle avait donc gagné les quartiers de son mentor pour y cuisiner du pain à la viande, une de ses spécialités, et du Crack pie, tarte préférée du gérant du Niffleur Tricheur.
Tous deux discutaient beaucoup. Jane ne cachait jamais rien à l’homme qui lui avait sauvé la vie, c’était une règle d’or à laquelle elle ne comptait pas déroger. Ainsi lui parla-t-elle du célébrissime Clayton Ackley, ce qui eut pour effet de retrousser le nez de Jack.

« Ma chère enfant, sois prudente. Les hommes ne sont jamais ce que l’on pense. Ne te laisse manipuler. Tu as des combats bien plus importants que celui-ci.
- J’en ai parfaitement conscience, Jack, avait-elle alors répliqué avec une fermeté qui l’avait elle-même surprise. Je connais les enjeux, et vous le savez aussi bien que moi. Je ne ferai rien qui mette en péril les chances que j’ai de sauver Emily.
[…]
- Et ton projet ? demanda l’homme enfin en posant sa main sur l’avant-bras de l’infirmière. Es-tu parvenue à un quelconque résultat ? Les mois passent, Jane, et ta réputation commence à s’étendre. A les démunir autant, tu ne fais qu’accroître leurs tentations. Tu n’imagines pas tout ce qu’ils veulent et espèrent te faire un jour.
- Croyez-vous réellement que je l’ignore, Jack ? Mais cet argent est indispensable pour ces enfants et pour acheter ce futur donneur. Je ne renoncerai pas maintenant … souffla-t-elle en se concentrant vivement pour faire apparaître sur sa main des plumes noirâtres jusqu’à son avant-bras. J’y suis presque. »



Samedi.

Journée noire à l’hôpital Ste Morgane jusqu’aux coups de 20h00. Emily rechutait et ses petits prétendants avaient été effrayés par un individu échappé d’un autre secteur, à l’aspect momifié, dos courbé et regard complètement hagard. Miss Jane avait dû voler à leur rescousse et les rassurer avec tout le cœur dont elle était capable. Mais la demoiselle avait le cœur bien lourd et les prédictions de Monsieur de Brocéliande ne firent rien pour l’arranger. Heathcliff tenta bien de la secourir, mais la Têtue s’y refusa, plaçant un mur entre elle et tout ce qui l’entourait. Il s’en remettrait. Le soir venu, elle se changea pour gagner les tables du Niffleur Tricheur où elle déversa ses peines dans les cartes.

Une fois chez elle, elle tomba sur la tulipe de Siam et décida de rédiger un mot à ce cher Monsieur Ackley. Qu’en espérait-elle ? Pas grande chose, un simple sourire peut-être.

« Cher Monsieur Ackley »

Ce fut tout ce qu’elle put écrire. La jeune sorcière n’aimait pas faire étalage de ses états d’âme. Elle resta longuement devant la formule affective, incapable d’aller plus loin. Que penserait-il d’elle, si déjà, elle se tournait vers lui pour y soulager son âme ? Jane brûla le parchemin d’un coup de baguette et gagna son atelier de fortune. Il se faisait déjà tard. L’Eglise avait déjà sonné les douze coups de minuit depuis une heure déjà, peut-être plus. Seulement la sorcière avait un plan en tête. Elle sortit d’abord son livre d’herbologie, datant d’un achat lointain, et chercha activement les représentations de la rose et du muguet. Jane prit un petit bloc de verre face à elle, et commença à sculpter lentement la forme du brin de muguet. Ses prunelles mimaient sa concentration tandis qu’elle repensait aux paroles énigmatiques du botaniste. Guérir un cœur… Si elle s’y était attendue. Pourtant, elle ne s’en sentait pas effrayée. Au contraire, elle était prête à écouter, comprendre et même soigner du mieux qu’elle pouvait. Elle y mettrait autant de concentration et d’affection que dans ce brin de muguet qui lui prit du temps et de la patience.
Jane s’attaqua ensuite à la rose. Elle ne la voulait pas épanouie, ni totalement close. Il devait y avoir une légère ouverture, une faille qui poussait à un regard vers le cœur. Une métaphore, comme Jane les aimait. Le temps s’écoulait et finalement, la sorcière affina ses deux fleurs pour les nouer magiquement par les tiges, comme deux choses indissociables pour une même entité, un Clayton Ackley.
Jane dût ensuite chercher un autre morceau de parchemin, lequel elle enroulerait autour de sa composition avant de la confier à sa chouette Lully.

« Ne jamais renier l’enfant qui se trouve dans le cœur de l’adulte. Il est sa conscience, il est ses rêves, il est encore cette part d’innocence que l’on retrouve dans chacun de ses sourires. Je saisirai sa main, je saisirai leurs deux mains.

Lundi, 19h, Immeuble 85, 5th Avenue, Midtown.

Miss Jane. »



Dimanche.


Jane ne dormit que peu, ce qui ne rendit pas sa journée des plus faciles. Face aux difficultés respiratoires d’Emily et sa faiblesse, elle décida d’éclairer sa cadette sur son comportement inhabituel. L’évocation du botaniste fit son petit effet et combla le cœur de l’enfant malade. Et contrairement à Jack, Emily ne lui fit aucune recommandation si ce n’était de vivre enfin.
Héloïse, fille de Gregory Thompson, eut la même réaction, ce qui amusa profondément l’infirmière. Mais avec Héloïse, elle se permit d’évoquer ses craintes, ses petits états d’âme, car l’enfant aimait tout simplement avoir des réflexions d’adulte, et guider Jane comme si elle vivait à travers elle.
Le soir, l’infirmière s’effondra de fatigue sur l’oreiller.


Lundi.

Jane se réveilla avec lenteur. Ce jour attendu avec impatience était enfin là. Nullement angoissée quant au dîner en tête à tête, l’infirmière vécut sa journée comme une autre, en moins fatigante peut-être. Exceptionnellement, elle quitta plus tôt le travail, au grand damne de ses petits prétendants qui ne manquèrent pas de lui reprocher un trop grand délaissement. Fait qui ravirait ce cher Monsieur Ackley, à n’en pas douter.
Jane gagna son petit loft, après avoir grimpé les six étages habituels. Elle se sentait soudainement tendue. Son ventre se nouait au fur et à mesure que les minutes défilaient, signe de son inclination pour le botaniste. Ce n'était pourtant pas le moment de paniquer. Jane dût s'intimer au calme et chercher sa boîte à musique qu’elle remonta avec soin avant de se laisser bercer.

Une heure plus tard, elle terminait de nouer la natte qu’elle laissa tomber sur son épaule droite. Jane tira sur les quelques mèches qu’elle estimait trop sévèrement nouée et se contempla enfin. Elle avait misé sur une robe beige qui s’arrêtait à ses genoux. Cette tenue, dans laquelle Jane ignorait réellement comment se sentir, possédait des motifs fins et arrondis saupoudrés de paillettes d’époque, lesquelles heureusement la sorcière ne perdait pas sur son passage ; elle ne recouvrait pas non plus ses bras, ni même ses épaules, du moins pas dans leur intégralité. Elle avait fait un réel effort pour cette soirée et n’ajouta rien de plus si ce n’est un très léger parfum offert par sa mère lors des dernières festivités familiales.

Jane ajusta ensuite son trench qu’elle ferma en raison de la fraîcheur hivernale. Elle enfila ses talons et attrapa la bretelle de son petit sac qu’elle ramena sur son épaule. Fin prête, elle quitta son chez elle, le ferma magiquement avant d’apparaître, par transplanage, sur le seuil de l’immeuble. Et bien évidemment, il était déjà là. L’infirmière eut le sourire rayonnant tandis que son angoisse s’envolait. L'effet claytonien sans doute... Elle inclina la tête de politesse et salua d’une voix douce.*

Monsieur Ackley, quel plaisir de vous retrouver sur le seuil de mon immeuble.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Dim 12 Mar - 12:48

*La semaine de Clayton avait été éprouvante. La présence d'une étudiante bougonne avait apporté du piment, et pas du bon, dans sa vie. Entre reproches, œillades noires, menaces à peine déguisées et cynisme dont le sens échappait trop souvent à l'apprentie, le botaniste avait eu le temps de : prendre l'air régulièrement, boire, se frustrer, s'agacer, faire semblant de lire en la regardant récurer, travailler son plus beau sourire, aiguiser sa langue, mais s'ennuyer, certainement pas. Cependant, ces quelques jours avaient été ponctués de 4 autres faits marquant.

Jeudii matin au réveil, voyant Brigitte flétrir à vue d’œil toujours accrochée au montant de son lit, Clayton avait décidé de l'honorer comme il se doit. Retardant le moment de son petit-déjeuner, il était allé cherché des crayons gras dans son bureau et était revenu offrir le visage qu'il pensait devoir au ballon bleu. Même s'il savait que dresser ce portrait était inutile et que personne n'en verrai jamais le chef d’œuvre, pendant une demi-heure il mit tout son cœur à l'ouvrage sous le regard sceptique d'une Wendy passant dans le couloir en se demandant si cet homme n'était pas encore plus sérieusement atteint qu'escompté. Une fois satisfait du visage féminin aussi séduisant que sa couleur bleutée le permettait, il abandonna Brigitte à sa flottaison et partit déjeuner.

Ses soirées. Celle du jeudi avait été consacrée à ses comparses révolutionnaires. Il n'était pas question ici de jeunes gens de classes populaires brandissant bien haut le poing de l’insurrection, mais d'hommes et de femmes en majorité d'âge mur, Clayton passant presque pour un bébé, débattant des meilleurs moyens de faire souffrir le MACUSA un brandy dans une main et une pipe dans l'autre. La soirée pourrait être vu comme à la fois ennuyante et inutile, si le scientifique n'y croisait pas quelques pairs un peu plus intéressant dont il aimait, sans doute un peu trop, le regard de déférence cajoleuse qu'ils lui portaient. C'est que l'homme souhaitait 2 choses plus que tout au monde : apaiser l'amertume qui le rongeait et devenir quelqu'un.

La nuit du vendredi soir apportait sont lot de distractions. Loin du gentleman présenté devant l'infirmière, il était redevenu lui-même, ou peut être s'était-il à nouveau éloigné de l'essence même de son être, cet avis pouvant diverger selon le degré d'honnêteté que le botaniste était prêt à y mettre. Ici, pas de vieux croulant mais un rassemblement de jeunes bourgeois et de mondains triés sur le volet, bien sous tout rapport la journée mais qui, à la nuit tombée, avaient une dangereuse inclinaison pour tout ce que l'on pouvait considérer comme « abusif ». Comme presque toujours, Clayton était l'un des petits roi de la soirée, ses mots, sa soif et son bagout lui donnant l'avantage. Comme pour asseoir sa place en haut de la pyramide, il distribuait à qui le méritait les baies de belladone immatures aux puissantes propriétés hallucinogènes. Se réservant celle qu'il savait être la meilleure, il termina cette soirée allongé sur un sofa, déconnecté du monde dont il se remémorait quelque part, qu'il devait être bruyant et grouillant de gens. Planant à l'état léthargique dans un monde d'illusions, il cru sentir à un moment une langue s'insinuant dans sa bouche, mais était-ce un fait réel ou issu de son imagination ? Il n'aurait su le dire, pas plus qu'il ne serait capable de se souvenir de la suite.

Le quatrième fait marquant eut lieu tard le lendemain. Malade comme un chien, il était rentré chez lui par Merlin seul savait quel moyen (dans son enfance, sa non-maj de tutrice parlait souvent d'un dieu des ivrognes, Clayton pensait parfois que s'il y avait un dieu pour lui quelque part, ça devait être celui-là). La baie de belladone qu'il s'était réservée avait vraiment été la meilleure, c'était à peu près la seule chose qu'il fut capable de se remémorer durant cette journée passé enfermé dans sa chambre à vomir dans une corbeille à papier. Allongé sur son tapis, pâle, en sueur et la respiration difficile, l'homme n'avait plus rien de superbe en cet instant. Le soir était tombé lorsqu'un hibou s'insinua dans sa cheminé et vint déposer un épais courrier dans sa main. Usant de toutes ses forces, il leva ses mains au dessus de sa tête pour défaire le parchemin quand ses doigts se refermèrent sur l'objet qu'il contenait : les deux fleurs en verre jointes sur une tige. Il n'avait nullement besoin de lire le mot, qu'il aurait été incapable de déchiffrer de toute façon, pour savoir de qui l'attention provenait. Basculant sur le côté, ses yeux s'accrochèrent à la fleur, car elles ne faisaient plus qu'une, un petit sourire étirant ses lèvres blanches. Il ferma les yeux et s'endormit à même le sol pour un sommeil réparateur.

C'est après cette semaine tristement banal, que l'homme transplana avec un peu d'avance à l'adresse indiquée sur le petit parchemin qu'il avait lu le dimanche à son réveil. Souriant et en pleine forme, il avait tout de l'homme qui avait passé une semaine paisible. S'il connaissait les poisons, il savait aussi comment s'en remettre, du moins une fois qu'il avait suffisamment émergé de son delirium. Habillé avec beaucoup d'élégance, comme toujours, et douché de frais, il ne sentait presque pas la cigarette, fait rare au cours d'une journée. Il faisait les 100 pas aux pieds de l'immeuble, les mains dans ses poches pour se protéger du froid malgré ses gants en cuir d'une manufacture délicate (plus délicate que chaude en réalité), lorsque la jeune femme apparu sur le perron. Levant les yeux vers elle, il lui rendit spontanément son sourire.*

Bonsoir Miss Jane. Quel plaisir que vous me rejoignez sur le seuil de votre immeuble.

*Comme lors de leurs excursions au jardin botanique, il lui présenta son bras pour faire le chemin en sa compagnie.*

Par chance, mon jongleur pakistanais ne se trouve qu'à quelques minutes à pieds d'ici.

*Ils se mettaient déjà en route.*

J'espère que vous avez passé une bonne semaine, la mienne a été tranquille quoi que... j'ai reçu un bien étrange présent, un brin de muguet et une rose devenue siamoises. Symboles d'amour et de bonheur entre-mêlés, ne trouvez-vous pas ça étrange ? J'ai également, hélas, une triste nouvelle à vous annoncer, mais mettons-nous au chaud pour en parler.

*Dit-il en arrivant non loin du restaurant sobrement appelé « Le Vinci ». C'était un établissement chic sans être ostentatoire, à la lumière suffisamment tamisée pour permettre à chacun de s'adonner à ses petits larcins. Clayton le savait bien et à la table donnant sur la rue qu'il avait spécifiquement demandée, il en réservait un à son infirmière. Mais pour le moment, ils pénétrèrent dans le restaurant où le botaniste tint la porte à son agréable rendez-vous, avant de lui repasser devant comme le voulait les convenances. Arrivé à table, il prit une nouvelle fois les devant sur le serveur pour lui tirer sa chaise et prendre enfin place en face d'elle. C'était une nouvelle démonstration de son extrême savoir vivre.*

Vous êtes très en beauté. Vous avez une préférence pour le vin ?
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Dim 12 Mar - 17:40

*A des kilomètres de la vérité sur le contenu des soirées de ce cher Monsieur Ackley -bien qu’elle en eût imaginé une assez bonne partie sans réellement croire que ce gentleman s’abaissait à ce genre de pratique lui qui valait tellement mieux au regard indulgent, mais pas trop, de Jane – la sorcière prit le bras galamment offert et entama leur route aux côtés de son rendez-vous. Elle écoutait religieusement le botaniste quand soudainement fut évoqué le présent qu’elle lui avait fait. Avant qu’elle ne répliquât, elle laissa terminer le botaniste non sans soulagement. A l’en croire, la cause de cet envoi lui avait échappé, ce qui n’était pas pour déplaire à l’infirmière. Moins il s’attardait sur la pensée qu’elle avait eu pour lui à une heure si tardive, moins elle aurait à se justifier.*

Etrange en effet, minauda-t-elle d’une fausse innocence. Symboles d’amour et de bonheur vous dites ? Il me faut connaître cette personne afin qu’elle m’explique la signification de ces deux termes qui me sont entièrement inconnus.

*Ce qui en soi, n’était pas un réel mensonge, bien qu’à ce jour elle pouvait en comprendre quelques subtilités. Néanmoins, elle restait fort surprise du symbole que leur octroyait le botaniste. Peut-être parce que ces deux mots n’avaient jamais franchi leurs lèvres, ou tout simplement, parce qu’elle-même n’en était pas familière, pour une raison facilement devinable. Dans tous les cas, l’infirmière était curieuse de connaître les pensées de l’homme dont elle possédait fièrement le bras. Quel effet avait eu son présent ? Positif ou négatif, Jane comptait bien le découvrir. Elle n’eut pourtant pas le temps de l’évoquer à l’annonce de la mauvaise nouvelle. Son regard se voila d’une façon quasiment imperceptible. Qu’avait-il donc à lui dire ? C’était souvent la chose à ne pas dire à une femme, sauf si l’on espérait que tout un tas de films ne se déroulât dans l’esprit de la victime, particulièrement doué en la matière. Jane commença donc à s’imaginer diverses mauvaises nouvelles avant de stopper net la folie de son esprit. C’était pour ce genre de complication que Jane ne s’attachait que très peu. Elle n’aimait guère devoir faire face à de nouvelles mauvaises en dehors de son travail. Comme tout le monde, c’était des choses qui la minaient et qui la poussaient à se refermer, pour mieux se protéger. Cependant, elle garda pour elle le fil de ses nombreuses pensées et n’en dit rien, suivant le botaniste à l’intérieur du restaurant. Elle donna au serveur son trench et alla prendre, ensuite, place sur la chaise tirée pour elle.*

Merci, fit-elle poliment en observant les alentours sans se douter des manigances du botaniste.

*Finalement, peut-être ne se méfiait-elle pas assez. Pourtant, lorsqu’elle l’observait – et en cet instant elle l’observait – Jane ne percevait aucune mauvaise intention ou aucun danger provenant de l’homme en face d’elle. Il cachait des secrets, des habitudes, et elle le savait, lui-même l’avait entendu, mais Jane ne s’en sentait pas le moins du monde menacée, ni même dupée. Au contraire, elle misait avec conviction sur la sincérité et l’honnêteté de l’homme, du moins en sa présence. Si elle voulait guérir ce cœur, l’infirmière allait devoir ouvrir son esprit et refouler le moindre jugement, la moindre condamnation. Elle en revenait toujours au même point : elle allait devoir apprendre. Comme elle apprenait en cet instant, d’un simple regard, l’harmonie de ses traits, la maniaquerie de sa tenue – laquelle faisait son élégance – et les multiples facettes qui luisaient dans son regard. Elle en avait capté certaines, mais la sorcière savait en être encore loin du compte.
Mais elle dût mettre fin à son inspection à l’entente du compliment qu’il venait de lui faire. Fatalement la pauvre enfant en rougit de satisfaction et de pudeur, après tout pour qui d’autre aurait-elle pu faire autant d’efforts, ce qui bien sûr il n’était pas censé savoir. Seulement Jane savait fort bien qu’il le comprendrait très vite.*

. Vous n’êtes pas mal non plus, éluda-t-elle alors dans un sourire.

*Heureusement pour elle, sa rougeur ne dura pas. Venait-il réellement de lui demander ses préférences en matière de vin ? Jane arqua un sourcil moqueur. Ainsi donc Monsieur Ackley possédait peu de mémoire, voilà un fait auquel elle ne se serait attendue, lui qui lui portait « habituellement » tant d’attention. La sorcière ravala néanmoins sa langue, tandis qu’elle cherchait dans sa mémoire, la bouteille qu’arborait souvent Jack lors de leurs vendredis. Comment lui avait-il présenté la chose déjà ? *

Le Santa Clara me paraît être appréciable pour commencer, répliqua-t-elle alors sur un ton de connaisseuse. Il a un goût de cerise agréable en bouche, nuancé par un fumet de sous-bois. C’est un vin rouge élégant, cher Monsieur.

*En réalité, Jane avait décliné toutes les invitations de Jack en la matière. Elle n’avait jamais consommé ce vin rouge, ni nul autre vin avant. Ce soir, naturellement, elle ne déclinerait rien. Après tout, ce cher botaniste l’avait d’ores et déjà initiée à la chose qu’était l’alcool. Il lui faudrait cependant être raisonnable, afin d’éviter tout désagrément dû à sa trop grande candeur. Jack venait de lui sauver la mise, et son bon ami allait devoir s’en montrer à la hauteur, dans le cas contraire, il était certain d’avoir des légumes verts sans assaisonnement pour son prochain repas. Jane ne savait même pas si Jack était un fin connaisseur. Elle espérait que oui …*

Ceci fait, vous allez maintenant pouvoir me conter cette triste nouvelle, souffla-t-elle dans un demi-sourire. Ne m’épargnez pas, ma semaine fut suffisamment difficile pour que vous n’ayez rien à craindre.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Dim 12 Mar - 18:54

*La signification de la fleur en verre ne lui avait pas échappé, non. Il savait très bien que la symbolique communément admise, en revanche, n'avait pas été prise en compte par la jeune femme. « Bonheur » et « amour », deux termes à la fois légers et désuets, que lourd de sens et osés, qu'il avait été impossible au botaniste de ne pas taquiner la demoiselle avec.*

Si j'en crois la signature, il s'agit de vous. Vous vous auto-déclarez ignorante, pourtant je ne doute pas que vous ayez déjà reçu de l'amour et goûter au bonheur, ne serait-ce qu'en mémoire de la petite histoire sur votre fleur de cerisier que vous m'avez confié. Pour ce qui est de l'amour, celui qu'on dit avec un grand "A", vous me paraissez presque trop prompt à nier y avoir gouté pour être honnête, dit-il afin d'en savoir plus. Contrairement à ce que vous présupposez mademoiselle, je paris que vous êtes la plus savante de nous deux sur ces points.

*Dit-il dans un sourire énigmatique mais en rien triste, laissant imaginer que ces sous-entendus le concernant étaient bien loin de la vérité. Alors qu'ils terminaient de s'installer, il eut le sentiment que la jeune femme était tendue. Il se demanda si c'était le lieu, il ne lui semblait pourtant pas en avoir fait des caisses, ou peut être lui ? En tout cas, il était loin de se douter que c'était sa « mauvaise nouvelle » qui aurait pu avoir un impact sur son moral. Alors qu'il avait son regard baissé en direction de la carte des vins posée sur le coin de la table, il perçut que la jeune femme l'observait. Il releva le regard vers elle à son compliment et lui sourit, d'un sourire satisfait mais dont, pourtant, perçait une pointe de timidité.*

Je sais, ironisa-t-il.

*Il lui avait demandé sa préférence en terme de vin afin de ne pas passer pour un goujat autoritaire, mais ne s'était pas attendu à une réponse qui finalement le désarçonnait un peu.*

Nous sommes dans un restaurant purement italien, il ne faut se fier ni à l'accent, ni à la couleur de peau du gérant, je ne crois pas qu'ils aient ça. Vous aller devoir trouver une occasion de me le faire goûter ! Et voilà comment je m'insinue encore un peu plus dans votre vie, murmura-t-il en replongeant son regard sur la carte. A mon tour je propose un classique Valpolicella ? Tout le monde ne jure que par le Chianti, mais malgré le terme de plus « populaire » qu'on lui octroie, je préfère le premier. Il est plus doux, plus féminin, je pense qu'il pourrait vous plaire ne serait-ce que le temps d'une gorgée ?

*Lui signifiant ainsi qu'il n'attendait pas d'elle qu'elle s'enivre en sa compagnie. Il n'attendait rien en particulier tout court, il espérait seulement. Le vin choisit, le sujet fâcheux fut à nouveau évoqué, un peu trop tôt au goût du botaniste.*

Soit, j'aurais préféré que le vin soit déjà apporté à table.

*Il tendit sa main pour tapoter celle de l'infirmière dans un geste de réconfort et partit en exploration dans une poche de son pantalon, ce qui lui prit un certain temps à la fois en raison du pantalon un peu serré et de son propre choix de faire durer le suspens. Enfin, il tendit sa main à plat derrière la table côté fenêtre afin de ne pas être vu du reste de la salle et fit un petit geste de la tête pour inciter la jeune femme à y jeter un coup d’œil. Là, dans le creux de sa paume, reposait une Brigitte décharnée et gribouillée de noir sans qu'on en distingue aucune forme. Il reprit tout bas pour n'être entendu que d'eux deux.*

Brigitte nous a quitté, mais je ne doute pas qu'elle flotte à présent dans un monde meilleur et nous regarde de là-haut.


*Dit-il en levant les yeux au ciel et en poussant un profond soupir. Puis il abaissa son regard sur Jane.*

Ce fut une brève mais brave compagne, je pense que malgré la rivalité qui vous opposait, nous devrions lui offrir un enterrement digne.

*Il allait tirer vers eux une petite desserte où trônait un géranium dentu quand il dut précipitamment cacher Brigitte sous la nappe à l'arrivée impromptu du serveur.*
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Dim 12 Mar - 20:35

*Jane se jura de demander conseils à son gérant des jeux lorsqu’elle vit le botaniste décontenancé face à sa réponse. Quelle idée avait-il eu de lui demander son avis, aussi ? Le regard navré, la jeune femme baissa légèrement la tête. Décidément, l'alcool ne semblait pas fait pour elle. Heureusement pour l'infirmière, la sournoiserie du botaniste vint à sa rescousse, ce qui la fit sourire de complaisance.*

Vous abaissez soigneusement vos cartes. Vous devriez, pourtant, être prudent, j’en suis maîtresse, murmura-t-elle pour toute réponse dans une œillade.

*Défaite, Jane le laissait choisir le vin qu’il souhaitait. Elle ne donna plus son avis, totalement superflu. Elle lui fit signe de faire à sa convenance, sourire amusé aux lèvres et finalement reprit son sérieux face au triste sujet. La sorcière le maudit pour le suspens avec lequel il jouait, dans le simple but de la rendre impatiente. Mais Jane n’en riait absolument pas. Tout son corps semblait tendu, même lorsqu’il chercha à la rassurer. Son regard était braqué sur chacun de ses gestes et finalement, elle sut l’objet de cette nouvelle. Et de soulagement, l’infirmière en rit. Ce qui en soi, n'était pas des plus convenables au vu de la situation.*

Mais qu’avez-vous fait à cette pauvre Brigitte ? murmura-t-elle accusatrice. J’espère que vous ne gribouillez pas sur toutes vos compagnes.
Pauvre Brigitte.

*Et elle tiqua sur la dite rivalité. Cet homme ne manquait décidément pas d’audace ni de vanité, ce qui soi-dit passant, n’était pas si désagréable. Jane acquiesça à la suggestion et observa le flagrant délit. Elle sourit avec douceur au serveur pour attirer son attention afin que son comparse eut le temps de reprendre une figure plus naturelle. Jane complimenta le serveur sur le restaurant, la vue et le bon goût de cette lumière tamisée. Enfin, elle le relâcha pour qu’il puisse leur servir le vin en question. Il attendit que Monsieur donnât son avis, et leur laissa enfin de l’espace pour leur permettre de choisir leurs plats – et accomplir l’enterrement-.
Jane serra les doigts du botaniste afin de le consoler. Quelques mots prononcés, un regard désolé et un vœu de paix pour le pauvre ballon, et l’enterrement se termina tandis que le serveur, appliqué venait commander leur repas.*

Je laisse à Monsieur le soin de choisir et de me guider, minauda-t-elle dans un petit rictus en lui rendant la carte.

*Elle n’allait pas se faire avoir deux fois. N’osant plus faire un choix dans ce restaurant qui n’était pas le sien, Jane s’en remit au bon goût du botaniste. En réalité, la sorcière voulait surtout qu’il la surprenne, une fois encore. Elle aurait tout le temps, plus tard, de lui exprimer ses goûts en matière de cuisine, et peut-être même de les lui faire découvrir.
Enfin seuls sans le serveur perfectionniste, Jane put enfin reprendre un sujet auquel elle n’avait pas répondu. Elle avait bien entendu l’intérêt du botaniste en la matière, et comptait bien le satisfaire, à sa manière.*

Ainsi donc, Monsieur, vous souhaitez connaître mes antécédents, amoureux comme heureux, finit-elle par répondre finalement comme mettant fin au suspens. L’enfant a connu amour et bonheur, je vous l’accorde. A juste titre, la fleur de cerisier en est le symbole. Ma sœur et moi avons été élevées dans la sévérité et la douceur. Nous avons toutes deux reçu beaucoup d’amour de la part de nos parents, et si nous avions pu, elle comme moi aurions alors arrêté le temps.

*La jeune femme se tut un instant et joua avec le rebord de son verre, glissant lentement son doigt dessus. Un léger sourire mélancolique flottait sur ses lèvres quelque peu pincées.*

J’étais une adolescente curieuse, je savais où je voulais aller et comment y parvenir, reprit-elle enfin en plantant ses prunelles brunes dans celles du botaniste. Rien d’autre ne m’intéressait. Je voulais découvrir et apprendre. Je devais devenir quelqu’un, Monsieur Ackley, et j’y ai mis mon cœur. Si bien que le pauvre était inaccessible pour ceux qui voulaient s’y frotter. Non, je n’ai jamais goûté à un autre amour que celui de mes parents ou de mes petits enfants malades. Même une fois adulte. Donc non, mon cher botaniste, je ne miserais pas sur moi pour le coup. Cependant, je n’en ressens nulle gêne, c’était mon choix.

*Elle prit conscience, intérieurement, du lapsus qu’elle venait de faire. Jane venait d’utiliser l’imparfait, comme si son choix était révolu. L’était-il, réellement ? Peut-être bien. Mais cela restait encore à réfléchir, à décider, à ressentir. Jack lui avait rappelé avec insistance son combat, sa décision, mais maintenant que l’aventure lui faisait face, elle peinait à résister à l’appel, comme happée. Jane adressa un léger sourire à son interlocuteur et prit, enfin, une gorgée de vin afin de dissimuler ses idées profondes. Elle se concentra alors sur le goût de l’alcool sur sa langue avant d’avaler le liquide doucereux. C’était plaisant… Elle en reprit une autre comme pour confirmer la première et finit par sourire de satisfaction, et de gêne devant son appréciation positive. Jane tapota alors ses lèvres de sa serviette pour reprendre contenance, et finit par sourire d’allégresse.*

Je dois avouer qu’il n’est pas déplaisant. Vous attisez ma gourmandise, Monsieur Ackley. Êtes-vous certain de vouloir vous y risquer ? Car, la réprimant souvent de par mon quotidien, j’ignore complètement de quoi elle est capable, se confessa-t-elle en se penchant légèrement. La gourmandise d’une femme peut être réellement dangereuse, vous devez sûrement le savoir.

*Une petite provocation, certes. Pour le plaisir, indéniablement. Toutefois, Jane n’en attendait aucune réponse, bien au contraire. Elle n’était pas sûre de vouloir l’entendre, même si elle ne se faisait aucune illusion en la matière.*
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Dim 12 Mar - 22:04

Nous avons tous nos cartes à jouer Miss Jane, je ne vois pas ça comme une compétition.

*Dit-il, à milles lieux d'imaginer la jeune femme en as du bluff et en arnaqueuse de première (sisi, le poker c'est de l'arnaque).*

Je lui avais dessiné le plus plaisant des visages, mais pour sa mort je n'y suis pour rien ! Elle était malade, depuis le début vous le savez aussi bien que moi... bon, il se peut qu'une embrassade un peu trop enthousiaste de ma part ait précipité sa fin, mais j'ai du mal à m'endormir sans doudou dans mes bras.

*Et il fit son regard de botruc battu, montrant par là son immense chagrin factice et son profond regret pour son amour débordant qui avait fini de crever le ballon.*

J'avoue qu'elle fut la première sur qui j'ai dessiné. C'est un art érotique réputé chez les geishas, vous le saviez ? Je trouvais ça insipide, sans intérêt et un peu bizarre jusque là, dit-il d'un air rêveur, mais il se pourrait que j'y ai prit goût. Quoi de plus intime que de donner vie à son imagination sur le corps de l'être désiré ? D'avoir pour toile la peau, ou le caoutchouc, de celle qui fait naître notre envie ? Brigitte restera dans mon cœur comme la première à m'avoir fait découvrir ce plaisir...

*Et toujours avec ce sérieux forcé, il pratiqua son enterrement, ensevelissant le ballon au pied du géranium dentu à la discrétion des employés. Un soupir attristé, un « Tu resteras dans nos mémoires. » chuchoté, un signe de croix rapidement exécuté, et la cérémonie prit fin. Ce fut le moment que Clayton choisit pour goutter enfin au vin qui était exactement tel qu'il l'espérait : chaud, épicé et très doux, comme une femme, une réflexion qu'il conserva pour lui ceci-dit. Ce fut aussi le moment de choisir le contenu de leurs assiettes.*

Vous me laissez choisir votre plat alors que je ne connais même pas votre nom, voilà encore une chose étrange.

*Il feuilleta la carte en réfléchissant rapidement. Les fruits de mer manquaient de glamour, les pâtes tachaient (souvenir d'un spaghetti qui eut l'audace de rebondir sur sa rétine, tachant son veston et le rendant borgne en plein milieu d'un repas mondain) et la charcuterie donnait des boutons. Finalement son choix se fit par élimination. Il choisit deux assortiments d'anti-pastis, un risotto à la truffe noire et un espadon accompagné de légumes grillés à l'huile d'olives. Elle n'aurait qu'à prendre le plat qui lui disait le plus parmi ces deux derniers choix. Il referma la carte dans un claquement et le serveur prit une nouvelle fois congé, les laissant à leur conversation qui prenait un tour un peu plus intime, et de ce fait, un peu plus risqué.*

Oui mademoiselle, je veux tout savoir... Je dois me consoler de la perte de mon aimée, et quoi de mieux que de me trouver un nouvel objet d'attention ? Acceptez d'être mon lot de consolation, pour soulager ma peine.

*Il plongea à nouveau ses lèvres dans le verre qu'il conserva coincé entre ses doigts.*

Sévérité et douceur me semblent difficile à accorder, mais passons sur ce fait. Alors même pas un flirt ? Une petite aventure ? Donc la vertu existe encore ! Je la croyais morte depuis longtemps. Vous êtes décidément douée pour raviver des qualités enfouit Miss Jane.

*Une réponse pleine de floues et de sous-entendus avec laquelle il espérait éveiller sa curiosité et donc renforcer son attrait, car rien n'était plus attrayant que l'incertitude pour paraphraser Oscar Wilde.*

Nous voudrions tous arrêter le temps quelque fois, mais le stopper se serait aussi se priver de l'inattendu, de l'avenir, du changement. Ce serait peut être rassurant mais triste aussi, vous ne croyez pas ? Vous ne m'auriez pas rencontré par exemple, avouez que se serait dommage, ne serait-ce que pour le vin.

*Il lui fit un petit clin d’œil lorsque les entrées leurs firent servit. Le service était impeccable, Clayton apprécia en se promettant de laisser un pourboire correct. Ainsi donc, Miss Jane regrettait le temps passé, là où Clayton n'avait de cesse de le fuir pour y mettre autant de distance que possible. Il misait tout sur l'avenir quand elle s'accrochait à ses acquis. Il s'interrogea sur ce que ce curieux mélange pourrait donner si leurs deux visions venaient à se confronter. C'est avec sérieux, mais cette fois sans humour, qu'il répondit toutefois à sa remarque.*

Tout est dangereux chez les femmes. Leurs colères, leur amour, leurs désirs, leurs sentiments, leurs émotions, tout y est plus violent. Mais c'est, je crois, ce qui fait leur charme.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Dim 12 Mar - 23:42

*Le sourire amusé et moqueur, Jane écouta les nouveaux désirs du botaniste. Etrangement, elle n’était pas certaine du résultat, ni même de son talent de dessinateur. Les hommes pouvaient avoir de drôles d’envies parfois. Mais qui était-elle pour en juger après tout, elle qui ne connaissait rien de ces pratiques-là. Dans tous les cas, elle n’était pas certaine de résister encore longtemps à ce regard de botruc battu. Sa remarque capricieuse la sauva de cette pensée et l’amusa d’autant plus. Il était fort vrai qu’il n’en savait rien, pauvre Monsieur Ackley. Le regard espiègle, Jane n’en dit d’abord rien, le laissant commander à sa guise. Les plats étaient prometteurs et laissaient entendre un certain raffinement chez le botaniste, ce que la sorcière nota dans sa mémoire.*

Mon nom est Jane Katerina Conrad, avoua-t-elle dans un demi-sourire.

*Suite à son récit, elle écouta religieusement ses remarques. Jane ne savait guère comment les interpréter, et si elle devait s’aventurer sur ce terrain dangereux, lequel lui avait si peu réussi la dernière fois. La jeune femme choisit alors de s’attarder sur l’étonnement et la curiosité qu’elle venait d’insuffler. Ainsi donc c’était un fait rare dans le monde claytonien. Un fait intéressant et qui en disait long… Le regard de Jane se fit alors perçant, presque provocateur.*

C’est là tout l’objet de mon éducation, Monsieur Ackley. Flirt et aventures n’avaient nul intérêt pour moi, tout simplement parce qu’ils me donnaient tous un arrière-goût d’insipidité. Ils n’avaient nulle ambition, nul humour. Leur esprit n’était pas vif et le regard était vide de toute lueur attirante. Je n’étais pas adolescente à succomber aux belles paroles. Et mes camarades ne me comprenaient pas, avoua-t-elle dans un sourire amusé. Maintenant mon père et ma mère ont insisté pour que je trouve un mari à ma convenance, quelqu’un qui m’assure un avenir prospère. Or …

*Jane s’apprêtait à révéler le cas de sa sœur, la raison de sa vertu intacte, de son comportement à la fois bienveillant et hostile – car elle pouvait l’être - . Jane n’était pas pressée de lever le voile sur son secret bien gardé, cependant, elle voyait là un juste retour des choses face aux efforts du botaniste à son égard. Pour se donner un peu de courage, elle but une longue gorgée de vin et chercha le meilleur moyen d’énoncer la vérité sans gâcher cette soirée qui s’annonçait pour le moment prometteuse.*

Ce que je m’apprête à vous révéler, ne doit en rien contrevenir à notre soirée. Si je le fais maintenant, c’est encore une fois parce que c’est mon choix. Vous savez qu’on ne me dicte pas ma conduite, souffla-t-elle dans un demi-sourire qu’elle voulait rassurant.

*Jane prit une grande inspiration et se lança.*

Sur le clocher, vous m’avez reproché la tristesse de ma vie, le manque cruel de fantaisie. Et vous n’aviez pas totalement tort. Si à vingt-six ans je ne suis pas mariée, si ma sœur et moi aurions voulu arrêter le temps, c’est tout simplement parce que mon Emily se meurt d’une maladie que je ne peux guérir malgré tous mes soins, tous mes efforts.

*Elle fit un signe de la main pour stopper toute tentative de réponse, tandis qu’elle prenait sur elle pour garder sourire et prestance. Si son regard trahissait son combat et sa profonde souffrance, Jane ne laissa pas ses émotions prendre le dessus.*
Je ne m’étendrai pas sur le sujet ce soir, annonça-t-elle sans que son regard ne quitte le sien. Il me semble que je vous devais cette vérité-là. Mais vous avez raison pour ce qui est du temps. Il doit continuer de s’écouler et contribuer à la perfection de nos existences. Et sans lui, effectivement, je n’aurai pas eu la chance de vous rencontrer, Monsieur Ackley, souligna-t-elle d’une lueur affective dans le regard. C’est là une perspective que je n’aurais pas imaginée, et elle n’est pas déplaisante, dans le cas contraire, je ne vous laisserais pas vous aventurer sur un territoire que nul autre n’a osé fouler.

*Elle le gratifia dans un sourire mutin tandis que les entrées advenaient enfin. Poliment, la jeune femme remercia le serveur et entama son assiette avec un certain appétit. Aux dires du botaniste sur les femmes, elle s’arrêta de manger, essuyant ses lèvres qui dissimulaient un sourire moqueur.*

Je ne pourrais nous défendre devant une telle accusation, avoua-t-elle sans détour ni offuscation. Je crois que nous avons le souci de bien faire mais aussi celui de vivre pleinement. Je vous accorde que nous sommes contradictoires, ne serait-ce qu’au niveau du contrôle. Nous aimons l’avoir autant que nous aimons le perdre. Je pense sincèrement que nos passions nous dépassent pour la seule raison que nous ne parvenons pas à mettre un nom dessus. Je ne saurais malheureusement vous éclairer sur mon sexe, Monsieur Ackley, car je n’en partage ni les opinions, ni les rêves, ni les principes. Néanmoins cela me rappelle une petite anecdote.

*Elle prit une autre bouchée de son entrée avec plaisir puis une gorgée de vin, qu’elle appréciait réellement, soit dit passant. Puis sa voix reprit avec souvenir. *

Dans mes premières années à l’hôpital, je ne m’étais pas encore spécialisée chez les enfants. Je soignais donc un homme français, qui parlait fort mal l’américain, et qui adulait un auteur de son pays, un dénommé Alfred de Musset. Il m’en parlait chaque jour, tout en essayant de m’apprendre quelques mots de français ici et là. Souvent même, il cherchait à m’en faire la lecture. C’est ainsi qu’un jour il me dit la chose suivante, laquelle il répèterait durant des mois comme un avertissement :

« Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais s’il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. »

*Jane cita l’auteur en français alors qu’elle ne le parlait que peu. Mais cet homme l’avait tant radotée, qu’elle avait fini par la connaître par cœur, pour ne pas dire qu’elle avait appris à l’apprécier. Bien évidemment, elle la traduisit aussitôt dans leur langue natale pour se faire comprendre, de la meilleure façon qu’elle put. Suite à cela, elle laissa méditer quelques instants son interlocuteur et en profita pour terminer son assiette sans en demander son reste.*

Je crois qu’il y a du vrai chez cet homme, j’en suis même convaincue, finit-elle par déclarer doucement. Cependant, je lui reprocherai d’avoir oublié les bons sans qu’ils ne soient forcément vertueux, les sincères sans qu’ils ne soient forcément un modèle de conduite. Je n’ai pas encore perdu foi en l’humanité. Pour ma part, je sais être tous les défauts que vous avez cités, mais je sais aussi que contrairement à mes compères féminines, je n’aime guère les conflits.

*Contrairement à ce que l'on pourrait croire suite à la révélation qu'elle avait osé faire sur sa cadette, Jane appréciait la teneur de la discussion, bien que sérieuse. A dire vrai, Jane adorait le jeu et l'humour, mais de temps en temps, elle aimait le simple dialogue. Elle se révélait certes, mais étrangement, elle ne s'en inquiétait nullement, probablement parce qu'elle avait enfin quelqu'un qui l'écoutait, qui la voyait. Et parce qu'elle existait le temps de cette soirée, elle était prête à partager, ce qui était fort rare. Néanmoins, elle espérait que son bavardage n'ennuierait pas le botaniste, ni même le ferait fuir. C'était peut-être là sa seule crainte : de perdre l'intérêt claytonien.*

Votre curiosité est-elle pour le moment assouvie Monsieur Ackley ? demanda-t-elle enfin lorsque le serveur apparut soudainement à leurs côtés.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Lun 13 Mar - 12:13

Vous avez de très jolis prénoms. Le second sonne russe, c'est un hasard ?

*Clayton ne le savait pas encore, mais il avait un talent de plus à faire valoir pour impressionner son infirmière. Pour le moment il souriait encore une fois, remportant un nouveau set en apprenant son nom. Il était étrange, pourtant, de vouloir en savoir plus sur quelqu'un tout en souhaitant faire perdurer une aura de mystère, comme s'il craignait la possibilité de tout savoir de quelqu'un. Mais était-ce seulement possible ? Clayton avait peur du vide autant qu'il avait peur de toucher le fond des choses. Il avait grandi, évolué, mûri, en ne sachant pas grand chose : il en savait peu sur ses origines, il avait rarement reçu d'affection, ses quelques expériences avec l'amour s'étaient terminées en naufrages, il n'avait jamais été réellement intime avec quelqu'un, il n'avait aucun point d'ancrage. Il se sentait comme un funambule depuis aussi loin que remontaient ses souvenirs : le sol était un danger, le ciel inatteignable, mais il lui fallait pourtant avancer s'il voulait seulement survivre. Sur son fil, il s'était créé un monde illusoire comme un canot de sauvetage. Cette rencontre avec l'infirmière le mettait lui aussi en danger, sans qu'il n'en ai conscience, obnubilé qu'il était par l’attirance insolite, par son besoin viscéral de se faire apprécier, par son penchant pour l'aventure.

Les propos de la jeune femme sur les hommes et sa chasteté auraient eut de quoi faire fuir bien des maris potentiels. Une femme avait le droit de goûter à l'indépendance à cette époque, dans la limite du convenable, en gardant à l'esprit qu'elle devrait se ranger et s'épanouir dans le rôle qui lui était destiné. Ses propos auraient du, en apparence, faire fuir Clayton selon d'autres considérations. S'il n'était pas le pire des fifrelins avec les femmes, il ne se refusait aucune opportunité. Pourtant, il se sentait en adéquation avec Jane, autant que ses considérations lui étaient étrangères. En fait, il lui semblait ressentir les choses de façon similaires mais en ayant fait le choix de s'en accorder différemment. Là où elle refusait toute expérience en bloc, lui avait accepté d'expérimenter chaque débauche, à ceci prêt qu'il n'en attendait strictement rien de plus. C'était peut être ce qui faisait de l'infirmière un danger pour le botaniste. Il avait déjà goûté à ce danger et il n'en était pas sorti vainqueur. A en juger par ce soir, ça ne l'avait pas rendu amer pour autant. L'espoir d'un lendemain meilleur était peut être sa plus grande force.

Et puis la vertu de Miss Jane faisait d'elle la nouveauté, l'exceptionnelle, le mystère. Peut être s'inquiéterait-il de savoir si elle pourrait se révéler assez pécheresse pour lui, mais avait-il seulement le droit de se questionner sur ce point à ce stade de leur aventure ?

Il allait lui répondre une satire sur le mariage, disant combien il détestait cette institution, que le concept de créer une famille était une aberration et qu'il valait mieux encore opter pour une pendaison nette qu'une vie la laisse autour du cou. Le petit angelot aurait levé les yeux au ciel d'un air blasé en allant taguer le mot « hypocrite » sur chaque neurone du botaniste. Fort heureusement pour tout le monde, la suite ne lui donna jamais l'occasion de se lancer dans cette diatribe apprise par cœur plus pour le rassurer sur son éternelle solitude que par conviction réelle.

Enfin fort heureusement... c'était peut être vite dit. Clayton qui avait picoré dans son plat jusque là, posa couteau et fourchette et concentra tous ses efforts de déglutition sur le contenu de son verre. Il avait bien expérimenté la perte et de manière bien cruelle, mais le contexte était en tout point différent. La vérité est qu'il était seul, il n'avait à se soucier que de lui-même, un drame autant qu'une chance à l'égard de l'infirmière. Il se racla la gorge lorsqu'elle eut terminée et décida, une fois encore, d'opter pour la carte de la franchise.*

Je ne suis sans doute pas la personne la plus adéquate pour compatir et trouver les mots justes. J'ai perdu des personnes qui m'étaient chères mais je n'ai jamais vécu cette...

*Il cherchait ses mots, son verre à la main, son regard balayant la salle sans la voir*

… peur de perdre quelqu'un. En tout cas pas de cette façon irrévocable qu'est l'issue d'une maladie. Je suis cependant navré pour vous. Je me questionne cependant, qu'est ce qui vous a porté à croire que les deux n'étaient pas compatibles ?

*Et se faisant, il s'éloignait suffisamment du sujet de la malade pour se recentrer sur les sentiments de la jeune femme en face de lui. Pour détendre l'atmosphère, il resservit leurs deux verres et leva le sien pour apporter une petite correction.*

Je dirais plutôt, à l'imperfection de nos existences.

*Il reprit son repas, l'entrée touchant bientôt à sa fin.*

Vous ne m'éclairez pas en effet, mais vous partagez avec moi mes observations. Je crois que la cruauté des femmes vient aussi en parti qu'elle sont plus aptes à choisir, or choisir c'est aussi renoncer. Les hommes se laissent porter par le vent, je crois qu'ils répudient le couperet. Quand il tombe, ça fait d'autant plus mal. Ceci dit, la citation de votre patient pousse à la réflexion. Est-ce vrai ? Je n'en sais rien, mais je suppose que nous sommes tous en droit de l'espérer. Et puis les uns ne sont pas des démons et les autres des anges. Nous sommes tous des diables, nous sommes tous des saints, l'un et l'autre alternativement. J'imagine qu'unir deux personnes peut donner le meilleur oui, mais peut être aussi le pire... Mes réflexions doivent vous paraître bien indécises.

*A l'issue de cette conversation, il avait du mal à imaginer que le terme de « dépravée » puisse être affublé à la douce Miss Jane. Cette pensée en fit naître une autre, le ramenant sur ses premiers aveux. Ceux que la suite de la conversation ne lui avait pas permis d'exprimer sa réflexion.*

Pour en revenir à votre...célibat, vous savez se mettre à nu devant quelqu'un, enlever, arracher ses vêtements, ça ne prend que quelques misérables secondes. Tout le monde en est capable. Mais dévoiler son âme, montrer ses faiblesses, partager ses peurs, ses craintes, ses rêves... Ça, c'est se mettre vraiment à nu devant quelqu'un. Peut être, ce n'est qu'un questionnement, au delà des rencontres jugées insipides et des soucis de votre sœur focalisant votre attention, peut-être n'étiez vous pas prête à oser autant de proximité en dehors de votre cercle ?

*Il reposa ses couverts pour de bon qui furent débarrassés par le serveur. Il lui répondit sans attendre que ce dernier se soit éloigné.*

Ma curiosité n'est jamais assouvie mademoiselle. Être curieux c'est convoiter, c'est une frustration délicieuse dont nous ne devrions pas espérer la fin. Mais je vous remercie pour tous ses éclaircissements... Une confidence en entraînant une autre, je suis censé vous dire quelque chose de triste et profond me concernant... Je crois que j'aurais préféré que Brigitte fut rouge.

*Dit-il en guise de drame.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Lun 13 Mar - 22:49

Mmh ? Oh… sourit-elle à l’évocation de son second prénom. Mes parents se trouvaient en Russie lorsque ma mère comprit qu’elle m’attendait. Je crois qu’ils voyageaient pour satisfaire les passions aventurières de mon père. Elle en fut tant surprise qu’elle décida d’immortaliser ce moment avec un prénom russe, comme pour ne jamais oublier ce souvenir-là de sa vie. C’est une anecdote fort simple. Mes parents sont très portés sur les symboles, Monsieur Ackley, justifia-t-elle sans se départir de son sourire.

*Concernant le mariage, Jane en était à des années lumières d’y penser. Pourtant elle aimait la chaleur que pouvait procurer un foyer partagé, imaginait aisément ce qu’aurait pu être sa vie de couple, ainsi que le sourire qu’elle donnerait à son enfant. Une fois, elle s’était surprise à en rêver, car c’était l’effet que provoquait l’amour de ses deux parents. Jamais routinier, jamais monotone, jamais insipide… Seulement, Jane plus grande et adulte ne parvenait plus à s’y projeter. Ce rêve lui avait fermé sa porte et elle n’en trouvait rien à en redire. Car elle aussi craignait la corde à son cou. Jane était une enfant bohème, voluptueuse et pleine d’une douceur que n’importe qui pourrait retourner contre elle. C’était peut-être là, la crainte de Jane. Comme Jane Austen, auteur dont elle portait le nom, elle était prête à finir seule en dépit des convenances. Elle n’en souffrirait pas, ce qu’elle savait fort bien. Pourtant, elle savait également qu’un jour viendrait où un nouveau choix se présenterait à elle. La jeune adulte ne voulait en rien décevoir ses parents, et il n’y avait pas un jour sans que sa mère ne l’en regarda avec espoir. Elle ne pourra décemment pas refuser encore bien longtemps. Laissant échapper un léger soupir, ses lèvres finirent par formuler la réponse attendue par le botaniste.*

Entre une vie de famille et la vie de ma sœur, le choix était d’ores et déjà fait. Qu’allais-je bien pouvoir faire d’un mari ? Il m’aurait entravée, souffla-t-elle avec une once de fermeté. Et de ma liberté j’ai besoin, pour chercher à la guérir. Pour être franche …

*Elle se tut pour prendre une gorgée de vin, cherchant à la fois l’objectivité mais aussi à comprendre les pensées sinueuses de son esprit.*

… Je pense que les deux peuvent être compatibles et même être bénéfiques l’un pour l’autre. Seulement l’équation requiert un homme qui n’attend pas de son épouse qu’elle soit dans les normes. Je n’ai jamais aimé deux personnes à la fois, cher Monsieur Ackley. Donc le malchanceux qui me fera face, devra non seulement me laisser le temps d’apprendre, mais accepter que mes combats ne tournent pas uniquement autour de lui. Sans compter que mon cercle masculin aime à déplorer mon entêtement assez conséquent.

*Elle lui adressa, à son tour, un clin d’œil complice et léger, et trinqua de bonne grâce à leurs deux existences. Les réflexions du botaniste la laissèrent quelque peu songeuse, tandis qu’elle se cherchait dans la foule d’adjectifs. Elle était ange pour ses petits prétendants, et pourtant, ne s’en sentait pas comme telle, probablement en raison du caractère tenace et aventurier qu’elle possédait.*

Je crois que l’alternative est envisageable, effectivement, avoua-t-elle sans détour. Quant à vos réflexions, je les pense justes. A dire vrai, je partage votre opinion. Toutefois, je serais fort curieuse de savoir dans quelle catégorie vous seriez prêt à me mettre.

*La sorcière arqua un de ses sourcils d’interrogation, une moue mutine sur le visage. Cependant, elle reprit vite son sérieux lorsque l’intérêt du botaniste pour ses sentiments et ses pensées se fit de nouveau palpable.*

Vous voilà fort poétique, Monsieur Ackley, le taquina-t-elle dans un sourire. Je vous l’accorde néanmoins, je ne me mets pas à nu devant le premier venu. J’aime à dissimuler tout ce qui trouble mon âme. Maintenant il semblerait que vous soyez une exception, même si c’est là qu’un petit aperçu de l’envers du décor.

*Elle n’en dit pas plus sur ses faiblesses et fragilités qu’elle abhorrait. Le serveur les débarrassa sans demander son reste, pour éviter tout dérangement mal venu, et à nouveau les laissa seuls. Du regard, la sorcière le suivit et pour la première fois vit les différents individus parsemant le restaurant. Seulement, elle ne s’y attarda pas, ayant déjà fort à faire devant elle. En réalité, il n’y avait nulle attente de la part de la sorcière. Elle estimait que ses confessions représentaient déjà un juste retour des choses, elle n'attendait donc aucun aveu de la part du botaniste. Non pas qu’elle n’en ressentait aucune curiosité, bien au contraire, mais elle n’avait nulle envie de le forcer à « se mettre à nu » comme il le disait si bien. Pour autant, elle n’était pas préparée à celle qui vint. Un rire profond secoua sa gorge. C’était un rire léger, presque enfantin. A croire que le botaniste parvenait à mettre à mal certaines de ses barrières, du moins pour le moment. Jane captura alors la main du botaniste dans les siennes comme pour lui présenter à nouveau ses condoléances, et murmura tout bas, conspirant.*

Je peux vous présenter la sœur de Brigitte, si c’est là votre doux plaisir. Je suis sûre qu’elle saura vous réconforter et combler le vide de votre cœur meurtri.

*Une ultime caresse bienveillante, et Jane s’en recula contre le dossier de sa chaise, juste au moment où Monsieur le serveur apportait les plats commandés. Le risotto fut choisi par l’infirmière, non qu’elle portait une dent quelconque contre Monsieur l’espadon, mais la jeune femme n’était pas très friande du poisson. Le serveur leur souhaita une bonne continuation et disparut à nouveau tandis que la sorcière pensait déjà un nouveau présent, tout de verre vêtu pour le pauvre et malheureux botaniste. Fourchette en main, elle goûta à son plat non sans souffler quelque peu pour éviter toute brûlure. Cette pensée ne manqua pas d’éveiller quelques souvenirs en elle. Ainsi se leva-t-elle légèrement et toute en discrétion pour attraper l’ancienne main blessée du botaniste. Elle l’examina avec soin, glissant son doigt sur les lignes de vie parsemant sa main.*

Il n’y a d’ores et déjà plus la moindre trace de mes soins, fit-elle mine de s’attrister en lui rendant sa main. Alors dites-moi, Monsieur Ackley, nous nous sommes quittés sur de nombreuses questions et suppositions la fois dernière. Avez-vous enfin trouvé une réponse qui vous semble plausible entre la main et le baiser ?

*Un petit sourire effronté et amusé flottait sur ses lèvres. Maintenant qu'elle avait révélé quelques facettes de sa personnalité, Jane ne souhaitait guère en ajouter davantage pour le moment. Au contraire, elle se sentait d'humeur à provoquer un tantinet le botaniste, comme pour oublier les réflexions un peu trop sérieuses pour ce premier dîner, ou du moins les nuancer.*

Non que je ne prenne pas plaisir à me confier, argua-t-elle, mais ma curiosité se sent en désavantage. Et je ne peux que la comprendre. Après tout, mes paroles ne sont pas destinées à n'importe quel homme botaniste de New-York. Votre audace a bien quelques suppositions sous son coude, je me trompe ? demanda-t-elle d'un ton de velours.
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Mar 14 Mar - 13:51

Il vous faut un libertaire.

*Dit-il en souriant pour toute réflexion sur la peur de la jeune femme d'être prise au piège par un mari. Au moins il en avait appris un peu plus sur les goûts de son infirmière, et pas que d'un point de vu culinaire. Le repas se poursuivait alors qu'il dépiautait son espadon de son arrête centrale. Il écrasa un demi citron dessus à l'aide de sa fourchette, et non en le pressant entre ses doigts à la manière des manants. Tout chez lui était calculé pour donné l'air d'être un homme bien né.*

Je nous découvre un nouveau point commun, moi non plus je n'ai jamais aimé deux personnes à la fois. Mais dans votre bouche je doute de cette affirmation. N'aimez vous pas votre sœur et vos parents ? Je ne suis pas particulièrement matheux mais il me semble que ça en fait déjà 3. Seriez-vous née avec un cœur si grand que vous en sous-estimez ses capacités, Miss Jane ? Dit-il avec une douce ironie. J'entends aussi que vos parents sont des voyageurs, vous ont-ils emmené dans certaines de leurs expéditions ?

*Le sous-entendu sur un entourage d'hommes ne lui échappa pas non plus. Il en ressentit une pointe d'agacement sans qu'il n'en comprenne tout à fait la raison. Puis, se disant qu'elle devait parler de son cher papa et des médecins de l’hôpital, il décida de chasser le sujet comme il chasserait d'un mouvement de la main une mouche indésirable lui tournant autour. Il préféra réfléchir à l'interrogation de la jeune femme.*

Comme je l'ai dit, je nous classe tous dans les deux. Mais je suis certain qu'une se belle âme ne peut que se trouver le plus souvent du côté de la sainteté. Ou peut être que le regard que je vous porte est biaisé en raison du secours que vous n'avez de cesse de m'apporter... Je ne vous renvoie pas la question à mon propos, quiconque me croise comprend que je suis à classer parmi les chérubins, inutile de perdre du temps à tergiverser.

*Et il lui rendit son œillade. Il poursuivit sur cet échange redevenu plus léger, à croire qu'il leur était impossible de rester sérieux plus de quelques minutes. Ce type d'échange lui convenait, s'il aimait en apprendre plus, il n'était pas pressé de devoir se dévoiler tout en jonglant avec ses mensonges bien huilés.*

Et voilà, je vous demande de me consoler et que faites-vous ? Vous êtes prête à me jeter dans les filets de la première venue pour vous débarrasser de moi. C'est très vile mais tentant toutefois. Je me dois malgré tout de refuser, Brigitte n'était pas parfaite mais en rencontrant sa sœur, comment ne pourrais-je pas chercher à la retrouver à travers elle ? Ce ne serait pas une base saine pour entamer une relation que je souhaite sincère. Non, il me faut faire mon deuil et tourner la page.

*Il continuait de se nourrir d'un bon appétit quand la douce Miss Jane s'empara de sa main une nouvelle fois. Le geste étant inattendu, il en fut surpris et n'en saisit pas tout de suite la raison, mais se remémora qu'elle avait dit porter particulièrement en estime le contact des mains. Il sut enfin là où elle voulait en venir. Alors qu'elle s'était correctement rassise à sa place et que la main du botaniste fut abandonnée, il garda le silence quelques instants, ne parlant qu'à travers ses yeux pétillants par l’impudence à venir.*

En vérité, Miss Jane, commença-t-il à annoncé, depuis le départ je pense que le baiser l'emporte sur la caresse, c'est là mon hypothèse. Bien sur, il me faudrait la vérifier pour valider ou invalider ma thèse. J'ai bien tenté avec Brigitte mais elle ne m'a donné aucune réponse, s'entêtant dans son mutisme boudeur. Voudriez-vous essayer de palier à ce manque ? Le lieu est mal choisi, nous devrons donc nous contenter d'une petite expérience d’échauffement.

*Suivant son geste du regard, il tendit son bras pour poser sa main sur celle de la jeune femme. Il releva les yeux sur l’infirmière comme pour s'assurer que le défi était bien accepté par elle, et puisqu'elle ne hurla pas à l'agression, referma ses doigts autour des phalanges fines et délicates de la soignante. Il attira vers lui la main féminine, l'obligeant ainsi à s'accouder sur la table, et, surplombant les verres, entama une caresse paume contre paume, doigts s'entre-laçant à chaque passage, son pouce cajolant le sien. Le geste était assez osé mais il ne le fit pas durer très longtemps. En silence, il referma à nouveau son poing sur la main de la jeune femme et attira l'intérieur de son poignet à sa bouche pour y déposer un baiser là où on y prendrait le pouls. Se faisant, il huma le parfum qu'elle avait eut la coquetterie de porter. Enfin, il lui rendit sa main en la reposant délicatement entre eux sur la nappe. Il s'humecta les lèvres avant de parler.*

Alors, quel est votre première impression ? Je crois que je le devine, mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Et de toute façon, une expérience se doit d'être réitérée avant d'être validée, c'est la base de tout raisonnement scientifique.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Mar 14 Mar - 22:47

*Jane secoua la tête à la remarque du botaniste concernant son petit cœur qui ne savait pas compter en apparence.*

J’aime ma sœur d’un amour supérieur. Ne vous méprenez pas, nuança-t-elle dans un sourire tout à fait sérieux. J’ai beaucoup de respect pour mes parents et l’éducation qu’ils m’ont donnée, j’admire leur amour et leur simplicité. Mais l’amour que je porte à mon Emily est bien plus grand, parce qu’il réclame une dévotion sans faille. Ce sont des paroles qui sonnent terriblement ingrates, j’en ai conscience. Car effectivement, nous avons eu le droit à quelques expéditions. Elles ne furent cependant pas nombreuses en raison de la santé de ma cadette et mon mal des portoloins. Néanmoins, j’en conserve des souvenirs qui me sont très précieux.

*Le risotto était savoureux, sa gourmandise s’en délectait. Quant au vin, il ravissait les papilles de la jeune infirmière qui toutefois y prenait garde. Elle savait les effets néfastes de l’alcool et ne voulait guère en faire l’expérience. « Sainteté » ce fut un mot qui résonna longuement à son oreille. La sorcière essuya alors sa bouche pour répliquer avec une voix de velours.*

Vous le découvrirez bien assez tôt. Car il se peut qu’effectivement je ne sois pas faite uniquement de douceur ou d’altruisme. Vous comme moi avons encore à apprendre sur ce point. Nous aurons, je suppose, l’occasion de voir la consistance de mon âme.

*Son regard se fit profond, comme pour lui donner un aperçu de ce qu’il, peut-être, atteindrait un jour. Puis un sourire se profila sur ses lèvres à l’entente de sa propre classification. Mais elle n’en donna cependant aucune réponse, bien qu’elle n’en pensait pas moins. Loin de diaboliser son interlocuteur et compagnon nocturne, elle estimait pourtant que l’auréole était de trop, probablement cartonnée. Le Clayton était d’une toute autre carrure, elle le savait fort bien. La jeune femme y était même prête à s’y frotter, à ses risques et périls, comme atteinte du syndrome icarien.*

C’est là une assurance afin que vous me reveniez. Si je vous consolais si facilement, l’attraction serait moins profonde, plus éphémère. Or si je nourris votre désir à mon égard, vous n’en serez que plus présent, irrésistiblement attiré.

*Malgré son ignorance pratique, la jeune femme ne manquait pas, en revanche, de théorie sur la conception des désirs, des sentiments et de l’attraction. Elle ignorait, bien sûr, comment fonctionnait l’homme en face d’elle, mais plus elle le côtoyait, plus elle apprenait. Et c’était là tout ce dont elle avait besoin.
Attentive au défi qu’elle lui avait indirectement lancé, la jeune femme se fit d’autant plus attentive et captivée. La malice de cet homme était indéniable et elle aurait pu non seulement en parjurer plus d’une mais aussi en outrer tout autant. Jane, au contraire, se laissa brûler une première fois. A sa demande, elle laissa son regard acquiescer pour elle et demeura fort silencieuse, curieuse de connaître les manigances masculines. Chaque mouvement autour d’eux n’exista plus. Elle était focalisée, quant à son souffle, il semblait ralentir progressivement comme de trop pour ce qui allait suivre. A son tour, Jane abandonna sa main. Sa raison même s’était faite silencieuse pour avoir pleinement conscience du moment, de l’expérience sensible dont elle allait faire l’objet. Le contact de leurs deux mains dans cette douce caresse la fit tressaillir. Il était pour Jane, de l’ordre de l’intime, simplement parce qu’elle ne l’avait jamais pratiqué avec quelqu’un d’autre. Si inconvenant le geste pouvait-il paraître, il eut pour effet d’intensifier le regard que l’infirmière lui portait déjà. Elle n’aurait su dire ce qu’elle en ressentait exactement. Si la sensation était délicate, douce et fortement agréable, ses émotions quant à elles, se faisaient nébuleuses. Entre l’appréciation et l’attraction qu’il venait d’opérer sur elle, il valait mieux qu’elle gardât le silence encore quelques instants pour ne pas se trahir. Ce fut alors le tour du baiser de faire ses preuves, et Jane ne manqua rien de la scène qui se déroula sous ses yeux. Le baiser lui fit également l’effet d’une caresse, une marque d’affection déposée à un endroit sensible. L’infirmière se mordilla la joue intérieure et rapporta lentement sa main vers elle. Non pour la mettre hors de portée, mais comme un présent que l’on ramenait vers soi par signe d’appartenance. En l’occurrence, son esprit était soumis, pour le moment, aux sensations dont elle avait victime. « Réitérée », un mot qui ne put que la faire sourire. De l’audace, toujours de l’audace, terrain sur lequel elle décida de venir s’aventurer impunément. La gorge légèrement sèche, elle commença cependant par boire une gorgée de vin, avant de plonger son regard dans les profondeurs de celui de son interlocuteur.*

La douceur de vos mains ne peut que donner raison à la caresse, ce qui ne rend pas vos lèvres moins agréables cela dit. Et ma préférence tient de la nuance et du symbole que j’y place. La main se fait alliance et soutien, lorsque le baiser se fait consolation et appréciateur. Pourtant le baiser a l’avantage de la séduction, mais il y a dans la caresse une promesse muette, un aveu dissimulé, souffla-t-elle dans un léger sourire avant d’ajouter, mais je ne doute pas de vos ambitions. Vous êtes décidé à faire de moi votre expérience scientifique afin de valider, mais plus encore, de me convertir à votre hypothèse.

*Par cette fausse accusation, elle acceptait le renouvellement de l’expérience. Que la femme pouvait être faible lorsqu’elle était au centre de l’attention. Cependant Jane comptait bien ne pas rendre la tâche si facile au botaniste. Car si lui escomptait sur ses arguments gestuels pour la corrompre, elle n’allait pas demeurer en reste. Après tout, elle avait aussi quelques arguments sous la main.*

Est-il utile de vous rappeler, cher Monsieur Ackley, qu’un raisonnement scientifique se vérifie sous plusieurs formes, autrement dit sous plusieurs manières ? Il serait donc logique et raisonnable, que nous pensions à inverser les rôles. Il n’y a pas que votre seule gourmandise à satisfaire dans cette expérience, il y a aussi mon entêtement inné.

*Pour ne pas dire sa gourmandise à elle aussi. Peu convenable, et surtout bien trop simple à avouer. La jeune femme, bien que séduite, ne comptait pas rendre les armes aussi facilement. Ainsi commença-t-elle par terminer son assiette alors que son appétit culinaire s’était envolé, chassé par des intérêts plus … aventureux.*

En un rien de temps, Monsieur Ackley, vous voilà passer d’un projet d’immiscion à un projet d’initiation.
Effectivement, je dois bien avouer que votre gourmandise dépasse toute conformité, s’amusa-t-elle dans un sourire moqueur.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Mer 15 Mar - 12:47

Donc, quand vous dites que le malchanceux qui parviendra à vous séduire devra vous laisser le temps d'apprendre, vous entendez par là qu'il devra vous amener par je ne sais quels procédés, qualités peut être, à se faire aimer à un niveau... « supérieur ». Ça m'a l'air d'être un sacré défi à relever, vous placez la barre haute. Mais comme cette place devrait être merveilleuse s'il y parvient, du moins j'imagine. Un trésor aussi difficile à gagner ne peut être que fabuleux, sinon quelle déception.

*Dit il avec un petit sourire pimenté du haussement d'un sourcil. L'amour, après tout, n'était possible qu'avec les efforts des deux parties, gagner une place était une chose, donner l'envie d'y rester était un défi tout aussi difficile qu'il fallait sans cesse renouveler. *

C'est une tâche qui paraît bien cruelle. Je vous souhaite toutefois de trouver ce malheureux, veillez à ce qu'il soit suffisamment orgueilleux pour ne pas se contenter d'une petite place en queue de peloton. Enfin en imaginant qu'un tel homme, captivant, amusant, intelligent, têtu, orgueilleux et séduisant, cela va de soi, existe.

*Il posa ses couverts, se fit bien droit sur sa chaise, braqua son regard sur un coin de plafond, et mima avec ses mains un cadre autour de son portrait. Quelques personnes dans la salle se retournèrent devant le saugrenu de la scène offerte mais il n'en avait cure. Reprenant une pose normale, il la salua d'un geste léger de la main comme on saluait un public restreint et termina son plat.*

Avec la botanique, j'hésitais pour une carrière de mime, fit-il semblant de confesser. Quelle chance cela a du être de voyager à un âge si jeune, je ne rêvais que de ça dans mon dortoir à l'école. Mais l'attente en valait la peine, j'ai fait de mon rêve réalité. J'ai... souvent la sensation d'avoir tellement de retard à rattraper que j'en suis devenu incapable de me poser longtemps quelque part. Certains de mes amis disent que je suis inconstant, je préfère dire que je suis avide. Cela ne vous manque pas ?

*Il termina son assiette, ils n'étaient pas pressé certes, mais il ne voulait pas donner l'impression d'éterniser le moment plus que de raison. S'il ne cachait pas qu'il s’intéressait à elle, il ne comptait pas devenir balourd et collant, et encore moins conventionnel, ce dernier mot étant particulièrement honnit. Il s'essuya la bouche avec sa serviette et la regarda avec un air de défiance.*

Ainsi donc, la douce Miss Jane compte attendre que ma souffrance soit assez virulente pour m'octroyer un peu de réconfort. D'accord, je vois... vous êtes satanique tout compte fait.

*Après que les caresses furent échangé, il reprit son verre à la main pour y plonger ses lèvres alors que la sensation laissée par la peau de l'infirmière s'y accrochait encore. Il aurait pu être tenté de la faire perdurer mais il ne souhaitait pas y donner trop d'importance. Jouer les amoureux alanguit de cette manière n'était pas dans sa nature, il ne comptait pas tricher de ce côté là. Il était, au contraire, résolu à rester lui-même et voir si l'infirmière était capable de capter ses intentions véritables, sonder ses sentiments malgré ses mimiques de dandy extravagant. Le cœur du botaniste ne se dévoilait, même partiellement, pas si facilement lui non plus.

Mais sa satisfaction s'affichait sans vergogne néanmoins, ne serait-ce que part le sourire satisfait et un brin rieur qui ne le quittait plus. Il était charmé, à la fois par la sensation de la peau de la jeune femme sous la sienne, que par sa réaction. Suffisamment retenue, elle lui donnait (la bougresse avait vu juste) le souhait d'en voir plus et faisait naître une étincelle de désir. Suffisamment explicite, elle flattait avec intelligence son égo pour lui donner l'envie de faire naître à nouveau l'émoi de la jeune femme.*

Vous avez une vision du baiser que je ne partage pas mademoiselle. Un baiser ce n'est pas juste apprécier, c'est l'une des expressions la plus pure du langage du corps. C'est un langage silencieux que tout le monde pratique sans en comprendre la teneur parce qu'il dépasse tout ce que les mots, les gestes, et peut être même les regards, sont capables de transmettre. Le regard accompagne le baiser, la caresse accompagne le baiser, jamais l'inverse. Mais j'entends bien votre vision des choses. « Soutien », « promesse », « alliance », je ne dis pas que c'est ce que vous ressentez, prévint-il, mais ce que ces mots m'évoquent à moi, c'est la sécurité, la protection. Il n'y a rien de mal là-dedans, mais je crois que l'amour doit être passion avant tout, il ne doit pas avoir de filet. La plus belle preuve d'amour n'est pas de se promettre des choses, mais de renouveler sans cesse son désir d'appartenir à l'autre. La reste suit, éventuellement, avec tous les risques de chute que cela comporte. Mais ce que l'on donne spontanément, même s'il est fragile, peut être même surtout s'il est fragile, n'est-il pas infiniment plus précieux ?

*Il avait déclaré tout ça sur un ton plus sérieux qu'il ne l'aurait voulu, s'étendant un peu trop sur le sujet de son propre aveu. Il bu une nouvelle gorgée de vin, puis chercha à tâtons dans ses poches, ses précieuses cigarettes. Le dîner avait débuté il y a un moment déjà, il lui sembla qu'il avait bien mérité celle-là. Ne souhaitant pas sortir sa baguette pour si peu, il utilisa une allumette laissé dans le cendrier à cet effet, et commença à inspirer les essences de filet du diable avant de reprendre la suite de son paraphe sur un ton plus détendu.*

Cependant, je suis heureux que vous défendiez une hypothèse différente, nos expériences ne manqueront pas d’intérêt et nos débats n'en seront que plus captivant. Quel piètre scientifique je ferais si je refusais de confronter mes idées à celles des autres ? Mais vous avez raison, j'aimerais vous convertir à mon avis. Étant très fair-play, c'est de bonne grâce que j'accepte que vous en fassiez de même avec moi. Défendons nos points de vues et voyons ce que cela donnera. Je propose pour cela d'utiliser une échelle graduelle, procédé qui a fait ses preuve dans bien des domaines. Je propose que chacun de nous ait le loisir de mettre en place ses expériences sans avertir l'autre de leurs teneurs, afin que le testeur reste aussi neutre que possible, et donc objectif dans ses annotations.

*Se faisant, il souffla une nouvelle fois de la fumé, levant juste assez le visage pour épargner les naseaux délicats de sa nouvelle rivale.*

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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Mer 15 Mar - 21:28

*Son mime la laissa étrangement silencieuse pendant une bonne poignée de secondes. Loin d’être outragée par l’attitude et les aveux informulés du botaniste, Jane en était cependant fort surprise. L’intérêt qu’il semblait lui porter était sans précédent, ce qui la touchait certes, mais la fragilisait également. Car la jeune femme ignorait tout de cette pratique, probablement déjà expérimentée plus d’une fois par l’homme en face d’elle. Pire encore, elle craignait tout simplement de le décevoir dans ses attentes. Complexée par ses défauts et ses faiblesses, lesquels pourtant elle assumait d’une certaine façon, Jane était au bord d’un précipice inconnu. L’affection sérieuse qu’elle commençait à ressentir pour cet homme, dont elle ne savait pas grand-chose, lui donnait quelque peu le vertige. Entêtée, elle ne reculerait cependant pas devant cette aventure. Simplement, il lui faudrait être à la hauteur. Et c’était cette hauteur qui l’effrayait quelque peu. Si elle ne doutait pas de tout ce qu’elle pourrait apporter, elle ignorait cependant si cela serait suffisant. Ainsi donc fut-elle prise d’un certain malaise intérieur face aux propos tenus par le botaniste qui pourtant la firent à demi-sourire. Ses émotions étaient clairement perturbées.

Et ce fut parce que ses émotions se faisaient brouillonnes et indécises, qu’elle ne répondit pas à la question du manque. Car Jane manquait de bien des choses, son passé lui était devenu, en grande partie, étranger. C’était là une erreur, elle le savait. Mais elle craignait surtout de ne plus pouvoir résister à la tentation si elle y cédait un minimum. Si sa vie avait été mise entre parenthèses, ce n’était pas anodin. La jeune femme avait dû refouler ses rêves et sa personnalité pour venir en aide à ceux qui en avaient le plus besoin, pour ne pas dire venir en aide à sa petite sœur. Pour autant, elle n’en avait nul regret. Si elle s’était oubliée, elle se doutait que la présence du botaniste dans sa vie changerait bien des choses. Il la forcerait inconsciemment à se retrouver et à s’épanouir intégralement. Ainsi ne pouvait-elle promettre exactement un trésor infini. Jane ignorait ce dont elle était capable mais elle savait toutefois que par orgueil et par sentiments, elle se dépasserait. Car là restait sa nature première. *

Je crois qu’il me faut là nuancer bien des choses, finit-elle enfin par répondre d’une voix douce. Premièrement, non Monsieur Ackley, je n’attends pas de ce pauvre malheureux qu’il se surpasse. J’attends de lui qu’il ait confiance en moi, en mes virées nocturnes et en mes choix. J’attends qu’il me fasse rêver rien qu’avec son seul sourire, que je puisse me défaire de cette atmosphère morbide à laquelle je suis souvent confrontée à l’hôpital. J’attends de lui qu’il me voit telle que je suis et non telle qu’il aimerait que je sois.

*Jane eut un très léger et presque imperceptible soupir, pour une raison qu’elle n’aurait su expliquer. Mais elle avait comme une certaine pression sur la poitrine. Elle manquait de souffle sans savoir pourquoi. Ce qui ne l’empêcha pas d’adresser un sourire à son interlocuteur bien courageux. Elle but une nouvelle gorgée et reprit sur un même ton vrillant de sincérité.*

Je ne pourrai pas l’aimer d’un même amour qu’Emily, mais je l’aimerais différemment, d’une intensité nouvelle. Quant à vous décrire la place qu’il obtiendrait, je ne puis. Cela ne concerne que ce malchanceux et moi-même. Peut-être pourrez-vous l’interroger un jour sur ce qu’il a pu recevoir en retour.

*Et son sourire s’agrandit pour se faire moqueur, provocateur. Une fois de plus, elle cherchait à embrasser d’un chaste baiser sa curiosité. Elle percevait sans difficulté chacun des signaux dissimulés dans les traits de visage du botaniste, aussi bien dans son sourire que dans son regard. Il y avait là comme un narcissique pudique, car il se faisait à la fois séducteur sans en faire trop, sans se dévoiler réellement … à son image. Tout semblait dissimuler quelque chose de plus profond, de plus personnel, et Jane n’en était qu’à la surface. Cependant le masque se fissura légèrement lorsqu’il se mit à parler de l’Amour. On ne pouvait parler d’Amour impunément, Jane le savait et eut un sourire hautement satisfait. Elle saisit l’opportunité et clarifia sa pensée austenienne sur l’amour.*

Alors vous m’apprendrez, souffla-t-elle comme pour clore le débat. Mais apprenez ceci en retour. J’entends promesse pour ce qui m’attendra demain si aucune solution je ne trouve. J’entends alliance comme une complicité sur laquelle je peux apposer une certaine confiance. Je n’ai nul besoin de sécurité ni de protection. D’une part parce qu’on me les offre déjà, d’autre part parce que je suis suffisamment indépendante et têtue pour prendre soin de moi-même sans que l’on me couve.

*Elle eut un sourire de connivence pour elle-même et reprit sur un ton peut-être plus                                                                       léger.*

Je vous accorde néanmoins que la promesse amoureuse est dénuée de toute valeur. Je partage cet avis, comme celui de sa fragilité. L’amour est une chute vertigineuse et sa fin n’est jamais sue d’avance. Nonobstant, il me semble qu’il n’y a pas d’amour sans un minimum de confiance. Comment sommes-nous censés aimer si nous ne pouvons compter un tant soit peu sur l’autre ? L’amour n’est pas une aventure solitaire, c’est un bout de chemin fait avec l’autre. Qu’il soit question d’une ligne, d’une page, d’un chapitre ou de plusieurs, vivre dans une perpétuelle défiance n’est pas aimer. Quant à la passion, elle peut avoir tant de formes, Monsieur Ackley. Amour et passion ne sont pas toujours synonymes, bien que cette union fasse toute leur beauté. On ne se déchire pas par amour, mais par passion. La passion n’est pas douce, elle est sauvage et délicieusement monstrueuse. Elle est un combat quotidien, mais si éphémère la plupart du temps. Alors que l’Amour se construit, se murmure, se propage lentement jusqu’au cœur et l’élan qu’on en ressent est alors indescriptible, loin de cet aspect physique et du sombre désir. L’Amour est partage quand la passion est fusion, le premier est trouble du cœur quand le second est le trouble de l’âme. Je pense que la passion mène à l’Amour. Mais si toutefois les deux venaient à être réunis, alors je crois qu’ils formeraient la plus belle des unions et la plus ineffable. Mmh ..., fit-elle songeuse une poignée de secondes, vous devez sûrement être plus instruit que moi sur le sujet. Je me suis laissée emporter par ma propre conception, s’excusa-t-elle à moitié dans un petit haussement d’épaules.

*Jamais elle n’avait fait pareille tirade sur l’amour et la passion. Qu’en connaissait-elle après tout, elle qui avait tout appris des livres ? Pourtant, bien que sa vision, à bien des égards, pouvait paraître fantaisiste et candide, Jane était convaincue qu’elle ne pourrait vivre dans la défiance. Elle se savait particulièrement fragile sur ce point. Quant à vivre l’un plus que l’autre, la jeune femme n’avait d’avis sur la question. Planifier son avenir ou s’y projeter n’était pas dans ses plans, loin de là. Ainsi qu’importait le chemin de leur future relation, si tentait qu’il y en eût une, elle ne chercherait pas à en attendre quoi que ce soit, mais tout simplement à la vivre aussi pleinement qu’il le lui était possible. Jane leva alors le restant de son verre pour trinquer avec le botaniste, acquiesçant au défi proposé.*

Il me semble que nous avons un deal, Monsieur Ackley. J’admire votre détermination, ironisa-t-elle dans un petit rictus taquin, et vous souhaite bien du courage. Je prends également note quant à nourrir un perpétuel désir. Je tâcherai de vous corrompre avant que vous ne m’atteigniez, s’amusa-t-elle sans réel sérieux. Mais pour le moment, je répondrai, quant au dessert : Surprenez-moi.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Jeu 16 Mar - 10:57

Vos virées nocturnes vous amènent à faire d'étranges rencontres parfois. Personnellement, j'aime l'étrangeté et je ne suis pas le seul, je suppose donc qu'il pourrait les trouver tout à fait acceptables, et même charmantes à certains égards. Mais je ne manquerai pas d'interroger cette pauvre âme si d'aventure il se faisait connaître.

*Dit-il sans avoir connaissance de tous les tenants et aboutissants de ce qu'elle appelait « ses virées nocturnes », qui n'étaient pour lui que des promenades solitaire au clair de lune. Après tout, ce n'est pas parce que lui-même avait un sommeil de plomb qu'autrui ne pouvait souffrir d'insomnies. Il ressentit le malaise de l'infirmière qui lui sembla disproportionné, au point de se demander si c'était bien lui qui en était à l'origine. Il se pencha un peu plus en avant et tapota la main de sa convive avec une pointe de dérision pour détendre l'atmosphère.*

Vous vous sentez bien ? Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas demander votre main à Mr votre père, je plaisantais. Je n'attends que votre charmante compagnie, pour ce soir, et quelques autres soirs jusqu'à ce que vous en ayez assez de mon babillage sans fondement. Moi-même, je ne saurais souffrir ma présence trop longtemps, alors vous voyez, pas de pression. Et j'espère bien que vous n'aimeriez pas un prétendant à la manière de votre sœur, se serait franchement bizarre !

*Dit il en faisait une petite moue ironique, souhaitant vraiment revenir à plus de légèreté dans la conversation, autant pour elle que pour se rassurer lui-même, car si elle en attendait trop de lui dès à présent, il pourrait être tenté de fuir comme tout individu de sexe masculin qui se respecte. Les hommes étaient ainsi, courageux mais point téméraires, désireux de posséder mais pas pressé de se lier. S'ils ne faisaient pas preuve d'autant de contradictions que les femmes, le terme ne leur était pas aussi étranger que ce que l'on prétendait.*

Je constate que vous avez toutefois pris un temps conséquent pour réfléchir à la question. Je ne suis pas d'accord sur tout, mais j'imagine que chacun à sa propre vision...

*Il se mordit la lèvre, souhaitant passer à autre chose et pourtant tiraillé par le besoin de poser sa propre pensée comme une justification. Il recula d'ailleurs dans sa chaise, son bras tendu vers la table où il tripotait sa serviette du bout des doigts. Son regard semblait absorber par ces gestes sans intérêt.*

Il peut pourtant y avoir de l'amour sans recevoir le moindre gage. Ces choses là ne se contrôlent pas, ce n'est pas forcément du donnant-donnant. Ça n'a aucune rationalité, ce ne sont que des sentiments dans lesquels on s'empêtre et dont il nous faut...

*Il releva la tête et lâcha sa serviette, il ne parvenait pas à exprimer clairement son idée ce qui était en train de l'agacer, d'autant plus qu'il n'était pas à l'aise à l'idée de partager ce genre de réflexions.*

… s’accommoder. Je crois qu'aimer, Miss Jane, nous impose de faire abstraction de soi pour se dédier tout entier à l'autre, parce que l'autre devient un besoin vital au même titre que boire, manger ou inspirer l'air qui nous entoure, quand bien même ils seraient empoisonnés.


*Il finit par relever les yeux vers elle et lâcher un léger rire dans son expiration.*

Enfin jusqu'à un certain point évidemment. Encore qu'il existe des êtres assez idiots pour se laisser aller à mourir d'amour et pas seulement dans les pièces de Shakespeare, dit-il en levant les yeux au ciel. Concernant vos autres théories, peut être. Qui serait assez sot pour prétendre tout savoir et avoir tout compris sur un sujet aussi délicat et qui nous effleure à peine la plupart du temps ? Pas moi. L'amour est comme le Ronflak Cornu mademoiselle, tout le monde en parle mais personne ne le connaît finalement.

*Sur ces derniers mots, il écrasa sa cigarette et se leva en direction du serveur, abandonnant son invitée quelques instants sans l'y avoir préparée. Lui tournant le dos, il régla l'addition à la discrétion de la demoiselle. Il revint se poser debout devant la table et, avant de la laisser exprimer un mécontentement éventuel, l'invita à se lever et remettre son manteau tandis qu'il en faisait de même. Le regard interrogateur qu'elle émit le poussa à fournir un début d'explication pour éviter tout risque que l'angoisse ne la gagne.*

Vous m'avez demandé de vous surprendre.

*Après un petit haussement d'épaules et un minuscule sourire espiègle, il quitta le restaurant accompagné de son infirmière et partit à l'assaut des rues. Le visage tendu, son regard balayait chaque côté des trottoirs qu'ils traversaient jusqu'à ce qu'une étincelle vienne éclairer sa pupille, signe qu'il avait retrouvé l'objet de son attention. Son sourire s'étira et le regard qu'il porta sur la jeune femme se fit enfantin alors qu'il la prenait par la main, lui faisant rapidement traverser la rue à sa suite. Là, il poussa un petit portail grinçant et l'invita à pénétrer dans un minuscule square prévu pour l'amusement des enfants : tourniquets, balançoires et arbres aux branches suffisamment solides pour porter les marmots y étaient de mise. Et dans un coin, l'objet de son attention : un kiosque à barbe à papa. Contournant l'objet, il s'accroupit devant lui et ouvrit l’intérieur de la machinerie d'un alohomora pour récupérer le sucre que le propriétaire rangeait sous clé. Se redressant, il tenu à préparer l'infirmière au pire.*

Je vous préviens, je n'ai pas la moindre idée de la façon dont cela fonctionne.

*Il se pencha sur la bête à la recherche de quoi que se soit l'aidant dans sa tache mais, coite devant la machine, opta finalement pour le recours à la bonne vieille méthode : sa baguette. Insatisfait de la couleur rose du colorant, il décida de l'agrémenter aussi à sa sauce et opta pour un affreux arc en ciel détonnant. Une fois l'appareil en route, il essaya de faire de son mieux pour enrouler les filaments de sucre autour du bâton, se remémorant l'époque de son enfance où il aurait troqué jusqu'à son sac de billes tout entier pour goûter à la confiserie qui avait fait la nouveauté d'une foire de campagne. Une anecdote qu'il n'avait évidemment pas l'intention de partager. Les filaments commençaient à crépiter dangereusement, il décida donc de mettre un terme à cette démonstration affligeante de ses talents culinaires, pour brandir bien haut sa barbe à papa arc en ciel maigrelette et tout en longueur, de sorte que l’extrémité menaçait de se casser la gueule à tout moment.*

Je crois que nous pouvons dire avec certitude qu'elle est complètement ratée. Mais, elle contient deux ingrédients secret : l'amour et l'interdit.

*Dit-il en l'offrant à l'infirmière.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Jeu 16 Mar - 18:35

*Jane ressentit le changement d’atmosphère et s’en mordit la joue intérieure. Sa tirade avait été de trop, et ce n’était que maintenant qu’elle en prenait conscience. Ses traits s’étaient légèrement durcis, comme si l’homme en face d’elle venait de se recroqueviller sur lui-même afin de se protéger. Elle nota alors le tabou lié à ce sujet et n’en chercha nullement la cause, préférant fuir, et très vite. Pourtant, il y avait là de quoi réfléchir. Amour et passion n’étaient pas un sujet facile, ni à aborder, ni à expliquer. C’était peut-être ce qu’elle y trouvait de plus enrichissant. Seulement, ce sujet semblait encore trop ambigu pour être abordé avec naturel, et en cela, Jane avait un certain regret. Parce qu’au-delà de son inclination, elle appréciait la conversation, le « babillage » du botaniste.
Mais une fois de plus, elle en avait trop dit, ou peut-être était-ce sa maladresse, bien trop ingénue et engagée, pour être comprise. Si la jeune femme n’en contait jamais trop sur elle, c’était justement pour éviter toute gêne ou ce genre de situation. Ses idées comme ses valeurs semblaient bien trop idéalistes et saintes pour ne pas effrayer. Jane devait probablement en attendre de trop inconsciemment, et de cela elle s’excusait.

Ainsi ne s’étonna-t-elle pas de voir le botaniste se lever et prêt à partir. Les prunelles lourdes de culpabilité, elle vida une dernière fois son verre et s’apprêta à se lever afin d’aller contribuer à l’addition. De toute évidence, amour et cie n’étaient pas dans ses cordes, et c’était bien mieux ainsi. Lorsqu’il revint vers elle, l’infirmière s’apprêtait à le remercier pour le repas et sa compagnie. Elle n’en eut cependant pas le temps. Le botaniste semblait attendre autre chose. Interrogative, la sorcière s’exécuta silencieusement et endossa son manteau avant de se tourner vers le serveur qui ne lui prêta nulle attention. Prête à protester, afin de payer sa part, le sourire du botaniste l’en dissuada et la fit espérer que rien n’était encore gâché. Jane lui rendit alors un sourire maladroit mais sincère et s’aventura à côté dans les rues newyorkaises. Que manigançait-il ? Une fois de plus, elle n’en avait nulle idée, mais elle se laissa happer par l’espièglerie qu’elle sentait naître en lui. Soudainement, et sans qu’elle ne s’y eût attendu, l’enfant claytonien fit surface et empoigna sa main pour la conduire Merlin seul savait où. C’était la première fois qu’elle ressentait réellement la présence de ce petit être aux mille secrets. L’adulte avait choisi de laisser sa place, et quelque chose en elle lui susurrait à l’oreille que ce n’était pas un fait des plus habituels. Sa curiosité éveillée, la sorcière estima devoir redoubler d’attention dans ses paroles comme dans ses gestes, car il ne fallait en aucun cas effrayer ou faire fuir l’enfant. Elle ne s’en inquiéta pas outre mesure, toutefois, car elle savait y faire avec ces petits lutins de cornouailles. Jane se surprit même à sourire intérieurement, ses angoisses précédentes envolées.

Courant à moitié à ses côtés tandis qu’il tirait sur sa main pour la guider, la jeune femme aperçut soudainement le lieu de leur destination : un lieu d’enfants. D’un regard rapide, elle balaya chacun des jeux dans un léger sourire discret. L’enfant en elle n’y avait pas mis les pieds depuis longtemps maintenant, et ses souvenirs en demeuraient vagues. Jane s’avança sur le lieu de pèlerinage et eut grande surprise lorsqu’elle comprit les intentions du botaniste. Ses yeux se mirent à pétiller de plaisir. Jamais une pareille idée ne lui serait venue à l’esprit. Le duvet rose et sucré qu’était la barbe à papa était un mets dont elle avait perdu toute saveur, tout souvenir. Curieuse, elle observa les démarches du botaniste pour faire fonctionner la machine et s’en moqua discrètement dans un demi-rire. Le pauvre enfant semblait bien mal parti dans son entreprise.*

Je suis certaine que c’est de votre ressort, l’encouragea-t-elle pourtant joyeusement.

* La scène, si peu commune, se déroula sous ses yeux rieurs et enchantés. La maladresse masculine fut savourée par la jeune femme qui s’en amusa, la main devant les lèvres pour réprimer un rire menaçant. L’enfant peinait à accomplir l’objet de sa convoitise mais l’infirmière refusa de lui venir en aide, car c’était là le plaisir de l’enfant claytonien. Il faisait de son mieux, se démenant avec ardeur avec les filaments sucrés, sans réellement s’en départir, ce qui charma particulièrement la sorcière spectatrice. Enfin, il lui offrit son présent entièrement biscornu. Le résultat était des plus atypiques et colorés, c’était là un fait certain. Cependant, il eut pour effet de toucher l’infirmière, si bien qu’une fois son dessert en main, elle se hissa sur la pointe des pieds pour venir déposer un baiser tendrement reconnaissant sur la joue du botaniste.*

Merci, souffla-t-elle simplement dans un sourire charmant.

* « Amour et interdit », deux mots qui l’interpellèrent mais sur lesquels elle refusa opiniâtrement de questionner le botaniste. Elle les conserva néanmoins dans un coin de son esprit afin d’y revenir plus tard, ne les estimant pas si anodin, surtout en présence de l’enfant. Jane entama son dessert en sauvant de justesse le duvet dégringolant et le fit fondre dans sa bouche. C’était une bouchée musicale tant par son aspect sucré que par le symbole enfantin qui s’y cachait. Un sourire gourmand apparut sur les lèvres de l’infirmière qui tendit son bâton vers son camarade nocturne.*

Goûtez et vous verrez que rater est un bien grand mot.

*Ses yeux rayonnaient du plaisir qu’elle avait à se sentir légère, à être l’objet de l’attention de l’enfant comme de l’adulte qui cherchaient à la surprendre. Ils parvenaient à parler à l’enfant en elle avec tant d’aisance, qu’elle en restait délicieusement circonspecte. Peut-être parce que tout simplement, elle pouvait être elle-même sans tomber dans le sérieux adulte ennuyeux et insipide. En dépit de son métier, elle n’avait pas joué à des jeux d’enfants depuis longtemps. C’était à peine si elle en effleurait l’imaginaire. Pourtant c’était bel et bien dans cet imaginaire que régnait sa plus belle et puissante magie. Prise d’un élan particulier, d’un élan qu’elle n’aurait su décrire mais qu’elle devait assouvir, Jane se mit à courir jusqu’au tourniquet, là où elle tira sa baguette de sa robe. Elle jeta un sort de repousse-maj afin d’éloigner tout individu non magique indésirable, et se concentra sur l’objet de sa convoitise. La métamorphose était son domaine de prédilection, tant chéri et aimé. Un murmure tout juste audible s’échappa de ses lèvres tandis qu’elle visait le tourniquet. Sa baguette crépita, l’apparence du tourniquet se fit nébuleuse, en plein mouvement physico-magique. Le sourire aux lèvres, la sorcière accentua sa focalisation et agrandit ses mouvements afin de métamorphoser le tourniquet en un beau et mini carrousel, sur lequel seules quatre destriers bruns se tenaient. Il n’était pas très clinquant, tout juste coloré, mais Jane laissa les ornements magiques aux bons soins de l’enfant. Elle lui fit signe de venir, le sourire jusqu’aux oreilles tant son ravissement et sa joie étaient perceptibles.*

J’ai toujours été une grande amoureuse des carrousels, avoua-t-elle une fois qu’il fut à ses côtés. Petite, ils me transportaient loin, très loin, dans un monde imaginaire où je possédais mon fidèle destrier telle une grande aventurière, conta-t-elle avec émerveillement.

*Un très léger et subtile soupir se faufila loin de ses lèvres, preuve de sa nostalgie rêveuse.*

Rêve et aventure en sont les deux mots clefs magiques, murmura-t-elle avant de demander au botaniste, accepteriez-vous d'y mettre quelques couleurs ?
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Jeu 16 Mar - 23:58

*Clayton n'aurait jamais proposé une telle aventure à une autre qu'à Jane, ce fait était une certitude quand bien même ils se connaissaient à peine. Il l'avait emmené dans un agréable restaurant où les prix pratiqués suffisaient seuls à assurer une bonne réputation à la maison. Avec n'importe quelle autre femme, ils auraient ensuite enchaîné sur une douceur italienne convenue, puis il aurait invité son flirt à prolonger la soirée en partageant un moment agréable dans un club de jazz autour de quelques verres fort en alcool. Si sa compagnie s'était montrée assez enjôleuse, il l'aurait raccompagné jusque chez elle, à moitié enivrés, en s'arrangeant pour qu'elle ne l'abandonne pas sur le pas de sa porte. L'histoire se serait peut être répétée quelques fois, jusqu'à ce que la lassitude ne gagne les deux amants faute d'avoir quelque chose de plus à partager. Mais Jane n'était pas ses autres femmes. Jane était aussi espiègle qu'innocente. Jane pouvait paraître ennuyante et fade en comparaison de ces soupirantes qui ne rechignaient pas à accompagner quelques fois ses nuits, pourtant lui la devinait infiniment plus inventive et aventureuse. Jane voulait être surprise, et Clayton n'avait aucune crainte a laisser parler sa spontanéité pour ce faire, il savait qu'il n'avait pas besoin de jeter de la poudre aux yeux pour l'atteindre. Jane était différente.

Il piqua une longue touffe de filament sucré dans la barbe à papa qui, effectivement, était moche mais conforme à ce qu'on pouvait en attendre en terme de goût. Ses yeux riaient pour lui, il ne ressentait aucune honte à avoir peiné à sa confection, ses difficultés faisaient parties du divertissement. Il avala la confiserie et offrit un sourire en réaction au baiser de l'infirmière.*

Je constate que le baiser a gagné du terrain.

*La jeune femme mutine s'éloigna de lui et courut vers le tourniquet. Clayton ne se déplaça pas mais la suivi du regard un sourire aux lèvres et les yeux brillant de curiosité. Croisant les bras, il la regarda d'abord lancer le sort de protection leur assurant de pouvoir pratiquer leur magie sans risque, puis observa son impressionnante métamorphose du tourniquet bringuebalant. Alors que ce dernier se transformait en un petit carrousel, Clayton s'approcha à pas lents en applaudissant, s'arrêtant à côté de l'infirmière les yeux fixés sur le manège.*

Vous devriez plus souvent me faire profiter de votre belle magie vous aussi, et pas seulement en la glissant dans la pliure de vos lettres.

*Il inclina la tête en signe d'acquiescement à sa demande et leva sa propre baguette en direction des chevaux. Il ferma les yeux et forma l'image mental d'un glaïeul tricolore appelé, ironie du sort, « mon amour », jusqu'à ce que des teintes similaires de jaune, orange et rose viennent colorer les rainure du bois. Plutôt satisfait, il rangea sa baguette et monta sur le manège, près pour cette aventure. Il fit le tour d'un des chevaux, sa main posé sur la poutrelle. Il atterrit ainsi face à son infirmière à qui il fit une révérence chevaleresque avant de tendre sa main pour l'inviter à monter à son tour.*

En bon valet, laissez-moi vous accompagner jusqu'à votre monture.

*Il conserva sa main posée bien haute dans la sienne tandis que son bras libre était plié dans son dos, et fit presque le tour complet du carrousel comme s'ils visitaient un vaste ara, avant de lui présenter le destrier le plus rose.*

Un pur sang arabe croisé licorne. Vous possédez de magnifiques spécimens mademoiselle, je ne puis être qu'admiratif.

*Il décida de profiter pleinement de l'occasion offerte par la jeune femme pour la soulever par la taille et la poser sur le petit cheval en bois à la manière d'une amazone, permettant de conserver intacte la pudeur de la jeune femme surtout au vu de sa robe un peu plus courte pour l'occasion. Relâchant sa prise avec un air innocent, après tout ils n'étaient que des enfants jouant un rôle, il recula pour prendre place sur le cheval juste en retrait. Il paraissait un peu ridicule si grand sur la monture de la taille d'un poney.*

J'ai opté pour l'abraxan nain. Si vous avez besoin de moi pour descendre de votre selle, cirer vos bottes, vous apporter une carotte, n'hésitez pas à m'appeler et j'enjamberai le mètre qui nous sépare plus vite qu'un elfe de maison. Bien sur, je vous laisse prendre la tête de la chevauchée, je ne suis familier ni de vos bêtes, ni de vos terres. Quelle est notre destination ? Je propose les étoiles.

*Et sous l'impulsion de la jeune femme, le manège se mit en route pour un tour de bien 2 minutes. Dans son dos, il observait la jeune femme s’émerveiller comme une enfant et se promit un jour de l'emmener à la foire pour monter sur des montagnes russes et voir les faux tour de magie des non-maj.*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Ven 17 Mar - 22:07

*Cette belle magie, elle avait mis des années à l’acquérir et continuait encore à l’apprendre. Elle semblait infinie et porteuse d’un éternel renouveau, ce que Jane appréciait particulièrement. La métamorphose lui tendait sa main vers l’impossible, ce à quoi, la jeune femme ne pouvait résister. Dès lors, elle en avait acquis les principes et les concepts, les secrets et les mystères et finalement, dans sa quête, s’en était retrouvée à user des enchantements pour parfaire ses sorts. Ce fut donc à mi-chemin de son apprentissage magique, que la sorcière comprit quelle serait la particularité de sa magie. Elle ne serait ni offensive, ni défensive, mais atypique, basée sur l’association de la métamorphose et des enchantements. Et ce n’était que sur ce terrain-là qu’elle se faisait sorcière accomplie, faute d’avoir une quelconque violence en elle ou un don pour l’herbologie.*

J’y songerai, répondit-elle dans un petit sourire satisfait.

*Par sa démonstration magique, il lui semblait donner un peu d’elle. Jamais encore le botaniste ne lui avait refusé un petit tour de belle magie, et ce soir, elle lui rendait la pareil.
La jeune femme laissa la décoration aux bons soins du botaniste dans son rôle d’enfant, et admira silencieusement l’imagination qu’il portait en lui. A chacun de ses caprices, il savait répondre, agile et surprenant. Jane l’observa du coin de l’œil quelques instants, un sourire de complaisance flottant sur ses lèvres. De tous les humains qu’elle avait pu connaître, il contrastait, tant par son ingéniosité que par le don qu’il faisait de lui-même, en sa présence. La jeune femme enfant le suivit du regard jusqu’à ce qu’il eût disparu pour mieux lui revenir. Ses yeux pétillants de plaisir se posèrent sur sa main tendue, à la manière des preux chevaliers. Elle y glissa sa main sans nulle hésitation et monta sur sa création, plutôt réussie. Ils firent ensemble le tour, comme l’on se balade dans les jardins de Cour, et s’arrêtèrent devant l’heureux élu. Jane se laissa galamment hisser sur son fidèle destrier, non sans plonger le regard dans celui du botaniste, toujours aussi opportuniste, ce qui faisait, bien évidemment, tout son charme. La jeune sorcière attrapa la rêne et observa son compagnon nocturne prendre place derrière elle. Elle ne put dissimuler un petit sourire moqueur face à la monture choisie par le botaniste, futur candidat pour le rôle de Sancho Panza.*

J’aurais des demandes bien plus nobles, répondit-elle dans un petit clin d’œil. Vous n’êtes pas un valet, vous n’êtes plus un homme, ni botaniste. Vous êtes sans essence particulière, libre d’être ou de ne pas être. Profitez de ce lieu propice à tous les rôles, de ce manège enchanté, là où les rêves ont un goût de réalité. Rêvez à mes côtés.

*Puis doucement, elle se retourna vers l’horizon. Elle tapa avec délicatesse sur la poutrelle de sa baguette crépitante et ordonna.*

Chers amis, ce soir, notre destination sera les étoiles.

*Et le manège se mit en marche, réchauffant le cœur d’enfant de Jane. C’était une sensation qu’elle avait oubliée. La magie opérait une fois de plus, sans aucune limite. La beauté de l’instant s’empara d’elle et lui noua la gorge d’une douce émotion. L’enfant et l’adulte étaient réunis, main dans la main, pour savourer ce plaisir à deux. De temps en temps, elle se tournait vers le botaniste et partageait de son regard étincelant, tout ce qu’elle éprouvait : la joie, l’émerveillement, le rêve. Jane avait ce sourire typique des enfants, insouciant et reconnaissant. Son bonheur était palpable, il transparaissait dans l’aura qui émanait d’elle. Aucun mot n’aurait été suffisamment adapté à la situation, ce qu’elle ressentait dépassait, de très loin, la banalité du langage et des syllabes. Son visage se tourna vers le ciel étoilé. Toucher les étoiles … Un jour prochain, elle le pourrait. Elle volerait haut dans le ciel, si haut qu’elle en deviendrait un minuscule point noir. Et alors elle saurait, que l’impossible lui était, en tout point, devenu possible, y compris ses futurs projets.

Alors que les étoiles gagnaient son regard rêveur, le manège entama son ralentissement, signe de sa fin approchante. S’il lui était possible de lancer un second tour, Jane s’y refusa, pour la seule raison qu’un tour valait mieux que deux, tant par l’exception de l’instant que par son symbolisme. Il y avait là quelque chose de précieux, un sentiment chaleureux dont elle s’était suffisamment imprégnée pour ne pas se donner les moyens d’y retourner. La jeune femme tendit ses bras au botaniste alors même qu’ils savaient tous deux qu’elle n’en avait nul besoin. Une fois qu’il fut accessible, elle les noua autour de son cou, avec douceur et attendit qu’il la reliât à la terre ferme.*

Si un jour, commença-t-elle dans un murmure le regard scintillant planté dans le sien, il vous arrivait de vous sentir piégé par les apparences du monde, par ses ruses et ses mécanismes, souvenez-vous du Carrousel. Il vous guidera vers des lieux hors d’atteinte… et même vers moi, ajouta-t-elle sur le ton de la confession. Mais c’est un secret.

*La jeune femme lui adressa un petit sourire mutin, et tandis qu’elle conservait une de ses mains dans la nuque masculine, elle fit glisser l’autre jusqu’au cœur qu’il lui avait proposé de guérir.*

J’ai bon espoir, souffla-t-elle avant de remplacer sa main par son oreille.

*La flegme coutumière du botaniste lui offrit une mélodie qu’elle imprima dans son esprit. Jane ne parvenait pas à se départir de son sourire heureux. Elle écouta les murmures du blessé et retint l’humour au bord de ses lèvres. Après tout, il était fort peu aisé d’écouter un cœur avec autant d’épaisseur vestimentaire. Mais cette remarque fut censurée par la sorcière elle-même, qui bloquée entre son destrier et son cher botaniste, finit par relever son regard vers lui.*

Je crois que vous ne m’avez pas dit, chuchota-t-elle doucement comme pour éviter qu’on ne les entendît, quelle émotion vous a procurée ma belle magie glissée dans la pliure de ma lettre.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Sam 18 Mar - 12:39

*Le tour s'était à peine achevé que Clayton s'était levé de sa petite monture pour rejoindre sa princesse de 2 minutes, répondant à sa suggestion de jeux de rôles en franchissant les 3 pas qui les séparaient.*

J'aurais pu jouer les rois, mais ce faisant je ne me serais pas beaucoup éloigné de mon quotidien.

*Répondit-il taquin, alors qu'il reposait ses mains au dessus des hanches de l'infirmière pour l'aider à franchir la dizaine de centimètres qui séparaient ses pieds du sol. Être le valet de la dame était ma foi fort plaisant et offrait des avantages non négligeables. Alors qu'ils se faisaient face et qu'il pouvait sentir les doigts féminin frôler la racine de ses cheveux sur sa nuque, elle lui fit une petite réflexion qui le fit sourire avec tendresse.*

J'ai déjà appris cette leçon, il me faut parfois m'échapper pour gagner de meilleurs horizons, dit-il vaguement en pensant à ses balades solitaires aux quatre coins de la planète. Mais si le faire de cette manière m'offre une si ravissante terre d'asile, alors je vous promets de m'y adonner plus souvent à l'avenir.

*Il sembla au botaniste que son audace déteignait agréablement sur l'infirmière alors que celle-ci se faisait cajoleuse, l'oreille contre son cœur, ou plutôt l'endroit où devait se trouver son cœur. Même à travers les épaisses couches de vêtements pour ne pas se laisser mordre par le froid, il trouva le contact plaisant. Pourquoi diable tous ses gestes niaiseux prenaient une saveur délectable en sa présence ? Elle le regarda à nouveau alors que pendant tout ce temps, ses mains à lui s'étaient contentées de rester posées sur sa taille, trouvant que la piéger entre lui et la figure de bois était déjà d'une intimité suffisante.

Il inclina légèrement la tête vers l'arrière en émettant un petit son de gorge de réflexion alors qu'elle venait de le questionner sur ses sentiments à la découverte de la fleur de verre. Il était difficile pour lui de répondre à cette question, non parce qu'il n'en avait ressenti aucune, loin de là, mais parce que les émotions vécues sous poisons avaient ce quelque chose d'intangible. Bien entendu, c'était un fait qu'il ne pouvait partager avec elle. Comment pourrait-il avouer un jour ses faiblesses auprès d'une telle femme ? Comment pourrait-il confesser ses vices sans en expliquer la cause ? Car pour le botaniste, s'enivrer était comme se taper métaphoriquement la tête contre les murs, c'était étouffer tout ce qui hurlait au dedans. Les sentiments que l'on noie devaient toujours trouver un autre chemin pour s'extérioriser, et c'était le chemin de la toxicomanie qu'avait pris Clayton. Il reporta son attention sur elle et répondit enfin sur le même ton chuchotant.*

La surprise tout d'abord, la quiétude ensuite. Votre présent m'a apporté deux pensées apaisantes. La première est la vision onirique que vous avez fait de moi. J'avoue avoir aimé mon portrait, sa douceur est à la fois surprenante mais néanmoins flatteuse. Peut être vais-je vous paraître narcissique en disant cela, mais je l'ai trouvé assez juste, vous n'avez simplement pas décidé de saisir l'aspect le plus évident de ma personne. J'en ai été touché. La seconde, est le sage conseil que vous m'avez donné. Il est vrai que je mets l'enfant que j'ai été un peu trop sur la touche. Je vois mon enfance comme... un bagage sans intérêt et négligeable, mais vous m'avez rappelé que la laisser s'exprimer de temps en temps n'était pas forcément une mauvaise chose. Vous lui offrez une chaleur quelle n'a jamais eu en réalité.

*Il fit silence et se perdit dans la contemplation du regard de la jeune femme. Sans avoir une réelle conscience de son geste, il releva sa main vers son visage, frôlant les vêtements de Miss Jane sur son chemin, et glissa avec douceur le revers de ses phalanges sur le contour de sa mâchoire.*

Vous avez raison, vous êtes douée pour parler aux enfants et rendre leur vie moins sombre.

*Ses pupilles se posèrent alors sur sa main à présent immobile sur le visage de la jeune femme.*

La caresse semble avoir gagné du terrain chez moi aussi, dit-il posément alors qu'il replongeait ses pupilles dans celles de l'infirmière. Nous voici revenu au point de départ avec cette agaçante égalité parfaite. Il ne peut y avoir d’ex-æquo, seule la victoire compte, il me faut donc avancer un nouvel argumentaire.

*Il déplia sa main pour qu'elle se love sur les contours du visage de Jane et balaya ses traits du regard avec calme, comme s'il cherchait l'endroit idéal pour se poser. Quand son choix s'arrêta, il se pencha lentement sur le visage féminin et vint délicatement poser ses lèvres au coin externe de ses paupières. Il resta en suspend quelques dixièmes de secondes avant que sa bouche ne quitte la peau laiteuse, rouvrant ses prunelles qu'il avait closes pour mieux profiter des sensations. Réinterrogeant des yeux la jeune femme, il vint cependant expliciter son attente par ses mots.*

Puis-je espérer avoir reprit un petit avantage ?
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Sam 18 Mar - 18:48

*Jane maniait plutôt bien l’audace, mais se gardait fort bien et de le dire, et de le montrer. La jeune femme avait dû en apprendre les ficelles lorsqu’elle avait rejoint Monsieur de Brocéliande. Face à une si grande figure, elle avait dû s’imposer et forcer sa place jusqu’à la rendre évidente. Par ailleurs, ses desseins nocturnes demandaient également une certaine rigueur dans l’attitude, une dureté audacieuse qui au début, lui faisait bien défaut. Mais une fois encore, elle avait dû apprendre. Tout n’était qu’un perpétuel apprentissage. Et Jane apprenait vite, très vite. Face au botaniste, elle tâtait le terrain, expérimentait ce qu’elle pouvait être et ce qu’elle se devait de refouler, pour mieux s’habituer à lui, pour le moment du moins. La douceur semblait fonctionner, sans qu’elle ne fût trop niaise. La jeune femme portait grande attention aux diverses réactions de l’homme qui la gardait piégée. Elles étaient la clef de tout, la clef de ce que Jane devait savoir, comprendre et apprendre. Si les mots pouvaient trahir, les expressions du visage, elles, ne le pouvaient pas. Le regard alors rivé sur son visage, Jane y fit délicatement glisser le bout des cinq doigts de sa main libre.*

Et quel est l’aspect le plus évident de votre personne, Monsieur Ackley ? répliqua-t-elle dans un léger sourire. Est-ce la perception que vous avez de vous-même ? Celle qu’ont les autres de vous ? Ou cet aspect est-il celui que vous aimez le plus porter, à l’image d’un vêtement fétiche et rassurant dont on ne pourrait plus se défaire ?

*Elle-même avait cherché à le représenter avec objectivité. Les non-dits, elle les connaissait, du moins avait-elle conscience de leurs existences, peut-être même nombreuses. Cela dit, une voix en elle la persuadait d’une chose : en dépit des omissions volontaires, il n’y avait aucun mensonge. C’était son unique preuve, une preuve bien subjective puisqu’elle ne tenait qu’à ses suppositions. Seulement, elle lui laissait entendre un certain combat, entre l’être et le paraître. A quel point ? C’était là toute l’énigme à résoudre.
Les révélations qui s’ensuivirent, firent écho dans son esprit et répondirent en partie, aux questions qu’elle se posait, aux suppositions qu’elle avait, concernant l’enfance malheureuse du botaniste tout proche d’elle. Aucune pitié ne trahit les traits de son visage, ni même son regard. Au contraire, c’était son instinct le plus doux et bienveillant qui prit le dessus comme pour accompagner l’aveu d’une caresse réconfortante. La première différence entre eux, et la plus grande eux, se trouvait là : dans leur enfance. Jane se mit à imaginer le petit enfant aux muguets chantant, seul et sans lumière. Quelque chose en elle, son cœur probablement, se serra.*

Il n’est jamais trop tard pour arranger cela, murmura-t-elle de sa voix la plus douce. J’ai promis de saisir la main de l’enfant, et je n’ai qu’une parole.

*On pouvait croire à une promesse susurrer sous le coup de l’inclination, sous le coup de l’émotion devant tant de tristesse, mais ce n’était là pas connaître Jane. Défenseuse des orphelins, et lueur d’espoir pour les plus malheureux, il était pourtant question d’autre chose pour la jeune femme. Car l’enfant qui lui faisait face avait tout simplement grandi. Les tristes souvenirs guidaient donc les pas du botaniste, guidaient sa vie ; elle s’en doutait bien. Si bien sûr, elle ne pouvait changer l’histoire, ni même la modifier, Jane pouvait néanmoins permettre au botaniste de les accepter, non comme fardeau, mais comme histoire passée, révolue. L’entreprise pouvait paraître bien prétentieuse, et dans un sens elle l’était, mais elle comptait pourtant bien y parvenir. Et pour se faire, elle se devait effectivement de saisir leurs deux mains. Ce n’était pas un acte charitable, c’était Jane, simplement.
Doucement, l’infirmière sentit alors le contact de ses phalanges contre sa peau. Elle n’en bougea pas, éprise par le regard qu’elle sentait dans le sien et sourit davantage avec une tendresse bienfaitrice.*

Ils savent me le rendre. L’enfant a besoin d’amour et de douceur, il a besoin qu’on illumine son quotidien, qu’on lui fasse découvrir les beautés du monde et qu’on l’accompagne dans ses premiers pas. C’est là une tâche pas toujours facile, et elle en a effrayé beaucoup, susurra la jeune femme dans un sourire bienveillant. Je m’efforce de répondre à chacun de leurs besoins autant que je le peux, déclara-t-elle avant d’ajouter sans rompre l’intensité de leurs deux regards. Il y a dans le regard des enfants, une lueur aussi innocente que malicieuse, qui bien souvent disparaît à l’âge adulte. Cette lueur est revigorante, et c’est en elle que je trouve ma plus grande force. Et c’était elle qui régissait votre regard lorsque vous avez succombé à l’attrait de la barbe à papa, tantôt.

*Cette fois-ci, le nouveau contact de sa main la fit tressaillir quelque peu, et Jane pencha légèrement son visage contre. Finalement, la caresse semblait gagner du terrain, et ce n’était en rien pour lui déplaire.*

Vous luttez avec bien des efforts, le taquina-t-elle en le gratifiant d’un sourire moqueur. Vous sous-estimez mes capacités…

*Tout comme elle sous-estimait les siennes, mais se gardait bien de l’avouer. Après tout, le botaniste semblait relativement fort en la matière. Mais la jeune infirmière n’avait pas dit son dernier mot, même face à ce baiser inattendu qui provoqua chez elle un frisson alors même que sa main avait suivi le mouvement de sa nuque. Elle resta silencieuse une poignée de secondes, les lèvres légèrement entrouvertes. Ses contacts provoquaient de drôles de sensations en elle, lesquelles elle n’aurait su exprimer mais qu’elles savaient pourtant apprécier. La gourmandise de Jane était éveillée, mais elle ne lui refusa de lui laisser libre cours pour le moment.*

Mais pour cette fois, je veux bien vous laisser ce petit avantage.

*Mentit-elle en resserrant son emprise sur la nuque du botaniste, pour le garder à sa hauteur - être de taille moyenne n’était pas facile tous les jours – et murmurer à son oreille avec audace pleine de velours.*

Non seulement vous me provoquez mais en plus vous éveillez ma gourmandise dans l’unique but de gagner. Ce n’est pas très fair-play. Croyez-vous donc que, si proche de moi, je ne puis vous atteindre de mes mains ?

*Amusée, la jeune femme ne profita cependant pas de la situation et relâcha intégralement son emprise. Non qu’elle n’en avait nulle envie, elle aimait particulièrement les défis, mais elle ne voulait pour le moment trop user de ses caresses afin de le surprendre, et de le surprendre suffisamment pour gagner.*

Perdre ou me libérer, il va falloir choisir Monsieur Ackley, s’amusa-t-elle dans un petit sourire innocemment provocateur.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Sam 18 Mar - 22:10

*Il préféra commencer par répondre à sa promesse, laissant son interrogation de côté pour le moment. Les propos pouvaient paraître dur pourtant il les proférait d'un air détaché comme s'il s'agissait d'une affaire résolue. En outre, les mots de la douce Jane avait réveillé en lui un brin d'amour-propre. Il pouvait laisser parler l'enfant dans la chaleur de Miss Jane, mais paraître faible lui était en revanche insupportable. En vérité, il n'avait jamais fait face à ses souffrances, il les avait juste si bien étouffé sous ses excès et sa rancœur qu'elles n'avaient plus assez d'oxygène pour crier. L'équilibre était précaire mais il était réel à cette époque de sa vie.*

On ne revient jamais en arrière mademoiselle. On ne peut pas arranger ce qui est passé, il faut seulement composer avec. On ne peut pas retrouver ce qui a été détruit, de la même manière que des morts ne peuvent revenir à la vie, ou alors on appelle ça des inferis et qui souhaiterait une telle abomination ? J'ai vu beaucoup de créatures dangereuses, celles-ci font parties des pires, alors laissons le cadavre de mon enfance reposer là où il est, voulez-vous ? Son repos est paisible et ne nécessite plus aucune attention. Je vous parlerai de mon enfance autant que vous le souhaiterez mais n’espérez plus y trouver quelque chose à réparer. Je préférerais que vous vous penchiez sur le présent, sur ce qui n'est pas encore abîmé et nous laisse espérer que tout est encore possible.

*Miss Jane et son obsession pour l'enfance bafouée soulevait en lui d'autres interrogations. Sa question sur les différents aspects de la personnalité du botaniste lui donnait l'occasion de les soulever. Ce fut donc sans la moindre hésitation qu'il entama sa réponse.*

L'aspect le plus évident est celui dont je veux imposer la vue. C'est pourtant celui que vous-même connaissez à peine, à croire que votre don pour la métamorphose m'ait touché aussi. Encore que, vous en percevez les grandes lignes je crois, vous le négligez simplement pour mieux vous focaliser sur les autres versants. Cet aspect impose de bien se comporter en société. Il impose une connaissance parfaite de l'étiquette car maîtriser l'étiquette, c'est maîtriser l'impression que l'on donne à autrui. Que pensez-vous de cet aspect là Miss Jane ? Nous savons tous les deux que vous appréciez l'enfant, que vous vous laissez toucher par le fantaisiste rêveur, mais que pensez-vous de l'adulte responsable, fier et orgueilleux en société ? Que pensez-vous de ce même adulte qui a depuis longtemps négligé le goût des barbe-à-papa comme amusement suffisant ? On ne peut pas être que l'enfant et l'artiste Miss Jane. Est ce que l’arrogant est capable de gagner votre affection, lui aussi ?

*Il sourit à la menace de l'infirmière tout autant qu'à l'avantage qu'elle lui concédait, même s'ils savaient tous les deux qu'en réalité, son hypothèse perdait du terrain. Le baiser ne la laissait pas indifférente mais il n'était pas encore suffisant. Qu'à cela ne tienne, ce n'était que le début des investigations. Sa main glissa de sa nuque et elle relâcha sa prise, ce qui fit naître un léger frisson qui lui parcouru l'échine. Il se tint alors à nouveau bien droit.*

Je ne suis pas si naïf, bien sur que vous pourriez m'atteindre de vos mains tentatrices, mais vous m'avez donné le point, en me touchant c'est vous qui manqueriez de fair-play. Agir maintenant se serait trop facile, or vous savez ce que l'on dit ? « A vaincre sans péril on triomphe sans gloire. », dit il à la fois pour elle que pour lui-même. Miss Jane me met au défi...

*Et au défi de succomber ou de quitter l'emprise qu'elle avait sur lui, il choisit. Sa main quitta le visage féminin après une dernière caresse sur sa joue du bout du pouce, et vint trouver asile sur la frêle épaule. Elle glissa le long de son bras jusqu'à saisir la petite main fine qu'il souleva pour y déposer un baiser à la manière d'un baisemain.*

Celui-là ne compte pas, prévint-il, ce n'est qu'une attention innocente et hors jeu, un remerciement pour la magicienne que vous êtes.

*Et tout en relâchant sa prise, il recula de quelques pas jusqu'à descendre du manège et se retrouver sur la terre ferme, froide et gelée, du square New-yorkais.*

Je refuse de perdre à ce stade, l'investigation est loin d'être terminée. Pourquoi est ce que je m'avouerais vaincu maintenant alors que c'est mon postulat qui mène ? J'ai encore beaucoup d'autres arguments sous le coude pour le moment où vous déciderez de me contre-attaquer.

*Et parce que si elle ne comprenait pas les sensations que leur proximité faisait naître en elle, lui ne connaissait les siennes que trop bien, et commençait d'ailleurs à les ressentir jusque dans son corps. Les connaissant, il savait qu'il devait dès à présent reprendre de la distance avant qu'il ne devienne un peu trop évident qu'il suffirait de peu pour qu'il soit prêt à souiller la métamorphose enfantine de Jane par l'expression de son appétit masculin, chose qu'il ne souhaitait pas, intellectuellement parlant en tout cas. Exerçant une fois de plus ce contrôle quasiment parfait sur ses émotions, il se refit plaisantin pour mieux dissimuler ses désirs naissant.*

Alors ma très chère infirmière, êtes vous satisfaite de votre soirée ? Je vous avais promis de la banalité mais je confesse mon échec : vous et moi ne sommes toujours pas parvenu à atteindre la fadeur de nos semblables, me faisant craindre encore un peu plus le moment où je ne serai plus capable de vous émerveiller avec mes illusions.

*Il avait reculé jusqu'à poser son derrière sur la balançoire grinçante, regardant de loin sa belle infirmière dans la pénombre*
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Dim 19 Mar - 0:15

*Le revirement de situation fut brutal. Etait-il nécessaire ? Pas aux yeux de Jane qui se garda bien de répondre, cependant. Cette froideur, joliment dissimulée dans la légèreté du ton employé, ne manqua pas de résonner en elle. Jane nota chaque terme avec soin, nota également la méprise de ses propres paroles, et cette permission quant à l’interroger sur son enfance. Chose inédite, chose à laquelle elle ne s’attendit pas. Pour autant, quelque chose la poussait à croire qu’elle avait mis le doigt sur quelqu’un chose d’important, quelque chose que l’orgueil du botaniste tentait de dissimuler vainement. Mais c’était là un instinct féminin. Juste un instinct féminin. La jeune femme fit par acquiescer quant à son vœu de vivre au temps présent, et garda les mots aux portes de ses lèvres. Elle les ravala, un à un, et écouta la suite avec un sérieux qui signifiait que son attention était des plus grandes. Très vite, elle prit conscience que ce n’était pas simplement une petite flamme d’amour propre qu’elle avait éveillée par ses paroles, mais l’homme tout entier. Religieusement, elle entendit l’amour-propre s’adresser directement à elle. Jane comprit au fur et à mesure des paroles proférées, que son attitude allait être observée. La moindre de ses réactions, la moindre faille laissant apparaître son caractère et sa froideur, pouvait et jouerait en sa défaveur. Ainsi choisit-elle très subtilement la réaction de ses traits, l’expression de son visage. L’enfant s’était tu, l’infirmière avait laissé sa place à la femme, à Jane dans toute sa splendeur caractérielle et responsable. Si ses traits ne montraient aucune contrariété ou aucune colère devant les sous-entendus qui la vexaient, son regard se fit profond, incisif, comme pour lire dans l’âme du botaniste. La bienveillance s’était envolée pour une douceur de circonstance, plus adulte et froide. Ainsi il doutait de son regard sur lui, de sa considération. Le botaniste croyait son regard biaisé, perverti par des visions qu’elle avait de toute évidence choisies avec soin. D’une certaine façon, il n’avait pas tort. Jane ne posait aucun regard sur les apparences trompeuses, elle préférait, et de loin, voir au-delà. Pour autant, elle voyait le botaniste et elle avait déjà eu un avant-goût de son arrogance, de cette aura masculine qui en avait appelé la sienne à se montrer au grand jour. Vrai, qu’elle en savait si peu. Vrai encore qu’elle reculerait de quelques pas si elle devait toiser l’homme durant les soirées de débauche. Vrai, enfin, qu’ils n’étaient pas du même monde et que leurs différences demeuraient flagrantes. Mais de là à estimer qu’elle ne voyait qu’uniquement ce qu’elle voulait voir et aimait, Jane en ressentit quelques contrariétés orgueilleuses. Et ce fut peut-être, secrètement, ce qui sauva la partie audacieuse et vaniteuse du botaniste. La jeune femme contempla le botaniste de longues minutes et finalement répondit d’une voix qu’elle chercha à rendre la plus calme et détachée possible.*

Je l’avais bien compris, Monsieur Ackley. Je vous accorde que j’aime négliger les apparences que l’on me présente. Elles ne sont jamais sincères ni même révélatrices sur l’être qui s’y cache. Je n’ai que très peu de respect pour l’étiquette, ce qui vous paraîtra contradictoire avec mon attitude. Mais la bienséance a ses limites et ses entraves. L’étiquette est bonne pour ceux qui ont quelque chose à dissimuler voire, pour certains, un respect à gagner parce qu’ils ne savent pas l’obtenir autrement. J’ignore la raison qui vous pousse à vous cramponner à l’étiquette, et cette raison est vôtre. Je ne me permettrai nullement d’y apposer un quelconque jugement, confia-t-elle dans un léger d’haussement d’épaules comme si ses paroles étaient évidentes. Vous serez, je suppose, ravi d’apprendre, mon très cher botaniste, que mon cercle d’amis est loin d’être le plus respectable qui soit.

*Et soudainement, elle se mit à rire devant le ridicule de la scène. Etait-elle capable d’apprécier l’orgueil, la fierté ? Heathcliff et Jack avaient dépassé ce simple stade depuis longtemps. Cependant cela en disait long sur la conception qu’il avait d’elle. Jane mit quelques secondes à calmer le rire moqueur qui émanait d’elle et répondit d’une voix aussi douce que ferme.*

Croyez-vous réellement que je me laisse aveugler à ce point ? Que je me jouerais de vous en essayant de vous changer pour que vous parveniez à répondre à mes attentes ? Vous avez les rênes, Monsieur Ackley, et ce depuis le début. Je vous ai laissé chaque décision afin que vous puissiez me guider dans l’apprentissage de votre personnalité. Ce fut votre choix que de me montrer l’enfant, que d’être l’artiste et l’homme de valeurs. Ne m’accusez pas d’aveuglement quand je sais pertinemment, selon vos dires-mêmes, que vous agissez différemment avec moi. Mais oui, Monsieur Ackley, l’arrogant est capable de gagner mon affection. Vous ne seriez pas le premier. Est-il capable de gagner mon inclination, en revanche ? Nous savons tous deux que cela n’a jamais été expérimenté. Je crois cependant que votre question est plus profonde, soupira-t-elle enfin avec une pointe d’exaspération. Laissez-moi la poser à votre place : est-ce que j’ai peur de l’homme que vous êtes? La réponse est non. Qu’il soit orgueilleux, gredin, criminel, responsable ou irresponsable, peu m’importe en réalité. Mon affection et ma confiance se gagnent. Le rôle qu’on a choisi d’endosser n’a rien à voir là-dedans.

*Elle choisit de garder pour l’instant un petit détail, cependant. Peut-être le plus important, à bien des égards. Mais si elle l’ajoutait à sa longue tirade, le botaniste perdrait alors tout naturel. Il ne valait donc pas qu’elle l’ajoutât à la liste. Jane n’appréciait guère qu’on la déçoive, c’était peut-être là son unique intolérance. La décevoir c’était comme renoncer à la confiance qu’elle avait si soigneusement placée, avec affection et temps. Seulement Jane refusait d’imposer cette condition au botaniste, car elle savait pertinemment son inclination capable de fausser ou inverser la donne.
Il n’en demeurait pas moins, qu’une fois de plus, elle avait fait preuve de sincérité envers l’homme en face d’elle. Et d’une sévérité aussi, d’une certaine façon. Mais n’étaient-ce pas là des questions qui attendaient qu’on y répondît pour mieux les enterrer ? *

Cessez de croire que je cherche à vous sauver. Je ne fais qu’un bout de chemin à vos côtés, souffla-t-elle dans un demi-sourire.

*La caresse qu’il apposa une dernière fois, termina d’effacer l’orgueil de la jeune femme. Le contact la rassura, tandis qu’elle reprenait une respiration normale, sa poitrine se soulevant au fur et à mesure de ses appels d’air.*

Rien n’est jamais innocent, chez vous, Monsieur Ackley, chuchota-t-elle dans un sourire taquin.

*Il la quitta finalement et la libéra de son emprise. Un air glacial vint la percuter de plein fouet maintenant qu’il ne la protégeait plus.*

Et j’en ai tout autant, vous le savez aussi bien que moi.

*Elle lui adressa un léger clin d’œil avant de le laisser s’éloigner de quelques pas, et de quelques pas encore. Silencieuse, elle le contempla avant d’enfin poser pied à terre. De son manteau, elle tira alors sa baguette et rendit au Carrousel sa forme natale, non sans un léger pincement au cœur. La jeune femme s’avança vers le botaniste, consciente ou non de son attraction féminine, et vint lui faire face, ne laissant que deux pas comme séparation.*

Vous dites de moi, mais vous seul vous mettez la barre aussi haute, l’accusa-t-elle en posant ses mains sur ses hanches. Je n’ai nul besoin d’illusion ni de paillettes ni de strass en tout genre. Je suis une femme simple, et cette femme est des plus satisfaites de sa soirée. Dites-le bien à votre ego, il en sera rassuré, le taquina-t-elle en faisant un pas de plus vers lui. Mais, et vous, mon très cher botaniste, cette soirée a-t-elle répondu à vos attentes en dépit de ma simplicité ?
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Dim 19 Mar - 23:21

*Assit sur sa balançoire, il observa le petit tour joué par l'infirmière, laquelle s'emportait à nouveau sans qu'il n'y en est eut besoin, du moins au yeux du flegmatique botaniste. Il avait fait preuve d'une pointe d'orgueil, il le savait, mais à la juste dose nécessaire pour se protéger, lui et son passé. Il pensait que chaque cœur avait ses plaies, ce à quoi il ajoutait qu'il n'était pas nécessaire de tendre le couteau à autrui pour qu'il vienne y planter la lame et en raviver la douleur. Il avait lu un jour que l'on pouvait soulager les maux du cœur par la confidence, mais il était seul. Il était demeuré seul depuis seulement quelques semaines après sa naissance. Il n'y avait jamais eu d'oreilles attentives pour Clayton, jamais une main ne s'était posée sur sa joue pour apaiser chagrin, personne ne l'avait jamais pris dans ses bras en lui murmurant que tout irait bien. Il n'avait que la rage pour compagne, et la soif de s'en sortir. Bien sur, Jane n'en savait foutrement rien, et pour ce point, il pouvait passer aisément l'éponge sur son excessive froideur qu'elle peinait à contrôler.

En revanche, les sous-entendus sur une incapacité à obtenir de l'estime sans faire des ronds de jambe l'atteignait beaucoup plus. Il avait travaillé dur toute sa vie. Il avait travaillé son histoire, il avait travaillé son image, soit, et il ne devait son nom qu'à la sueur de son front, à son inventivité, à sa combativité, à l'imprudence que seuls ceux qui n'avaient rien à perdre possédaient. Il pensait mériter cette vie, ses fondations fussent-elles factices, et même bien plus que ceux qui l'avaient obtenu sans rien faire de part leur naissance. On lui avait tout volé alors qu'il n'était qu'un bébé braillard en couche, mais il avait tout repris, méthodiquement, patiemment, du moins c'est ce qu'il croyait. Il était vaniteux de sa réussite car elle était tout ce qu'il possédait vraiment, une particularité dont il ne se vanterait pourtant jamais. Il refoula toutefois ses sentiments, il ne fallait pas tendre le couteau, montrer que ces sous-entendus le touchait serait donner une arme à une femme qui n'avait pas encore gagné qu'il prenne ce risque.

Il entoura les cordes de la balançoire autour de ses poignets à la manière des enfants bien décidés à ne laisser leur place à nul autre tandis qu'ils se balançaient aussi haut que possible pour se rapprocher du soleil. Mais dans le secret fonctionnement du botaniste, il n'était pas question d'un geste enfantin banal, mais d'une manière de se rappeler de ne pas briser les chaînes avec lesquelles il s'était lui-même entravé. Il tiqua sur le rire moqueur de Jane. Il aimait se moquer des autres parce que cela lui permettait de se placer au dessus du troupeau, parce que celui qui attaque était toujours préservé grâce à la crainte qu'il insufflait. Par ce rire dont il ne connaissait que trop la résonance, il eut le regret d'avoir laissé s'exprimer aussi librement sa candeur, laquelle avait ouverte le chemin de la moquerie. Peut être ce rire se moquait sincèrement de lui, peut être qu'il masquait des sentiments plus complexes de la jeune femme, mais Clayton, malgré le doute, n'était pas capable de ne pas se sentir atteint.*

Reste-t-il encore quelqu'un de respectable à New York ?... Encore une fois vous percevez mes paroles avec des sous-entendus qu'il n'y a pas, et cela vous rend méchante. Tel Dr Jekyll et Mr Hyde, Miss Jane laisse la place à Lady Conrad ? J'aime bien quand vous me grondez, répondit-il pourtant avec légèreté et un petit sourire s'adressant au vide, peut être suis-je un peu masochiste. Je vous apprécie même quand la prochaine bouchée que vous me présentez est acide. Mais je dois contester certains propos, je ne vous ai pas aveuglé, je n'ai jamais prétendu que vous cherchiez à me changer, je ne sais même pas où vous êtes allée pêcher ces idées. Je me suis présenté à vous, nous avons partagé des choses particulières que je ne distille que rarement en temps normal parce que vous les avez apprécié, parce que votre comportement répondant au mien nous y encourageait et parce que mon instinct me disait de le faire. Je n'ai fait que vous demander si le reste pouvait vous intéresser tout autant, et vous voilà me regardant à nouveau avec sévérité, prête à me punir au coin et malmener ce cœur qui ne réclame que votre bonté.

*Il fit une petite moue triste de boursouflet battu pour attendrir la jeune femme.*

Je préfère votre rire sincère à celui de votre dédain. Peut être que prétendre que je ne suis « jamais » innocent est un peu excessif. Et je crois que toutes les facettes d'une personne sont révélatrices, Miss Jane. Je m’accroche à l'étiquette parce qu'elle me permet de garder mes sentiments pour moi, dit-il après un silence de quelques secondes, de me montrer affable quand je ne ressens plus d'estime. Elle me permet de mentir au monde pour garder la tête haute. Ce n'est qu'un code de conduite comme un autre, après tout nous vivons en société et devons tous nous comporter convenablement. En outre... j'ai été excessivement bien éduqué.

*Il observa ce qui fut le carrousel avec une pointe de nostalgie, telle l'allégorie que toute bonne chose était destinée à mourir bien trop tôt. Quand il tourna à nouveau son visage, Miss Jane n'était plus qu'à un pas de lui, et pour une fois c'était lui qui devait lever ses yeux pour lui faire face. Il lui aurait suffit de tendre son bras pour la toucher, pour trouver le réconfort que ses semi-confidences étaient incapables de réclamer. Mais ses mains restaient férocement accrochées aux cordes de la balançoire. Il déglutit avant de murmurer de ce ton chuchotant que nécessitait l'adjonction de la proximité et de la nuit.*

Vous n'êtes en rien une femme simple Mademoiselle.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Lun 20 Mar - 0:33

Parce que votre crainte est ridicule, souffla-t-elle presque imperceptiblement.

*Jane sentit sa voix se briser légèrement et elle ferma les yeux pour taire la foule de sentiments qui s’activaient pour franchir la soupape de sécurité. Une fois de plus, ils en étaient là, à se méprendre et à ne pas s’entendre. La douche glaciale qu’elle en subit fit naître en elle, une culpabilité diabolique, qui lui prouvait, une fois de plus, qu’elle ne pouvait s’exprimer librement sans être blessante ou même inconvenante. Son caractère ne pouvait rompre ses chaînes sans heurter quelqu’un sur son passage, et Jane continuait de s’en excuser chaque jour durant. Masochiste ? Oui le botaniste l’était, parce qu’il cherchait toujours à voir au-delà de sa douceur, comme si celle-ci pouvait être surfaite, mensongère. La jeune sorcière s’était adressée avec lui, certes avec sévérité, mais avec sincérité, ce qu’elle pensait être le point le plus important. Seulement, elle se trompait, sous-estimant le passé claytonien, sous-estimant sa fragilité bien dissimulée derrière un tas d’étiquettes. Le grondait-elle ? Par Merlin non. Et pourtant, elle lui reprochait bel et bien de ne pas lui faire confiance, pire de se sous-estimer face à elle. Tant de vocabulaire issu de l'imaginaire de l'enfant, alors que c'était l'adulte même qui lui soufflait ses reproches.
Ce fut ainsi que son inclination se fit entendre, explosant à la lumière de la nuit. Elle vibra dans l’exaspération de la jeune femme qui posa enfin son regard sur le botaniste face à elle.*

Pourquoi diable ne pourrais-je pas apprécier vos autres facettes ? demanda-t-elle. Parce que je vous semble à des kilomètres de vos vices ? C’est une idiotie, clama l’infirmière en la balayant métaphoriquement parlant de sa main dans la nuit. Comment pouvez-vous me demander si je ne puis aimer que l’enfant et l’artiste ? Vous … Je … dites-moi ce que je dois vous dire, ce que vous souhaitez entendre, et je vous le dirai, mais par pitié cessez de me croire bien meilleure que vous, car je n’en ai absolument pas la prétention. J’ignore ce qui vous cause autant de défiance, mais …

* Et tandis que lui restait calme, ce qui ne la rendait que plus coupable, elle, luttait pour taire tout ce qui voulait s’échapper de sa boîte de Pandore. Seule sa culpabilité resta à l’air libre. « Méchante », ce terme qui résonnait en elle et blessait non seulement l’ego de Jane mais aussi elle-même. La référence littéraire n’était pas non plus anodine, et la jeune femme la connaissait plutôt bien. Ainsi donc il la comparait à Hyde. Quelle analogie ! Comment pouvait-elle y demeurer insensible et tête haute ? Mr Hyde … La cruauté par excellence, l’allégorie du mal humain. Soit. Elle baissa la tête et avança vers le botaniste, devant lequel elle s’accroupit, pour lui redonner l’avantage physique. Ses mains se posèrent sur ses genoux afin de se donner appui, et son regard se leva vers le botaniste.*

Je vous présente mes excuses. Ce n’était pas dans mon intention de vous blesser, ni de vous apparaître sous ce jour-là. J’apprécie chaque moment que nous partageons, c’est une bénédiction face à la vie que j’ai choisie. Vous avez fait le choix de l’étiquette pour vous protéger, et je l’accepte, et même le comprends. Mais… Suis-je vraiment faite de la même essence que le monde dans lequel vous vivez ? Vous vous méprenez sur ce que j’ai voulu vous dire, et j’en suis vraiment navrée, avoua-t-elle dans un sourire contrit. Votre inquiétude m’est apparue comme inutile, et même blessante à certains égards.

*Lentement, elle leva sa main pour apaiser les plaies du botaniste. La jeune femme la lova contre sa joue quelques instants, dans une caresse qu’elle voulut réconfortante, et reprit d’une voix douce.*

Vous m’avez dit d’apprendre, pourtant vous ne m’en laissez que peu de temps. Si votre facette en société vous effraie tant à mon égard, alors emmenez-moi et montrez-moi, que vous en ayez le cœur net.

*A son murmure, Jane se retira et se leva. Qu’était-elle réellement ? Elle-même le découvrait petit à petit, et ce qu’elle voyait d’elle la blessait, comme si rétrospectivement, elle se contemplait dans le regard du botaniste. Ses failles à elle s’ouvrirent soudainement et pendant, ce qui lui semblait être un long moment, l’assaillirent de doutes, sur ce qu’elle méritait ou non, sur ses échecs nombreux et incessants. Jane eut un long soupir qui secoua l’intégralité de son corps. C’était là la raison pour laquelle elle ne s’attachait pas, la raison pour laquelle elle chérissait sa solitude et se cachait dans l’épuisement de son travail. Jane connaissait son caractère et son ouvrage, ses dommages, et elle savait pertinemment qu’il n’était en rien beau. Oui, elle savait être méchante, n’était-ce pas son cher et tendre complexe ? Ses mains se serrèrent alors doucement et Jane baissa la tête, presque de honte.*

Je crains réellement que de nous deux, ce soit vous qui ne puissiez composer avec les miennes de facettes, murmura-t-elle en laissant son regard se perdre au loin.
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Clayton Ackley
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Lun 20 Mar - 14:40

*Si Clayton avait porté un verre à sa bouche à l'écoute des premières paroles de l'infirmière, il en aurait sans doute recraché le contenu sous l'effet de la surprise (tout comme il crache sur le forum en ce moment même, CQFD). Pas pour le contenu de ses réponses, ses inquiétudes, ses justifications, non tout ça lui passait maintenant à des kilomètres au dessus de la tête, bien qu'il allait devoir se concentrer pour y trouver réponse, car les femmes ne détestaient rien de plus qu'on ne prête pas attention à leurs paroles. Non, ce qui faisait écarquiller les yeux du botaniste à ce moment là, fut l'utilisation du terme « aimer ». Ce n'était qu'un abus de langage, un terme utilisé accidentellement en lieu et place de ses synonymes plus fades et, qui plus est, au conditionnel. C'était un fait du hasard en somme. C'était choquant tout de même. Clayton avait reçu des mots tendres de temps à autres, mais ils étaient plutôt enfiévrés, nécessitaient une nudité parfaite et contenaient toujours quelque part dans leur élocution des geignements disgracieux et pourtant agréables. D'ailleurs, les mots tendres pouvaient être vulgaires, n'est ce pas ? Vous avez 4h.

Bien sur, il se devait de masquer son trouble, ou en tout cas de le rediriger vers quelque chose de beaucoup plus anodin pour lui mais plausible pour tout le monde. C'est ainsi qu'il se mit à balbutier.*

Oh non, non, non ! Je ne souhaite rien entendre de particulier de votre bouche, je souhaite seulement découvrir. Je suis dans la hâte de savoir si nous saurons toujours nous émerveiller demain, tant que je vous demande verbalement votre avis sur cet avenir possible, comme si une réponse pouvait être formulée. Peut être... peut être ne suis-je pas si capable de me laisser porter par le vent finalement. N'y voyez rien d'autre et chassez cette idée saugrenue, il se fait tard et j'ai fait une crise *de manque* d'hypoglycémie samedi qui m'a laissé affaibli. Je suis un sot, un idiot.

*Elle était à présent accroupie devant lui comme une ouaille attendant l'absolution d'une faute qu'elle n'avait pas commise. Et il fallait avouer que la vision virginale qu'elle offrait à l'homme en face d'elle était plutôt plaisante sur bien des fronts. Il détacha une de ses mains et vint recouvrir les petits doigts froids de l'infirmière.*

C'est juste que vous aimez tellement les enfants que je m'interroge parfois jusqu'à quel point. Je ne cherche qu'à vous connaître mieux. Ces questions sont inconvenantes, je le sais bien. Je devrais plutôt vous questionner sur votre travail, vos goûts culinaires ou vos loisirs, mais je suis un vil insatiable et préfère vous interroger sur vos sentiments. Excusez encore une fois mes audaces et balayez cette inquiétude de votre visage.

*L'infirmière caressa sa joue de cette manière maternelle dont il avait manqué, qui avait nourrit ses rêves et qui, pourtant, suscitait chez lui un inconfort discret à la manière d'un minuscule gravier coincé dans la laine de votre chaussette. Il eut cependant un petit rire et un sourire tendre.*

C'est le moment que vous choisissez pour avancer un nouvel argumentaire ? Vous êtes vraiment une vile créature Miss Jane, prête à tout pour me vaincre.

*L'orage, celui de sa propre tourmente, était passé. Il avait retrouvé son calme et espérait avoir noyé le strangulot avec suffisamment d'aisance, et en général il était plutôt bon à ça, même avec les femmes. Elle se releva et se détourna, balayant la nuit d'un air boudeur après lui avoir fait sa proposition saugrenue. Il pourrait lui ouvrir les portes de certaines de ses activités, un jour peut être, mais il y en avait que seule la menace d'un avada kedavra ou un malencontreux hasard lui ferait avouer, et encore, il opterait peut être pour la mort et l'oubliette. Clayton ne manquait pas de vices et en assumait quelques un en société, mais emmener Jane dans les lieux qui lui étaient réellement le plus cher, ceux où ils se sentaient pleinement lui-même parce qu'ils lui offraient quelques heures d'oublis, était absolument hors de question. Et puis, n'était-elle pas capable de produire ce même effet délicieusement amnésique? C'était d'ailleurs peut être là l'essence de son attirance pour la jeune femme.*

Je n'ai pas envie de vous emmener dans des soirées mondaines où l'on s'amuse du malheur des autres, pas parce que j'en ai honte, ce ne sont que des soirées avec des gens bourrés de poignons qui ne savent plus comment se distraire. A bien des égards ils sont triste et méritent qu'on les plaigne. Mais si je vous y emmenais, vous feriez partie de cet ordinaire qui fait ma vie. Or vous ne l'êtes pas, se serait vous insulter que de vous le faire croire. Laissez-moi être cupide et me dévoiler sous ce jour que nous avons amorcé.

*Voyant la jeune femme de plus en plus triste, telle une enfant regrettant ses fautes, il détacha son second poignet et crocheta de ses doigts chacune des deux poches du trench de Jane pour la rapprocher de lui, s'obligeant à lever bien haut son menton pour plonger son regard dans les prunelles chocolat.*

Je suis viscéralement égoïste, je ne m'encombrerais pas de vous si vous deviez être un fardeau.
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Jane K. Conrad
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MessageSujet: Re: [CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !    Mar 21 Mar - 9:05

Mais j’aime les enfants parce qu’ils en ont besoin, répondit-elle d’une petite voix lasse. Certains ont vécu des traumatismes, d’autres sont orphelins, ou perdus dans ce vaste endroit qui les prive de lumière. Ce n’est rien d’autre et ce n’a aucune conséquence sur ma vie personnelle, quand bien même j’en montrerai le contraire. J’ai beaucoup d’estime pour la petite fille que je fus, c’est là peut-être mon défaut.

*Perdue dans ses songes et ses propres tourments, la jeune femme n’écouta plus ensuite. De ces complications, elle n’avait jamais rien voulu. Il fallait comprendre ici que Jane avait tout de la femme au foyer, si présente et attentionnée, de celles qui n’avaient d’yeux que pour l’homme qui partageait sa vie. Mais qu’elle n’escomptait nullement le vivre. D’une part parce qu’elle n’avait nullement conscience de sa valeur, d’autre part parce qu’elle avait une crainte bleue de l’autre. Si l’infirmière soignait l’humanité – il faut être ambitieux de temps à autre – et se donnait pour mission de toujours voir au-delà des apparences, Jane, surtout depuis la Première Guerre mondiale, ressentait une certaine défiance pour l’humanité, femme comme homme. Femme, car elles les trouvaient aussi fades que superficielles, ignorantes et bonnes qu’aux commérages. Homme, car elle connaissait Tutur Gugus Fletcher. Et cet argument se suffisait à lui-même. Arthur, bien qu’elle en appréciait certains aspects, avait profondément joué en la défaveur des hommes. Ce rat d’égout au langage donjuanesque avait brisé bien des cœurs et des espoirs pour que la jeune femme n’eut pas appris à se méfier de l’humain en général. Si on ne faisait pas de généralités à partir d’un nom, ce parasite était suffisamment présent dans sa vie pour rappeler à la douce enfant ses principes.

Pour autant, elle ne comparait pas les deux hommes. Le botaniste ne possédait pas ce don de la décadence reçu dès la naissance. Il avait sa part d’ombre, comme tout à chacun. Et un orgueil facilement irritable, comme le sien. Jane aurait pu alors le comparer à Heathcliff, à qui elle avait déjà pardonné de nombreuses incartades. Mais là encore, Clayton Ackley se démarquait aisément, sans que Jane n’eut pu réellement l’expliquer. Etait-il si différent de l’opinion qu’elle se faisait de l’Homme ? Rien n’était moins sûr, et pourtant, Jane n’en était ni offusquée, ni fuyante. Quoi que… Fuir et oublier paraissait être la meilleure des perspectives. Elle n’avait nul besoin d’avoir quelque inclination, simplement parce qu’elle s’était convaincue que personne ne méritait d’être confrontée à son caractère qu’elle estimait fort, parfois désagréable et souvent têtu. Seul Arthur était un privilégié.
Ainsi la jeune femme, sans son tablier d’infirmière, subissait un incessant complexe d’infériorité, lequel elle dissimulait aisément, habituellement. Mais là encore, le botaniste semblait déroger à la règle ce qui agaçait la jeune femme autant que cela l’effrayait. Jamais elle ne s’était montrée faible, jamais elle ne s’était montrée vulnérable. C’était une première, et une dernière.

Jane finit par sortir des songes lorsqu’il la tira vers lui. Elle baissa son visage afin de rejoindre le regard du botaniste, dont la tête avoisinait son buste féminin. Silencieuse, elle se perdit dans ses prunelles, comme pour y chercher la sincérité de son âme. Jane eut une inspiration, mêlée d’un soupir, comme si elle se permettait enfin de respirer. Un sourire se profila progressivement sur son visage aux derniers mots du botaniste.*

Je ne compte pas en être un, si cela peut vous rassurer, répondit-elle en calmant les tensions en elle. Je m’efforcerai, avec le temps, de répondre au mieux à vos questions, et avec plus de douceur.

*Elle lui sourit de toute sa sincérité et finit par poser son regard sur ses doigts qui la tenaient vers lui.*

Mmh … cela fait deux fois que vous me piégez, cher Monsieur Ackley. Vous prenez de mauvaises habitudes, le taquina-t-elle comme pour mettre un terme à la pseudo-dispute. Et non ce n’est pas là une critique, mais plutôt une plaisante constatation. A laquelle je répondrai, assurément.

*Elle eut un de ses petits clins d’œil rieurs et polissons, et finalement, comme si elle mettait d’ores et déjà à exécution ses paroles, elle prit place sur un des genoux de son interlocuteur, sans aucune permission préalable. C’était Jane, et Jane n’avait pas besoin de permission. Si d’apparence, son geste pouvait paraître déplacé, ce n’était pas là l’objectif de la demoiselle. Elle voulait entamer une discussion qu’elle estimait sérieuse, en raison d’un certain attachement vis-à-vis du sujet. De surcroît, il y avait bien encore une place pour elle sur l’autre partie de la balançoire, mais la jeune femme ne désirait, pour le moment, mettre un terme à cette proximité.*

Dites-moi, je suis curieuse, déclara-t-elle enfin sur un ton léger, presque à la hauteur du visage de botaniste. A plusieurs reprises, vous avez fait référence à de la littérature. Par conséquent, je m’interroge sur vos lectures. J’ai, en effet, toujours pensé qu’on entrevoyait la personnalité de quelqu’un par ses lectures, expliqua-t-elle en rivant ses prunelles dans les siennes. Ce qui est peut-être naïf de ma part, mais pas moins intéressant.
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[CLAYTON ] Y'a qu'chez flunch qu'on peut fluncher !
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